05/08/2014

Droits de l'homme et raison commune

 

 

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Vendredi dernier nous avons clôturé le premier cours d’été sur le Rapprochement de cultures que nous avons organisé avec les Chaires UNESCO de Bergamo, Istanbul, La Rioja et Téhéran. Le thème de  cette année était les droits de l’homme et la raison commune.

A sa 67ème session, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé la Décennie internationale du rapprochement des cultures (2013- 2022). Le but est susciter un large mouvement en faveur d’un dialogue interculturel respectueux de la diversité culturelle et des droits de l’homme, dans un climat de confiance et de compréhension mutuelles.

 Le but principal du système des Nations Unies est de « préserver les générations futures du fléau de la guerre » et de « favoriser le progrès social et [d’] instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande ». Ces idéaux humanistes formulés il y a plusieurs décennies demeurent incontestablement aujourd’hui le plus pertinent des repères pour orienter l’action à mener, dans un monde d’interdépendances complexes.

Un Plan d’action pour la Décennie est proposé afin d’atteindre ces objectifs. Il est axé sur quatre grandes thématiques notamment:

(i) promouvoir une compréhension et une connaissance mutuelles de la diversité culturelle, ethnique, linguistique et religieuse et

(ii) construire un cadre pluraliste de valeurs communes.

Dans le cadre de la Décennie mondiale, nous nous proposons de réfléchir sur les fondements philosophiques des droits de l’homme, prolongeant ainsi la recherche faite par l’UNESCO en 1985 sur ce thème : Philosophical Foundations of Human Rights, P. Ricoeur (ed.) Paris, Unesco, 1985. La finalité de ces universités est d’explorer la possibilité d’utiliser les droits de l’homme comme partie intégrante d’une «raison commune» aux cultures, qui permette la construction d’un monde commun et d’une citoyenneté globale. Ce dernier concept fait partie du programme lancé par le Secrétaire général : l’Education avant tout.

Le programme se déroulera sur trois ans de 2014 à 2016 et prendra comme thématiques celles de l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les  thèmes des années à venir sont : Liberté et égalité en dignité et droits (2015)  et Esprit de fraternité et famille humaine (2016).

Alfred Fernandez

20/12/2009

Réponse aux minarets

En guise de réponse aux commentaires suscités par notre note sur les minarets, nous proposons à nos lecteurs ce texte du rapport "Notre diversité créatrice", produit par la Commission des NationsAvicenne.jpg Unies sur la Culture et le Développement. Ce texte de 1996 n'a pas pris une ride:

«Depuis l’apparition de l’homo sapiens, les groupes humains n’ont cessé d’échanger découvertes et innovations, institutions et connaissances. Les sociétés ont évolué à la faveur de la coopération entre des peuples appartenant à des cultures dissemblables, et il importe d’encourager cette convivialité culturelle par de nouveaux accords sociopolitiques qui devront être négociés dans le cadre d’une éthique universelle. La coopération entre différents peuples ayant des intérêts et des cultures différentes sera facilitée, et les conflits circonscrits, si les participants s’estiment liés et motivés par des engagements communs. Aussi est-il impératif d’identifier un noyau de valeurs et de principes éthiques partagés par tous. A n’en pas douter, la clef d’un changement positif se trouve dans les valeurs qui inspirent notre comportement.

[..].“Il existe dans la quasi-totalité des traditions culturelles un certain nombre de thèmes récurrents dont il est possible de s’inspirer pour formuler une éthique à caractère universel. Le premier de ces thèmes est l’idée de la vulnérabilité de l’être humain et de l’impulsion morale qui pousse à alléger sa propre souffrance et la souffrance d’autrui chaque fois que possible et à permettre à chacun d’être en sécurité. Cette idée existe dans la doctrine morale de toutes les cultures. Ainsi le maître confucianiste Meng- Tseu remarquait-il voici bien longtemps que « tout homme est saisi de crainte et d’horreur, de compassion et de pitié, à la vue soudaine d’un enfant sur le point de tomber dans un puits… nul n’est indifférent au bien et au mal. De même, l’idée qu’il faut traiter autrui comme on voudrait soi-même être traité est présente dans les enseignements moraux de toutes les grandes traditions religieuses.

Cette « règle d’or » est, sous une forme ou une autre, formulée explicitement par le confucianisme, le taoïsme, l’hindouisme, le bouddhisme, le zoroastrisme, le judaïsme, le christianisme et l’islam, et implicitement reconnue par d’autres confessions. [..] Aujourd’hui, l’idée des droits de l’homme, bien qu’encore contestée par des gouvernements récalcitrants, est un principe de conduite politique fermement établi et s’impose comme l’une des pierres angulaires de toute éthique universelle. »

(Le portrait qui illustre la note est celui d'Avicenne, un des plus importans philosophes et théologiens musulmans)