26/10/2017

Radicalisation : du sérieux et des causes

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Le nombre est effrayant 2 000  jeunes - garçon filles -  qui sont radicalisés seulement en France. Tous candidats à une mort presque certaine ou à la prostitution en Syrie ou au Moyen-Orient. Nous avons besoin, avant de lutter contre ce fléau, de comprendre les raisons, les motivations. Ces actes semblent le fruit mûr d’un désespoir profond et du vide moral des sociétés européennes dans lesquelles l’horizon idéal se résume pour beaucoup au fric, aux belles voitures, à la mode et au sexe.

L’extrémisme violent a toujours existé en Europe, en Espagne, en Allemagne, en Italie notamment avec des attentats aussi meurtriers : il ne faut pas oublier l’Hipercor en Espagne dont nous célébrons le triste anniversaire ou la gare de Bologne en Italie. Mais cet extrémisme alimenté par un marxisme qui légitimait la lutte armée était lisible, intelligible.

Ce qui n’est pas intelligible c’est un type qui prend un camion et fonce sur une foule comme à Nice se disant d’une religion qu’il ne pratique pas et qu’il bafoue dans ses principes. Devant ces événements nous sommes déroutés et les analyses, les politiques nous semblent insuffisantes et même fondamentalement erronées.

Je ne prétends pas ici apporter une solution miracle et moins encore dans un article de 3000 signes. Je souhaite un rassemblement d’universitaires, États et ONG pour aborder la problématique en partant des évidences et nous des partis pris ou du politiquement correct.

Vendredi 17 novembre à Ferney-Voltaire un groupe de spécialistes entame un travail dans ce sens. Il prendra la forme d’un colloque intitulé La République face à la Radicalisation réunissant des experts d’Espagne, France, Italie et Suisse afin d’échanger sur ce sujet préoccupant.

Je voudrais me limiter à quelques remarques pour explorer des pistes nouvelles. La première est que mode opératoire du terrorisme suicide est typiquement occidental. Il se retrouve parfaitement décrit dans La condition humaine de Malraux : pour tuer un chef d’État bien protégé, Chang, le protagoniste affirma qu’il faut se lancer sur sa voiture avec une bombe. D’autre part, le terme que nous utilisons pour désigner un terroriste suicide est japonais : kamikaze. Et le terrorisme comme doctrine vient de Bakounine. Autrement dit il faut regarder le phénomène de façon globale ou, comme disait Einstein, penser à côté.

 

Alfred Fernandez