11/10/2016

Human Rights Education: to move forward

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These recommendations were proposed by the NGO Working Group on Human Rights Education and Learning prior to the High-Level Panel Discussion on the 5th anniversary of the UN Declaration on Human Rights Education and Training at Human Rights Council last session.

 Focus on implementation of human rights education within ot her global education initiatives such as Education First or GCED. All these programs and initiatives are excellent tools but they also bring challenges, including clarification of each vis-à-vis the other and the necessary coordination between them. It is essential to clarify the linkages between human rights education and these initiatives so as to both avoid misunderstandings and allow better implementation without loss of energy, time and resources. Human rights education is part of international law, the UN Declaration of HRET has already defined it clearly. It is different though from civic education, from moral education or from citizenship education, among others.

 Create an international entity or reinforce an existing structure, dedicated to stronger synergy among initiatives of UN agencies, intergovernmental entities and governments. Article 12.1 and article 12.2 of the UN Declaration on HRET stress the importance of international cooperation and complementary and coordinated efforts at all levels in order to contribute to more effective implementation of human rights education. The proliferation of initiatives and programs require coordination, especially at international level.

 Include human rights education in all States reports to United Nations human rights treaty bodies and the United Nations agencies. As stated in article 13.1 of the UN Declaration on HRET, international and regional human rights mechanisms should, within their respective mandates, take into account human rights education and training in their work. Review and monitoring at the national level will in many cases be the most important way to ensure that a State is meeting its obligations. We hope that the high-level panel discussion will be an opportunity to remind heads of State and governments of their commitments to engage in systematic implementation and review of human rights education.

 Budget and allocate resources. The UN Declaration in its article 14 stresses the importance for States to make the necessary resources available as part of the appropriate measures to ensure the effective implementation of and follow-up to the Declaration. It is time to budget specific resources for implementing human rights education and we would like to see a transparent process in which a percentage of the GDP is specifically devoted to Human Rights Education and Training, including financing civil society research work on good practices, initiatives and programs.

 Recognize and support the role of civil society. The UN Declaration on HRET in its Article 8.2 states that the conception, implementation and evaluation of and follow-up to such strategies, action plans, policies and programs should involve all relevant stakeholders, including the private sector, civil society and national human rights institutions, by promoting, where appropriate, multi-stakeholder initiatives.

 Indeed, NGOs, in close collaboration with other actors, can support governments not only in promoting and providing human rights education as stated in resolution HRC/31/l.12 but also at all other stages, including the elaboration and monitoring of the national strategy. Our NGO Working Group remains committed to working in this direction and also to facilitate information sharing at all levels by identifying, collecting and disseminating information on good practices.

Claire de Lavernette, Chair Working Group

 

14/07/2011

Droit à l’éducation : Clé pour les OMDs

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Lors du débat de haut niveau de l’ECOSOC, un événement parallèle organisé par la Plateforme d’ONG sur le droit à l’éducation et la Mission permanente de l’Uruguay a réuni de nombreux représentants des missions permanentes, dont celles du Portugal et du Maroc qui l’ont parrainé.

L’Ambassadrice de l’Uruguay, Madame Dupuy-Lasserre, nouvelle Présidente du Conseil des droits de l’homme, a entamé les présentations. Rappelant que l’éducation publique, gratuite et obligatoire existait depuis 1877 en Uruguay, elle a souligné les nombreux efforts et bons résultats de son pays pour atteindre les populations encore vulnérables, comme les personnes âgées, les populations rurales ou les très jeunes enfants issus de familles en difficulté. « Transformer un privilège en droit », telle est la devise de l’Uruguay en termes d’éducation. Parmi les bonnes pratiques, le plan CEIBAL, dont le principe est de donner un ordinateur portable à chaque enfant, a retenu l’attention de l’auditoire. Une vidéo illustrant le plan, qui bénéficie autant aux familles qu’aux jeunes utilisateurs, a clôturé cette présentation.
http://youtu.be/CtNkXUdr33s

Le Rapporteur Spécial sur le droit à l’éducation, Mr Kishore Singh, a rappelé l’importance pour les états de réaliser le droit à l’éducation. Il a insisté sur le droit de chaque enfant à une éducation primaire réellement gratuite, sans discrimination ni exclusion. Les OMDs 2 et 3 sont étroitement liés à l’OMD 1 de lutte contre la pauvreté et tous s’appuient sur les obligations juridiques, légales et politiques de la communauté internationale. Les bases sont solides, le tout est de « parler d’une seule voix » au sein de la famille onusienne. Mr Singh a également rappelé l’importance de la société civile qui doit être partie prenante dans la réalisation du droit à l’éducation.

Le Ministre de l’Education du Sénégal, Mr Kalidou Diallo, a décrit les progrès de l’éducation dans son pays malgré les défis qui restent nombreux. Insistant sur le respect de la liberté d’éducation qui revient aux parents et qui est un droit garanti au Sénégal, Mr Diallo a souligné que les principaux obstacles étaient dus aux contraintes financières et matérielles : si 85% des sommes allouées à l’éducation proviennent de son pays, on compte 10% pour le secteur financier et seulement 5% pour la communauté internationale qui, selon lui, n’aurait pas respecté ses engagements.


Enfin, Alfred Fernandez  porte-parole de la plateforme d’ONGs sur le droit à l’éducation a rappelé que c’était un droit transversal, non seulement économique, social ou culturel mais également un droit civil et politique. D’autre part, la qualité est aussi un impératif, chacun ayant droit à une éducation de qualité qui respecte pleinement son identité culturelle. A. Fernandez a rappelé l’importance d’adopter une approche basée sur les droits. Puis, insistant sur l’accès universel, il a cité le Comité des DESC : « l’enseignement primaire ne doit être à la charge ni des enfants, ni des parents ». Il a conclu sur l’importance de la société civile, dont on attend qu’elle soit une conscience publique mais qui doit aussi épauler l’action des gouvernements pour susciter l’adhésion du corps social. « L’éducation est l’apprentissage de l’humanité, de la liberté, c’est là que s’enracine son importance. Son déni, c’est un déni d’humanité ».

Claire de Lavernette

13/11/2009

L’éducation aux droits de l’homme: une révolution dans le système éducatif

Alfred Fernandez
Président, Collège Universitaire Henry Dunant (Genève)




Le Programme mondial d’éducation aux droits de l’homme doit choisir une nouvelle cible pour 2010. Après une phase consacrée à l’éducation aux droits humains dans le primaire et le secondaire, passée quasiment inaperçu, le Conseil vien de décider de travailler sur l'enseignement supérieur.

Ce que l’on ne dit pas souvent est que le Programme mondial est une bombe. Il renferme un potentiel de changement radical des systèmes éducatifs. Il est important de le faire remarquer car, sous un langage diplomatique, le Programme mondial apporte des idées révolutionnaires. Le moment de la rentrée scolaire est opportun pour lire ou relire ce document adopté par consensus par l’Assemblée générale de l’ONU en 2004. Il est vraiment dommage que les acteurs de la société civile ne se le soient pas approprié. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Voici en vrac quelques idées exprimées par ce texte qui n’ayant pas de date de péremption est de durée illimitée.

Le Programme instaure tout d’abord une nouvelle gouvernance, une nouvelle gestion du système éducatif. Ainsi selon ce Programme, l’éducation aux droits humains, bien comprise, suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier et son introduction doit être l’expression claire et cohérente des engagements pris par l’Etat en faveur du droit à l’éducation de ses citoyens.

Le texte mentionne la nécessité d’une modification du système éducatif à quatre niveaux : plus de délégation de pouvoir des autorités publiques, introduction d’une gouvernance démocratique du système éducatif, autonomie des écoles et des centres et, la cerise sur le gâteau : partage de responsabilités entre les pouvoirs publics et la société civile dans la gestion du système éducatif.

Le Programme propose donc une feuille de route pour la transformation du système éducatif mise en œuvre en trois temps en trois temps.

En premier lieu, l’Etat, ou les pouvoirs publics, doivent être conscient qu’ils ne sont pas les seuls responsables de l’éducation, l’éducation est l’affaire de tous et elle doit être mise en place avec l’aide de tous. Il faut que l’Etat gère avec le secteur privé et la société civile. Pour mettre en place cette nouvelle gouvernance, l’Etat doit fixer les cadres de politique générale et veiller à la cohérence des ces politiques. Il doit en outre instituer des mécanismes d’exécution et de contrôle ainsi que des mécanismes de participation à l’élaboration et à l’exécution de politiques éducatives des autres parties prenantes. Enfin, il doit établir un système d’indicateurs pour mesurer le degré d’accomplissement des politiques. Il faut rendre compte des actions.

En deuxième lieu, il faut que, dans l’élaboration des politiques, l’Etat adopte une approche fondée sur les droits –l’objectif des politiques est le respect du droit à l’éducation -. En clair, il faut plus que des bons résultats PISA, il est nécessaire de garantir le droit à l’éducation pour tous : il faut une « formation de qualité qui respecte pleinement l’identité culturelle » (Déclaration sur la diversité culturelle, UNESCO, 2001).
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Enfin, il est demandé aux pouvoirs publics d’octroyer une véritable autonomie aux établissements d’enseignement. Cette autonomie permettre aux écoles de prendre en compte la diversité des populations scolarisées d’une part et les besoins spécifiques des élèves, d’autre part.