25/07/2013

Elections au Parlement européen : L’Europe est bien conduite ?

 


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La semaine dernière, le Collège universitaire Henry Dunant a organisé à Malaga avec les Chaires UNESCO de La Rioja et Malaga un cours d’été sur la citoyenneté européenne. On a constaté la crise de la citoyenneté en général et de la citoyenneté européenne en particulier. Une crise dont le symptôme le plus clair est le désintéressement pour les affaires publiques.

On a parlé de l’histoire de l’Europe et de Rousseau. Un texte du Contrat social me semble bien  décrire la situation. Elle fait un diagnostique pertinent et à la fois inquiétant. « Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État : Que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu. »

Alfred Fernandez, directeur

13/11/2009

L’éducation aux droits de l’homme: une révolution dans le système éducatif

Alfred Fernandez
Président, Collège Universitaire Henry Dunant (Genève)




Le Programme mondial d’éducation aux droits de l’homme doit choisir une nouvelle cible pour 2010. Après une phase consacrée à l’éducation aux droits humains dans le primaire et le secondaire, passée quasiment inaperçu, le Conseil vien de décider de travailler sur l'enseignement supérieur.

Ce que l’on ne dit pas souvent est que le Programme mondial est une bombe. Il renferme un potentiel de changement radical des systèmes éducatifs. Il est important de le faire remarquer car, sous un langage diplomatique, le Programme mondial apporte des idées révolutionnaires. Le moment de la rentrée scolaire est opportun pour lire ou relire ce document adopté par consensus par l’Assemblée générale de l’ONU en 2004. Il est vraiment dommage que les acteurs de la société civile ne se le soient pas approprié. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Voici en vrac quelques idées exprimées par ce texte qui n’ayant pas de date de péremption est de durée illimitée.

Le Programme instaure tout d’abord une nouvelle gouvernance, une nouvelle gestion du système éducatif. Ainsi selon ce Programme, l’éducation aux droits humains, bien comprise, suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier et son introduction doit être l’expression claire et cohérente des engagements pris par l’Etat en faveur du droit à l’éducation de ses citoyens.

Le texte mentionne la nécessité d’une modification du système éducatif à quatre niveaux : plus de délégation de pouvoir des autorités publiques, introduction d’une gouvernance démocratique du système éducatif, autonomie des écoles et des centres et, la cerise sur le gâteau : partage de responsabilités entre les pouvoirs publics et la société civile dans la gestion du système éducatif.

Le Programme propose donc une feuille de route pour la transformation du système éducatif mise en œuvre en trois temps en trois temps.

En premier lieu, l’Etat, ou les pouvoirs publics, doivent être conscient qu’ils ne sont pas les seuls responsables de l’éducation, l’éducation est l’affaire de tous et elle doit être mise en place avec l’aide de tous. Il faut que l’Etat gère avec le secteur privé et la société civile. Pour mettre en place cette nouvelle gouvernance, l’Etat doit fixer les cadres de politique générale et veiller à la cohérence des ces politiques. Il doit en outre instituer des mécanismes d’exécution et de contrôle ainsi que des mécanismes de participation à l’élaboration et à l’exécution de politiques éducatives des autres parties prenantes. Enfin, il doit établir un système d’indicateurs pour mesurer le degré d’accomplissement des politiques. Il faut rendre compte des actions.

En deuxième lieu, il faut que, dans l’élaboration des politiques, l’Etat adopte une approche fondée sur les droits –l’objectif des politiques est le respect du droit à l’éducation -. En clair, il faut plus que des bons résultats PISA, il est nécessaire de garantir le droit à l’éducation pour tous : il faut une « formation de qualité qui respecte pleinement l’identité culturelle » (Déclaration sur la diversité culturelle, UNESCO, 2001).
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Enfin, il est demandé aux pouvoirs publics d’octroyer une véritable autonomie aux établissements d’enseignement. Cette autonomie permettre aux écoles de prendre en compte la diversité des populations scolarisées d’une part et les besoins spécifiques des élèves, d’autre part.