30/06/2017

V cours sur la protection des DDHH: l’Amérique du Sud et le CUHD au Palais des Nations

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Dans le contexte de la 35ème session du Conseil des Droits de l’Homme, le Collège Universitaire Henry Dunant (CUHD) a offert un cinquième cours sur “La promotion et la protection des droits de l’homme” aux participants d’Amérique du Sud.

Lors de la semaine du 12 au 16 juin, les élèves ont eu la possibilité d’assister aux réunions du Conseil au Palais des Nations et de voir en pratique ce qu’ils avaient appris durant les cours. À la fin, en guise d’examen, ils ont rédigé un rapport sur les changements législatifs, jurisprudentiels et d’opinion publique qui ont servis en matière d’éducation et de santé en 2016 dans chacun de leurs pays. De cette façon, ils ont contribué au projet ObiDESC, que le CUHD développe afin de pouvoir surveiller le progrès que font les États.

À titre personnel, en tant qu’élève, ce qui m’a paru le plus attirant a été le fait de pouvoir voir comment fonctionne le Système des Nations Unies depuis l’intérieur. Des conférences comme celle de Mme. María Vivar Aguirre sur le Haut-Commissaire des Droits de l’Homme ou encore celle de M. Alfred de Zayas sur le nouvel ordre international ont été d’un intérêt immense. Finalement l’ambiance détendue et la diversité de cultures n’ont fait qu’améliorer un déjà très bon séjour.

Eugenia de Lacalle

PS : voici une petite vidéo sur la remise des diplômes

 

01/03/2011

Université d'été des droits de l'homme à Genève - Nouvelles formations 2011

5033625310_5e0b68eeab_z.jpgLes nouvelles formations 2011 du Collège Universitaire Henry Dunant : "Spécialisation en droits économiques, sociaux et culturels", "Droit à l'éducation, éducation pour tous (EPT), éducation aux droits de l'homme", "Curso de introducción a los derechos humanos (en línea) -
Instrumentos y Mecanismos de las Naciones Unidas". Voir le détail ci-dessous.

-  La XVIIème session de l’Université d’été des droits de l’homme
Les Unités présentielles auront lieu du 5 au 16 septembre lors de la session du Conseil des droits de l’homme. Cette formation est exclusivement en français. Elle commencera par une formation à distance du 2 au 30 mai 2011.
La clôture des inscriptions est le 30 mars 2011.
Vous trouverez les renseignements détaillés sur la session à l’adresse suivante :
http://www.cuhd.org/uni/Programmes/Uni_programm.htm


Les thèmes abordés seront :
- Système international de protection des droits de l'homme
- Droits économiques, sociaux et culturels (DESC)
- Droits culturels
- Universalité et pluralisme des cultures
- Droit international humanitaire
- Droit à l’éducation
- Education pour tous
- Droit au développement
- Droits des peuples autochtones

Les mécanismes présentés seront :

- Conseil des droits de l'homme
- Comité Consultatif du Conseil
- Procédures spéciales
- Comité des droits économiques, sociaux et culturels
- Examen Périodique Universel

Les thèmes seront étudiés en fonction des mécanismes de droit de l'homme en mettant l'accent sur le rôle de la société civile.

Chaque thème comportera le développement d'outils et un atelier pratique.


-  Cours d’introduction aux Droits de l’homme : instruments et mécanismes des Nations Unies
Ce nouveau cours sera dispensé en espagnol et se fera intégralement en ligne.
Il aura lieu du 1er avril au 19 mai.
La clôture des inscriptions est le 10 mars 2011.
Pour plus de renseignements sur cette nouvelle formation veuillez consulter l’adresse suivante :
http://www.cuhd.org/uni/Programmes/IDH_e.htm



-  La IIème session sur le droit à l’éducation, Education pour tous (EPT) et éducation aux droits de l’homme
Cette session en français aura lieu du 3 au 7 octobre en même temps que le Forum Social du Conseil des droits de l’homme.
La clôture des inscriptions est le 1er juin 2011.
Vous trouverez les renseignements détaillés sur la session à l’adresse suivante :
http://www.cuhd.org/uni/Programmes/droit_educ.htm

 

Le Collège Universitaire Henry Dunant
Genève
www.cuhd.org

24/08/2010

Les droits de l'homme: la tâche de tous

Voyons maintenant où en sont les droits de l’homme ou, plus exactement, leur mise en œuvre effective.… Comme je vous l’ai mentionné au début de mon intervention, des progrès de taille ont été réalisés dans la reconnaissance et la légitimité des droits de l’homme, et ce depuis 1948.
Je pourrai même me référer à la Charte de 1945 à travers laquelle les peuples des Nations Unies ont « proclamé leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes et se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande».
Au cours de ces soixante-cinq ans, des conventions, des déclarations, des décennies, des conférences mondiales, des sommets internationaux, des programmes d’action se sont succédés en vue de sensibiliser tous ceux qui détiennent le pouvoir et les richesses à la nécessité de mettre fin à tous les maux qui affectent la grande majorité des peuples de cette terre. Notons à cet égard que tous les instruments qui ont suivi les Pactes ont porté sur la protection de toutes les victimes de violations de droits de l’homme. Notons aussi que grâce à d’autres instruments, des nouvelles notions de droits de l’homme sont apparues telles que le droit à un environnement sain, le droit à la paix, le droit à la participation populaire, pour ne citer que ces droits.
Et pourtant, à l’heure où je vous parle, des millions d’êtres humains sont victimes de conflits armés, d’occupation étrangère, de déplacements forcés, de persécutions, de racisme, de torture de terrorisme tout court ou de terrorisme d’Etat, de trafic d’êtres humains, sans oublier la faim, la maladie, l’exclusion et la solitude. Mary Robinson qui a assumé il y a quelques années le poste de Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a constaté avec regret, que « la pauvreté elle-même est une violation de nombreux droits de l’homme fondamentaux. La pauvreté croissante d’une grande majorité de la population est une négation absolue des droits de l’homme ».

Voilà pourquoi les droits de l’homme sont plus que jamais à l’ordre du jour international. 
Voilà pourquoi chacun de nous est appelé à apporter sa contribution à la réalisation pour tous, sans exception, de tous ces droits et de toutes ces libertés qui doivent leur naissance à l’enthousiasme, à la foi et au dévouement de ceux qui n’ont ménagé aucun effort pour proclamer bien fort et bien haut « que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit

Halima Embarek Warzazi, ancienne présidente du Comité consultatif du conseil des droits de l’homme des Nations Unies

Extrait de la conférence prononcée  le 6 août 2010, dans le cadre de la Conférence Cecilia Braslavsky et Soledad Pérez lors de la séance de clôture de la XVIème session de l’Université d’été des droits de l’homme (session hispanophone).P1020598.JPG

04/02/2010

XVIème session de l’Université d’été des droits de l’homme

Formation en droits humains à Genève en été 2010 organisée par le cuHD (Collège Universitaire Henry Dunant)

En collaboration avec :

  • le Bureau International d’ Education  (BIE - UNESCO)
  • la Fondation Henry Dunant- América Latina
  • la Chaire UNESCO Citoyenneté démocratique et liberté culturelle (Université de La Rioja)

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Unité I (à distance) : du 12 avril au 7 mai 2010
Unités II et III (à Genève) : du 6 au 17 septembre 2010





L’objectif général  est de donner aux participants  les outils pour la mise en œuvre des politiques publiques basées sur les droits de l’homme et pour promouvoir une culture des droits de l’homme fondée sur un dialogue entre les cultures et les religions.

Réalisée en étroite collaboration avec le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme et l’UNESCO, cette formation permet de participer aux sessions des organes de protection de Droits Humains. Cette année, l’organe retenu est le nouveau Comité Consultatif, organe subsidiaire du Conseil des droits de l’homme.

A la fin de la formation, les participants auront acquis des compétences leur permettant de:
1.    Adopter une approche des politiques publiques fondée sur les droits.
2.    Mettre en place des mécanismes de suivi des DESC (droits économiques, sociaux et culturels).
3.    Participer activement aux réunions internationales relatives aux droits de l’homme et élaborer des Rapports parallèles pour les Comités.

CONTENU DE LA FORMATION

Le programme comporte 4 unités pédagogiques.

L’unité I se déroule à distance, via internet, pendant un mois au terme duquel les participants sont soumis à un contrôle de connaissances qui a lui aussi lieu à distance. Compte tenu des places disponibles limitées, il est opéré une sélection des candidatures en fonction de la qualité des dossiers déposés et du résultat au contrôle de connaissances.
L’unité II se déroule à Genève pendant deux semaines. Elle est consacrée à l’enseignement des principes régissant les droits de l’homme.
L’Unité III dédiée au suivi des organisations internationales se superpose à l’Unité II, elle a lieu aux mêmes dates.
L’unité IV, facultative, clôture ce programme et offre la possibilité aux participants qui le souhaitent de réaliser un travail de recherche dans le domaine des droits de l’homme.

Conditions financières
La taxe d'inscription est de CHF 500 pour la partie à distance (Unité I) et de CHF 2500 pour les Unités II et IV. L’Unité III est gratuite. Le paiement de la partie à distance (Unité I) doit être effectué dès que le participant aura reçu une confirmation d’inscription du Collège universitaire Henry Dunant (cuHD) et au plus tard le 9 avril 2010.

RENSEIGNEMENTS

Pour des informations plus détaillées, consulter notre site www.cuhd.org et en particulier la page "Prochaine Formation".
Vous y trouverez également un bulletin d'inscription en ligne.
Délai d'inscription : le 30 mars 2010.

Para la formación es español de 2010, pulsar sobre "español" y "Próxima formación".

cuHD
www.cuhd.org

24/11/2009

Le droit à l'éducation: le droit à la vie (culturelle)

 

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L'intérêt porté au droit à l’éducation ne vient pas du fait qu’il est plus important qu'un autre droit, économique, social ou culturel mais du fait qu’il es un droit fondateur de l’indivisibilité des droits de la personne.

La notion d' empowerment right traduit parfaitement le caractère fondateur du droit à l'éducation et ce n’est pas sans raison que certains auteurs le définissent fort judicieusement comme étant ’instrument des droits de l'homme L'éducation est la base sur laquelle peut être édifié un développement humain durable, concept qui ne saurait valoir pour les seuls pays du Sud mais qui a également tout son sens dans les zones, dites développées, du Nord. A chaque nouvelle génération toute société humaine doit en effet refaire le chemin de son humanité, et l’éducation par sa nature même est une tâche qui demeure toujours à accomplir.

L'éducation c’est l’initiation à l'humanité et de toutes les métaphores qui désignent le processus éducatif, l'initiation, ou chemin qu’il faut parcourir soi-même, est sans doute celle qui convient le mieux. L'éducation c’est le passage obligé par lequel le “ petit de l'homme ” pénètre dans le monde humain (O. Reboul), ou, on peut aussi l'exprimer ainsi, dans le monde culturel où droits et devoirs puisent leur signification.

Malheureusement, nombreux sont ceux qui n’ont pas une conscience suffisamment claire de l'importance de l'éducation qui, du point de vue culturel, équivaut au droit à la vie, entendons par là droit à la vie culturelle, et donc droit à une vie proprement humaine. L'éducation n'est pas donc seulement affaire de communication ou d'intégration, ce n'est pas seulement une affaire d’alphabétisation, une histoire de lecture ou de calcul, voire de promotion de la démocratie ; c’ est, pour les peuples comme pour l’individu, une affaire de vie ou de mort.

13/11/2009

L’éducation aux droits de l’homme: une révolution dans le système éducatif

Alfred Fernandez
Président, Collège Universitaire Henry Dunant (Genève)




Le Programme mondial d’éducation aux droits de l’homme doit choisir une nouvelle cible pour 2010. Après une phase consacrée à l’éducation aux droits humains dans le primaire et le secondaire, passée quasiment inaperçu, le Conseil vien de décider de travailler sur l'enseignement supérieur.

Ce que l’on ne dit pas souvent est que le Programme mondial est une bombe. Il renferme un potentiel de changement radical des systèmes éducatifs. Il est important de le faire remarquer car, sous un langage diplomatique, le Programme mondial apporte des idées révolutionnaires. Le moment de la rentrée scolaire est opportun pour lire ou relire ce document adopté par consensus par l’Assemblée générale de l’ONU en 2004. Il est vraiment dommage que les acteurs de la société civile ne se le soient pas approprié. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Voici en vrac quelques idées exprimées par ce texte qui n’ayant pas de date de péremption est de durée illimitée.

Le Programme instaure tout d’abord une nouvelle gouvernance, une nouvelle gestion du système éducatif. Ainsi selon ce Programme, l’éducation aux droits humains, bien comprise, suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier et son introduction doit être l’expression claire et cohérente des engagements pris par l’Etat en faveur du droit à l’éducation de ses citoyens.

Le texte mentionne la nécessité d’une modification du système éducatif à quatre niveaux : plus de délégation de pouvoir des autorités publiques, introduction d’une gouvernance démocratique du système éducatif, autonomie des écoles et des centres et, la cerise sur le gâteau : partage de responsabilités entre les pouvoirs publics et la société civile dans la gestion du système éducatif.

Le Programme propose donc une feuille de route pour la transformation du système éducatif mise en œuvre en trois temps en trois temps.

En premier lieu, l’Etat, ou les pouvoirs publics, doivent être conscient qu’ils ne sont pas les seuls responsables de l’éducation, l’éducation est l’affaire de tous et elle doit être mise en place avec l’aide de tous. Il faut que l’Etat gère avec le secteur privé et la société civile. Pour mettre en place cette nouvelle gouvernance, l’Etat doit fixer les cadres de politique générale et veiller à la cohérence des ces politiques. Il doit en outre instituer des mécanismes d’exécution et de contrôle ainsi que des mécanismes de participation à l’élaboration et à l’exécution de politiques éducatives des autres parties prenantes. Enfin, il doit établir un système d’indicateurs pour mesurer le degré d’accomplissement des politiques. Il faut rendre compte des actions.

En deuxième lieu, il faut que, dans l’élaboration des politiques, l’Etat adopte une approche fondée sur les droits –l’objectif des politiques est le respect du droit à l’éducation -. En clair, il faut plus que des bons résultats PISA, il est nécessaire de garantir le droit à l’éducation pour tous : il faut une « formation de qualité qui respecte pleinement l’identité culturelle » (Déclaration sur la diversité culturelle, UNESCO, 2001).
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Enfin, il est demandé aux pouvoirs publics d’octroyer une véritable autonomie aux établissements d’enseignement. Cette autonomie permettre aux écoles de prendre en compte la diversité des populations scolarisées d’une part et les besoins spécifiques des élèves, d’autre part.

26/07/2009

La XV Université d'été demarre lundi

Lundi demarre la XV Université d'été des droits de l'homme en session hispanophone. 31 participants de 12 pays prendront part: Andorre, Argentine, Canada, Colombie, Equateur, Espagne,  Guatemana, Mexico, Panama, Peru, Uruguay et Vénézuela. Le thème de cette années est l'éducation aux droits de la personne humaine. Un colloque publique aura lieu au Palais de Nations le 30 juillet toute la journée sur la deuxième phase du Programme mondiale d'éducation en droits de l'homme.

Selon la résolution 10/3, le Conseil des Droits de l’Homme doit déterminer lors de sa session de septembre le thème sur lequel la prochaine phase du programme mondial se focalisera. Le but de ce colloque est d’explorer les thématiques possibles de cette seconde phase en réunissant experts, ONG et représentants d’Etats.

Deux thèmes sont proposés pour ce colloque : l’inculturation des droits de l’homme et l’intégration de l’éducation aux droits de l’homme dans l’enseignement supérieur. Les deux thèmes semblent prioritaires. Le premier répond à la préoccupation exprimée par différends acteurs quant au déficit de  l’appropriation de l’éducation aux droits de l’homme par les différentes cultures. Le second thème aura comme objet de prolonger la réflexion de la Conférence mondiale sur l’enseignement supérieur de l’UNESCO qui a eu lieu à Paris en juillet 2009.

Programme du colloque

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19/12/2008

Droits de l'homme: la nouvelle la plus importante de 2008

Voilà la nouvelle la plus importante concernant les droits de l’homme de l’année 2008. Elle est restée presque confidentielle et pourtant représente 15 ans de travail : le Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) des Nations unies (1966) vient d'être adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 2008.

Ce nouveau protocole permettra de s'adresser au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies pour déposer de plaintes relatives au non respect par l’Etat des droits économiques, sociaux et culturels.

Ainsi, la "justiciabilité" des droits à l'alimentation, au travail, à la santé, à l'éducation, au logement, à la culture, à l'égalité hommes-femmes ou à une vie digne se trouve considérablement renforcée.

Pour arriver à ce résultat, de nombreux efforts ont été nécessaires.  Il faut saluer le rôle de la France, du Portugal, de la Finlande, du Mexique, du Comité des droits économiques sociaux et culturels  et surtout, surtout, de la présidente-rapporteuse du groupe de travail du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à qui l'on doit en grande partie le succès de cette adoption, Catarina de Alburquerque.


29/09/2008

Privilégier les droits civils: forme subtile de racisme

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Session francophone 2008 (prof E. Decaux, membre du Comité Consultatif) 


La Déclaration sur la race et les préjugés raciaux adoptée par  Conférence générale de l'Unesco le 27 novembre 1978 définissait le racisme comme "toute théorie faisant état de la supériorité ou de l'infériorité intrinsèque de groupes raciaux ou ethniques [...]" (article 2).

Il s'agit d'une définition technique qui ne correspond pas au sens du mot tel qu'on l'utilise dans le langage courant. Pour éviter tout malentendu entre le sens technique et le sens courant, qui est beaucoup plus large, le mot "racisme" n'est presque plus employé seul, car on préfère expliciter les notions comprises sous ce mot. Ainsi, en lieu et place du mot "racisme" trouve-t-on toujours dans les textes une énumération telle que formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et toutes formes de discriminations (cf. E/CN.4/2003/24). Au sens large, le mot racisme a donc perdu sa signification première et est devenu pratiquement synonyme de discrimination.

En remplacement de la définition restrictive de l'UNESCO, est-il possible de donner une définition du racisme dans son acception actuelle ? Une attitude raciste consiste toujours à ne pas reconnaître à l'autre un droit que l'on reconnaît pour soi-même. Selon le droit nié chez l'autre, on trouvera tout l'éventail des différentes formes de discriminations, depuis le droit à la vie pour les formes les plus graves jusqu'au non-respect d'un droit économique, social et culturel pour les formes les plus subtiles.

Dans ce contexte, nous voudrions mettre en lumière qu'une promotion unilatérale des droits civils et politiques est une démarche, non seulement non conforme au droit, mais aussi discriminatoire.
 
Face à des situations humaines complexes ou tragiques, certains croient que le mieux à faire est de concentrer tous leurs efforts sur les droits civils et politiques, qu'il convient d'assurer avant que de promouvoir les droits économiques sociaux et culturels. Une telle attitude, même si elle part d'une volonté de préserver ce qui leur paraît essentiel, est contraire au principe de l'indivisibilité du droit.  

Le principe de l'indivisibilité ne doit pas être perçu simplement comme une convention juridique visant à harmoniser les différents droits entre eux, car il constitue la reconnaissance juridique de l'unité de la personne humaine. Considérer les droits civils et politiques indépendamment des droits économiques sociaux et culturels revient à vider ces droits de leur raison d'être. En effet, les droits à la vie, à l'alimentation, à l'eau et à l'hébergement ne se comprennent que s'il s'agit d'assurer la survie d'un sujet appelé à s'épanouir par l'éducation, et à devenir un acteur de la société civile, libre de s'exprimer, de fonder un foyer et de s'engager dans divers types d'initiatives... En d'autres termes, on ne proclame pas le droit à la vie pour que les hommes se contentent de vivre et le droit à l'alimentation seulement pour qu'ils se nourrissent, mais pour qu'ils puissent vivre en tant qu'homme. En laissant de côté les droits dits "de seconde génération", on néglige ce qui est propre à l'homme et on se concentre uniquement sur ce que l'homme partage avec les autres êtres vivants. Or si l'homme n'avait rien de différent des autres êtres vivants, il n'y aurait jamais eu besoin de droit.

 

02/05/2008

Culture: le droit d'être (humain)

Cette semaine, le vendredi 9,  le Comité des droits économiques sociaux et culturels débattra de l’article 15 du Pacte des droits économiques sociaux et culturels relatif au droit de participer a la vie culturelle. C’est la première fois que la culture est prise au sérieux par les Nations Unies.

Les droits culturels impliquent l’accès aux ressources qui permettent de se forger une identité. "Une culture donne à l'homme la capacité de réflexion sur lui-même. C'est elle qui fait de nous des êtres spécifiquement humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés. C'est par elle que nous discernons des valeurs et effectuons des choix. C'est par elle que l'homme s'exprime, prend conscience de lui-même, se reconnaît comme un projet inachevé, remet en question ses propres réalisations, recherche inlassablement de nouvelles significations et crée des oeuvres qui le transcendent" (Conférence Mondiacult UNESCO, 1982).

La culture n’est pas une simple consommation de biens culturels. Si la culture est l’objet d’un droit, si l’on y attache juridiquement des libertés, l’enjeu est bien plus profond. Le PNUD relève dans son Rapport 2004 sor le développement humain, que les libertés culturelles touchent à l’identité même de l’humain. Il y va donc non seulement d’une « technique »  mais bien d’une valeur liée à l’identité même de l’homme, à ce dont il a besoin pour être un homme.

Une bonne gouvernance, au sens d’une gouvernance non seulement irréprochable sur le plan technique, mais démocratique et soucieuse de promotion des droits fondamentaux, requiert une action résolue en faveur de la liberté de choisir un mode de vie culturellement adéquat. L’Etat, quand il « intervient en renforcement des capacités de l’autre (société civile, secteur privé), (doit) respecter et développer les capacités de celui-ci » (Observatoire de la diversité et des droits culturels, Document de Bergame, 2007).