18/05/2018

Esclavages d’hier et d’aujourd’hui - Mémoires et perspectives

Le 10 mai chaque année a lieu à Paris la Commémoration nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette journée était organisée ce jeudi 10 mai 2018 par l’association des amis du général Dumas, avec le soutien de la Ville de Paris, du Centre des Musées nationaux, et sous le haut patronage du Président de la République.

Il faut saluer cette volonté de faire mémoire des esclaves du passé, sans tomber dans le triomphalisme et l’autosatisfaction. L’urgence est en effet de s’engager concrètement pour la libération des esclaves modernes et pour l’abolition de toutes les formes contemporaines de traite.

Résurgence contemporaine

Même si l’esclavage est interdit par une série d’instruments juridiques au niveau national et international, l’esclavage se développe partout dans le monde, y compris en Europe. L’esclavage n’a en effet pas disparu. Il est même en pleine croissance, même s’il est souvent invisible.

Causes

La pauvreté, l’instabilité économique et politique, les conflits, l’explosion démographique de certains pays, les changements climatiques, les mouvements de réfugiés et de migrants, les persécutions ethniques et religieuses rendent des millions de femmes et d’enfants, mais aussi des hommes, vulnérables à des réseaux criminels qui, par la contrainte ou par de fausses promesses, réduisent ces personnes à la servitude jusque dans nos pays.

Les conditions favorisant l’esclavage contemporain se sont multipliées dans le monde entier

  • déséquilibres démographiques et économiques, vulnérabilité accrue de millions de personnes principalement dans les pays en développement (vulnérabilité liée aux conflits armés, aux dictatures, aux changements climatiques, aux dégradations infligées à l’environnement, aux catastrophes naturelles et technologiques, à l’absence d’éducation et d’accès au marché du travail). Et souvent, ces facteurs se conjuguent.
  • concurrence exacerbée par la mondialisation et par le recours au travail forcé dans l’agriculture, la déforestation, la pêche, le bâtiment, l’hôtellerie et la restauration, les mines, l’industrie du vêtement, sans oublier l’exploitation sexuelle, le trafic d’enfants, le commerce illicite d’embryons et d’organes humains.
    absence d’état de droit (« rule of law ») et corruption garantissant l’impunité aux réseaux criminels et privant les victimes de protection
  • mouvements de masse de populations dans un état de vulnérabilité exposant réfugiés et migrants mais aussi personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays aux contraintes ou aux promesses fallacieuses de criminels : la plupart des esclaves contemporains deviennent esclaves, non pas parce qu’ils sont kidnappés, mais parce qu’ils répondent positivement à une offre d’emploi mensongère, un piège vers le travail forcé, vers la prostitution imposée
  • progrès de la médecine permettant des transplantations d’organes et créant une demande considérable de donneurs, volontaires ou non, et créant un marché sur le plan international de trafic d’organes
  • nouvelles formes d’esclavage liée à la gestation pour autrui, à l’achat et à la vente d’enfants sur le plan international
  • sans oublier servitudes et pratiques esclavagistes culturelles traditionnelles qui n’ont pas disparu (ainsi les castes).

L’esclavage se développe aujourd’hui à des niveaux qui dépassent ce que nous avons connu aux siècles précédents :

  • En 2010, on estimait à environ 27 millions le nombre d’esclaves dans le monde. Ce chiffre représente le double de tous les esclaves africains qui ont été forcés à émigrer d’Afrique aux Amériques.
  • En 2018, les dernières estimations produites par les organisations internationales estiment à plus de 45 millions de personnes privées de libertés dans le monde, avec une forte croissance entre 2010 et 2018.

Les profits de l’esclavage moderne dans le monde, selon les mêmes sources, dépassent les 150 milliards de dollars.

Selon le Global Slavery Index , 58% des victimes sont répartis dans 5 pays: Inde, Chine, Pakistan, Bangladesh et Ouzbékistan. Femmes et filles représentent 71% des esclaves, soit près de 29 millions de personnes. Une victime de l’esclavage moderne sur quatre est un enfant, soit environ 10 millions. En Europe, les estimations seraient de plus d’un million, dont la plupart de Roumanie, Bulgarie et Slovaquie, et du Nigéria, de la Chine et du Brésil. Le travail forcé et l’exploitation sexuelle sont les formes les plus répandues de l’esclavage en Europe. En Italie, il y aurait environ 130.000 esclaves aujourd’hui selon la Fondation « Walk Free » .

Remèdes

Il y a un besoin général de prise de conscience, d’information et de formation.

C’est un effort d’ensemble, sur le plan national, régional et international qui est nécessaire pour faire face à cette négation massive mondiale des droits fondamentaux de la personne humaine.

En cette année où nous commémorons l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle, nous devrions nous inspirer des abolitionistes des siècles passés, de leurs luttes et de leurs valeurs, qui sont proches des nôtres : 2018 est aussi le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et le 20e de l’adoption du Statut de la Cour Pénale Internationale (qui qualifie certaines pratiques esclavagistes respectivement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité). C’est le moment favorable pour la communauté internationale de lancer une mobilisation pour une nouvelle abolition de l’esclavage, en faisant appel aux Gouvernements, aux Autorités religieuses et spirituelles, aux organisations internationales, à la société civile, sans oublier milieux d’affaires et formateurs d’opinion.

Le 2 décembre 2014, à la Casina Pio IV, le siège de l’Académie pontificales des sciences et des sciences sociales, des responsables religieux catholiques, anglicans, musulmans, hindous, bouddhistes, juifs et orthodoxes ont signé une Déclaration commune contre l’esclavage moderne comme une déclaration publique de leur engagement à travailler ensemble dans l’action spirituelle et pratique pour éradiquer ce crime contre l’humanité et restaurer la dignité et la liberté de ses victimes.

Le texte de la déclaration signée par Pape Francis et d’autres chefs religieux stipule ce qui suit :

« Nous, les soussignés, sommes réunis ici aujourd’hui pour une initiative historique visant à inspirer l’action spirituelle et pratique de toutes les religions mondiales et des personnes de bonne volonté partout dans le monde afin d’éradiquer l’esclavage moderne dans le monde d’ici 2020 et pour toujours. Aux yeux de Dieu, chaque être humain est une personne libre, fille, garçon, femme ou homme, et est destiné à exister pour le bien de tous dans l’égalité et la fraternité. L’esclavage moderne, en termes de trafic d’êtres humains, de travail forcé et de prostitution, de trafic d’organes, et toute relation qui ne respecte pas la conviction fondamentale que tous les êtres humains sont égaux et ont la même liberté et la même dignité, est un crime contre l’humanité. Nous nous engageons ici aujourd’hui à faire tout ce qui est en notre pouvoir, au sein de nos communautés de foi et au-delà, à travailler ensemble pour la liberté de tous ceux qui sont réduits en esclavage et victimes de la traite, afin que leur avenir soit restauré. Aujourd’hui, nous avons l’occasion, la conscience, la sagesse, l’innovation et la technologie pour réaliser cet impératif humain et moral. »

Dans la réalité de tous les jours, les victimes de l’esclavage vivant à nos côtés ont besoin de structures d’accueil, de protection et de réinsertion. Les victimes sont invisibles, contrairement aux autres époques de l’histoire de l’esclavage. Cette réelle invisibilité contribue à une inadéquation de la prise de conscience de nos autorités et de nos structures d’aides, qu’elles soient publiques ou privées.

L’activité la plus urgente et nécessaire est de promouvoir la connaissance des faits et des processus de développement de l’esclavage moderne. Il faut aussi que Gouvernements et société civile prennent des mesures pour aider et réhabiliter les victimes de l’esclavage moderne. Il faut enfin prévenir par l’éducation et d’autres mesures économiques, sociales et politiques qui permettent de rétablir l’état de droit, d’assurer la protection et la réhabilitation des survivants et la poursuite des criminels.

A l’occasion du Forum qui s’est tenu à Buenos Aires du 5 au 8 mai 2018 sur l’esclavage moderne, «Vieux problèmes du nouveau monde», le Pape François a tenu à faire part de son soutien et de sa préoccupation pour les victimes de l’esclavage moderne.

Michel Veuthey,
Ambassadeur chargé de la lutte contre le trafic d’êtres humains
Observateur Permanent Adjoint
Mission Permanente d’Observation de l’Ordre Souverain de Malte auprès de l’Office des Nations Unies à Genève

18/07/2017

Un ancien participant nommé au CERD

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Monsieur Bakari Sidiki Diaby, diplômé du Collège Universitaire Henry Dunant en 2015, vient d’être nommé membre du Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale.

Il participe actuellement au programme de doctorants mis en place entre le Collège Universitaire Henry Dunant et l’Universitat Internacional de Catalunya.

Né en 1976 en Côte d’Ivoire, il choisit de s’orienter vers des études de droit public fondamental l’Université de Bouaké (Côte d’Ivoire). Dès 2007, il se spécialise dans le domaine des droits de l’Homme avec le Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées en droit de l’Homme et le Certificat en Droits de l’Homme et Culture de la Paix de l’Institut de la Dignité et des Droits Humains du Cerap à Abidjan (Côte d’Ivoire). Il devient très actif en 2011 en promouvant les droits de l’Homme et le droit international au sein des Armées Africaines en tant que coordinateur général de la Coordination National des Droits de l’Homme pour les Armées. La même année, il est le pionnier de l’Institut Africain des Droits de l’homme pour les Armées (IADHA) et de la Coordination Africaine des Droits de l’Homme pour les Armées (Camp Gallieni, Abidjan, Plateau).

Il est actuellement Secrétaire Exécutif Adjoint de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) et le Secrétaire Permanent des Institutions Nationales des Monétaire Ouest Afrique.

Maéva Guyot

16/01/2017

VIOLENT EXTREMISM ONLINE A CHALLENGE TO PEACE AND SECURITY

 

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The 2017 UNOG-DCAF Seminar will discuss the topic of “Violent Extremism Online – A Challenge to Peace and Security”. This Seminar is the thirteenth in a series of annual events, jointly organized by the United Nations Office at Geneva (UNOG) and the Geneva Centre for the Democratic Control of Armed Forces (DCAF). The purpose of these events is to address and raise awareness for pressing security challenges faced by the international community at large.

 

Tuesday, 31 January 2017, Palais des Nations, Room XXIII, Geneva

9:30 – 10:00 Welcome Coffee

10:00 – 10:05 Opening Remarks by Mr Michael Møller, Director General, United Nations Office at Geneva (UNOG)

10:05 – 10:30 Keynote Speech by Mr Frank La Rue, Assistant Director-General Communication and Information, UNESCO

10:30 – 11:00 Presentation by Mr Adam Deen, Senior Researcher & Head of Outreach, Quilliam Foundation

11:00 – 12:30 Panel: Violent Extremism Online – A Challenge to Peace and Security

Moderator: Ms Anne-Marie Buzatu, Deputy Head of Public-Private Partnerships Division, DCAF

Panellists: Ambassador Kok Jwee Foo, Permanent Mission of Singapore to Geneva

Ms Megan Hallahan, Consultant, YaLa Young Leaders

Mr Daniel Stauffacher, President, ICT4Peace Foundation

Representative, Microsoft (tbc)

12:30 – 12:45 Closing Remarks by Ambassador Thomas Guerber, Director, Geneva Centre for the Democratic Control of Armed Forces (DCAF)

19/10/2016

Se former aux droits de l’homme dans la Genève internationale 2017

 

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  • Formation en droits de l’homme (système international)
    Collaboration avec l'Université UDIMA (Espagne)

Formation en droits économiques, sociaux et culturels aux Nations Unies pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

Mars espagnol

  • XXIVème Université d’été des droits de l’homme
    Diplôme de spécialisation en droits économiques, sociaux et culturels

Formation qui a pour but de donner des outils qui contribuent à la mise en place des Objectifs du développement durable conçus et évalués par les instruments internationaux de droits de l’homme. La session présentielle se tient lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme.

1 juin – 28 juillet : formation en ligne
7 – 11  août : formation présentielle à Genève

français

  • V Diplôme de protection et promotion des droits de l’homme
    Collaboration avec Intermedia Consulting (Italie)

Formation de niveau universitaire aux Nations Unies pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

12-16 juin, espagnol

  • XVème Cours d’été en droits de l’homme
    Collaboration avec Université de La Rioja (Espagne) et l’Université d’Extremadura (Espagne)

Formation pour universitaires de langue espagnole  pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

26 – 30 juin, espagnol

  • Séminaire Rapprochement des Cultures
    Solidarité internationale: principe ou droit?

Colloque de recherche en collaboration avec les Chaires UNESCO de l’Université de Bergame,  La Rioja et les Universités de Sétif 2, Dimitri Cantemir (Roumanie) et Zaragoza.

3 – 5 juillet, français

  • Formation pour l’accueil des réfugiés, Partager les richesses

Formation en collaboration avec différentes communes du Canton de Genève, destinée aux réfugiés et les parties prenantes de la politique d’asile.

février- décembre, plurilingue

 Plus d'informations et lien pour les inscriptions sur notre site: www.cuhd.org

Camille Gervaix, Coordonnatrice des activités

11/08/2016

XXIII Université d'été: demain le nouvel humanisme

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Demain s'achève la XXIII édition de l'Université d'été des droits de l'homme avec un table ronde de clôture sur le besoin d'un nouvel humanisme par le rapprochement des cultures. Aujourd'hui le thème était les nouveaux objectifs du développement (ODD)

Au cours de l’année 2016, le Collège universitaire Henry Dunant, institution qui organise l’Université d’été, a mis sur pied cinq formations en droits de l’homme auxquelles ont participé 73 personnes en collaboration avec les Universités de Bergame, d’Estrémadure, Fribourg, Genève, La Rioja (Espagne), San Martin de Porres (Pérou), Sétif 2 (Algérie) et Dimitri Cantemir (Roumanie).

Plus de 1800 personnes de 103 nationalités ont déjà pris part à cette formation unique en son genre, à plusieurs égards. D’après une enquête réalisée auprès des anciens participants, l’impact sur leur carrière professionnelle a été déterminant, voire très déterminant. En effet cette formation leur a non seulement permis d’acquérir une meilleure maîtrise des sujets professionnels (96%), mais encore d’influencer les politiques publiques (65%). Une grande majorité de nos participants ont pu également obtenir des responsabilités plus importantes au sein de leur profession.

Jessica Pelissier

09/04/2014

Le dû à tout homme: vivre dans la dignité et la paix

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Le dû à tout homme. C'est le titre du dernier livre du Collège universitaire Henry Dunant. Il rassemble des textes qui, pour la plupart, sont des exposés faits dans le cadre des universités d’été des droits de l’homme organisées à Genève par le Collège universitaire Henry Dunant. Ces universités d’été existent depuis vingt ans grâce au soutien du Haut Commissariat aux droits de l’homme, de l’UNESCO et de nombreuses autres institutions. Ces formations qui se tiennent lors des sessions du Conseil des droits de l’homme ou de ses organes subsidiaires s’articulent autour de deux axes principaux: les droits économiques, sociaux et culturels et le caractère universel de tous les droits de l’homme. Depuis 1995, date de sa fondation, plus de 1500 personnes en provenance de près de 95 pays ont participé à ces formations.


Ce travail est reconnu par les parties prenantes des droits de l’homme comme en témoigne une lettre récente du Gouvernement genevois affirmant que « la contribution que votre Collège apporte au rayonnement de la Genève internationale est tout à fait remarquable ». Cet ouvrage, nous permet d’élargir le public de nos universités d’été car nous sommes convaincus que, mis par écrit, ces exposés pourront aider à faire mieux connaître le système international de protection des droits de l’homme.


Ce livre rassemble des textes comme ceux de J. Hersch ou H. Warzazi d’une exceptionnelle importance. Il s’agit de réflexions faites par des acteurs majeurs du système international de protection des droits de l’homme, réflexions inédites qui permettent de mieux mettre en perspective la situation actuelle. D’autres textes comme celui de K. Singh ou M. Veuthey ont été écrits par des personnes qui jouent actuellement un rôle important dans le système international. Enfin, des textes plus académiques comme ceux des professeurs Secretan ou Osipov proposent une réflexion sur l’universalité des droits de l’homme sous différents angles. L’ouvrage inclut des articles plus spécifiques sur certains droits économiques, sociaux et culturels comme le droit à la santé ou le droit à l’éducation. Les diverses approches : académique, société civile, gouvernements et organisations internationales, reflètent la grande diversité culturelle et géographique des contributions.  En effet, les douze auteurs de cet ouvrage sont originaires de sept pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Europe.

Alfred Fernandez

Pour acheter ce livre:

http://www.amazon.fr/tout-homme-Situation-international-p...

25/03/2014

Le propre de l'homme avec R. Brague et Ph. Secretan sur YouTube

Voici le lien vers le film réalisé par Luca Lamorte, Responsable de la Communication à la Mission permanente de l'Ordre de Malte à Genève, jeudi dernier 20 mars 2014 à la Bibliothèque des Nations Unies, avec les interventions du Directeur général des Nations Unies, des responsables de la Bibliothèque des Nations Unies, et des professeurs Rémi Brague et Ph. Secretan, ainsi que de l'Ambassadeur Laura Dupuy (Uruguay), ancienne Présidente du Conseil desdroits de l'homme :
 

10/02/2014

Université d'été 2014: les droits pour évaluer le développement

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La XXème  Université d’été des droits de l’ homme se focalisera sur l’approche des droits pour le développement. Le but de la formation est de donner des outils qui contribuent à la mise en place de nouveaux objectifs de développement conçus et évalués à l’aune des instruments internationaux des droits de l’homme. L’accent est mis sur le droit au développement, le droit à l’éducation et les droits culturels.

 Les valeurs des droits de l’homme ” devront constituer l’assise du nouveau programme de développement. Elles comprennent les droits sociaux et économiques, tout en incluant également les droits civils et politiques en matière de paix et de sécurité et autres défis, ainsi que le droit au développement. Tous ces éléments doivent être traités simultanément” (par.58). Ils offrent des orientations pratiques pour concevoir et évaluer les stratégies de développement et en préciser la teneur-par exemple, en donnant la priorité à l’accès universel à de l’eau de qualité, à l’alimentation, à l’énergie, à la sécurité monétaire, aux services de santé et autres biens et services publics essentiels (par. 59).  Nations Unies, Document de l’équipe spéciale post 2015

 Dates des formations:

 ·         Module 1 Formation à distance. Introduction ( 1-30 juillet 2014)

·         Module 2 Formation présentielle à Genève ( 15-19 septembre 2014)

·         Module 3 Suivi du Conseil des droits de l’homme en simultané avec la phase 2

 L’inscription s’effectue en remplissant notre formulaire et l’envoyant à l’adresse: inscription@cuhd.org.

 Délai d’inscription 15 avril 2014

Plus d’information sur

   http://cuhd.org/formations-en-droits-lhomme/xxieme-univer...

20/01/2014

Universités du Maghreb: une approche basée sur les droits de l’homme

 

 

 

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Setif (Algérie) ruines romaines

Le Collège universitaire Henry Dunant lance en 2014 un ambitieux projet interuniversitaire pour contribuer à la modernisation de l’enseignement supérieur au Maghreb par l’intégration de l’approche basée sur les droits de l’homme (ABDH).

 Le montant global du projet financé par le programme TEMPUS de l’Union européenne est de près d’un million d’euros. Douze Universités vont collaborer dans le projet  Approche basée sur les droits dans l’enseignement supérieur au Maghreb (ABDEM): l’Université de La Rioja, leader du projet, ainsi que l’Université de Bergame, l’Université de Westminster, l’Université de Zaragoza, l’Université de Extremadura, l’Université de A Coruña, l’Université Mohamed V Soussi, l’Université Hassan 2 Mohammedia-Casablanca, l’Université Sétif 2, l’Ecole Nationale Supérieure de Sciences Politiques d’Alger, l’Institut National du Travail et des Etudes Sociales de Tunis, et l’Institut de Presse et de Sciences de l’Information de l’Université de la Manouba.

 Le projet ABDEM comporte trois phases :

 ·        Etat des lieux et défis de l’ABDH dans les pays partenaires du Maghreb

·        Une formation de formateurs sur l’ABDH

·        Création d’un Master interuniversitaire et interdisciplinaire sur l’ABDH dans les politiques publiques.

 Ce projet propose de contribuer à une réforme des programmes d’enseignement dans la région du Maghreb en introduisant l’approche basée sur les droits de l’homme. Cette approche – très neuve dans presque tous les pays - introduira un changement fondamental dans l’institution universitaire. Comme le signale le Programme mondial en faveur de l’éducation aux droits de l’homme, cette approche prévoit à la fois une « éducation à travers les droits de l’homme » (où l’on assure que tous les éléments et processus d’éducation – notamment les programmes, matériaux, méthodes et formations – sont bien propices à l’apprentissage des droits de l’homme, et « les droits de l’homme dans l’éducation » (où l’on s’assure que les droits de tous les membres de la communauté universitaire : enseignants et étudiants, sont bien respectés).

Alfred Fernandez

 

29/07/2013

Droits de l’homme : une avancée majeure en 2013

 

 

Le protocole facultatif au Pacte des droits économiques, sociaux et culturels vient d’entrer en vigueur. Il me permet, grosso modo, de déposer une plainte devant le Comité économiques, sociaux et culturels des Nations Unies si j’estime que mon droit à l’éducation a été violé. C’est une bonne nouvelle pour le droit à l’éducation et une avancée majeur pour les droits de la personne.

 Mais beaucoup d’Etat n’on pas ratifié ce protocole. Pourquoi ? Je dirai pour trois raisons. En premier lieu la supposée impossibilité de déterminer avec précision les obligations des Etats dans le domaine du droit à l’éducation, ensuite la question relative aux obligations positives des Etats et enfin – c'est peut-être l’obstacle majeur - les implications financières qu'entraine la réparation des violations dans ce domaine.

 La première raison –l’imprécision du droit – est comme un serpent de mer qui revient chaque fois que se pose une question relative à ce type de droits (i.e. économiques, sociaux et culturels). Cette question, en réalité, est un vrai non sens car le droit international a dépassé la division entre droits civils et politiques d'un côté et droits sociaux de l'autre en affirmant l’indivisibilité des droits, notamment lors de la Conférence de Vienne dont nous fêtons le 20ème anniversaire cette année. Cette indivisibilité implique trois types d’obligations des Etats par rapport à tout droit de l’homme, qu’il soit civil ou social : obligation de respect, de protection et de mise en œuvre.

 Ceci étant dit, il faut bien constater que les résistances étatiques demeurent. Nous estimons que la communauté internationale ne vaincra ces résistances qu’en établissant plus clairement encore les obligations des Etats, notamment par le biais d’indicateurs, indicateurs qui devront être consensuels et donc politiquement acceptables.

 La deuxième raison est très proche de la première. Il a un volet théorique mis à mal par l’indivisibilité et l'interdépendance des droits.  La question de l’action positive des Etats pose problème à de nombreux systèmes juridiques qui ne conçoivent que des obligations négatives par rapport aux droits fondamentaux. Or il est difficile de concevoir l’existence du droit à l’éducation sans l’existence d’obligations positives, comme la mise en place par l'Etat d’un système éducatif formel. Il y a en effet des obligations positives sans lesquelles les affirmations de l’article 13 du Pacte des droits économiques sociaux et culturels seraient purement théoriques, en particulier dans le domaine économique, comme l’ont affirmé les cours constitutionnelles française et espagnole.

 Le troisième raison concerne la peur qu'ont les gouvernements d'une explosion des indemnisations, seule possibilité, dans la plupart des cas, de réparer les violations du droit à l’éducation.

 Comment répondre, comment agir, face à ces obstacles ? Me idées dans un prochain billet.

Alfred Fernandez, Directeur du Collège universitaire Henry Dunant