26/02/2015

Religions Ensemble pour l'Action Humanitaire 27 mai au Palais des Nations

 

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Le mercredi 27 mai, de 13 à 18 h. l'Ordre de Malte, en coopération avec le Secrétariat du Sommet Humanitaire Mondial, organise au Palais des Nations, Salle XVII, un Symposium sur les "Religions ensemble dans l'action humanitaire".

Inscrivez-vous dès maintenant:  http://lc.cx/z4X

The Symposium "Religions Together for Humanitarian Action" - organized by the Order of Malta in cooperation with the World Humanitarian Summit Secretariat - shall focus on the specific contribution of Faith-based actors to humanitarian action and how they could improve assistance and protection to victims of armed conflicts, as well as facilitate reconciliation. Please register: http://lc.cx/z4X

 Michel Veuthey


23/07/2008

Le sacré fondement historique des règles juridiques


L'Occident positiviste a cherché et cherche encore à écarter la
religion de la vie publique et en particulier du droit international
public.

Or le sacré est le fondement historique et anthropologique de toute
règle juridique, nationale et internationale, à commencer par les
droits de l'homme et le droit international humanitaire, qui protège
la vie et la dignité humaine en temps de conflit armé.

Encore aujourd'hui, la religion est un lieu privilégié d'un dialogue
véritable : la foi en Dieu est en effet souvent, même entre
interlocuteurs appartenant à des religions différentes, le seul lien
de confiance solide : la foi verticale, en un Dieu Créateur, suscite
la confiance horizontale, entre êtres humains. L'exemple de Saint
François d'Assise montre aussi que l'homme de Dieu inspire confiance
aux hommes (jusqu'au Sultan d'Egypte Malik Al-Kamil) tout comme aux
animaux (non seulement les oiseaux mais aussi le loup de Gubbio).

Ce dialogue entre hommes de foi porte sur des valeurs humaines
essentielles. Il se fonde sur le rôle de l'être humain comme gérant de
la Création divine, comme responsable de la protection de l'ensemble
des créatures, à commencer par la sauvegarde de la vie et de la
dignité humaines, de la survie de communautés, de peuples, de
l'humanité entière. Cette responsabilité originelle de l'homme comme
gérant de la Création divine est aujourd'hui de la plus grande
actualité, permettant d'affirmer le caractère particulier, privilégié,
de l'être humain, avec ses droits et ses devoirs.

Le dialogue entre religions est une nécessité contemporaine pour le
droit international humanitaire.

Ce dialogue pourra avoir trois objectifs en ce qui concerne le droit
international humanitaire :

1. en rechercher les sources historiques et anthropologiques ;

2. retrouver les motivations de respecter le droit international humanitaire;

3. réaffirmer les principes fondamentaux du droit humanitaire et les
ancrer dans la conscience publique de toutes les civilisations en vue
d'en assurer le respect dans les conflits en cours et à venir.

Sur le premier point, le principe fondamental du droit international
humanitaire en est de prohiber, par des règles à caractère sacré, des
actes qui pourraient mettre en péril la survie du groupe : on interdit
ainsi de tuer les femmes et les enfants, d'empoisonner l'eau,
d'abattre les arbres fruitiers, de détruire les récoltes comme de
porter atteinte à tous les biens indispensables à la survie -
physique, culturelle et spirituelle - de la communauté. Ces règles
gardent toute leur actualité...

Sur le deuxième point, d'approfondir les motivations de respecter le
droit humanitaire, on ne peut les réduire à la crainte de poursuites
pénales, nationales ou internationales. Comme le CICR l'avait en effet
réalisé dans une étude réalisée à l'occasion du 50e anniversaire des
Conventions du 12 août 1949, la religion est une des motivations les
plus puissantes pour faire respecter les règles essentielles du droit
humanitaire.

Troisième raison de la nécessité de ce dialogue entre religions et
juristes : il faut réaffirmer les principes fondamentaux du droit
humanitaire, si nécessaire face à la raison d'Etat, comme l'ont
récemment fait les évêques catholiques américains pour condamner la
torture (Voir le document « Torture is a Moral Issue: A Catholic Study
Guide », disponible en ligne sur le site de la Conférence des Evêques
catholiques des Etats-Unis : http://www.usccb.org/sdwp/stoptorture/ ).
Cette réflexion entre religions et juristes sur des fondements de la
dignité humaine devrait permettre une mobilisation de la conscience
publique de toutes les religions pour éviter des régressions - comme
une "réglementation de la torture" qui seraient introduites dans un
instrument de droit positif, sur le plan national voire international.
Cette réflexion pourrait se baser sur une disposition essentielle du
droit international humanitaire, l'Article 3 commun aux quatre
Conventions de Genève de 1949, que la Cour Internationale de Justice,
dans l'Affaire Nicaragua, a reconnue comme contenant des «
considérations essentielles d'humanité ».

Permettez-moi de conclure par deux citations, l'une d'un humaniste
désespéré du XXe siècle, Prix Nobel de Littérature, Français né en
Algérie, Albert Camus, extraite de son journal pendant la Guerre
d'Algérie, et l'autre d'un militant des Droits de l'Homme aux
Etats-Unis, assassiné il a quarante ans, le Pasteur Martin Luther
King.

Pour le premier, il faut « se battre pour une vérité en veillant à ne
pas la tuer des armes mêmes dont on la défend »; pour le second,
l'alternative est simple: ou bien nous vivons en frères, ou bien nous
mourrons en insensés (« Either we live together as brothers, or we
perish as fools »).

Michel Veuthey