20/12/2009

Réponse aux minarets

En guise de réponse aux commentaires suscités par notre note sur les minarets, nous proposons à nos lecteurs ce texte du rapport "Notre diversité créatrice", produit par la Commission des NationsAvicenne.jpg Unies sur la Culture et le Développement. Ce texte de 1996 n'a pas pris une ride:

«Depuis l’apparition de l’homo sapiens, les groupes humains n’ont cessé d’échanger découvertes et innovations, institutions et connaissances. Les sociétés ont évolué à la faveur de la coopération entre des peuples appartenant à des cultures dissemblables, et il importe d’encourager cette convivialité culturelle par de nouveaux accords sociopolitiques qui devront être négociés dans le cadre d’une éthique universelle. La coopération entre différents peuples ayant des intérêts et des cultures différentes sera facilitée, et les conflits circonscrits, si les participants s’estiment liés et motivés par des engagements communs. Aussi est-il impératif d’identifier un noyau de valeurs et de principes éthiques partagés par tous. A n’en pas douter, la clef d’un changement positif se trouve dans les valeurs qui inspirent notre comportement.

[..].“Il existe dans la quasi-totalité des traditions culturelles un certain nombre de thèmes récurrents dont il est possible de s’inspirer pour formuler une éthique à caractère universel. Le premier de ces thèmes est l’idée de la vulnérabilité de l’être humain et de l’impulsion morale qui pousse à alléger sa propre souffrance et la souffrance d’autrui chaque fois que possible et à permettre à chacun d’être en sécurité. Cette idée existe dans la doctrine morale de toutes les cultures. Ainsi le maître confucianiste Meng- Tseu remarquait-il voici bien longtemps que « tout homme est saisi de crainte et d’horreur, de compassion et de pitié, à la vue soudaine d’un enfant sur le point de tomber dans un puits… nul n’est indifférent au bien et au mal. De même, l’idée qu’il faut traiter autrui comme on voudrait soi-même être traité est présente dans les enseignements moraux de toutes les grandes traditions religieuses.

Cette « règle d’or » est, sous une forme ou une autre, formulée explicitement par le confucianisme, le taoïsme, l’hindouisme, le bouddhisme, le zoroastrisme, le judaïsme, le christianisme et l’islam, et implicitement reconnue par d’autres confessions. [..] Aujourd’hui, l’idée des droits de l’homme, bien qu’encore contestée par des gouvernements récalcitrants, est un principe de conduite politique fermement établi et s’impose comme l’une des pierres angulaires de toute éthique universelle. »

(Le portrait qui illustre la note est celui d'Avicenne, un des plus importans philosophes et théologiens musulmans)