17/07/2018

25ème Université d’été des droits de l’homme : spécialisation en droits économiques sociaux et culturels

Du 9 au 13 juillet 2018, s’est tenue la 25ème université d’été des droits de l’homme organisée par le CUHD. Le thème était les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC), leur mise en œuvre, leur contexte et leur surveillance entre autres choses. Mais d’autres thèmes ont aussi été abordés comme celui des Objectifs de développement durable (ODD), celui des migrations ou encore celui de l’éducation aux droits de l’homme. Le programme proposé était chargé pour cette session présentielle avec une vingtaine de participants, provenant de nombreux pays francophones, et presque autant d’intervenants, qu’ils soient docteurs, professeurs, représentants d’ONG. De plus le contexte est particulier en cette année des 70 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

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En ce lundi 9 juillet au matin, les participants arrivent au compte-gouttes dans le très beau bâtiment qu’est celui du Campus Biotech, qui ouvre ses portes à l’Université d’été pour trois des cinq jours de la session. Le temps que tout le monde arrive dans la salle, que les présentations se fassent et que le (tout) petit-déjeuner soit dégusté, Claire de Lavernette peut maintenant introduire la semaine avec un petit rappel général sur l’origine et les principes des droits humains. Puis Camille Gervaix, coordinatrice des activités du CUHD détaille toutes les informations techniques et pratiques et nous présente Luis Vázquez, le coordinateur de la session. Ensuite, Nuno Cabral, membre de la Mission permanente du Portugal auprès de l’ONU donne son cours sur « Le système international de la protection des droits de l’homme ». L’après-midi, la discussion portait sur les ODD et leur réalisation grâce à une approche basée sur les Droits de l’Homme avec Pablo Nuño, de la Mission permanente espagnole. À l’issue de cette première journée, les participants se sont rendus à la Mairie de Lancy, commune mécène, pour une réception et faire plus amplement connaissance.

Le lendemain se déroule dans les locaux de Centre international de conférence de Genève, pour une journée abordant le thème des migrations. Cette journée, co-organisée par le CUHD et l’association africaine REFORMAF, s’articule comme une suite de petites conférences. Michel Veuthey, président du CUHD, ouvre le bal avec le droit international des migrations. Il est suivi par Felice Rizzi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, à propos de « Migrations et Coopération Internationale ». Après une pause repas bien méritée, trois régions africaines, et leurs défis migratoires, sont illustrées par trois membres de REFORMAF, avant d’entendre le brillant exposé du Pr. Blaise Tchikaya, et de Biro Diawara intitulé « Migrations africaines et droits de l’homme ». Enfin pour clôturer cette journée intensive, le Dr. Mukundji s’exprime sur les Objectifs de développement durable en République Démocratique du Congo et Arthur Huiban, sur l’insertion sociale et professionnelle des migrants guinéens en Suisse.

Le mercredi, au Bureau International de l’Education (BIE), est consacré à l’éducation aux droits de l’homme qui est une part très importante de la mission du HCDH, mais ce n’est pas une notion parfaitement évidente. C’est pour cela que Claire de Lavernette, également présidente de la Plateforme d’ONG sur l’éducation aux droits de l’homme à l’ONU, intervient ce matin-là, juste après l’étude de Stefania Gandolfi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, sur le droit à l’éducation au Burkina Faso. À partir de l’après-midi, le groupe est séparé en deux, le premier est allé au Palais des Nations pour suivre le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones, l’autre est resté au BIE pour un après-midi avec l’Observatoire International des DESC (ObiDESC).

Le jeudi matin, les groupes s’inversent et doivent se retrouver après le déjeuner au Campus Biotech pour débriefer le Mécanisme d’experts sur les peuples autochtones avec Luis Vázquez avant de terminer la journée avec Rubén Navarro qui nous propose une simulation d’une négociation de résolution.

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La matinée de l’ultime journée de cette intense semaine rime avec évaluation. Des deux côtés puisque les élèves ont évalué la session et la session a ensuite évalué les élèves via le contrôle final des connaissances. Le temps de le corriger pendant l’après-midi, les futurs spécialistes en DESC se sont mis en petits groupes afin d’effectuer un travail de recherche sur leur pays d’origine et de le présenter. La 25ème session s’achève à la Mairie de Cologny, ville mécène et voisine de Genève, pour la cérémonie de remise des diplômes.

Cette  session a contribué à partager des expériences et à réfléchir avec des personnes de différents horizons, sur la manière de traiter les défis actuels des droits de l'homme, des droits économiques sociaux et culturels, et la responsabilité civique que nous avons dans ces domaines.

 

Hugo du SUAU

18/05/2018

Slavery yesterday and today

Slavery yesterday and today
Past reflections and future perspectives

Every year on 10 of May, the national commemoration of the memory of the slave trade, slavery and their abolition takes place in Paris. This year, the event was organised on Thursday 10 May 2018 by the Association of the Friends of General Dumas, with the support of the City of Paris, the Centre des Musées Nationaux, and under the high patronage of the President of the French Republic.

The desire to remember the slaves of the past should be applauded, without falling into triumphalism and complacency.  There is indeed an urgent need to make a concrete commitment to the liberation of modern slaves and to the abolition of all contemporary forms of trafficking.

Contemporary resurgence

Slavery has not disappeared. Although it is prohibited by a series of national and international legal instruments, slavery is on the rise throughout the world, including in Europe, even if it is often invisible.

Causes

 Poverty, economic and political instability, conflicts, the demographic explosion of certain countries, climate change, the movement of refugees and migrants, ethnic and religious persecution make millions of women and children, but also men, vulnerable to criminal networks which, by coercion or false promises, reduce these people to servitude even in our countries.

Conditions favouring contemporary slavery have multiplied throughout the world: demographic and economic imbalances, increased vulnerability of millions of people mainly in developing countries.  That vulnerability is linked to armed conflicts, dictatorships, climate change, environmental degradation, natural and technological disasters, lack of education and access to the labour market.

And often, these factors combine with competition exasperated by globalisation and the use of forced labour in agriculture, deforestation, fishing, construction, hotels and restaurants, mining, the clothing industry, not to mention sexual exploitation, child trafficking and the illegal trade in embryos and human organs. The lack of rule of law and corruption guaranteeing impunity to criminal networks and depriving victims of protection. Mass movements of vulnerable populations expose refugees and migrants but also internally displaced persons to false promises by these criminals.

Most contemporary slaves become slaves, not because they are kidnapped, but because they respond positively to a false job offer, a trap towards forced labour, towards forced prostitution.

Medical progress allowing organ transplants creates a considerable demand for donors, voluntary or not, and an international market for organ trafficking. There are also new forms of slavery linked to surrogacy, the purchase and sale of children internationally, not to mention servitudes and traditional cultural slavery practices that have not disappeared.

Slavery is developing today at levels that go beyond what we have known in previous centuries: in 2010, there were an estimated 27 million slaves in the world. This figure represents double the number of all African slaves who were forced to emigrate from Africa to the Americas.  In 2018, the latest estimates produced by international organizations put the number of people deprived of freedoms at over 45 million worldwide, with strong growth between 2010 and 2018. The profits of modern slavery in the world, according to the same sources, exceed 150 billion dollars.

According to the Global Slavery Index (www.globalslaveryindex.org/findings), 58% of victims are in 5 countries: India, China, Pakistan, Bangladesh and Uzbekistan. Women and girls account for 71% of slaves, or nearly 29 million people. One in four victims of modern slavery is a child, or about 10 million. In Europe, estimates are estimated at more than one million, most of them from Romania, Bulgaria and Slovakia, and from Nigeria, China and Brazil. Forced labour and sexual exploitation are the most widespread forms of slavery in Europe. In Italy, there are about 130,000 slaves today according to the "Walk Free" Foundation (www.walkfreefoundation.org).

Remedies

There is a general need for awareness, information and training. A comprehensive effort at national, regional and international levels is needed to address this massive global denial of fundamental human rights.

 This year, as we commemorate the abolition of slavery in the 19th century, we should draw inspiration from the abolitionists of past centuries, their struggles and their values, which are close to ours: 2018 is also the 70th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights and the 20th anniversary of the adoption of the Statute of the International Criminal Court (which qualifies certain slavery practices respectively as war crimes and crimes against humanity). It is a good time for the international community to mobilise and make a renewed call for the abolition of contemporary slavery, directed at Governments, religious and spiritual authorities, international organizations, civil society, not to mention the business community and opinion-leaders.

On 2 December 2014, at Casina Pio IV, the headquarters of the Pontifical Academy of Sciences and Social Sciences, Catholic, Anglican, Muslim, Hindu, Buddhist, Jewish and Orthodox religious leaders signed a Joint Declaration against Modern Slavery as a public declaration of their commitment to work together in spiritual and practical action to eradicate this crime against humanity and restore the dignity and freedom of its victims.

The text of the declaration signed by Pope Francis and other religious leaders states:

"We, the undersigned, are gathered here today for an historic initiative to inspire the spiritual and practical action of all world religions and people of good will throughout the world to eradicate modern slavery in the world by 2020 and forever.

In the eyes of God, every human being is a free person, girl, boy, woman or man, and is destined to exist for the good of all in equality and brotherhood. Modern slavery, in terms of human trafficking, forced labour and prostitution, organ trafficking, and any relationship that does not respect the fundamental belief that all human beings are equal and have the same freedom and dignity, is a crime against humanity.

We pledge here today to do everything in our power, within our faith communities and beyond, to work together for the freedom of all those who are enslaved and trafficked, so that their future may be restored. Today, we have the opportunity, the conscience, the wisdom, the innovation and the technology to realize this human and moral imperative."

 

In everyday reality, the victims of slavery living alongside us need reception, protection and reintegration structures. The victims are invisible, unlike other periods in the history of slavery. This real invisibility contributes to an inadequate awareness of our authorities and our aid structures, whether public or private.

The most urgent and necessary action is to promote knowledge of the facts and development processes of modern slavery. Governments and civil society must also take measures to help and rehabilitate the victims of modern slavery. Finally, prevention through education and other economic, social and political measures that restore the rule of law, ensure the protection and rehabilitation of survivors and the prosecution of criminals are needed. 

On the occasion of the Forum held in Buenos Aires from 5 to 8 May 2018 on modern slavery, "Old Problems of the New World", Pope Francis expressed his support and concern for the victims of modern slavery:

"No one can wash their hands of this tragic reality, if they do not want to be complicit in this crime against humanity”

Michel Veuthey
Ambassador of the Sovereign Order of Malta to monitor and combat trafficking in persons
Deputy Permanent Observer of the Order of Malta at the U.N. in Geneva 

http://diplomatie-humanitaire.org/en/slavery-yesterday-and-today-past-reflections-and-future-perspectives/

 

 

Esclavages d’hier et d’aujourd’hui - Mémoires et perspectives

Le 10 mai chaque année a lieu à Paris la Commémoration nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette journée était organisée ce jeudi 10 mai 2018 par l’association des amis du général Dumas, avec le soutien de la Ville de Paris, du Centre des Musées nationaux, et sous le haut patronage du Président de la République.

Il faut saluer cette volonté de faire mémoire des esclaves du passé, sans tomber dans le triomphalisme et l’autosatisfaction. L’urgence est en effet de s’engager concrètement pour la libération des esclaves modernes et pour l’abolition de toutes les formes contemporaines de traite.

Résurgence contemporaine

Même si l’esclavage est interdit par une série d’instruments juridiques au niveau national et international, l’esclavage se développe partout dans le monde, y compris en Europe. L’esclavage n’a en effet pas disparu. Il est même en pleine croissance, même s’il est souvent invisible.

Causes

La pauvreté, l’instabilité économique et politique, les conflits, l’explosion démographique de certains pays, les changements climatiques, les mouvements de réfugiés et de migrants, les persécutions ethniques et religieuses rendent des millions de femmes et d’enfants, mais aussi des hommes, vulnérables à des réseaux criminels qui, par la contrainte ou par de fausses promesses, réduisent ces personnes à la servitude jusque dans nos pays.

Les conditions favorisant l’esclavage contemporain se sont multipliées dans le monde entier

  • déséquilibres démographiques et économiques, vulnérabilité accrue de millions de personnes principalement dans les pays en développement (vulnérabilité liée aux conflits armés, aux dictatures, aux changements climatiques, aux dégradations infligées à l’environnement, aux catastrophes naturelles et technologiques, à l’absence d’éducation et d’accès au marché du travail). Et souvent, ces facteurs se conjuguent.
  • concurrence exacerbée par la mondialisation et par le recours au travail forcé dans l’agriculture, la déforestation, la pêche, le bâtiment, l’hôtellerie et la restauration, les mines, l’industrie du vêtement, sans oublier l’exploitation sexuelle, le trafic d’enfants, le commerce illicite d’embryons et d’organes humains.
    absence d’état de droit (« rule of law ») et corruption garantissant l’impunité aux réseaux criminels et privant les victimes de protection
  • mouvements de masse de populations dans un état de vulnérabilité exposant réfugiés et migrants mais aussi personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays aux contraintes ou aux promesses fallacieuses de criminels : la plupart des esclaves contemporains deviennent esclaves, non pas parce qu’ils sont kidnappés, mais parce qu’ils répondent positivement à une offre d’emploi mensongère, un piège vers le travail forcé, vers la prostitution imposée
  • progrès de la médecine permettant des transplantations d’organes et créant une demande considérable de donneurs, volontaires ou non, et créant un marché sur le plan international de trafic d’organes
  • nouvelles formes d’esclavage liée à la gestation pour autrui, à l’achat et à la vente d’enfants sur le plan international
  • sans oublier servitudes et pratiques esclavagistes culturelles traditionnelles qui n’ont pas disparu (ainsi les castes).

L’esclavage se développe aujourd’hui à des niveaux qui dépassent ce que nous avons connu aux siècles précédents :

  • En 2010, on estimait à environ 27 millions le nombre d’esclaves dans le monde. Ce chiffre représente le double de tous les esclaves africains qui ont été forcés à émigrer d’Afrique aux Amériques.
  • En 2018, les dernières estimations produites par les organisations internationales estiment à plus de 45 millions de personnes privées de libertés dans le monde, avec une forte croissance entre 2010 et 2018.

Les profits de l’esclavage moderne dans le monde, selon les mêmes sources, dépassent les 150 milliards de dollars.

Selon le Global Slavery Index , 58% des victimes sont répartis dans 5 pays: Inde, Chine, Pakistan, Bangladesh et Ouzbékistan. Femmes et filles représentent 71% des esclaves, soit près de 29 millions de personnes. Une victime de l’esclavage moderne sur quatre est un enfant, soit environ 10 millions. En Europe, les estimations seraient de plus d’un million, dont la plupart de Roumanie, Bulgarie et Slovaquie, et du Nigéria, de la Chine et du Brésil. Le travail forcé et l’exploitation sexuelle sont les formes les plus répandues de l’esclavage en Europe. En Italie, il y aurait environ 130.000 esclaves aujourd’hui selon la Fondation « Walk Free » .

Remèdes

Il y a un besoin général de prise de conscience, d’information et de formation.

C’est un effort d’ensemble, sur le plan national, régional et international qui est nécessaire pour faire face à cette négation massive mondiale des droits fondamentaux de la personne humaine.

En cette année où nous commémorons l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle, nous devrions nous inspirer des abolitionistes des siècles passés, de leurs luttes et de leurs valeurs, qui sont proches des nôtres : 2018 est aussi le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et le 20e de l’adoption du Statut de la Cour Pénale Internationale (qui qualifie certaines pratiques esclavagistes respectivement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité). C’est le moment favorable pour la communauté internationale de lancer une mobilisation pour une nouvelle abolition de l’esclavage, en faisant appel aux Gouvernements, aux Autorités religieuses et spirituelles, aux organisations internationales, à la société civile, sans oublier milieux d’affaires et formateurs d’opinion.

Le 2 décembre 2014, à la Casina Pio IV, le siège de l’Académie pontificales des sciences et des sciences sociales, des responsables religieux catholiques, anglicans, musulmans, hindous, bouddhistes, juifs et orthodoxes ont signé une Déclaration commune contre l’esclavage moderne comme une déclaration publique de leur engagement à travailler ensemble dans l’action spirituelle et pratique pour éradiquer ce crime contre l’humanité et restaurer la dignité et la liberté de ses victimes.

Le texte de la déclaration signée par Pape Francis et d’autres chefs religieux stipule ce qui suit :

« Nous, les soussignés, sommes réunis ici aujourd’hui pour une initiative historique visant à inspirer l’action spirituelle et pratique de toutes les religions mondiales et des personnes de bonne volonté partout dans le monde afin d’éradiquer l’esclavage moderne dans le monde d’ici 2020 et pour toujours. Aux yeux de Dieu, chaque être humain est une personne libre, fille, garçon, femme ou homme, et est destiné à exister pour le bien de tous dans l’égalité et la fraternité. L’esclavage moderne, en termes de trafic d’êtres humains, de travail forcé et de prostitution, de trafic d’organes, et toute relation qui ne respecte pas la conviction fondamentale que tous les êtres humains sont égaux et ont la même liberté et la même dignité, est un crime contre l’humanité. Nous nous engageons ici aujourd’hui à faire tout ce qui est en notre pouvoir, au sein de nos communautés de foi et au-delà, à travailler ensemble pour la liberté de tous ceux qui sont réduits en esclavage et victimes de la traite, afin que leur avenir soit restauré. Aujourd’hui, nous avons l’occasion, la conscience, la sagesse, l’innovation et la technologie pour réaliser cet impératif humain et moral. »

Dans la réalité de tous les jours, les victimes de l’esclavage vivant à nos côtés ont besoin de structures d’accueil, de protection et de réinsertion. Les victimes sont invisibles, contrairement aux autres époques de l’histoire de l’esclavage. Cette réelle invisibilité contribue à une inadéquation de la prise de conscience de nos autorités et de nos structures d’aides, qu’elles soient publiques ou privées.

L’activité la plus urgente et nécessaire est de promouvoir la connaissance des faits et des processus de développement de l’esclavage moderne. Il faut aussi que Gouvernements et société civile prennent des mesures pour aider et réhabiliter les victimes de l’esclavage moderne. Il faut enfin prévenir par l’éducation et d’autres mesures économiques, sociales et politiques qui permettent de rétablir l’état de droit, d’assurer la protection et la réhabilitation des survivants et la poursuite des criminels.

A l’occasion du Forum qui s’est tenu à Buenos Aires du 5 au 8 mai 2018 sur l’esclavage moderne, «Vieux problèmes du nouveau monde», le Pape François a tenu à faire part de son soutien et de sa préoccupation pour les victimes de l’esclavage moderne.

Michel Veuthey,
Ambassadeur chargé de la lutte contre le trafic d’êtres humains
Observateur Permanent Adjoint
Mission Permanente d’Observation de l’Ordre Souverain de Malte auprès de l’Office des Nations Unies à Genève

16/02/2018

Migrants : que puis-je faire ?

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Plus de 200 entretiens avec des passants dont plusieurs réfugiés qui avaient traversé la Méditerranée sur des bateaux de fortune… Comme ces « héros de l’ordinaire » symbolisés par les origamis placés sur le sol de la gare : c’est le résultat de notre après-midi de sensibilisation à la gare Cornavin.

« Que puis-je faire ? » : c’était l’interrogation la plus fréquente de la part des passants. Comme réponse, nous avons évoqué le Global Compact sur les migrants actuellement en négociation ou bien la responsabilité que le droit de vote donne à chacun.

L’intérêt était tel que les 500 flyers explicatifs ont disparus en l’espace d’à peine deux heures. Ces flyers informaient de l’ampleur de la catastrophe : rien qu’en 2017, près de 200 000 personnes ont mis leur vie en péril pour atteindre l'Europe en traversant la Mer Méditerranée. Plus de 3000 d'entre eux sont morts en chemin.

En retour, les passants nous ont communiqué le chiffre du jour que nous ne connaissions pas : 90 disparus pour la seule journée du 2 février.

Lors de cet événement, nous avons réalisé un petit film qui sera disponible sur le blog dans quelques jours.

Isabel Marquez de Prado

31/01/2018

Partager les richesses

Le vendredi 2 février de 17h00 à 19h00 aura lieu au cœur de la gare Cornavin à Genève un happening organisé par le CUHD afin de sensibiliser les genevois et passants sur la cause des réfugiés.

En 2017,  184'169 personnes ont mis leur vie en péril pour atteindre l'Europe en traversant la Mer Méditerranée. 3'116 d'entre eux sont morts en chemin. 

Plus de 900 petits bateaux en papier seront disposés au sol afin de leur rendre hommage; chaque bateau représentant 200 migrants. Le but est d’ouvrir le dialogue et de faire en sorte que les passants prennent conscience de la difficile situation des migrants qui en ce moment-même traversent la Mer Méditerranée. 

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26/10/2017

Radicalisation : du sérieux et des causes

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Le nombre est effrayant 2 000  jeunes - garçon filles -  qui sont radicalisés seulement en France. Tous candidats à une mort presque certaine ou à la prostitution en Syrie ou au Moyen-Orient. Nous avons besoin, avant de lutter contre ce fléau, de comprendre les raisons, les motivations. Ces actes semblent le fruit mûr d’un désespoir profond et du vide moral des sociétés européennes dans lesquelles l’horizon idéal se résume pour beaucoup au fric, aux belles voitures, à la mode et au sexe.

L’extrémisme violent a toujours existé en Europe, en Espagne, en Allemagne, en Italie notamment avec des attentats aussi meurtriers : il ne faut pas oublier l’Hipercor en Espagne dont nous célébrons le triste anniversaire ou la gare de Bologne en Italie. Mais cet extrémisme alimenté par un marxisme qui légitimait la lutte armée était lisible, intelligible.

Ce qui n’est pas intelligible c’est un type qui prend un camion et fonce sur une foule comme à Nice se disant d’une religion qu’il ne pratique pas et qu’il bafoue dans ses principes. Devant ces événements nous sommes déroutés et les analyses, les politiques nous semblent insuffisantes et même fondamentalement erronées.

Je ne prétends pas ici apporter une solution miracle et moins encore dans un article de 3000 signes. Je souhaite un rassemblement d’universitaires, États et ONG pour aborder la problématique en partant des évidences et nous des partis pris ou du politiquement correct.

Vendredi 17 novembre à Ferney-Voltaire un groupe de spécialistes entame un travail dans ce sens. Il prendra la forme d’un colloque intitulé La République face à la Radicalisation réunissant des experts d’Espagne, France, Italie et Suisse afin d’échanger sur ce sujet préoccupant.

Je voudrais me limiter à quelques remarques pour explorer des pistes nouvelles. La première est que mode opératoire du terrorisme suicide est typiquement occidental. Il se retrouve parfaitement décrit dans La condition humaine de Malraux : pour tuer un chef d’État bien protégé, Chang, le protagoniste affirma qu’il faut se lancer sur sa voiture avec une bombe. D’autre part, le terme que nous utilisons pour désigner un terroriste suicide est japonais : kamikaze. Et le terrorisme comme doctrine vient de Bakounine. Autrement dit il faut regarder le phénomène de façon globale ou, comme disait Einstein, penser à côté.

 

Alfred Fernandez

21/09/2017

Premier rapport mondial sur les droits économiques, sociaux et culturels

 

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Lundi prochain sera présenté dans le cadre du Conseil des droits de l'homme le premier rapport sur la situation des droits économiques, sociaux et culturels. Il s'agit d'une initiative de l’Observatoire international créée par le Collège Universitaire Henry Dunant avec un objectif précis : contribuer à l’effectivité des droits économiques sociaux et culturels.

 Ce rapport se situe dans le sillage de  la dernière résolution du Conseil des droits de l'homme sur les droits économiques, sociaux et culturels adoptée par consensus et qui, dans son paragraphe 17: apprécie et encourage les importantes contributions que  (…) la  société civile, y compris les  organisations  non gouvernementales, les établissements universitaires et instituts de recherche (…) apportent à la question de la réalisation et de la jouissance des droits économiques, sociaux et  culturels, notamment les activités de formation et d’information.

 Issu effectivement de l’action coordonnée de la société civile et des universités il présente la situation du droit à l'éducation et du droit à la santé dans 42 pays d'Afrique, Asie, Amérique et Europe.

Palais des Nations

salle XXVII

13h30 - 15h

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24/05/2017

Agenda 2030: the role of Human Rights Education

 

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The seminar How can Human Rights Education and Training be promoted through the Education 2030 Agenda, especially Target 4.7? is organized by the NGO Working Group on Human Rights Education on Tuesday the 30th of May at the Palais des Nations (Room XXV, 14h30 -16h30).

This meeting was planned with the co-sponsorship of the States Platform on Human Rights Education and Training (Brazil, Costa Rica, Italy, Morocco, The Philippines, Senegal, Slovenia and Thailand) and the UNESCO Liaison Office in Geneva.

 It will focus on Human Rights Education and Global Citizenship Education as established in target 4.7 of the Sustainable Development Goals.

 The organisers  believed useful to bring together various initiatives to update all stakeholders, including the Member States. It will be an occasion to discuss monitoring mechanisms and practices, together with difficulties and obstacles.


OPENING REMARKS
H.E. Mr MAURIZIO ENRICO SERRA, Ambassador, Permanent Representative of Italy

Mr ABDULAZIZ ALMUZAINI, Director, UNESCO Geneva Liaison Office

 PANELISTS
LYDIA RUPRECHT, Team Leader, Education for Sustainable Development & Global Citizenship, UNESCO

GILBERTO DUARTE SANTOS, Crime Prevention & Criminal Justice Officer, Education for Justice, UNODC

ELENA IPPOLITI, Human Rights Officer, Methodology Education & Training  Section, OHCHR

VILLANO QIRIAZI, Head of the Education Policy Division,Council of Europe (tbc)

GIORGIA MAGNI, Junior Researcher, International Bureau of Education, IBE-UNESCO

 MODERATOR
CLAIRE DE LAVERNETTE, Chair of the NGO Working Group on Human Rights Education and Learning
 

07/12/2016

Le rôle des ONG en faveur de la liberté religieuse

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Les ONG qui travaillent au sein du système de protection des droits de l’homme ont un rôle essentiel dans la protection de la liberté religieuse. Nous pouvons citer cinq actions majeures:

 1. Favoriser une approche des libertés basée en évidences. Les ONG avec les Universités doivent effectuer des recherches pour établir des faits sur lesquels sont établis des politiques. Pour ce faire, la mise en place d’observatoires internationaux comme celui de AED sont fondamentaux tout comme le travail au niveau national en créant des indicateurs et autres outils de mesure.

 2. Favoriser une approche du religieux avec des catégories propres à la religion. L’analyse doit se faire avec rigueur scientifique.

 3. Une troisième approche que les ONG peuvent promouvoir c’est l’approche basée sur les droits de l’homme. Aux Nations Unies nous avons un corpus important de normes qui encadrent la liberté religieuse et l’action des ONG doit se fonder sur ces nomes, notamment l’article 18 du Pacte de droits civils et politiques.

 4. Les ONG doivent faire du plaidoyer auprès des instances internationales en développant quelques idées centrales. La radicalisation naît des identités menacées, de la violation des droits culturels. La religion est un élément central dans la construction de l’identité. Mais ce n’est pas l’unique : la science, les convictions, les idéologies politiques ou la mentalité dominante peuvent faire l’objet de radicalisations et déboucher sur la violence.

 5. Enfin les ONG doivent devenir des artisans du dialogue. Il nous semble convenable d’utiliser un instrument de l’UNESCO qui décrit un ensemble de compétences nécessaires pour le dialogue interculturel. Les voici :

  • le respect (« valorisation d’autrui ») ;
  • la conscience  de  soi/l’identité  («  comprendre  le  prisme  à  travers lequel chacun de nous perçoit le monde ») ;
  • l’aptitude à regarder les choses sous un angle/point de vue différent (« en reconnaissant les similitudes et les différences entre ces points de vue ») ;
  • l’écoute (« participer à  un  dialogue  interculturel  authentique ») ;
  • l’adaptation (« être capable d’adopter temporairement une autre manière de voir ») ;
  • l’aptitude à établir des relations (« nouer des liens personnels transculturels durables ») ;
  • l’humilité culturelle  («  combiner  respect  et  conscience  de  soi »)

Les ONG peuvent promouvoir des déclarations, des études et des actions conjointes entre les diverses religions montrant ainsi la convergence des cultures.

 

Alfred Fernandez, Directeur

22/11/2016

SYRIE : LE CONSEIL DE SECURITE DEBAT DE LA SYRIE UN MOIS APRES LA SESSION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME SUR LA SITUATION A ALEP

 

Le Conseil de Sécurité a débattu lundi 21 novembre de la situation en Syrie – sans pouvoir adopter une résolution ni même une déclaration de son Président -  un mois exactement après la session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme le vendredi 21 octobre au Palais des Nations à Genève sur la situation des Droits de l’Homme à Alep. Cette session extraordinaire avait été convoquée à la demande du Royaume-Uni, au nom d’une trentaine d’États, occidentaux et arabes.[1]

 Dans l’intervalle, après une brève « trève humanitaire », les hostilités se sont intensifiées, civils et hôpitaux n’ont pas été épargnés, et les dénonciations de la gravité de la situation humanitaire, particulièrement à Alep, se sont multipliées : Staffan de Mistura, Envoyé spécial du Secrétaire général, déclarait craindre la destruction totale de la partie orientale d’Alep d’ici la fin de l’année.[2]

 Au Conseil de sécurité, lundi 21 novembre, Stephen O’Brien, Responsable des opérations humanitaires (OCHA) de l’ONU,[3] avouait être à court de mots (« I am more or less at my wits’ end as a human being »). Et d’ajouter qu’aucun convoi humanitaire n’avait pu franchir les lignes de front. Il devait aussi regretter qu’en octobre le Conseil de sécurité n’ait pas pu adopter deux projets de résolutions, l’un présenté par la France et l’Espagne, l’autre par la Russie, demandant, entre autres, l’accès des humanitaires aux victimes du conflit. Depuis l’adoption à l’unanimité, le 3 mai 2016, de la Résolution 2286 (« Protection des civils »),[4] plus de 130 attaques contre des hôpitaux ont été répertoriées. Le Rapport du Secrétaire général (S/2016/962) sur l’application des résolutions du Conseil de sécurité,[5] La représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que les services de santé de la Syrie, qui étaient parmi les meilleurs du monde, étaient aujourd’hui dévastés. A relever que les Etats-Unis ont mis en garde 12 officiers supérieurs syriens qu’ils devraient rendre des comptes pour avoir donné l’ordre d’attaquer des civils. Le même jour, à La Haye, le Ministre français des Affaires étrangères a déclaré que la France est prête à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre d'éventuelles poursuites contre des combattants du groupe Etat islamique (EI) qui sont des ressortissants nationaux.[6]

 Le 21 octobre, à Genève, le Conseil des droits de l'homme avait entendu les déclarations liminaires du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, du Président de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la Syrie et d’une représentante du Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil, avant que ne s’expriment, dans le cadre d’un débat général, une soixantaine de délégations d’États membres et observateurs – dont celle de la République arabe syrienne. 

 Dans un message vidéo enregistré, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, M. Zeid Ra'ad Al Hussein, a pressé les membres du Conseil des droits de l’homme de mettre de côté leurs désaccords politiques et à « se concentrer uniquement sur les femmes, les hommes et les enfants qui nous appellent à l’aide ». Les livraisons d’armes et d’équipements aux parties au conflit doivent cesser et la situation doit être référée de toute urgence à la Cour pénale internationale (CPI), a-t-il ajouté – suivi sur ce point par de nombreuses délégations qui devaient s’exprimer dans le même sens au cours du débat qui a suivi.  À Alep, un cessez-le-feu durable doit être immédiatement mis en œuvre par toutes les parties, a poursuivi le Haut-Commissaire.  Il a demandé que le travail de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne, qui est «l’honneur du Conseil», bénéficie du soutien de tous.

  Le Président de cette dernière Commission, le Professeur Paulo Sergio Pinheiro (Brésil), a quant à lui déclaré que les normes juridiques internationales relatives au droit de la guerre censées constituer des principes protégeant les civils étaient ignorés délibérément par toutes les parties au conflit dans l’espoir d’obtenir un avantage militaire.  Pour, lui, les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité cesseront de violer les lois du droit de la guerre uniquement lorsqu’il sera clair qu’ils auront à rendre des comptes.  C’est pourquoi le renvoi du conflit en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI) ou devant un mécanisme de justice ad hoc est essentiel à la résolution de ce conflit, a déclaré M. Pinheiro.  Il faut engager au plus tôt des négociations politiques en abandonnant l’idée sans fondement selon laquelle une victoire militaire serait possible, a-t-il ajouté.

 Quant à la représentante du Comité de coordination des Procédures spéciales du Conseil, Mme Catalina Devandas Aguilar, elle a appuyé l’appel du Haut-Commissaire des Droits de l’Homme au Conseil de sécurité pour que cette instance adopte des critères permettant de limiter l’usage du droit de veto lorsqu’existent des allégations de commission de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide.  Pour le Comité de coordination, seule la limitation du droit de veto peut permettre au Conseil de sécurité de renvoyer la situation syrienne à la Cour pénale internationale (CPI).  

  La République arabe syrienne a dénoncé, quant à elle, ceux ayant fait le choix d’armer des groupes terroristes, montrant ainsi le peu de cas qu’ils font des civils, contrairement à ce qu’ils prétendent. Elle a assuré avoir tout fait pour parvenir à un cessez-le-feu, qui permettrait à tous ceux qui le souhaitent, y compris les malades et les blessés, de quitter la ville d’Alep ou d’en être évacués. Selon elle, certains groupes terroristes empêchent les départs de la ville.

  Lors du débat qui a suivi ces déclarations liminaires, la majorité des intervenants ont insisté sur la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable, condition préalable au démarrage véritable d’un processus politique permettant de mettre fin au conflit, ce processus devant être mené par les Syriens eux-mêmes avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il maintes fois été souligné. L’accent a été mis sur l’impérieuse nécessité de veiller à ce que les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie aient à répondre de leurs actes

 Quelques délégations ont mis en cause l’impartialité des auteurs du projet de résolution : au lieu de soutenir la Syrie dans son combat  contre le terrorisme, les coauteurs du projet de résolution essaient de sauver les terroristes de la destruction, a, par exemple, estimé la Fédération de Russie.  Plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de respecter la souveraineté, l’intégrité et l’unité territoriales de la Syrie et a été rappelé le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat.

  Les ambassadeurs de Russie et de Syrie ont souligné que leurs forces observaient une trêve diurne de onze heures par jour à Alep pour permettre l’évacuation des blessés et aux civils qui le souhaitent de partir. Mais les Nations unies ont annoncé vendredi que les évacuations médicales de l’est d’Alep n’avaient toujours pas commencé, l’absence de garanties de sécurité empêchant les secouristes de profiter de la pause dans les bombardements annoncée par la Russie.

 La résolution adoptée par 24 voix[7] contre 7,[8] avec 16 abstentions,[9] rappelle les obligations qu’imposent à toutes les parties au conflit le droit international humanitaire et les Droits de l’Homme, et toutes les résolutions du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie. La résolution demande que la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne procède à une enquête spéciale approfondie et indépendante sur les événements survenus à Alep et qu’elle soumette au Conseil des Droits de l’Homme un rapport complet sur ses conclusions au plus tard à sa session de mars 2017.

 A un mois de distance, ces deux débats n’ont été que des constats d’échec.

Peut-être serait-il opportun d’écouter le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, qui, lors de sa dernière visite à Genève vendredi 18 novembre, se demandait si les Nations Unies ne devraient pas s’inspirer de l’Eglise catholique, du monde d’élection du Pape, en conclave : comme les cardinaux, les diplomates seraient enfermés jusqu’à l’obtention d’un accord…

 Michel Veuthey

 

[1] Incluant l’Allemagne, la France, l’Italie, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis, et soutenue par 33 États, dont les 16 États membres du Conseil suivants : Belgique, France, Géorgie, Allemagne, Lettonie, Mexique, Pays-Bas, Paraguay, Portugal, Qatar, République de Corée, Arabie saoudite, Slovénie, Suisse, Emirats arabes unis et Royaume-Uni.  La demande de convocation de cette session extraordinaire était également soutenue par les 17 États observateurs suivants : Autriche, Bulgarie, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Roumanie, Espagne, Suède et Turquie.

[2] « Syrie : Alep-Est pourrait être « totalement détruite » d’ici à la fin 2016, selon l’ONU »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/10/06/syrie-l-onu-estime-que-l-est-d-alep-pourrait-etre-totalement-detruit-d-ici-a-la-fin-de-l-annee_5009291_1618247.html#1AIE5BhjJjMqRdXt.99

[3] Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (Under-Secretary-General for Humanitarian Affairs and Emergency Relief Coordinator). Voir
https://www.un.org/press/en/2016/sc12597.doc.htm

[4] https://www.un.org/press/fr/2016/cs12347.doc.htm

[5] Application des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014) et 2258 (2015) du Conseil de sécurité

[6] Même si la Syrie n'a pas ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, des plaintes peuvent être instruites si elles concernent des ressortissants nationaux qui sont engagés dans la guerre en Syrie auprès de Daech, l'acronyme arabe de l'EI, a indiqué à l'AFP Jean-Marc Ayrault, après une rencontre avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à La Haye.
www.romandie.com/news/Syriecombattants-de-lEI-la-France-prete-a-cooperer-avec-la-CPI/754946.rom

[7] Ont voté pour : Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Belgique, Botswana, Côte d’Ivoire, El Salvador, Emirats arabes unis, FYROM (ex-République yougoslave de Macédoine), France, Géorgie, Lettonie,  Maldives, Maroc, Mexique, Mongolie, Pays-Bas, Portugal, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Slovénie, Suisse, Togo.

[8] Ont voté contre : Algérie, Bolivie, Burundi, Chine, Cuba, Russie, Venezuela.

[9] Se sont abstenus : Afrique du Sud, Bangladesh, Congo, Equateur, Ethiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Kenya, Kirghizstan, Namibie, Nigéria, Panama, Paraguay, Philippines, Viet Nam.