23/01/2017

Mohamed VI: les terroristes vont en enfert

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En août 2016 le souverain marocain dans un discours à la Nation relativement peu commenté dans les  médias a eu des mots très forts contre les terroristes qui agissent au nom de l’Islam.

« Les terroristes qui agissent au nom de l’islam sont des individus égarés condamnés à l’enfer pour toujours, a affirmé Mohammed VI. Ils instrumentalisent certains jeunes musulmans, plus particulièrement en Europe, et exploitent leur méconnaissance de la langue arabe et de l’islam véridique pour relayer leurs messages erronés et leurs promesses dévoyées. »

Le Roi a « invité » les 5 millions de Marocains vivant en Europe et dans le reste du monde « à rester attachés aux valeurs de leur religion et à leurs traditions séculaires face à ce phénomène qui leur est étranger ». Il a « exhorté » ses concitoyens « à être toujours en première ligne parmi les défenseurs de la paix, de la concorde et du vivre-ensemble dans leurs pays de résidence respectifs ».

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Alfred Fernandez

 

16/01/2017

VIOLENT EXTREMISM ONLINE A CHALLENGE TO PEACE AND SECURITY

 

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The 2017 UNOG-DCAF Seminar will discuss the topic of “Violent Extremism Online – A Challenge to Peace and Security”. This Seminar is the thirteenth in a series of annual events, jointly organized by the United Nations Office at Geneva (UNOG) and the Geneva Centre for the Democratic Control of Armed Forces (DCAF). The purpose of these events is to address and raise awareness for pressing security challenges faced by the international community at large.

 

Tuesday, 31 January 2017, Palais des Nations, Room XXIII, Geneva

9:30 – 10:00 Welcome Coffee

10:00 – 10:05 Opening Remarks by Mr Michael Møller, Director General, United Nations Office at Geneva (UNOG)

10:05 – 10:30 Keynote Speech by Mr Frank La Rue, Assistant Director-General Communication and Information, UNESCO

10:30 – 11:00 Presentation by Mr Adam Deen, Senior Researcher & Head of Outreach, Quilliam Foundation

11:00 – 12:30 Panel: Violent Extremism Online – A Challenge to Peace and Security

Moderator: Ms Anne-Marie Buzatu, Deputy Head of Public-Private Partnerships Division, DCAF

Panellists: Ambassador Kok Jwee Foo, Permanent Mission of Singapore to Geneva

Ms Megan Hallahan, Consultant, YaLa Young Leaders

Mr Daniel Stauffacher, President, ICT4Peace Foundation

Representative, Microsoft (tbc)

12:30 – 12:45 Closing Remarks by Ambassador Thomas Guerber, Director, Geneva Centre for the Democratic Control of Armed Forces (DCAF)

25/07/2013

Elections au Parlement européen : L’Europe est bien conduite ?

 


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La semaine dernière, le Collège universitaire Henry Dunant a organisé à Malaga avec les Chaires UNESCO de La Rioja et Malaga un cours d’été sur la citoyenneté européenne. On a constaté la crise de la citoyenneté en général et de la citoyenneté européenne en particulier. Une crise dont le symptôme le plus clair est le désintéressement pour les affaires publiques.

On a parlé de l’histoire de l’Europe et de Rousseau. Un texte du Contrat social me semble bien  décrire la situation. Elle fait un diagnostique pertinent et à la fois inquiétant. « Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État : Que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu. »

Alfred Fernandez, directeur

10/12/2012

L'invention des droits de l'homme

 

Droits de l'homme, universalité, loi naturelle

Aujourd'hui c'est la journée des droits de l'homme. Bon moment pour revoir nos classiques. Voici deux textes du stoïcien romain Cicéron. Il s'agit de l'invention théorique du concept.

’’Il existe une loi vraie, c’est la droite raison, conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous appelle impérieusement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous détourne. L’honnête homme n’est jamais sourd à ses commandements et à ses défenses ; ils sont sans action sur le pervers. A cette loi, nul amendement n’est permis, il n’est licite de l’abroger ni en totalité ni en partie. Ni le Sénat ni le peuple ne peuvent nous dispenser de lui obéir et point n’est besoin de chercher  un Sectus Aelius pour l’expliquer ou l’interpréter. Cette loi n’est pas autre à Athènes, autre à Rome, autre aujourd’hui, autre demain, c’est une seule et même loi éternelle et immuable, qui régit toutes les nations et, en tout temps, il y a pour l’enseigner et la prescrire à tous un dieu unique : conception, délibération, mise en vigueur de la loi lui appartiennent également. Qui n’obéit pas à cette loi s’ignore lui-même et, parce qu’il aura méconnu la nature humaine, il subira pour cela même le plus grand châtiment, même s’il échappe aux autres supplices’’. (De la République, liv. III-XXII)

 ’’Nous sommes nés pour la justice et …le droit a son fondement, non dans une convention, mais dans la nature’’…’’Il suit de là que la nature a mis en nous le sentiment de la justice pour que nous nous venions en aide l’un à l’autre et nous rattachions l’un à l’autre ; et c’est dans toute cette discussion ce que j’entends par nature. Mais telle est la corruption causée par les mauvaises habitudes, qu’elle éteint en quelque sorte la flamme allumée en nous par la nature, engendre et fortifie les noirceurs qui lui sont opposés. Si, se conformant à la nature, les hommes jugeaient, comme le dit le poète, que ‘’rien d’humain ne leur est étranger’’,  tous respecteraient également le droit. Car avec la raison, la nature leur a donné encore la droite raison ; donc aussi la loi, qui n’est autre chose que la droite raison considérée dans ses injonctions et ses interdictions. Et si elle a donné la loi, elle a aussi donné le droit. Or, la raison est commune à tous ; le droit leur a donc été donné aussi’’ (Des Lois, liv I-X)

08/08/2011

Avant les élections: la citoyenneté démocratique

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En période pré-electorale, je viens de relire la Charte européenne pour l'éducation à la citoyenneté démocratique adoptée dans le cadre du Conseil de l'Europe en mai 2010. Dans la Charte on peut relever deux affirmations importantes. La Charte parle de:

(...)donner les moyens d'exercer et de défendre leurs droits et leurs responsabilités démocratiques dans la société, d'apprécier la diversité et de jouer un rôle actif dans la vie démocratique

    1. (...) donner les moyens de participer à la construction et à la défense d'une culture universelle des droits de l'homme dans la société

    Remarquons en premier lieu la mention de droits et responsabilités qui rappellent la conception traditionnelle de la citoyenneté. Un citoyen exerce et défend ses droits. Il doit jouer un rôle actif. Mais un citoyen doit apprécier la diversité.

    La tolérance doit être intégrée dans le système éducatif à sa juste valeur, envisagée comme le respect de l'autre, et plus encore comme une attitude de compréhension de l'autre, de ses points de vue, de ses convictions, de ses coutumes, de son mode de vie. Tolérance qui signifie respect des options des personnes, de leur conscience, de leur vision du monde. Tolérance qui ne signifie ni indifférence, ni relativisme, ni manque de convictions propres.

    Que signifie jouer un rôle actif ? S'agit-il simplement de voter ? S'agit-il de s'impliquer, de devenir acteur politique ? Ou bien faut-il concevoir une action citoyenne qui aille au-delà de l'acteur public, de l'État ?  Les ONG appartiennent-elles à la citoyenneté ?

    Le deuxième point fait référence à une « culture des droits de l'homme». Une culture qui s'oppose à une culture de la violence, à une culture de la discrimination, à une culture de l'efficacité ou encore à une culture de la perfection technique.

    Défendre, garantir une culture des droits de l'homme est une manière de structurer la société fondée sur une approche des politiques basée sur les droits de la personne humaine. Une société dans laquelle l'être humain est le centre. Une culture qui s'inspire des instruments internationaux des droits de l'homme. Une culture qui permet à chacun de faire valoir ses droits et aux décideurs, aux autorités politiques de les protéger. Une culture enfin dans laquelle la personne non seulement elle possède plus mais elle est plus. Une culture qui ne regarde pas l'autre comme un bien utile, mais qui comme membre de la même famille : la famille humaine.

    Alfred Fernandez

     

    19/12/2008

    Droits de l'homme: la nouvelle la plus importante de 2008

    Voilà la nouvelle la plus importante concernant les droits de l’homme de l’année 2008. Elle est restée presque confidentielle et pourtant représente 15 ans de travail : le Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) des Nations unies (1966) vient d'être adopté par l'Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 2008.

    Ce nouveau protocole permettra de s'adresser au Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies pour déposer de plaintes relatives au non respect par l’Etat des droits économiques, sociaux et culturels.

    Ainsi, la "justiciabilité" des droits à l'alimentation, au travail, à la santé, à l'éducation, au logement, à la culture, à l'égalité hommes-femmes ou à une vie digne se trouve considérablement renforcée.

    Pour arriver à ce résultat, de nombreux efforts ont été nécessaires.  Il faut saluer le rôle de la France, du Portugal, de la Finlande, du Mexique, du Comité des droits économiques sociaux et culturels  et surtout, surtout, de la présidente-rapporteuse du groupe de travail du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à qui l'on doit en grande partie le succès de cette adoption, Catarina de Alburquerque.


    18/08/2008

    Mauritanie: la fin de l'histoire?

    Interview du professeur Abdoulaye SOW


    Le 3 août 2005, les militaires mauritaniens avaient destitué le président Taya et initié une transition démocratique qui a permis le retour à l'ordre constitutionnel. Les différentes élections municipales, législatives et présidentielles réussies avaient fait émerger un pouvoir démocratique porteur d'espoir pour la réconciliation nationale en Mauritanie.

    La Mauritanie fut citée comme l'un des rares pays du monde arabo-islamique à avoir entamé un processus démocratique normal qui a débouché sur la mise en place d’institutions démocratiques fonctionnelles.  Avec le coup de force  des militaires intervenu le 6 août dernier, la parenthèse démocratique vient de se refermer.

    Selon le professeur SOW, professeur de philosophie morale et politique et d’anthropologie à la Faculté des Lettres de l’université de Nouakchott (Mauritanie), militant des droits de l’homme et collaborateur de l'université d'été des droits de l'homme de Genève, cette actualité soulève les questions suivantes :

    ·    Comment comprendre le retour  des militaires au pouvoir après une parenthèse démocratique de trois ans?

    Les  raisons officielles invoquées par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, en particulier le limogeage  des chefs des différents corps  de l'armée, sont des arguments assez faibles pour justifier le coup d'état. Le vrai problème de la démocratie mauritanienne tient à sa jeunesse et à l'absence de société civile organisée et suffisamment formée. La régression de la démocratie est due à l'absence de culture démocratique, contrairement au Sénégal par exemple.

    Ainsi dans un pays où la population est encore largement analphabète, l'absence de radios privées capable d'informer les gens dans leur langue ne favorise pas la démocratisation du pays. Les résistances du monde arabe et musulman à la démocratie ne sont pas négligeables et posent beaucoup questions encore.

    Enfin la complaisance occidentale joue un rôle important,  que les militaires savent exploiter comme le montre la nomination de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf comme Premier Ministre, lui qui a été ambassadeur à Bruxelles. A cela s'ajoute le manque de volonté politique de l'Union Africaine.

    Le putsch est aussi révélateur d'une tendance inquiétante en Afrique: celle de la place que prend l'armée comme seule force organisée de la société, pouvant à ce titre se dire garante et dépositaire de l'ordre moral et démocratique. C'est là une des grandes inquiétudes pour la stabilité de ce pays, car ce coup d'état a montré que la force prime sur le droit. Qui pourra alors empêcher d'autres militaires de tenter un autre coup pour s'emparer du pouvoir si la situation ne leur convient pas?

    ·    Que faire pour favoriser le retour à une véritable démocratie?

    Il ne peut y avoir de retour de la démocratie, qui se manifeste notamment par l'élection libre des représentants au pouvoir et l'égalité de tous les citoyens, sans l'existence d'une culture démocratique enracinée dans le peuple. Pour qu'elle puisse se développer et représenter un vrai contrepouvoir aux militaires, il faut encourager l'éducation de tous, et en particulier l'éducation aux droits de l'homme. Sans elle, les individus n'ont pas la capacité de réagir efficacement, ils ne peuvent que dénoncer.

    L'éducation est ce qui construit, structure l'être humain, et lui permet de prendre conscience de sa dignité. Elle lui donne les moyens de se défendre et de construire une société plus juste. Il faut aussi élaborer un code de conduite des différents acteurs politiques face ä l’accaparement du pouvoir politique par la force. Ce code doit interdire toute participation ä un gouvernement dont la légitimité n’est pas celle des urnes.

    La formation comme celle que dispense l'université d'été de Genève est d’une importance capitale  car elle renforce les capacités des militants des droits  de l’homme.

    16:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)