23/10/2015

Réfugiés et migrants : besoin de s'attaquer aux causes des mouvements migratoires

Le Haut Commissaire aux Réfugiés, M. Antonio Guterres, qui termine son mandat à la fin de l'année, parlait en français des défis actuels des déplacements forcés ce vendredi 23 octobre à Genève, pour le Forum Suisse de Politique Internationale (FSPI),  au Château de Penthes. 

 
Nous vivons, commence-il,  une explosion des déplacements forcés :
 
- 60 millions de réfugiés et de personnes déplacées en conséquence de conflits, dix millions en plus que l’année dernière…
- En 2010, 11.000  personnes étaient déplacées chaque jour
- En 2011, c'étaient 14.000 personnes
- En 2013,  32.000, 
- En 2014,  42,500 personnes étaient déplacées par conflit par jour, quatre fois plus qu’il y a cinq ans.
 
Cette multiplication par quatre des personnes déplacées est due à la multiplication des conflits et à leur perpétuation : la capacité de trouver des solutions aux conflits de la communauté internationale est très diminuée. Pendant la Guerre froide, et, ensuite, pendant l’hégémonie américaine, pas de système mais des rapports de force très clairs. Ainsi, pour le Timor oriental, il a suffi de convaincre le Président américain  Bill Clinton pour remporter l’affaire… L’Indonésie a accepté l’intervention, le Conseil de sécurité a immédiatement adopté la résolution qu’il fallait et l’Australie a organisé l’opération…
Aujourd’hui, même en convainquant le Président Obama, l’intervention ne se ferait pas.
 
Aujourd’hui, nous faisons face à un monde chaotique où prolifèrent imprévisibilité et impunité: on l’a vu récemment au Sud Soudan où deux leaders tribaux ont déclenché une guerre civile meurtrière pour des questions de revenus liés à l’exploitation du pétrole.
 
Et un symptôme de ces conflits sont ces déplacements, plus difficiles encore à l’intérieur de leur propre pays qu’à l’extérieur.
 
Dans les autres formes de déplacements, les changements climatiques sont un facteur accélérateur, comme aussi la croissance démographique et les développements urbains chaotiques, le manque d’eau et d’aliments sont liés, se renforcent mutuellement, rendent la vie de communautés impossible et forcent des populations entières à se déplacer.
 
La sécheresse au Sahel avait autrefois lieu tous les 5 ans, puis tous les 2 ans et deviendra bientôt permanente, forçant les populations à migrer.
 
La Suisse et la Norvège ont lancé l’Initiative Nansen pour étudier les déficits de protection de ces personnes déplacées à la suite de changements climatiques.
 
Et la souveraineté nationale gagne du terrain face aux Droits de l’Homme : on a passé de la responsabilité de protéger à une réaffirmation de la souveraineté nationale. La capacité de la communauté internationale de protéger des populations à l’intérieur de leur pays est fortement limitée : la Syrie en est l’exemple le plus flagrant.
Et s’y ajoutent des difficultés d’accès des humanitaires
La nature des conflits a aussi changé : dans le même pays, la violence est le fait d’une armée nationale, de milices religieuses, ethniques et de bandits, créant une imprévisibilité (parfois les mêmes sont bandits le soir et milices le jour). Les drames humanitaires sont en croissance explosive.
 
En Europe,  il a fallu que les réfugiés arrivent dans le monde développé pour que les politiques, les médias et les opinions politiques prêtent attention à ce problème.
Tout le monde veut maintenant organiser des débats sur les réfugiés, alors qu’auparavant c’était difficile. Il espère que cette attention nouvelle permettra de réfléchir et d’agir pour accueilir ces réfugiés, alors de 86% des réfugiés sont dans le monde en développement et 14% dans les pays développés.
 
S’îl y a une politique qui a bien fonctionné, ce fut la politique espagnole de coopération économique et sécuritaire avec les pays d’Afrtique du Nord.
 
En Méditerranée centrale, on assiste à une augmentation des mouvements migratoires, mouvements mixtes, migrants et réfugiés, notamment d’Erythrée.
La Libye a un pouvoir faible, la réponse italienne est bien organisée, mieux que celle de la Grèce.
 
Dans la zone orientale, les arrivées sont six fois plus importantes que l’an dernier et la tendance est à l’augmentation.
Nous faisons face à une situation dramatique :  80% des réfugiés viennent des zones de conflits : Syrie, Irak, Afghanistan. La désorganisation est totale, on fait très peu et trop tard. A noter l’absence de coopération entre voisins qui n’ont pas toujours des relations amicales (Grèce-Macédoine, Serbie-Croatie, etc.) et une Union Européenne peu efficace. On ne peut gérer un tel mouvement de cinq à neuf mille personnes par jour si on n’a pas une capacité d’enregistrement, de triage, de négociation pour réinstallation… Les rapports compliqués entre la Turquie et l’Union Européenne ne facilitent pas les choses.
 
L’Allemagne et la Suède reçoivent, pour l’instant un grand nombre de personnes.
 
On peut s’attendre à des situations très difficiles avec l’hiver qui vient.
 
Pour le Sommet de ce week-end, il n'est pas très optimiste : il ne voit pas la volonté politique d’établir un mécanisme solidaire européen (le phénomène serait gérable au niveau des 500 millions d’habitants de l’Union Européenne mais pas de chaque pays qui ne considère que ses intérêts propres.
 
La prolongation des conflits en Syrie et en Afghanistan, les incertitudes de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), et, d’une manière plus générale, l’absence de volonté de s’adresser aux causes des problèmes, conflits et mouvements migratoires, le fait conclure sur une note pessimiste : on peut s’atteindre à des explosions dans les années à venir… Il ajoute toutefois une note positive : on assiste aussi à des manifestations de solidarités magnifiques, qui donnent une lueur d’espoir…
 
Parmi les questions posées : 
- rôle de la Russie et la Chine ?
- pays de la région et du Golfe ?
- USA ?
 
La Russie a reçu près d’un million de réfugiés d’Ukraine…
La Chine a un dialogue difficile avec le HCR sur trois points : Corée du Nord, Tibétains et Ouïgours réfugiés de Chine.
Dans la région du Proche-Orient : 4 millions de réfugiés sont dans les pays voisins ( alors que l’Europe a reçu 600.000 personnes pour 500 millions d'habitants) : le Liban a un tiers de sa population actuelle qui sont des réfugiés. Les Emirats ne refoulent pas mais donnent des visas touristiques qui n’accordent pas les mêmes droits que ceux des réfugiés. Les USA ont un programme de réinstallation qui pourrait accueillir 100.000 réfugiés syriens.
 
Le rôle du HCR par rapport aux Gouvernements impliqués dans les conflits : comme le CICR, le HCR doit garder une attitude impartiale et neutre, même si le HCR fait une diplomatie discrète pour parler des activités politiques et militaires qui causent des déplacements
 
Populisme et réfugiés ? L’Europe a contribué à la valeur de tolérance face aux nationalismes, aux extrémismes religieux. Il faut condamner fermement ce qui va contre ces valeurs. Et comprendre les besoins sécuritaires, les inquiétudes, les peurs des populations européennes. Il faut non seulement prêcher la tolérance mais aussi répondre à ces inquiétudes qui viennent aussi de l’absence d’intégration de vagues migratoires précédentes, en particulier des populations musulmanes.
 
Quid du Sommet Humanitaire Mondial et de la proposition du Président Hollande d’un Sommet sur la migration ? Sont-ce des alibis ou des actions ?
Sa réponse : on a réussi à réunir mais pas à faire prendre des décisions
 
Le HCR en Turquie a un simple rôle de monitoring, la Turquie ayant dépensé 8 milliards de dollars, devient un des principaux bailleurs de fonds de l’humanitaire. 
Les Syriens - qui bénéficient d’une protection temporaire en Turquie - ont un programme de réinstallation de Turquie aux USA, mais il n’y a pas de programme similaire avec l’UE, ce qui donne une idée de la complexité des relations entre TR et UE.
 
Pour faire de la prévention, il faut des instruments pour dissuader les mauvais… La capacité de la communauté internationale est aujourd’hui très réduite. Il faudrait renforcer non seulement la bonne volonté mais aussi accepter d’utiliser la force. Il n’y a plus de respect, chacun fait ce qu’il veut.
 
Il espère que le Sommet Humanitaire Mondial contribuera à rendre le système humanitaire plus efficace, plus transparent, plus responsable.
L’essentiel c’est de garantir que l’éducation, l’eau, la santé, soient assurées, ce que les humanitaires ne peuvent pas faire cavaliers seuls, et doivent faire appel aux agents de développement.
 
L’essentiel est d’obtenir un engagement plus fort des Etats pour l’action humanitaire, pour l’accueil des requérants d’asile,  pour les réinstallations, pour la solution et la prévention des conflits.
 
Michel Veuthey

13/10/2015

Le Collège Universitaire Henry Dunant organise avec la Fondation Académie Européenne de Yuste un cours sur la religion en Europe

Le Collège Universitaire Henry Dunant organise un cours avec la Fondation Académie Européenne de Yuste qui aura lieu du mercredi 21 au vendredi 23 octobre au Real Monasterio de Yuste et qui s’intitule : « Religion dans l’Europe du 21ème siècle : Défis et propositions pour la coexistence confessionnelle » (Religión en la Europa del siglo XXI: desafíos y propuestas para la convivencia confesional). Ce cours est dédié aux étudiants universitaires en cours de formation dans un pays de l’Union Européenne et s’inscrit dans la Décennie mondiale sur le rapprochement des cultures.

Durant ces trois jours de cours, il s’agira d’analyser l’histoire des religions en Europe, ainsi que ses différentes implications dans notre société d’aujourd’hui, notamment suite aux récentes radicalisations religieuses. L’objectif est donc de réfléchir à une meilleure gestion de telles différences dans une société diverse et de trouver de possibles solutions pour une coexistence qui garantit la paix, l’unité, l’égalité, la tolérance et le respect.

La partie académique du cours se déroulera le matin et, l’après-midi, un atelier de formation professionnelle sera prévu, dans le but de développer des connaissances telles que l’expression orale, la communication, le leadership et le travail en équipe.

Des experts et des académiciens, comme par exemple Esteban Ibarra, président du Mouvement contre l’Intolérance, ainsi que des représentants de différentes confessions religieuses – catholique, orthodoxe, évangélique, musulman, juif – seront présents lors de ce cours.

 

Virginie Pache

 

http://www.fundacionyuste.org/religion-en-la-europa-del-s...

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12/10/2015

Réfugiés climatiques, la prochaine vague ?

Réfugiés climatiques : la prochaine vague... en effet, et beaucoup plus importante.

"Vers un Agenda pour la protection des personnes déplacées au-delà des frontières en contexte de catastrophes". Consultation mondiale de l'Initiative Nansen, Genève, 12 et 13 octobre 2015.

L'Initiative Nansen, promue par la Suisse et la Norvège depuis 2011 est en discussion à Genève ce lundi 12 et mardi 13 octobre dans des consultations intergouvernementales qui incluent aussi de nombreux observateurs dont l'Ordre de Malte.

Cette réunion est soutenue aussi par l'Allemagne, l'Australie, le Ba
ngladesh, le Mexique, ainsi que la Fondation MacArthur.

La réunion a été ouverte par le Ministre suisse des Affaires étrangères, S.E. M. Didier Burkhalter. L'objectif essentiel est de renforcer la protection de ces "réfugiés climatiques", qui ne sont pas protégés par les instruments universels et régionaux du droit des réfugiés.

Il faut prévenir, en réduisant les risques, en impliquant non seulement les acteurs humanitaires mais aussi ceux engagés dans la gestion de la migration et dans la protection de l'environnement.

Le Professeur Walter Kälin (Université de Berne, Suisse) rappelle que l'idée a germé en 2010 à Cancun (UNFCC), a donné lieu à la Conférence de Nansen en 2011 et a été lancée en 2012 par des consultations régionales dans le Pacifique, au Costa Rica, au Kénya, aux Philippines puis au Bangladesh puis en Equateur...

Le Comité Consultatif comporte 80 Membres.

Cinq réunions ont eu lieu avec la société civile, dont à Katmandou, quelques semaines avant le tremblement de terre.

L'Initiative Nansen a été présente à la Conférence de Sendai en mars de cette année, soulignant l'importance de la prévention et de la réduction des risques (DRR).

L'Agenda pour la protection des personnes déplacées au-delà des frontières dans le cadre de catastrophes naturelles et de changements climatiques est un document informel qui demande

- un état de la situation et des risques prévisibles;

- une liste d'options politiques pour y faire face ( dont beaucoup existent déjà dans de nombreux pays et pourraient être mieux utilisés et généralisés );

- une approche globale, humanitaire, environnementale, climatique, de développement: il faut mettre ensemble ces approches et leurs acteurs.

Cet Agenda n'est pas contraignant, n'est pas un traité mais un document qui rassemble des expériences pratiques efficaces ("best practices").

C'est en effet un des défis humanitaires les plus importants du 21e siècle... qui peut prendre la forme de catastrophes subites ou lentes, et qui frappe de manière différente selon les régions. Le tremblement de terre en Haïti a eu des conséquences beaucoup plus graves que le tremblement de terre au Chili.

On peut réduire les conséquences des catastrophes naturelles et des changements climatiques en prévoyant les risques, en déplaçant des populations exposées, en renforçant la résilience.

Nous devons donc renforcer la PREPARATION.

Et de présenter trois exemples : Haïti, Malawi et Mozambique, Somalie.

Il faut AGIR MAINTENANT, conclut Walter Kälin. ("Time to Act is Now"), en mettant trois priorités :

- recueillir les données

- faire le meilleur usage de ces données pour mieux protéger ces personnes

- renforcer la gestion de ces risques de déplacement dans les pays d'origine.

NE PAS METTRE CET AGENDA SUR UN RAYON DE BIBLIOTHEQUE... mais l'utiliser

- dans le dialogue entre Etats et autres acteurs

- dans la coopération et la coordination.

Ces deux jours de consultations devraient être les dernières de l'Initiative Nansen, qui va déboucher sur un Groupe d'Etats, soutenus financièrement par l'Allemagne et par l'Union Européenne, pour faire pression sur le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) et sur l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) pour s'engager dans le domaine de la protection de ces réfugiés climatiques. A relever que tant le Haut Commissaire, M. Antonio Guterres, que le Directeur général de l'OIM, l'Ambassadeur W. Swing, ont d'ores et déjà déclaré, ce lundi après-midi, leur disponibilité.

 

Michel Veuthey

 

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06/10/2015

La migration, un défi à gérer pour nos valeurs, nos communautés, notre civilisation

La migration, un défi à gérer pour nos valeurs, nos communautés, notre civilisation

 

Les migrations actuelles mettent au défi Gouvernements, organisations internationales, et société civile (dirigeants spirituels, économie privée, formateurs d’opinions, milieux académiques).

Ces mouvements de populations nous interpellent à repenser, à réancrer, à réactualiser nos valeurs culturelles, démocratiques, économiques et sociales, humanitaires et religieuses, notamment en matière de solidarité. 

 Nos communautés locales, nationales et régionales sont aussi amenées à se réaffirmer, pour entrer en dialogue sur ces mouvements de populations sur la base de valeurs partagées ou à défendre.

 Ces valeurs ont pu être formulées dans le droit constitutionnel national ou le droit international public réglementant la libre circulation, le droit à la migration, le droit des réfugiés, les droits de l’homme, le droit international humanitaire applicable dans les conflits armés. Ces valeurs, même dans une Europe et une Amérique du Nord laïcisées, pourraient aussi trouver des fondements et des renforcements dans le droit naturel, d’inspiration religieuse.

La gestion de ces crises migratoires s’insère à la fois dans l’actualité, dans l’histoire et dans la prospective, ainsi que dans l’urgence humanitaire et la vigilance sécuritaire. Elle impose un regard sur les crises précédentes et sur les perspectives prévisibles.

 L’histoire nous rappelle que la migration n’est ni nouvelle ni exceptionnelle. Les migrations anciennes ou plus récentes devraient pouvoir nous aider à gérer les mouvements de populations en cours : populations déplacées après la Première Guerre mondiale au Proche-Orient, après la Seconde en Europe, en Allemagne en particulier, réfugiés hongrois en 1956, tchécoslovaques  en 1968, « boat people » indochinois dans les années 1970…

 Les perspectives démographiques, économiques, climatiques et environnementales devraient permettre d’établir des scénarios. Des informations privilégiées comme des images de satellites militaires ou même commerciaux peuvent montrer les origines et les voies de progression de ces mouvements migratoires et même en mesurer les quantités, et, parfois, en identifier les instigateurs.

C’est une approche d’ensemble qui est nécessaire : tenter d’appréhender la migration seulement sous l’angle humanitaire ou sécuritaire ou sous un angle local ou national, voire du point de vue d’une seule région ne peut déboucher sur une solution durable. C’est en combinant humanité et sécurité, local, national, régional, inter-régional et universel qu’on peut appréhender les causes dans les pays d’origine et atténuer les effets dans les pays de transit et de destination finale. De même, il faut impliquer Autorités politiques et économie privée, médias et formateurs d’opinion, instituts de recherche, responsables religieux.

 L’approche idéale ferait de chacun (migrants, Gouvernements, société civile) un gagnant (« win-win-win »)…

L’harmonisation de la migration demande la participation des pays d’origine, de transit et de destination. Elle s’insère dans la durée, dans une collaboration politique, économique et sécuritaire.

Elle s’inscrit également dans un contexte juridique, de migrants ou de requérants d’asile munis de papiers d’identité valables, de visas, de titres de transport. Elle fait appel aux Ambassades et Consulats des pays de transit et de destination, avec l’appui d’organisations internationales comme le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), voire  l’Organisation Internationale du Travail (OIT) ou des ONG humanitaires locales et internationales pour conseiller et orienter ces personnes.

 Le lien entre migration, action humanitaire d’urgence et aide au développement doit être souligné : si des personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie ne se sentent plus en sécurité, si des requérants d’asile en Turquie voient leurs conditions de logement et de nourriture se détériorer gravement, ces personnes seront fortement motivées à prendre le chemin de l’Europe, quitte à risquer de périlleuses traversées.    

 Ce ne sont pas les occasions de concertations internationales qui manquent ou vont faire défaut dans les semaines et mois à venir :                                                     

L’Assemblée générale des Nations Unies s’est ouverte à New York en septembre. Avec la Syrie, la migration a été au coeur des débats.

• Du 5 au 9 octobre, se tient à Genève le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés, suivi les 12 et 13 octobre, également à Genève, d’une réunion de l’ « Initiative Nansen » sur les personnes déplacées par des catastrophes naturelles. 

• Les 13, 14, 15 et 16 octobre se tiendront à Genève les « Global Consultations » en vue du Sommet Humanitaire Mondial (Istanbul, mai 2016). 

• Les 26 et 27 octobre, ce seront les « Migrants et Villes » qui seront examinés à Genève. 

• Les 11 et 12 novembre se réunira à La Valette (Malte) un Sommet de l’Union Européenne et de l’Union Africaine sur la migration.  

• L’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) tiendra la session ordinaire annuelle de son Conseil du 24 au 27 novembre. 

• La 32e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge réunira à Genève représentants de Gouvernements, du CICR, de la Fédération internationale, et des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. De nombreux observateurs, dont l’Ordre Souverain de Malte, des organisations du système des Nations Unies, des ONG, des médias suivront ce rendez-vous humanitaire mondial qui se tient tous les quatre ans. La migration et ses causes (conflits armés, catastrophes naturelles) comme ses conséquences humanitaires ne seront certainement pas absentes de ces débats. 

• La Conférence de Paris sur le climat (COP21), du 30 novembre au 11 décembre,  pourrait apporter un début de solution à ce qui sera sans doute une cause majeure de migrations futures, le réchauffement climatique. 

• Les 16 et 17 décembre, à Genève, le Dialogue à haut niveau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés sur les défis de protection traitera des causes des déplacements forcés…

 En attendant, relisons deux livres parus en 1973 : « Le Camp des Saints » de Jean Raspail, qui décrivait une invasion pacifique de l’Europe par des affamés du Bengale…ou la « Submersion du Japon » par Sakyo Komatsu : devant une catastrophe prévue par les géologues, le Gouvernement japonais exportait ses trésors nationaux et négociait l’accueil de millions de Japonais par des pays en mal de main d’oeuvre. 

 Les historiens du futur jugeront de notre aveuglement, de nos tergiversations, de nos stériles discussions dignes du  « Désert des Tartares » de Dino Buzzati ou du« Rivage des Syrtes » de Julien Gracq.

Que faire ?
 - Repenser le lien entre sécurité et humanité : en 1988, les réfugiés kurdes d’Irak vers la Turquie avaient amené le Conseil de sécurité à déclarer ce flot de population une « menace à la sécurité régionale »…

-       - Repenser l’intégration des étrangers au sein de nos communautés, c’est une tâche permanente…

-       - Réaffirmer le lien entre droits de l’homme ( applicables à tout un chacun, quel que soit son statut et sa nationalité ), droits des réfugiés ( aux requérants d’asile ayant été admis comme réfugiés ), droit international humanitaire (protégeant les victimes de conflits armés), droit pénal international
(punissant les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, causes de mouvements massifs de populations et créant des trafics d’êtres humains – souvent liés à d’autres trafics - et de nouvelles formes d'esclavage ).

-       - Mettre en oeuvre les Objectifs durables du développement certes, et surtout prévenir et résoudre les conflits, qui demandent aide et protection humanitaire et provoquent la plupart des déplacements de populations.

-       - Renforcer les organisations humanitaires internationales et nationales (car les besoins humanitaires explosent. Citons le cas du HCR qui n’arrive pas à couvrir même le strict minimum des besoins des réfugiés,

-       - Renforcer la résilience des populations des pays d’origine, de transit et de destination, de même que celle des réfugiés et migrants.
- Amener les acteurs de l’assistance humanitaire et de l’aide au développement à collaborer davantage pour stabiliser les populations et prévenir l’aggravation des crises et des conflits.

Certains parlent même d’une insuffisance de gouvernance mondiale…  Le Conseil de sécurité pourrait en effet se réunir à chaque instant, et prendre des décisions contraignantes pour tous les Etats ainsi que pour des acteurs non étatiques pour faire face à ces phénomènes migratoires qui sont à la fois causes et conséquences de menaces à la sécurité régionale et internationale.

Au moment où les Nations Unies vont célébrer, ce 24 octobre, leur 70e anniversaire, la question de la pertinence de la gouvernance mondiale et des améliorations qui devraient lui être apportées reste posée de manière urgente et dramatique. La migration est un révélateur de ces déséquilibres démographiques et économiques ainsi que des dysfonctionnements du système humanitaire et politique actuel. La migration impose une nouvelle prise de conscience de la dimension universelle de l’action et des principes humanitaires, de la nécessité de créer des partenariats efficaces entre Gouvernements, organisations internationales, économie privée, dirigeants spirituels, communautés locales pour harmoniser, sécuriser et humaniser la migration.

Ces impératifs humanitaires et les défis sécuritaires qui les accompagnent demandent des décisions politiques réalistes et inspirées par nos valeurs d’humanité en vue du bien commun de la communauté internationale. 

 

Michel Veuthey

27/09/2015

Enfants et conflits armés : les organisations régionales s'engagent

 

L'Union Européenne (UE) et l'Union Africaine (UA) organisaient au Palais des Nations à Genève ce vendredi 25 septembre 2015 un événement parallèle sur un sujet brûlant "La violence envers les enfants dans les situations de conflit armé" ("Violence against Children in Armed Conflict Situations »).  

L’UE, représentée par l’Ambassadeur Peter Sørensen, Chef de la Délégation de l’UE auprès des Nations Unies à Genève, a relevé les ORIENTATIONS DE L'UE SUR LES ENFANTS FACE AUX CONFLITS ARMÉS de 2007 (https://www.consilium.europa.eu/ue…/cmsUpload/10019.fr08.... ). La plupart des violations sont commises par des acteurs non-étatiques (NSAs) mais ce sont les Etats qui restent les premiers responsables… 

Les trois priorités sont


- améliorer la protection sur le terrain
- renforcer les mécanismes internationaux, dont ceux du système des Nations Unies
- lutter contre l'impunité et promouvoir la justice pour les enfants.

 

La protection comporte éducation et santé.


L'approche doit être globale, inclure aussi les jeunes filles, et tous les enfants, pas seulement les enfants-soldats,  et commencer par la prévention et inclure aussi la réhabilitation.

 

L'initiative "Children and Peace Initiative" vient du Prix Nobel pour la Paix attribué à l'UE en 2012. 

Le montant du Prix Nobel est utilisé pour l'éducation dans des situations de crise.
http://ec.europa.eu/…/what/humanitaria…/children-of-peace...

Il faut aussi renforcer les capacités locales ("capacity building").

L'UE met aussi l'accent sur la formation et en particulier au Mali et en Somalie.

Les Directives de l'UE ne sont pas un traité international contraignant mais un document politique, adopté au niveau ministériel.

Le « Plan d’action de l’Union Européenne sur les Droits de l’Homme et la démocratie » ("The EU Action Plan on HR and Democracy ») adopté en juillet 2015, aussi au niveau ministériel, comprend plusieurs mentions des enfants dans les conflits armés. C'est un document qui s'insère dans les Objectifs durables du développement (ODD) (en particulier l'Objectif 16.2 mais aussi 8.7. sur le travail des enfants). http://ec.europa.eu/…/evaluat…/response/2011/1298_rsp_en....

"The EU - UNICEF Child Right Toolkit" incorpore les droits des enfants dans les efforts de développement. Voir :
http://www.unicef.org/eu/crtoolkit/

L'UA a salué le 25e anniversaire de la Charte Africaine des droits et du bien-être de l'enfant ( www.achpr.org/fr/instruments/child ), malheureusement pas ratifiée par tous les pays africains. L'UA a envoyé des missions au Sud Soudan et en République Centrafricaine (RCA). Les 20 et 21 novembre 2015 à Addis aura lieu une Conférence commémorant cet anniversaire et faisant le point sur ce qui a été fait et sur ce qui devrait fait dans les 25 ans à venir.
Madame Marta Santos Pais, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies contre les violences faites aux enfants, - See more at: https://srsg.violenceagainstchildren.org/fr#sthash.MIh2kq... y participera. Le Sommet de l'UA en juin 2016 examinera les propositions de cette Conférence de novembre 2015. 

Une occasion unique de mettre ensemble deux organisations régionales et la société civile, y compris "Save the Children », représentée dans cette réunion à Genève par Madame Anita Bay, qui rappelle que l'UNICEF souligne que la moitié des personnes déplacées (IDPs) sont des enfants...

L'Appel de Genève ("Geneva Call"), représenté par Carolin Nehme, Conseilklker juridique, rappelle que la protection des enfants est une de ses priorités en cherchant à influencer les acteurs armés non-étatiques à changer leur comportement. Il faudrait que les Gouvernements comprennent mieux pourquoi il faut laisser des organisations humanitaires, dont l'Appel de Genève,  dialoguer avec des acteurs armés non-étatiques

L'accès aux enfants est naturellement une condition d’efficacité.

Dans la discussion, les questions suivantes sont soulevées :

L'Ambassadeur de l'UA à Genève souligne que tous les instruments juridiques existent... Reste à les ratifier et à les appliquer. Il rappelle les 223 jeunes filles enlevées par Boko Haram; elles sont toujours détenues... Il faut une action concertée pour faire cesser ces activités terroristes ! Le 1er avril 2015, une résolution a été adoptée par consensus, il faut que cette résolution soit mise en oeuvre.

Madame Yvette Stevens, RP de la Sierra Leone, voudrait que davantage soit fait pour l'éducation en temps de crise. Elle rappelle l'exemple de son propre pays... et d'une génération perdue d'enfants n'ayant pas eu de scolarité pendant la crise et maintenant en grande difficulté malgré le retour de la paix.

L'Ambassadeur du Luxembourg, qui a présidé le Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, s'est engagé dans la campagne "Children not Soldiers" (Enfants, pas soldats), lancée par Madame Leila Zerrougui, Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants dans les conflits armés. https://childrenandarmedconflict.un.org/children-not-sold...
https://childrenandarmedconflict.un.org/…/une-annee-de-pr...

La question des enfants dans les conflits armés - et en particulier leur éducation - devrait être mentionnée au Sommet Humanitaire Mondial à Istanbul en mai 2016. La question sera à l'ordre du jour d'une réunion à Genève vendredi 2 octobre en salle VIII.

L'Ambassadeur de la Zambie pose la question de la formation des forces de maintien de la paix.

"What's the point of surviving, if you cannot live" aurait déclaré un enfant à Madame Anita Bay, de Save the Children, qui souligne que l'éducation doit vraiment être une priorité...

Madame Mariama Mohamed Cissé, Secrétaire exécutive du Comité Africain des Experts sur les Droits et le Bien-Etre de l'Enfant, voudrait attirer l'attention sur les conflits oubliés, comme par exemple en République Centrafricaine (RCA)… 

Même si le Sud-Soudan n'a pas ratifié la Charte Africaine, le processus est en route, après une mission sur place.

Le Représentant de la Turquie rappelle l'importance de l'éducation des enfants réfugiés.

L'Ambassadeur Delmi, RP d’Algérie à Genève, conclut 

1. Violences visibles et invisibles dans les conflits subies par les enfants dans les conflits armés. En mars 2014, l'Algérie avait présenté une résolution sur les violences invisibles. Et de souligner la responsabilité des Etats et des acteurs non-étatiques, y compris des médias, pour dénoncer ces violences.
2. Prévention : comment prévenir ? La société civile a aussi un rôle à jouer pour que ces enfants ne soient pas attirés vers ces groupes armés. 
3. Cadre normatif : nous avons les normes, ce qui manque, c'est l'action, spécialement au moment de la démobilisation et de l'intégration socio-économique après les conflits. Et de souligner la spécificité des enfants réfugiés, résultats et conséquences des conflits.

Il faut atteindre une synergie au plan national, régional (et sous-régional) et international.

La question de l'impunité doit être prise en charge à tous les niveaux: documentation, témoignage, sanction.

Les mécanismes de mise en oeuvre (étatiques et non-étatiques) pourraient être plus efficaces si des moyens supplémentaires étaient mis à leur disposition.

Il rend hommage au travail formidable de sa compatriote Leila Zerrougui et propose trois ligne d’action :

- Renforcer les mécanismes
- Prendre en charge la question de l'impunité
- Organiser un séminaire avec l'UE, l'UA et des ONG, sans la participation des Etats Membres... 

Un séminaire bien intéressant, à suivre…   

 

Michel Veuthey

 
 

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14/09/2015

CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME - 30e SESSION - OUVERTURE

La 30e session du Conseil des Droits de l'Homme s'est ouverte ce matin à 9 h. au Palais des Nations.

Le programme provisoire de travail de cette troisième session annuelle ordinaire est très riche. 
En voici le calendrier...

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein (Jordanie), a fait un rapport très complet à l'ouverture.

Après une année à son poste, il se sent "épuisé et en colère" :

- épuisé parce que le système n'a pas les ressources pour faire face, tandis que la misère humaine s'accroît, de la pauvreté écrasante à trop de zones de conflits armés persistants, refus des droits de l'homme de populations prises au piège entre extrémistes et Gouvernements, haine, racisme...

- en colère parce que si peu semble devoir changer par nos discours. Et de citer l'exemple de la Syrie, où des violations des droits de l'homme horrifiantes sont bien documentées et nous devons regretter le manque d'action de la communauté internationale (Etats, organisations internationales, ONG)...

Le Haut-Commissaire a ensuite mentionné la situation

- au Moyen-Orient, en Jordanie, au Liban, en Turquie, 

- en Europe, en Allemagne et en Suède pour leur remarquable leadership pour accueillir réfugiés et migrants

Le Haut-Commissaire a aussi salué la proposition du Président de la Commission Européenne demandant de recevoir 120.000 personnes dans les Etats Membres comme une question d'humanité et de dignité.

Il a regretté une culture d'impunité quand des crimes de Gouvernements ou d'extrémistes ne sont pas punis.

L'instabilité, les conflits sont coûteux.

Et de souligner le rôle de la société civile, menacée par des mesures restrictives en Chine, en Russie.

Il a aussi souligné le lien entre Droits de l'Homme

- et l'Agenda 2030 pour un développement durable

- et aussi les changements climatiques, qui multiplient les menaces, intensifient la probabilité de pauvreté, les conflits et les migrations précaires.

La République Centrafricaine (RCA), le Soudan, le Sud-Soudan, la Somalie, le Mali, l'Erythrée, le Burundi, l'Iran, le Myanmar, les Maldives, la Malaysie, l'Australie, le Népal, le Vénézuéla, la République dominicaine, l'Ukraine, la Moldavie, la Bulgarie et la France (ces deux derniers pays pour les expulsions de Roms), le Guatemala, le Honduras, l'Equateur, le Mexique, le Brésil, ont fait l'objet de mentions.

Le Haut Commissaire a exprimé sa sérieuse préoccupation sur l'Irak, le Yémen, la Syrie et la Libye, comme aussi sur Israël et les territoires palestiniens occupés.

Il a annoncé un rapport sur les violations graves intervenues dans les derniers mois de la guerre civile au Sri Lanka, demandé une enquête sur les allégations de crimes commis par des membres des forces de maintien de la paix en République Centrafricaine.

Le Haut Commissariat a ouvert un Bureau régional à Séoul qui sera la base pour faire des enquêtes sur les droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée.

En octobre, le Haut Commissariat enverra une mission qui Sud Soudan.

Cette session sera aussi l'occasion de faire le point sur la situation des droits de l'homme en République démocratique du Congo, en Libye, en Ukraine at aussi sur les atrocités commises par Boko Haram, ainsi qu'au Yémen, en Irak et au Cambodge, où le Haut Commissariat a ouvert un Bureau.

Il évoque finalement l'Initative pour le changement du Haut Commissariat ("OHCHR Change Initiative"), les anniversaires de la fin de la Seconde Guerre mondiale, de la libération d'Auschwitz, des horreurs d'Hiroshima et de Nagasaki, les génocides au Rwanda et à Srebrenica.

Il conclut en soulignant que nos vies sont liées les unes aux autres; les actions dans un pays affectent beaucoup d'autres Etats... Si les principes fondamentaux des Droits de l'Homme ne sont pas protégés, le centre de nos institutions ne tient plus : développement durable, paix et respect de la vie et de la dignité humaine.

 

Michel Veuthey

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13/08/2015

MI EXPERENCIA EN CUHD

A menudo la gente nos pregunta que hace un becario en el Collège Universitaire. Con el fin de compartir con vosotros las sensaciones y experiencias de un becario le pedimos a E. Galo si nos podría hacer un pequeño texto sobre sus experiencias y aprendizaje

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07/08/2015

XXI Université d'été: la priorité des droits de l'homme dans le développement

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La session francophone démarre lundi 10 août  à Genève. 20 participants de 12 pays d’Afrique, d’Europe et du Maghreb, sélectionnés parmi 105 candidats, participeront à cette session qui se déroulera jusqu’au 14 août. La formation coïncide avec la session du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme. Les participants suivront la présentation du rapport sur les « fonds rapaces » de Jean Ziegler avec lequel ils dialogueront. Les « fonds rapaces » sont des fonds essentiellement spéculatifs qui achètent à bas prix des dettes émises par des Etats en difficulté pour ensuite exiger leur remboursement notamment avec l’aide des juridictions américaines.

2015 est une date charnière dans l’agenda du développement mondial. C’est la fin des Objectifs du Millénaire et le début d’un nouvel agenda international. Depuis 2013 le programme de l'Université d'été des droits de l'homme s’est focalisé sur l'approche des droits pour le développement. Dans le sillage du Document de l’Equipe spéciale des Nations Unies les droits de l’homme « offrent des orientations pratiques pour concevoir et évaluer les stratégies de développement et en préciser la teneur - par exemple, en donnant la priorité à l'accès universel à de l'eau de qualité, à l'alimentation, à l'énergie, à la sécurité monétaire, aux services de santé et autres biens et services publics essentiels ».

Les participants viennent des institutions nationales des droits de l’homme, de la magistrature, des administrations publiques et des ONG. Le but essentiel de la formation est d’établir une stratégie internationale pour que les nouveaux objectifs du développement, au-delà de la seule économie, incorporent surtout la dimension humaine: « droits de l’homme et démocratie ». La formation  aura lieu notamment au Palais des Nations et au Centre d’Accueil de la Genève Internationale.

Lors de la séance de clôture Pastor Elias Murillo, membre du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale et promoteur de la Décennie des Nations Unies des afro-descendants prononcera l’allocution finale. En proclamant cette Décennie, la communauté internationale distingue les personnes d'ascendance africaine comme groupe dont les droits humains doivent être promus et protégés et qui est souvent le plus discriminé. Pour pouvoir accroître leur visibilité et donc promouvoir la réalisation de leurs droits de l’homme et de leurs libertés fondamentales, il est essentiel de reconnaître que les personnes d’ascendance africaine constituent un groupe distinct. En Amérique, ce sont environ 200 millions de personnes qui se considèrent d’ascendance africaine. Des millions d’autres vivent dans diverses régions du monde, et ce, en dehors du continent africain.

Alfred Fernandez

15/07/2015

Curso de verano: la importancia de la educación para cambiar el mundo

 

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Tal como apuntábamos en la publicación anterior, hoy hemos dado comienzo a  la apertura del XIII Curso de verano de la Universidad de La Rioja organizado en colaboración con nuestra institución y la Universidad de Extremadura, en celebración del 70 y 90 aniversario de la UNESCO y de la OIE respectivamente.Voy a ir contando mis impresiones de este curso.

Tras la inauguración, comenzamos con un taller sobre un texto de J.C. Guillebaud del libro “Otra vida es posible”, en el que los alumnos tuvieron que trabajar en grupos y hacer un comentario crítico sobre el texto Se plantearon interrogantes respecto a la economía de mercado, la globalización, problemas éticos y sociales en el campo de la genética, la existencia y/o necesidad de la desigualdad, el uso adecuado de las nuevas tecnologías y las restricciones políticas a nivel mundial para mejorar el planeta. Al acabar el taller todos hemos llegado a la misma conclusión: la importancia de la educación. Es decir, para poder cambiar el mundo, erradicar la pobreza y conseguir un desarrollo sostenible es necesario incidir en este pilar que es fundamental en nuestra sociedad.

La jornada finalizó con la ponencia de Ignasi Grau, colaborador científico de OIDEL sobre el Comité de Derechos Humanos. Su exposición se completó el martes. con una visita al Palacio de las Naciones/ Palais de les Nations para seguir una reunión del Comité de Derechos Humanos.

 El martes hemos estado en la sala XIX del Palacio de las Naciones presenciando una sesión del Comité de Derechos Humanos. Al finalizar la sesión, tuvimos un biefing con el presidente del Comité el Profesor. Omar.F. Salvioli, que con un gesto muy gentil  respondió a nuestras preguntas durante una hora. La sesión del Comité consisitió en un Debate general sobre el  artículo 6 del Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos. Numerosas ONG’s, expusieron frente al Comité sus ideas respecto a au tema fundamental el derecho a la vida. Desde la pena capital pasando por el aborto hasta los conflictos armados todos los aspectos de este derecho fueron abordados.

En el transcurso de la tarde, Ignasi Grau nos hizo una visita guiada por el Palacio de las Naciones. Un pequeño tour cargado de historias y curiosidades en cada sala y pasillo que recorríamos.

Finalmente, en la última de sesión del día, escuchamos las ponencias de Ana María Vega (Universidad de La Rioja), Jaime Rosell (Universidad de Extremadura) y Carlos Espaliu (Universidad Internacional de Catalunya), actuando como moderador Rafael Valencia (Universidad de Extremadura). El tema tratado fue La persona en el centro: el enfoque de derechos humanos”. La mesa redonda terminó con un espacio de preguntas abiertas donde los alumnos participaron de forma activa. Se abordaron diferentes cuestiones como la pobreza, la posición del individuo en la sociedad internacional, la violación de los derechos humanos o  el papel de los organismos internacionales. Y se plantearon interrogante como el de ejercer los derechos eni gualdad de condiciones sin olvidar la existencia de los grupos minoritarios que muchas veces sufren discriminación.

 Valeska Liempi

10/07/2015

El poder de las ideas: 70 aniversario de la UNESCO, 90 aniversario de la OIE

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El lunes  13 de julio comienza en Ginebra en la sede la Oficina Internacional de Educación el XIII Curso de Verano de la Universidad de La Rioja (España) sobre el tema El poder de las ideas, organizado en colaboración con nuestra institución y la Universidad de Extremadura. Durante la semana se estudiarán los grandes temas de la UNESCO: diversidad cultural, libertad de expresión, educación para una ciudadanía global y los desafíos de la educación en los Objetivos de Desarrollo post 2015.

En presencia de la Vicerrectora de la Universidad de la Rioja María Cruz Navarro abrirá el curso el Sr. Bobir Tukhtabayev, de la Oficina de Enlace de la UNESCO en Ginebra, la Directora del curso la profesora Ana María Vega, titular de la Cátedra UNESCO de la Universidad de La Riojay el Presidente del Consejo de Fundación del Collège universitaire Henry Dunand, profesor Michel Veuthey.

Los alumnos:25 en total de las Universidad de La Rioja, Extremadura, Autonoma de Madrid y Ginebra debatirán luego sobre las grandes mutaciones del momento histórico. Una mesa redonda en la que participarán entre otros los profesores Rossell, ex-Decano de la Facultad de Derecho de la Universidad de Extremadura y Espaliu, Director del Instituto Carlomagno de Estudios Europeos de la Universidad Internacional de Catalunya clausurará la primera jornada.

Isabel Marquez de Prado, Coordinadora de actividades