12/04/2016

Des valeurs communes pour faire face à l’extrémisme violent

Des valeurs communes pour faire face à l’extrémisme violent

Sous l'égide de I'Unesco, s'est tenue à Sofia (Bulgarie) les 11 et 12 mars 2016 une conférence sur le thème Quelles sont les valeurs qui nous unissent aujourd'hui ? (« Which Values Unite Us Today ?»).

Organisé par le Vice-Président de l'Appel spirituel de Genève (www.aasg.ch), M. Ventzeslav Sabev, cette conférence a réuni des dirigeants religieux, des défenseurs des droits de l'homme, des juristes, des philosophes, des journalistes de plus de 20 pays (Allemagne, Bulgarie, Etats-Unis, France, Hongrie, Indonésie, Royaume-Uni, Russie, Suisse, Timor oriental, etc.) pour discuter de valeurs communes pour faire face à la violence motivée par l'extrémisme religieux.[1]

À relever l’intervention du Ministre indonésien de l'éducation et de la culture, S.E. M. Anies Basswedan, qui a souligné que dans son pays, à 88 % musulman, l'éthique nationale est basée sur le Pencasila.

Le Prix Nobel de la paix José Ramos Horta, ancien Président du Timor oriental, a souligné dans son intervention le besoin pour l'Europe de s'ouvrir et de garder vivantes ses traditions de solidarité.

Madame Olga Zinovieva, de l'Université d'Etat de Moscou, veuve de l’écrivain Alexandre Zinoviev, [1] rappelle la contribution de la Russie aux valeurs traditionnelles

S.E.I. Georg von Habsburg, Ambassadeur et Conseiller du Premier Ministre de Hongrie, évoque les valeurs européennes de tolérance.

Le Dr. Horst Mahr, Président de la Société allemande pour la politique étrangère (« Gesellschaft fur Aussenpolitik »),[2] développe la contribution de cette association, fondée en 1948, pour développer un réseau international de dialogue entre responsables politiques, économistes et juristes pour traiter de la coopération internationale en Europe et dans le monde, comme le récent colloque organisé sur « Migration et terrorisme en Afrique ».[3]

Le Professeur Nicolas Offenstadt (Paris, Sorbonne), auteur d’un article « Paix de Dieu et paix des hommes »[4] met l’accent sur le rôle de l’éducation pour faire face à l’extrémisme violent.

Le Professeur Mohammed Shahrour a mis en évidence la nécessité d'interpréter de manière ouverte les textes de l'Islam.

Le Rabbin Jeffrey Newman, du Royaume-Uni, partage son expérience avec les organisations « Search for Common Ground »[2] et la Charte de la Terre (« Earth Charter »).[3]

Un représentant de la Communauté bahaïe (EBBF), mettant en dialogue religions et milieux d’affaires.

Madame Hermien Y. Kleden, Rédactrice en chef de l'hebdomadaire indonésien paraissant en anglais « Tempo »[5]
a rappelé que
trop souvent les médias ont été utilisés pour attiser la haine et non pour la contrer.

A un moment où le monde occidental ignore ou évacue la religion, suis intervenu pour souligner la nécessité de recourir aux valeurs traditionnelles, aux religions, afin de soutenir les principes fondamentaux protégeant la vie et la dignité humaine en droit international (droit international humanitaire, droits des réfugiés, droits de l'homme, etc.), dont les instruments juridiques et mécanismes de mise en œuvre sont aujourd’hui trop souvent contestés par des Etats et des acteurs non étatiques.[6]

L'Appel spirituel de Genève (ASG) a été fondé à Genève en 1999 par des dirigeants spirituels et humanitaires dont Cornelio Sommaruga, Kofi Annan, Mary Robinson, et Sadako Ogata dans le but de s'opposer à l'usage de la religion pour justifier la haine et la violence, la discrimination et l'exclusion, l'exploitation et la domination. Un de ses fondateurs, le Pasteur William McComish, Président d’honneur de l’ASG, en a lu les paragraphes essentiels :

  • Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun
le respect de la dignité de la personne humaine
Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun
  • le refus de la haine et de la violence
Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun
  • l'espoir d'un monde meilleur et juste

    Nous, représentants de communautés religieuses et
  • représentants de la société civile, demandons aux décideurs
  • planétaires, quel que soit leur champ d'activité, de respecter de manière absolue les trois préceptes suivants:
  • Ne pas invoquer une force religieuse ou spirituelle pour justifier la violence, quelle qu’elle soit
  • Ne pas se référer à une force religieuse ou spirituelle
  • pour justifier toute discrimination et exclusion
Ne pas user de sa force, de sa capacité intellectuelle ou spirituelle, de sa richesse ou de son statut social, pour exploiter ou dominer l'autre
  • Notre Appel, qui s'inscrit dans la tradition d'accueil, d'asile et de compassion de Genève, est ouvert à toute personne.

La Conférence de Sofia a été la première activité internationale de l'Appel spirituel de Genève pour promouvoir un dialogue international entre religions et société civile. D'autres conférences analogues sont prévues par l’Appel spirituel en collaboration avec des Gouvernements et des institutions académiques

  • en septembre 2016 au Palais des Nations à Genève  et à la Sorbonne à Paris;
  • à des dates à fixer en Indonésie, au Liban et en Russie.

Michel Veuthey

 

 

[1] Voir la liste des intervenants : http://www.unitingvalues.org/en/participants/

[2] http://www.foreign-affairs.info

[3] http://www.foreign-affairs.info/vergangene-veranstaltunge... (African Security Panel „Terrorism and Migration in Africa“)

[4] Offenstadt Nicolas. « Paix de Dieu et paix des hommes. L'action politique à la fin du Moyen Age » . In: Politix, vol. 15, n°58, Deuxième trimestre 2002. pp. 61-81.

http://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_2002_num_15_58_998

[5] http://www.unitingvalues.org/en/hermien-y-kleden

[6] Voir notamment l’article de l’auteur « Religions et droit international humanitaire : histoire et actualité d’un dialogue nécessaire », in Anne-Sophie MILLET-DEVALLE (Ed.) Religions et Droit International Humanitaire. Paris, Pedone, 2008, pp. 9-45, en ligne :
http://www.aiesc.net/blog/2014/08/23/religions-et-droit-i...

[1] http://zinoviev.info/fr/

[2] https://www.sfcg.org/fr/

[3] http://earthcharter.org

30/03/2016

Génocide, du devoir de mémoire à l’action

Le génocide n’implique pas seulement un devoir de mémoire, mais bien plus une obligation d’action : action judiciaire, militaire, politique, économique, d’information publique et d’éducation. L’actualité du génocide interpelle aujourd’hui non seulement la responsabilité des Etats, mais aussi celle des organisations intergouvernementales et de la société civile : des dirigeants spirituels, des universités et instituts de recherche, des médias, des artistes, des communautés locales et des diasporas, des organisations humanitaires, des médecins, psychiatres et psychologues, des artisans de paix et de réconciliation.

La récente condamnation pour crime de génocide de Radovan Karadzic par le Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie (TPIY)[1] a rappelé que l’Europe du XXe siècle a connu plusieurs génocides. C’est même en Europe que le terme de « génocide » a été utilisé pour la première fois,[2] à la suite de la Shoah, extermination systématique des Juifs perpétrée par le régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale

 Le Secrétaire d’Etat, John Kerry, vient de déclarer, le 17 mars 2016,[3] « Daesh » génocidaire, coupable de génocide contre Chrétiens et autres minorités.[4] Et de conclure sa déclaration en disant qu’il est certes important de nommer et définir ces crimes, mais qu’il est essentiel de les faire cesser. Il faudra pour cela, ajoute-t-il, faire l’unité aux Etats-Unis et avec d’autres pays, et agir avec détermination contre le génocide, les « nettoyages ethniques » et d’autres crimes contre l’humanité.[5] 

 L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, dans la résolution 2091, intitulée « Les combattants étrangers en Syrie et en Irak » du 27 janvier 2016)[6] et l’Union Européenne, par la résolution adoptée par le Parlement Européen le 4 février 2016 ("Massacre systématique des minorités religieuses par le groupe "EIIL/Daech »)[7] ont, de leur côté, déjà reconnu le génocide des Chrétiens et autres minorités par « Daesh ».

 Le génocide fait partie de notre histoire et de notre actualité. Comment l’éviter au mieux à l’avenir ? Pour prévenir le génocide, nous devons adopter une approche qui permette de défendre en profondeur et à plusieurs niveaux, la vie et la dignité humaine de toute personne sans discrimination.

Nous considérerons trois approches :

– une approche juridique ;

- une approche médiatique ;

- une approche morale et religieuse.

L’approche juridique commence en 1948, quand l’Assemblée générale des Nations Unies adopte à New York à la fois de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et la Convention pour la prévention the crime de génocide.

D’autres instruments internationaux suivront, à commencer par les quatre Conventions de Genève de 1949 sur la protection des victimes de la guerre, et particulièrement la quatrième Convention sur la protection des personnes civiles, mais aussi en 1950 la Convention européenne des Droits de l’Homme, en 1951 la Convention sur les réfugiés, en 1954 la Convention de La Haye sur la protection des biens culturels, en 1966 les deux Pactes internationaux des droits de l’Homme, en 1994 le Statut du Tribunal international sur l’ex-Yougoslavie, en 1995 le Statut du Tribunal international sur le Rwanda, et en 1998 le Statut de la Cour pénale internationale, ces trois Statuts prévoyant la poursuite des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du crime de génocide.

Les mécanismes de mise en œuvre sont d’abord les Etats Parties à ces instruments et aussi les Nations Unies[8] à commencer par le Conseil de sécurité[9] ainsi que, dans leurs domaines de compétences respectives, l’Unesco,[10] le Haut-Commissariat pour les Réfugiés, les instances universelles et régionales des Droits de l’Homme, le CICR, et, sans mandat particulier mais dans leur domaine d’influence, l’Union interparlementaire[11] et les ONG internationales
[12] et nationales.[13]

 L’approche médiatique doit être comprise au sens large : artistes, cinéastes, écrivains, chercheurs, éducateurs, historiens, experts militaires, psychologues, psychiatres, concepteurs de jeux vidéo, journalistes, qui peuvent tous influencer l’opinion publique et les preneurs de décisions pour prévenir le génocide.[14]

L’approche morale et religieuse doit s’étendre au-delà des communautés religieuses, inclure toutes les personnes dans le respect de leur vie et de leur dignité, appartenant à ces communautés, croyantes ou non. Il faut à cet effet convaincre chaque religion de faire face à ses propres extrémistes, et de prendre en compte, individuellement et collectivement, les valeurs essentielles d’humanité qui nous unissent tous. Comme le disait Martin Luther King, si nous n’apprenons pas à vivre en frères (et sœurs), nous périrons tous comme des insensés[15]… Un proverbe africain nous montre aussi la nécessité d’aller à la source de notre humanité commune : « Quand les branches se disputent, les racines se réconcilient ».
Comme l’affirmait le Pape François le 20 juin 2014 aux participants au Congrès international « La liberté religieuse selon le droit international et le conflit mondial des valeurs » :

« Au lieu du conflit mondial des valeurs, devient ainsi possible, à partir d’un noyau de valeurs universellement partagées, une collaboration mondiale en vue du bien commun ».[16]

 

 En attendant cette nécessaire convergence des valeurs et une mobilisation de la conscience publique, il est urgent que Gouvernements et organisations internationales prennent des mesures de protection, de prévention[17] et de répression, dans la perspective de phases en cours ou à venir de reconstruction et de réconciliation.

 Les résolutions adoptées par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et par le Parlement Européen donnent des indications d’actions à entreprendre.

La résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 27 janvier 2016 affirme le devoir d’agir au titre de la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 et donne les exemples suivants d’actions :

- empêcher leurs propres ressortissants de prendre part à des actes de génocide ;

- n’octroyer en aucun cas le statut de réfugié aux combattants qui peuvent avoir perpétré des actes de génocide et/ou d’autres crimes graves interdits par le droit international et cherchent à obtenir une protection internationale à leur retour en Europe ;

- mettre davantage l’accent sur les facteurs sous-jacents de radicalisation ainsi que sur des politiques de prévention, de dissuasion et de réinsertion qui peuvent donner des résultats à long terme.

- apporter une contribution résolue à la lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation conduisant au terrorisme en adoptant pour 2015-2017 un Plan d’action qui vise à accroître la capacité des sociétés européennes à rejeter toutes les formes d’extrémisme ;

- en particulier, prendre des mesures concrètes de prévention de la radicalisation par l’éducation, dans les prisons et sur internet ;

- promouvoir des approches intégrées au niveau local afin de s’assurer de la participation de tous les acteurs: la société civile, les organisations confessionnelles, les services sociaux et éducatifs et les institutions policières et judiciaires.

- élaborer des mesures efficaces pour détecter et juguler la diffusion de la propagande extrémiste violente sur internet, les réseaux sociaux et les médias;

- renforcer le dialogue interculturel et interconfessionnel avec les chefs des diverses communautés en mettant tout particulièrement l’accent sur la prévention de la radicalisation et la nécessité de contrer le discours de haine et la propagande extrémiste violente;

- donner un degré de priorité élevé aux programmes de déradicalisation destinés aux combattants de retour dans leur pays

- renforcer la coopération internationale entre les autorités nationales et locales compétentes et les agences spécialisées en vue d’assurer un échange rapide d’informations utiles, d’expériences et de bonnes pratiques pour établir le contact avec les combattants étrangers dans un but de prévention, de sensibilisation, de réadaptation et de réinsertion, le cas échéant après qu’une peine ait été purgée.

Et, finalement, de rappeler le rôle des dirigeants religieux, car « les combattants étrangers portent réellement préjudice aux communautés religieuses auxquelles ils prétendent appartenir ».

 La résolution du Parlement Européen du 4 février 2016 se réfère aux orientations de l'Union Européenne (UE) relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction, les lignes directrices de l'UE concernant la promotion du droit humanitaire international, les lignes directrices de l'UE sur les violences contre les femmes et la lutte contre toutes les formes de discrimination à leur encontre, les orientations pour la politique de l'UE à l'égard des pays tiers en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les orientations de l'UE sur les enfants face aux conflits armés, les orientations de l'UE pour la promotion et la protection des droits de l'enfant, les orientations de l'UE dans le domaine des droits de l'homme relatives à la liberté d'expression en ligne et hors ligne.

Elle demande que

- le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, quel que soit l'endroit ou le moment où ils ont lieu, soient effectivement poursuivis par des mesures adoptées à l'échelon national, par le renforcement de la coopération internationale ainsi que par la Cour pénale internationale et la justice pénale internationale,

- la Syrie et à l'Iraq acceptent la compétence de la Cour pénale internationale;

- les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies soutiennent la saisine de la Cour pénale internationale par le Conseil de sécurité afin d'enquêter sur les violations commises en Iraq et en Syrie par le soi-disant groupe "EIIL/Daech" contre les chrétiens, les Yézidis et les minorités religieuses et ethniques;

- les autorités compétentes des pays qui, de quelque manière directe ou indirecte que ce soit, soutiennent ces crimes de guerre, ces crimes contre l'humanité et ces crimes de génocide, y coopèrent, les financent ou en sont complices, respectent pleinement leurs obligations juridiques en vertu du droit international et mettent un terme à ces agissements inacceptables qui causent d'immenses préjudices aux sociétés iraquienne et syrienne et qui déstabilisent gravement les pays voisins ainsi que la paix et la sécurité internationales;

- rappelle que la résolution 2253 (2015) du Conseil de sécurité des Nations Unies impose aux États Membres des Nations unies l'obligation juridique d'interdire toute assistance au soi-disant groupe "EIIL/Daech" et à d'autres organisations terroristes, notamment par la fourniture d'armes et d'une assistance financière, y compris le commerce illicite de pétrole, et les prie instamment d'ériger toute assistance de cet ordre en infraction dans leur législation nationale; rappelle que l'inaction de certains États membres des Nations Unies constituerait une violation du droit international et que les autres États Membres seraient dès lors dans l'obligation d'appliquer la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies en prenant des mesures visant à traduire les individus et entités responsables en justice;

- dénonce avec la plus grande fermeté la destruction des sites et des symboles religieux et culturels par le soi-disant groupe "EIIL/Daech", qui sont autant d'agressions envers le patrimoine culturel de toutes les populations de Syrie et d'Iraq et de l'humanité en général; appelle tous les États à l'intensification de leurs enquêtes pénales et à une coopération judiciaire en vue d'identifier l'ensemble des groupes qui se livrent au trafic illicite de biens culturels et à l'endommagement ou à la destruction d'un patrimoine culturel qui appartient à l'humanité toute entière, en Syrie, en Iraq, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au sens large;

- prie instamment tous les pays de la communauté internationale, dont les États Membres de l'Union européenne, de lutter activement contre la radicalisation et d'améliorer leurs systèmes juridiques et juridictionnels afin d'empêcher leurs ressortissants et citoyens d'être en mesure de rejoindre les rangs du soi-disant groupe "EIIL/Daech" pour participer à des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire, ainsi que de s'assurer que ceux qui le font sont poursuivis en justice dès que possible, y compris les personnes s'étant rendues coupables d'incitation à commettre ces crimes, notamment sur internet, ou de soutien à ces actes;

- demande à l'Union européenne d'instituer un Représentant spécial permanent pour la liberté de religion et de conviction;

- reconnaît, promeut et demande le respect par tous du droit inaliénable, dont peut se prévaloir toute minorité religieuse et ethnique, ou autre, d'Iraq et de Syrie de continuer à vivre sur ses terres d'origine traditionnelles et historiques dans la dignité, sur un pied d'égalité et en sécurité et de pratiquer librement sa religion et ses convictions, sans aucune contrainte, violence ou discrimination; estime que pour soulager les souffrances et endiguer l'exode massif des chrétiens, des Yézidis et d'autres communautés de la région, il est impératif que les responsables politiques et religieux régionaux se déclarent clairement et sans équivoque en faveur du maintien de leur présence et de l'exercice plein et entier de leurs droits de citoyens de leurs pays en toute égalité;

- demande à la communauté internationale et à ses États membres, dont l'Union européenne et ses États membres, de garantir les perspectives et conditions de sécurité nécessaires pour tous ceux qui ont été obligés de quitter leur terre d'origine ou ont été déplacés de force, de concrétiser dans les meilleurs délais leur droit au retour dans leur terre d'origine, de préserver leurs demeures, leurs terres, leurs propriétés et leurs biens, ainsi que leurs églises et leurs sites religieux et culturels, et de leur permettre de mener une vie et d'avoir un avenir dignes;

- constate que la persécution incessante des groupes religieux et ethniques au Proche-Orient est l'une des causes de la migration de masse et des déplacements internes;

- souligne qu'il importe que la communauté internationale apporte, conformément au droit international, une protection et une assistance, y compris militaires, à tous ceux qui sont ciblés par le soi-disant groupe "EIIL/Daech" et d'autres organisations terroristes au Proche-Orient, notamment les minorités ethniques et religieuses, et qu'il importe que ces personnes participent à l'élaboration de solutions politiques durables pour l'avenir;

- demande à toutes les parties au conflit de respecter les droits de l'homme universels et de faciliter la fourniture d'aide et d'assistance humanitaire par tous les moyens possibles; demande la mise en place de couloirs humanitaires; est d'avis que des refuges sûrs, protégés par des forces mandatées par les Nations unies, pourraient constituer un élément de la réponse à apporter si l'on veut relever le défi de taille que représente la fourniture d'une protection provisoire à des millions de réfugiés, victimes du conflit qui sévit en Syrie et en Iraq;

- confirme son soutien actif et intégral aux efforts diplomatiques internationaux et à l'action de l'Envoyé spécial des Nations Unies, Staffan de Mistura.

 

La résolution charge finalement son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, à la Vice-présidente de la Commission et Haute Représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au Représentant spécial de l'Union pour les Droits de l'Homme, aux Gouvernements et aux Parlements des États membres, au Gouvernement et au Parlement de la République arabe syrienne, au Gouvernement et au Conseil des représentants de la République d'Iraq, au Gouvernement régional du Kurdistan, aux institutions de l'Organisation de la coopération islamique, au Conseil de coopération pour les États arabes du Golfe (Conseil de coopération du Golfe), au Secrétaire général des Nations Unies, à l'Assemblée générale des Nations Unies, au Conseil de sécurité des Nations Unies et au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies.

D’autres organisations, comme l’Union Africaine, pourraient aussi être engagées.

Quant au Conseil de sécurité, après avoir reconnu dans sa résolution 2249 (2015) que « Daesh » constituait une menace à la sécurité internationale, il devrait aller plus loin que sa résolution 2253 (2015) interdisant de fournir toute assistance militaire et financière à « Daesh » et prendre des mesures efficaces pour éviter de retomber dans la passivité qui a permis les génocides de Srebrenica[18] et du Rwanda.[19]
 

Michel Veuthey

 

[1] La Chambre de première instance III du Tribunal pénal international pour l’exYougoslavie (le « TPIY ») a déclaré le 24 mars 2016 Radovan Karadžić, ancien Président de la Republika Srpska et commandant suprême de ses forces armées, coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et de violations des lois ou coutumes de la guerre, pour les crimes commis par les forces serbes durant le conflit armé en BosnieHerzégovine (la « BiH »), de 1992 à 1995. Il a été condamné à une peine de 40 ans d’emprisonnement. Le résumé du jugement est disponible en ligne : http://www.icty.org/x/cases/karadzic/tjug/en/160324_judgement_summary.pdf

[2] Voir l’article du Professeur Raphaël Lemkin, "Le crime de génocide," Revue de Droit International, de Sciences Diplomatiques et Politiques 24 (octobre -décembre 1946): 213-222. Disponible en ligne (28 mars 2016)
http://www.preventgenocide.org/fr/lemkin/legenocide1946.htm

[3] Lien pour la déclaration du Secrétaire d’Etat américain :

http://www.state.gov/secretary/remarks/2016/03/254782.htm

[4] Voir aussi le rapport (« Genocide against Christians in the Middle East. A report submitted to Secretary of State John Kerry
by the Knights of Columbus and In Defense of Christians ») soumis le 9 mars 2016 http://indefenseofchristians.org/wp-content/uploads/2016/03/Genocide-report.pdf

[5] "Naming these crimes is important. But what is essential is to stop them. That will require unity in this country and within the countries directly involved, and the determination to act against genocide, against ethnic cleansing, against the other crimes against humanity must be pronounced among decent people all across the globe".

[6] Lien vers la résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 27 janvier 2016

http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?fileid=22482&lang=FR

[7] Lien vers la résolution du Parlement Européen du 4 février 2016 :

www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P8-TA-2016-0051+0+DOC+XML+V0//FR

[8] L’ONU a regroupé dans la même structure le Bureau du Conseiller spécial pour la prévention du génocide,
M. Adama Dieng, et la Conseillère spéciale pour la responsabilité de protéger, Madame Jennifer Welsh :
http://www.un.org/fr/preventgenocide/adviser/

[9] L’action du Conseil de sécurité, en ex-Yougoslavie et au Rwanda, a essentiellement constitué dans l’adoption des Statuts des Tribunaux internationaux sur l’ex-Yougoslavie (1994) et sur le Rwanda (1995)

[10] La Directrice générale de l’UNESCO, Madame Irina Bokova, a parlé de « nettoyage culturel » en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Irak, au Mali, en Syrie : « Leur objectif n’est pas seulement de tuer des personnes, mais plus radicalement, de briser la liberté et l’âme d’un peuple. Le patrimoine n’est pas une victime collatérale, mais une cible délibérée ». Et de rappeler que selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, « la destruction intentionnelle d’édifices particulièrement sacrés équivaut à un génocide culturel ». (Intervention d’Irina Bokova au dîner du Cercle de la Revue des Deux Mondes du 18 décembre 2014 à l’Hôtel George V. Publié dans la Revue des Deux Mondes en février 2015. Disponible en ligne : http://bit.ly/1Uqb5sj )

[11] http://www.ipu.org/french/home.htm

[12] Comme Human Rights Watch, en particulier ce rapport : Leave None to Tell the Story : Genocide in Rwanda : https://www.hrw.org/reports/1999/rwanda/ et Amnesty International www.amnesty.org ( voir plus loin pour Srebrenica )

[13] A relever le rôle de trois organisations américaines dans la prise de conscience du génocide des Chrétiens et des autres minorités au Proche-Orient : le « Simon-Skjodt Center for the Prevention of Genocide » du UNITED STATES HOLOCAUST MEMORIAL MUSEUM, qui a publié un rapport intitulé OUR GENERATION IS GONE. The Islamic State’s Targeting of Iraqi Minorities in Ninewa BEARING WITNESS TRIP REPORT (28 pages) (https://www.ushmm.org/m/pdfs/Iraq-Bearing-Witness-Report-111215.pdf ) et les « Knights of Columbus » qui, avec « In Defense of Christians » ont soumis en date du 9 mars 2016 au Secrétaire d’Etat un rapport très documenté de 278 pages intitulé Genocide against Christians in the Middle East ( (http://indefenseofchristians.org/wp-content/uploads/2016/03/Genocide-report.pdf ).

[14] Voir notamment le travail de la « Fondation Hirondelle », ONG de journalistes et de professionnels de l’action humanitaire. Depuis 1995, elle crée ou soutient des médias d’information généralistes, indépendants et citoyens, dans des zones de guerre, des situations de crise endémique ou des situations de post-conflit. http://www.hirondelle.org/

[15] “Either we live together as brothers, or we perish as fools.” (Martin Luther King, Strength to Love. 1963)

[16] https://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/june/documents/papa-francesco_20140620_liberta-religiosa.html

[17] Voir notamment le document des Nations Unies Framework of Analysis for Atrocity Crimes. A tool for prevention. New York, July 2014, 32 p. (www.un.org/en/preventgenocide/adviser/pdf/framework%20of%20analysis%20for%20atrocity%20crimes_en.pdf) et aussi Madeline K. Albright & William S. Cohen Preventing Genocide. Blueprint for U.S. Policymakers. Washington DC, 2008, 147 p. Voir à ce sujet en ligne  https://www.ushmm.org et :
http://www.usip.org/publications/genocide-prevention-task-force

 

[18] Voir notamment le rapport de La mission d'information commune sur les événements de Srebrenica, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 22 novembre 2001 : www.assemblee-nationale.fr/11/rap-info/i3413-01.asp

et aussi le rapport d’Amnesty International Srebrenica: No justice or truth for victims of genocide and their families

11 juillet 2015, en ligne : https://www.amnesty.org/en/latest/news/2015/07/srebrenica-no-justice-or-truth-for-victims-of-genocide-and-their-families/

[19] Voir notamment Roméo Dallaire, J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda.

 

17/03/2016

Génocide des Chrétiens et autres minorités en Irak et en Syrie : reconnaissance des faits. A quand l'action ?

Le Secrétaire d’Etat, John Kerry, vient de déclarer, le 17 mars 2016,  « Daesh » génocidaire, coupable de génocide contre Chrétiens et autres minorités. Et de conclure sa déclaration en disant qu’il est certes important de nommer et de définir ces crimes, mais qu’il est essentiel de les faire cesser. Il faudra pour cela faire l’unité aux Etats-Unis et avec d’autres pays, et agir avec détermination contre le génocide, les « nettoyages ethniques » et d’autres crimes contre l’humanité. 

"Naming these crimes is important. But what is essential is to stop them. That will require unity in this country and within the countries directly involved, and the determination to act against genocide, against ethnic cleansing, against the other crimes against humanity must be pronounced among decent people all across the globe".

Rappelons que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (par la résolution 2091, intitulée « Les combattants étrangers en Syrie et en Irak ») du 27 janvier 2016) et l’Union Européenne (Parlement Européen, le 4 février 2016) ont, de leur côté, déjà reconnu le génocide des Chrétiens et autres minorités par « Daesh ».

1. Le lien pour la déclaration du Secrétaire d’Etat américain du 17 mars 2016

http://www.state.gov/secretary/remarks/2016/03/254782.htm

2. Le lien vers la résolution du Parlement Européen du 4 février 2016 ("Massacre systématique des minorités religieuses par le groupe "EIIL/Daech ») :

http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//E...

3. Le lien vers la résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe du 27 janvier 2016

http://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?... 

Le Conseil de sécurité, dans sa plus récente résolution sur la Syrie, a passé comme chat sur braise sur le génocide, dans le souci d'obtenir la cessation des hostilités. Il ne pourra pas longtemps ignorer ses responsabilités pour faire face aux génocides en cours en Irak et en Syrie.


Michel Veuthey

06/03/2016

Enfants-soldats, acteurs et victimes de conflits armés

Enfants et conflits armés
 
Enfants soldats : l’Allemagne nazie avait ses " Jeunesses hitlériennes "
(« Hitler Jugend »), Charles Taylor au Libéria pratiquait le recrutement forcé d’enfants ( voir l’excellent roman fondé sur des faits réels « Allah n’est pas obligé » d’Ahmadou Kourouma, Prix Renaudot 2000 ), Saddam Hussein avait sa « Futuwah » (Avant-garde armée) d’enfants, et maintenant un rapport britannique, qui sera publié le 9 mars 2016, documente l’endoctrinement d’enfants par Daesh (l’ »Etat islamique »).
 
Le Conseil de sécurité des Nations Unies avait adopté à l'unanimité, le 18 juin 2015, une résolution 2215 (2015) condamnant les enlèvements d'enfants, dont l'immense majorité est perpétrée par des acteurs non-étatiques, dont des organisations terroristes comme Daesh et Boko Haram. C'était une étape pour protéger les 250 millions d'enfants qui vivent dans des situations de conflit. Le Conseil de sécurité, sous la présidence de la France, avait organisé le 25 mars 2015 un débat public sur les enfants dans les conflits armés, en présence du Secrétaire général des Nations Unies et du Directeur général de l'UNICEF, M. Anthony Lake. La France avait alors invité les Etats qui ne l'avaient pas encore fait à endosser les "Principes et engagements de Paris" en vue de protéger les enfants contre une exploitation ou un recrutement illégaux par des groupes ou des forces armées.
 
Le Conseil des Droits de l'Homme examinera ce lundi 7 et mardi 8 mars la question des enfants victimes de conflits armés.
 
Deux Représentantes spéciales du Secrétaire général des Nations Unies y présenteront leur rapport annuel :
 
1. La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé, Madame Leïla Zerrougui (Algérie), présente un rapport ( A/HRC/31/19 ) qui couvre la période allant de décembre 2014 à décembre 2015. La Représentante spéciale décrit les activités qu’elle a menées en application de son mandat et les progrès réalisés en matière de lutte contre les violations graves commises à l’égard d’enfants, notamment l’action menée auprès des parties aux conflits afin de prévenir et de faire cesser ces violations. La Représentante spéciale y étudie également les difficultés liées au renforcement de la protection des enfants touchés par les conflits armés, et traite notamment des effets de l’extrême violence, de la privation de liberté des enfants en temps de conflit et du déplacement d’enfants du fait d’un conflit armé. La Représentante spéciale met en lumière les progrès réalisés dans le cadre de la campagne « Des enfants, pas des soldats », qui vise à prévenir et à faire cesser l’enrôlement et l’utilisation d’enfants par les forces nationales de sécurité, et met en évidence les éléments clefs à prendre en considération pour progresser. En outre, elle évoque les faits nouveaux concernant l’établissement des responsabilités concernant les violations graves commises à l’égard d’enfants. En dernier lieu, elle formule des recommandations à l’intention du Conseil des droits de l’homme et des États Membres pour améliorer encore la protection des droits de l’enfant.
 
2. La Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l'égard des enfants, Madame Marta Santos Pais (Portugal) demande dans son rapport (A/HRC/31/20 ) de promouvoir une culture de respect des droits de l'enfant et de tolérance zéro pour la violence. Elle relève à juste titre que l'année 2016 pourrait être le début d'une nouvelle ère de la protection de l'enfant grâce à une meilleure articulation entre engagements internationaux et acteurs locaux.
 
Ces deux excellents rapports se complètent. Ils convergent sur un thème : les enfants en détention...
 
C'est une approche globale, couvrant toutes les situations, utilisant tous les instruments et mécanismes du droit international, du droit national, des organisations régionales, de la société civile, y compris de l'économie privée, des centres de recherche et de formation (civils et militaires), des formateurs d'opinion (médias, artistes), des dirigeants spirituels, des communautés locales qui doit être adoptée avec détermination.
 
De nombreux instruments du droit international, universels et régionaux, protègent les enfants contre la violence : droits de l’homme, droit international humanitaire, droits des réfugiés, droit pénal international, droit du travail. La mise en œuvre de ces normes et d’abord de la responsabilité des Etats, individuellement et collectivement. .
 
C’est aussi le mandat d’organisations internationales humanitaires comme l’UNICEF, le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’Organisation Internationale du travail (OIT), le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), sans oublier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). C’est aussi la responsabilité de la société civile : O.N.G. internationales et nationales, organisations religieuses, souvent actives dans la réhabilitation et la réinsertion, communautés locales, en soulignant le rôle essentiel des familles dans la prévention et la réinsertion des enfants victimes de la violence. La réinsertion est aussi l’affaire des systèmes éducatifs et de l’économie privée pour leur donner une formation et une place de travail. C’est enfin, le cas échéant, la tâche de celles et ceux qui vont leur prodiguer des soins physiques, psychologiques voire psychiatriques nécessaires.
 
Considérant la complexité de la tâche et la multitude d’acteurs impliqués, il est important d’avoir une vue d’ensemble et d’assigner les moyens nécessaires pour faire face à ses défis, qui ne sont pas seulement humanitaires mais aussi économiques et sécuritaires. Nous voudrions souligner la valeur de la justice réparatrice, et rappeler le rôle souvent irremplaçable d’organisations religieuses pour la réinsertion, l’éducation et la formation professionnelle. L’Ordre de Malte en France depuis de nombreuses années a en projet éducatif pour des enfants détenus à Madagascar. De même l’Ordre de Malte a un programme en République démocratique du Congo avec Malteser International et agit depuis des années en faveur d’enfants syriens fuyant la violence déplacés dans leur propre pays ou réfugiés au Liban et en Turquie.
 
Une campagne mondiale (« Des enfants, pas des soldats») a été lancée il y a exactement deux ans, le 7 mars 2014, à New York. Comme le relève une des Représentantes spéciales du Secrétaire général, cette campagne progresse. Nous espérons qu’elle recevra les ressources et les appuis politiques nécessaires à sa mise en œuvre.
 
La protection des enfants victimes de la violence et des conflits armés nécessite l'engagement complémentaire de la communauté internationale à New York avec le Conseil de sécurité et à Genève avec le Conseil des Droits de l'Homme, tout comme des organisations régionales et des communautés locales, sans oublier la société civile, économie privée, systèmes éducatifs, médias, artistes et dirigeants spirituels.
 
Michel Veuthey
 
 
 
Voir cet extrait d'un article du "Guardian" (Londres), intitulé "How Islamic State is training child killers in doctrine of hate. At least 50 UK youngsters are growing up in the Isis "caliphate", where education means watching videos of murders":
 
“The aim is to prepare a new, stronger, second generation of mujahideen, conditioned and taught to be a future resource for the group,” the report adds. “The area of most concern is that Islamic State is preparing its army by indoctrinating young children in its schools and normalising them to violence through witnessing public executions, watching Islamic State videos in media centres and giving children toy weapons to play with.”
 
The focus on youth bears similarities, according to the report, to the forced recruitment of child soldiers in Liberia in the 1990s, when Charles Taylor seized power in 1997 with a rebel army filled with children.
 
The authors conclude that Isis also appears to have studied the Nazi regime, which created the Hitler Youth to indoctrinate children. The UN has received credible but unverified reports about an Isis youth wing, Fityan al-Islam, meaning boys of Islam.
 
The authors also point to the precedent of the Baathist regime in Iraq, which in the late 1970s established the Futuwah (Youth Vanguard) movement with the most important Iraqi child soldier units known as Ashbal Saddam, or Saddam’s Lion Cubs, made up of boys aged 10 to 15."
 
1. http://www.theguardian.com/world/2016/mar/05/islamic-state-trains-purer-child-killers-in-doctrine-of-hate
 
 
2. http://www.quilliamfoundation.org ( site sur lequel sera publié un rapport sur Daesh le 9 mars 2016 )
 
3. http://www.theguardian.com/world/2009/jul/12/liberia-child-soldiers ( Charles Taylor )
 
4. https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G15/292/73/PDF/G1529273.pdf?OpenElement
 
Rapport annuel 2015 de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour le sort des enfants en temps de conflit armé, présenté le 8 mars 2016 à la 31e session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève
 
5. Principes et engagements de Paris : http://www.unicef.org/french/protection/57929_58012.html
 
6. Union Interparlementaire : Manuels sur la protection des enfants 

COMBATTRE LA VIOLENCE CONTRE LES ENFANTS Elaboré conjointement par l’UNICEF et l’UIP, ce guide formule des recommandations et donne des exemples de bonnes pratiques destinés à aider les parlementaires à suivre les orientations de l’étude du Secrétaire général de l’ONU sur la violence contre les enfants parue récemment. Le Guide a été officiellement présenté le 2 mai 2007 lors de la 116ème Assemblée de l'UIP à Bali (Indonésie). A l’occasion du lancement, les parlementaires ont été encouragés à se servir du guide, à le faire connaître au sein de leurs parlements et à le faire traduire dans leurs langues nationales http://www.ipu.org/PDF/publications/violence_fr.pdf
 
GUIDE A L'USAGE DES PARLEMENTAIRES SUR LA LUTTE CONTRE LA TRAITE DES ENFANTS
Produit conjointement avec l'UNICEF, ce guide met l'accent sur les mesures concrètes que les parlementaires pourraient mettre en œuvre pour combattre le trafic des enfants. En donnant des exemples concrets des moyens employés pour créer des conditions propices à la protection de l'enfance et des réponses données par les parlementaires aux défis de cette protection, il devrait les inciter à passer à l'action.
http://www.ipu.org/PDF/publications/childtrafic_fr.pdf
 
GUIDE SUR LA PROTECTION DE L'ENFANCE
Produit conjointement avec l'UNICEF, ce guide couvre un large éventail de thèmes liés à la protection de l'enfance, notamment le trafic des enfants, les violences dont ils sont victimes, les mutilations sexuelles féminines, l'exploitation sexuelle des enfants, les enfants et la guerre, et la justice des mineurs. En donnant des exemples concrets des moyens employés pour créer des conditions propices à la protection de l'enfance et des réponses données par les parlementaires aux défis de cette protection, il devrait les inciter à passer à l'action.
http://www.ipu.org/PDF/publications/childprotection_fr.pdf
 
 GUIDE PARLEMENTAIRE ERADIQUER LES PIRES FORMES DE TRAVAIL DES ENFANTS :
Guide pour la mise en oeuvre de la Convention N° 182 de l'OIT
Ce guide offre une présentation très pédagogique de la complexité du sujet et de la Convention N° 182, qui constitue la pièce maîtresse de l'action internationale pour lutter contre les pires formes de travail des enfants. Il présente des exemples de bonne pratique et donne aux parlementaires un aperçu des dispositions qu'ils sont à même de prendre pour prévenir et éradiquer le fléau des diverses formes d'abus auxquels les jeunes travailleurs sont exposés. Il propose également des instruments modèles et des éléments de référence, outils qui devraient faciliter le travail des législateurs.
http://www.ipu.org/PDF/publications/childlabour_fr.pdf
 
GUIDE PARLEMENTAIRE PROTECTION DES REFUGIES : GUIDE SUR LE DROIT INTERNATIONAL RELATIF AUX REFUGIES
Ce guide offre une présentation très complète et pédagogique du droit international relatif aux réfugiés et de son évolution en cours 50 ans après l'adoption de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés qui constitue la pièce maîtresse du régime international en la matière. Il donne un aperçu des multiples enjeux et de ce que les parlementaires sont à même de faire pour assurer la protection des réfugiés et des personnes déplacées. Il propose également des instruments modèles et des éléments de référence, outils qui devraient faciliter le travail des législateurs. http://www.ipu.org/PDF/publications/refugee_fr.pdf
 
GUIDE PARLEMENTAIRE RESPECTER ET FAIRE RESPECTER LE DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
Ce guide - le premier de la série inaugurée en 1999 - offre une présentation très vivante et pédagogique du droit international humanitaire et un aperçu de ce que les parlementaires sont à même de faire pour oeuvrer à son respect. Il propose également des instruments modèles et des éléments de référence, outils qui devraient faciliter le travail des législateurs s'agissant de l'adhésion aux traités du droit international humanitaire et du travail de suivi. https://www.icrc.org/fre/assets/files/other/icrc_001_1090.pdf
 
 
7. UNICEF : Ressources en ligne pour la protection des enfants :
http://www.unicef.org/french/protection/57929_58022.html
 
8. Déclaration de M. A. Lake, Directeur général de l'UNICEF, le 1er mars après une visite en Syrie : "il y a plus de huit millions d'enfants victimes de la guerre en Syrie, six en Syrie et deux millions à l'étranger". ("There are more than eight million children who need assistance: six million inside Syria and more than two million who have fled the violence to neighboring countries") http://www.unicef.org/media/media_90359.html
 
9. Principes directeurs relatifs à la mise en oeuvre nationale d'un système complet de protection des enfants associés à des forces ou à des groupes armés (CICR)
https://www.icrc.org/fr/document/domestic-implementation-comprehensive-system-protection-children-associated-armed-forces-or
 
10. Site sur lequel peuvent être téléchargés les documents de la 31e session du Conseil des Droits de l'Homme
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/HRC/RegularSessions/Session31/Pages/ListReports.aspx
 
 

 

 

04/03/2016

Syrie – une semaine de cessation d’hostilités

 Syrie - Les perspectives de l’émissaire du Secrétaire général des Nations unies, Staffan de Mistura.

 Ce vendredi 4 mars au Palais des Nations à Genève, l’Ambassadeur Staffan de Mistura faisait le point.

 Il commence par dire : hier quatre personnes ont été tuées en Syrie. Auparavant le chiffre était de 60 à 70 chaque jour.  Il ajoute : je suis religieux et chaque matin je prie pour ceux et celles qui meurent en Syrie.

 Tout a commencé avec le « Printemps arabe ». La réaction a été brutale  et la militarisation des deux côtés a suivi avec l’appui de Puissances extérieures.

L’histoire sera notre juge un jour : en 5 ans de conflit, 300 à 500 000 personnes ont perdu la vie, 4 millions sont devenues des réfugiés,  1 million des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.  Et ce conflit a affecté durement non seulement la Syrie mais aussi les pays voisins et également l’Europe.

Deux conférences à Genève n’ont produit rien d’autre qu’un constat d’absence de dialogue. Le conflit syrien se passait dans un vide d’intérêt et d’espoir, un peu comme la Somalie après l’incident du Faucon noir (« Black Hawk Down »).  La Somalie a été oubliée pendant des années et la Syrie courait le même risque. Il fallait donc, même s’il n’y avait pas de perspective de règlement politique, garder la Syrie à l’ordre du jour. 

 Staffan de Mistura a donc décidé de se concentrer sur la ville d’Alep,  deuxième ville de la Syrie  après Damas, ville symbolique par son histoire et par son multiculturalisme.

L’élément déclencheur a probablement été le discours très fort du Secrétaire général des Nations unies à Charm el-Cheikh en juillet 2015. Il y a déclaré sa honte de voir se dérouler la plus grande tragédie humanitaire depuis la second guerre mondiale. Ce discours a amené les consultations de Genève,  qui n’ont pas été très loin car les deux parties espéraient toujours gagner militairement. Mais ces 132 réunions au Palais des Nations ont permis aux Syriens de se faire entendre : en particulier les femmes de Syrie…

 Trois facteurs ont changé la donne (« game changers ») et ont permis de passer de la politique idéaliste (« Idealpolitik ») à la « Realpolitik » :

- les réfugiés tout d’abord, qui ont quitté leur pays en masse,  ne voyant pas de perspective au bout de cinq ans de  guerre,  et qui ont affecté les pays voisins et européens,  allant jusqu’à mobiliser des premiers ministres et mettre en jeu l’unité européenne ;

–l’intervention militaire russe qui a  qui a changé la donne (« game changer ») et été un coup de clairon (« wake-up call ») ;

- Daesh, qui, en devenant de plus en plus agressif, en gagnant du terrain, en attaquant un avion russe dans le Sinaï, en provoquant des attaques terroristes en Australie, au Canada, à Istanbul, à San Bernardino (en Californie) et à Paris, a montré la nécessité de réagir.

 Les rencontres de Vienne du 30 octobre et du 14 novembre 2015  (« Déclaration du Groupe international d’appui pour la Syrie ») ont permis la constitution d’un groupe de contact (« contact group ») et mené aux conversations de Genève.  Il a fallu les convoquer et les suspendre,  pour bien montrer aux parties qu’il ne s’agissait pas de rencontres procédurales pour échanger des discours vides (« hot air  meetings»). La suspension a permis de s’engager sur deux dossiers essentiels : l’aide humanitaire  et la cessation des hostilités. Deux équipes spéciales (« task forces ») ont été créées, l’une chargée des questions humanitaires et l’autre chargée du cessez-le-feu.   Et deux résolutions  adoptées à l’unanimité par le Conseil de sécurité : la Résolution 2254 et  la Résolution 2268. 

 La Résolution 2254 du 18 décembre 2015 fixe le cadre des négociations :

– un gouvernement inclusif,  crédible et non sectaire;

– une nouvelle constitution;

– des élections parlementaires et présidentielles.

 La résolution 2268 du 26 février 2016 a exigé la cessation des hostilités à compter de minuit (heure de Damas) le 27 février 2016.  Elle salue l’action menée par les Etats-Unis et la Fédération de Russie pour parvenir à un accord sur cette cessation des hostilités  qui doit constituer un pas vers l’instauration d’un cessez-le-feu durable,  réaffirmant le lien étroit entre ce cessez-le-feu et un processus politique parallèle.

Staffan de Mistura souligne que, en 2016,  224 camions chargés de secours humanitaires ont pu atteindre 200 000 personnes. La cessation des hostilités est fragile mais elle existe. Nous devons la protéger et c’est essentiellement la responsabilité des deux Grandes Puissances.

La date de la reprise des pourparlers est fixée au 9 mars à neuf heures  Mais le temps peut être flexible. Certaines délégations arriveront dans les jours qui suivront. Le Salon de l’Auto  mobilise toutes les chambres d’hôtel à Genève jusqu’au 13 mars.  Il faudra donc peut-être patienter jusqu’au 14.

 En réponse à des questions, Staffan de Mistura relève

– plus de la cessation des hostilités durera, plus les Nations Unies et les humanitaires seront à même d’apporter de l’aide…  Le 4 février à Londres, beaucoup de promesses ont été faites ; il faut maintenant que ces promesses de dons se concrétisent  et que les bailleurs de fonds se rendent compte qu’il est meilleur marché d’aider les Syriens en Syrie que de les accueillir comme réfugiés en Europe. Une fois Daesh vaincu, il serait possible d’avoir un Plan Marshall pour la reconstruction de la Syrie

– il a beaucoup d’admiration et de respect pour le CICR et son Président Peter Maurer,  pour leur flexibilité, leur travail discret et remarquable ;

- pour la poursuite des crimes de guerre, il faudra y penser  en temps utile sans mettre en péril les négociations en cours ;

- pour le contrôle du cessez-le-feu, il compte essentiellement sur la Fédération de Russie et sur les Etats-Unis ainsi que sur les Syriens. Ce n’est que plus tard qu’une véritable opération de maintien de la paix pourra être envisagée…

Michel Veuthey

 

03/03/2016

Diplomatie humanitaire - un nouveau site francophone

La Fondation Française de l'Ordre de Malte vient de mettre en ligne un site sur la diplomatie humanitaire.

www.diplomatie-humanitaire.org

Ce site est pour l'instant francophone et devrait, dans un avenir proche, comprendre des pages en anglais et en espagnol.

Les thèmes abordés sont les suivants :

Diplomatie et  médiations
Aide humanitaire et solidarité internationale
Catastrophes naturelles
Migrants et réfugiés
Culture et religions

Vous pourrez aussi accéder aux différences conférences, rencontres et publications qui ont été réalisées par l’Ordre Souverain de Malte sur ces sujets à Genève, à Bruxelles, à Chypre (sur la protection des biens culturels), à Paris à l’Unesco avec la Marine nationale,  et à l’Institut des Etudes Politiques de Santé.

Nous vous le recommandons particulièrement. N'hésitez pas à le faire connaître autour de vous.

Michel Veuthey

01/03/2016

Droits de l'homme, paix et sécurité, développement

La 31e session du Conseil des Droits de l'Homme, qui s'est ouverte le 29 février au Palais des Nations, sort de la routine des sessions précédentes et semble vouloir prendre une approche globale, non seulement juridique et "droit de l'hommiste" mais bien politique et morale.

Est-ce le fait que 2016 marque le 10e anniversaire du Conseil, le 50e de l'adoption des deux Pactes des Droits de l'Homme, du 40e de leur entrée en vigueur ?

Est-ce le fait que la tragédie de la guerre en Syrie et de ses conséquences dramatiques pour des millions de personnes déplacés en Syrie, dans les pays voisins et jusqu'en Europe interpelle le Conseil de sécurité et l'Union Européenne, sans parler des dirigeants spirituels ( le Pape François, le Patriarche Kirill de Russie, le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Abuna Matthias, l'Archevêque de Canterbury, et bien d'autres ) ?

Est-ce aussi le fait que les milieux économiques privés, notamment les assurances, prennent conscience que ces drames humains ne sont pas seulement l'affaire des humanitaires mais pourraient remettre en question leurs modèles économiques ?

Le Président de l'Assemblée générale a participé à l'ouverture du Conseil des Droits de l'Homme et a fait un exposé le 1er mars pour faire part, conjointement avec son compatriote danois l'excellent Directeur général des Nations Unies à Genève, M. Michael Møller, de ses préoccupations et projets. 

Son objectif était en effet de partager à Genève ses préoccupations sur la nécessité de mettre en oeuvre, après la célébration du 70e de l'ONU en 2015, de mesures pour rendre les Nations Unies plus efficaces dans la réalisation de ses trois objectifs :

- paix et sécurité

- développement

- Droits de l'Homme.

Ces trois objectifs sont liés, de même que les deux Pactes des Droits de l'Homme

- sur les droits civils et politiques

- sur les droits sociaux et économiques.

Le "divorce" entre ces deux Pactes doit prendre fin. Les deux catégories de droits doivent recevoir une égale attention, demandait le jour-même le Vice.Ministre des Affaires étrangères russe demandait devant le Conseil des Droits de l'Homme aujourd'hui.

Par la résolution 69/321, le Président de l'Assemblée générale a reçu le mandat de l'Assemblée générale d'entreprendre des démarches en vue de proposer un successeur au Secrétaire général. Il y a aujourd'hui 7 candidats, et une huitième candidature devrait être présentée en mars. Les premières consultations auront lieu à New York du 12 au 14 avril. Chaque candidat devra pouvoir se présenter publiquement. Le site internet du Président de l'Assemblée générale ( http://www.un.org/pga/70/ ) devrait donner un écho à ces présentations.

Plusieurs réunions à haut niveau sont prévues dans les mois qui suivent:

- 21 avril: Climat et Objectifs durables du développement (New York)

- 10-11 mai : Opérations de maintien de la paix (New York): leurs mandats, le rôle des organisations régionales

- 23-24 mai : Sommet humanitaire mondial (Istanbul)

- 27-29 mai : Pays les moins développés (Antalya)

- 8-10 juin :  HIV AiDS / SIDA (New York)

- 12-13 juillet : Débat à haut niveau sur les Droits de l'Homme (New York)

- 19 septembre : Sommet sur la migration (New York).

La question de la gouvernance est aussi au coeur de la mise en oeuvre de ces objectifs, rappelle le Président.

Le Représentant permanent du Maroc à Genève, dont le pays a la Présidence de COP22, veut un équilibre entre le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale, entre les pays développés et les pays en voie de développement pour "construire une géopolitique véritablement équitable".

Le Représentant permanent du Sénégal souligne le rôle de l'ECOSOC (Conseil économique et social), qui se réunira en juin à New York, et voudrait que les opérations de paix soient plus efficaces, plus contraignantes.

Il ne sera pas possible de remettre sur le métier les instruments juridiques traitant des migrants et des réfugiés.

Il faut prendre rapidement des mesures concrètes pour aider ces migrants et réfugiés, ce qui demandera un engagement financier important pour l'humanitaire (probablement de l'ordre de 20 milliards de dollars) et aussi pour réduire les déséquilibres économiques et énergétiques.

Les ressources financières devront venir non seulement des Gouvernements mais aussi de l'économie privée. Il faudrait que les Etats pauvres puissent taxer correctement et efficacement les entreprises privées

L'Assemblée générale en septembre devrait essayer d'améliorer les approches des Nations Unies dans les années à venir, en coopération avec les Gouvernements et avec la société civile.

Il faut commencer dès maintenant à prendre des mesures efficaces pour éliminer la pauvreté extrême : sinon, les changements climatiques vont rendre ingérables les mouvements de population. Aujourd'hui, ils sont 60 millions, comment pourrons-nous gérer 500 millions de migrants ? Tous les pays, tous les partenaires de la société civile, y compris les entreprises privées, doivent s'engager concrètement pour une société respectueuse de l'environnement. Les dépenses d'armement pourraient en effet nous priver des ressources nécessaires à cet effort pour éliminer la pauvreté... La présidence du G20 par la Chine va-t-elle amener un changement de vision du G20 ? 

Le Représentant permanent de Maurice souhaiterait des consultations à Genève pour le choix du prochain Secrétaire général des Nations Unies...  Le Président de l'Assemblée générale en convient et souligne que la personne qui occupera ce poste devrait être la mieux qualifiée : elle devrait devenir l'autorité morale du monde, le gardien de la Charte des Nations Unies... 

 

Michel Veuthey

 

28/02/2016

Syrie : qui peut le plus peut le moins

Hommage à Staffan de Mistura et à son équipe d'avoir réussi, grâce à la diplomatie américaine et russe, à obtenir un cessez-le-feu après cinq ans de conflit sans merci.

La résolution 2268 (2016) adoptée vendredi 26 février 2016 compte trois paragraphes humanitaires, 5, 6 et 9.

L'application effective de ces demandes d'accès des humanitaires à tout le territoire syrien, dans le respect du droit international humanitaire (paragraphes 5 et 6), et de procéder à des libérations de prisonniers, en particulier de femmes et d'enfants (paragraphe 9) est importante. Ces mesures, comme le dit la Résolution, devraient permettre de créer la confiance qui rendra possible des négociations sur la solution pacifique de ce conflit.

Rendons hommage encore une fois aux diplomates des Nations Unies et des Grande Puissances qui ont su, les uns convaincre, les autres user de leur influence sur les parties au conflit pour accepter et faire respecter ce cessez-le-feu.

L'application du droit humanitaire, l'acheminement de secours à des populations civiles, la libération de prisonniers ont été, dans de nombreux conflits, les premiers indices d'une volonté de dialogue. Espérons qu'il en sera de même pour les négociations de paix sur la Syrie qui devraient reprendre le 7 mars.

Michel Veuthey

Syrie : texte français de la Résolution 2268 (2016) du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions 2042 (2012), 2043 (2012), 2118 (2013), 2139 (2014), 2165 (2014), 2170 (2014), 2175 (2014), 2178 (2014), 2191 (2014), 2199 (2015), 2235 (2015), 2249 (2015), 2253 (2015), 2254 (2015) et 2258 (2015)et les déclarations de son président en date du 3 août 2011 (S/PRST/2011/16), du 21 mars 2012 (S/PRST/2012/6), du 5 avril 2012 (S/PRST/2012/10), du 2 octobre 2013 (S/PRST/2013/15), du 24 avril 2015 (S/PRST/2015/10) et du 17 août 2015 (S/PRST/2015/15),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne, et aux buts et principes de la Charte des Nations Unies,

Saluant l’action menée par le Secrétaire général en vue de l’application des dispositions de la résolution 2254 (2015) et notant que grâce à ses bons offices et à ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, des négociations officielles ont été engagées sur le processus de transition politique, conformément au paragraphe 2 de la résolution 2254 (2015) du 29 janvier 2016,

Se félicitant de ce que le Groupe international de soutien pour la Syrie (GISS) est déterminé à assurer une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux, fondée entièrement sur le Communiqué de Genève du 30 juin 2012, et à faciliter immédiatement l’application dans son intégralité de la résolution 2254 (2015), et soulignant que toutes les parties syriennes doivent d’urgence s’employer diligemment, dans un esprit constructif, à atteindre cet objectif,

Se félicitant également de la déclaration du GISS en date du 11 février 2016, y compris la création d’une équipe spéciale chargée des questions humanitaires et d’une équipe spéciale chargée du cessez-le-feu,

1. Souscrit pleinement à la Déclaration conjointe des États-Unis d’Amérique et de la Fédération de Russie, en leur qualité de Coprésidents du GISS, sur la cessation des hostilités en Syrie du 22 février 2016 et les conditions de celle-ci (« l’Annexe »), jointe à la Déclaration, et exige la cessation des hostilités à compter de minuit (heure de Damas) le 27 février 2016

2. Exige l’application sans délai de l’ensemble des dispositions de la résolution 2254 (2015) pour faciliter une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux, conformément au Communiqué de Genève et comme énoncé dans les déclarations du GISS, en vue de mettre un terme au conflit en Syrie, et souligne une fois encore que c’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir du pays;

3. Enjoint toutes les parties auxquelles s’applique la cessation des hostilités, comme indiqué à l’Annexe (« les parties à la cessation des hostilités ») d’honorer les engagements énoncés dans l’Annexe, et exhorte tous les États Membres, surtout ceux qui sont membres du GISS, à user de leur influence auprès des parties à la cessation des hostilités pour s’assurer qu’elles honorent les engagements pris et soutiennent les efforts visant à créer les conditions propices à un cessez-le-feu durable;

4. Salue l’action menée par les États-Unis et la Fédération de Russie pour parvenir à un accord sur les conditions de la cessation du cessez-le-feu et constate avec satisfaction que les forces gouvernementales syriennes et celles qui les appuient, dont la liste a été communiquée à la Fédération de Russie, et les groupes d’opposition armés syriens, dont la liste a été communiquée à la Fédération de Russie ou aux États-Unis, ont accepté les conditions de la cessation des hostilités, se sont engagés à les respecter et y sont à présent parties;

5. Demande de nouveau à toutes les parties de permettre immédiatement aux organismes humanitaire un accès rapide, sûr et sans entrave à l’ensemble du territoire syrien par les voies les plus directes, d’autoriser l’acheminement d’une aide humanitaire immédiate à toutes les personnes dans le besoin, tout particulièrement dans tous les secteurs assiégés et difficiles d’accès, et de s’acquitter des obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, selon qu’il convient;

6. Exprime son soutien à l’initiative du GISS, coordonnée par son équipe spéciale chargée des questions humanitaires, pour accélérer l’acheminement urgent de l’aide humanitaire, en vue d’un accès total, soutenu et sans entrave dans l’ensemble du pays, y compris à Deir el-Zor, Fouaa, Kafraya, Zabadani, Madaya/Bqin, Darayya, Moudamiyet el-Cham, Douma, l’est de Harasta, Arbin, Zamalka, Kafr Batna, Aïn Terma, Hammouria, Jisreïn, Saqba, Zabadin, Yarmouk, les faubourgs est et ouest d’Alep, Izaz, Afrin, Tell, Rastan, Talbissé, Houlé, Tarmala/Gantho/Deïr Kabira, Waar, Yalda, Babila et Beït Saham;

7. Réaffirme son appui à un processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’ONU, prie le Secrétaire général, usant de ses bons offices ou de ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, de reprendre dès que possible les négociations officielles entre les représentants du Gouvernement syrien et de l’opposition, sous l’égide de l’ONU, et exhorte les représentants du Gouvernement syrien et de l’opposition syrienne à participer de bonne foi à ces négociations;

8. Se félicite de la cessation des hostilités, qui constitue un pas vers l’instauration d’un cessez-le-feu durable, et réaffirme le lien étroit entre un cessez-le-feu et un processus politique parallèle, conformément au Communiqué de Genève de 2012, et rappelle que les deux initiatives doivent avancer rapidement, comme indiqué dans la résolution 2254 (2015);

9. Demande à toutes les parties d’user de leur influence auprès du Gouvernement syrien et de l’opposition syrienne pour faire avancer le processus de paix, instaurer des mesures de confiance, y compris la libération rapide de toute personne détenue arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants, et procéder à la cessation des hostilités;

10. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur l’application de la présente résolution, y compris sur la base des renseignements fournis par l’équipe du GISS chargé du cessez-le-feu, et de la résolution 2254 (2015), dans les 15 jours suivant l’adoption de la présente résolution et tous les 30 jours par la suite;

11. Décide de rester activement saisi de la question.

Don Patrick de Laubier, un apôtre de la Miséricorde et de l'enseignement social de l'Eglise

Don Patrick de Laubier, 13.1.1935 - 28.2.2016
 
Un Professeur de sociologie devenu prêtre catholique,
admirable dans tous ses engagements sociaux dans la lumière de l'enseignement social de l'Eglise. Un ami et un soutien de beaucoup.
 
Un extrait de Gabrielle Bossis, qu'il a beaucoup admirée
 
1374. [Ill, 265] - 22juin. - Heure sainte.
 
« J'irai où tu voudras et à qui Tu voudras. Je ne suis pas à moi, je suis à Toi. »
 
« Rappelle-toi, tout vient de Moi et tout doit retourner à Moi. N'est-ce pas plus facile quand on aime de vivre pour un autre? Et quand l'Autre est un Dieu, n'est-ce pas plus captivant? Ne te sens-tu pas toi-même une proie pour ce Dieu qui t'aime? « Si tu savais quel est l'Amour d'un Dieu, tu ne pourrais pas ne pas tout Lui abandonner et te laisser perdre en Lui. Tu ne pourrais pas ne pas compter Sur Lui à la vie, à la mort. Même sur terre ne préfères-tu pas aimer un être supérieur? N'es-tu pas attirée par une intelligence? Une ardeur? Une bienfaisance? Multiplie par l'infini tous les dons que tu désires trouver dans ceux que tu aimes: Dieu est davantage. Car Je possède des suavités que tu n'as jamais rencontrées. Et ce Dieu veut te posséder ... Lui! toi, petit néant au Tout. Ne te distrais pas de Sa Présence, tu es dans la Sienne. Respire en Lui, meus-toi en Lui. Surtout, n'aie pas peur, cela Le contristerait. Ta confiance et ta joie L'honorent. Attends tout de Lui, tout te viendra. « Donne-toi, Il se donnera. Qui Le vaincra, qui sera meilleur que Lui? Approche­toi, approche et mets ton coeur dans le Sien. Tu seras agie par Lui dans un bienfaisance incessante. Tu seras aux autres repos et calme, parce que J'apaise.
Souvent tu n'en sauras rien. Il t'est facile de t'unir puisque toi viens de Moi.»
 
 

 

 

 

 

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17/02/2016

Sommet humanitaire mondial : deux jours de préparation au CICG, ce jeudi et ce vendredi

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