Développement durable

  • Esclavage moderne : on ne peut plus dire qu'on ne savait pas... Gouvernements et société civile se doivent d'agir

    Ce matin 17 janvier, la Section « Migrants & Réfugiés » du  Saint-Siège a ouvert un site
    https://migrants-refugees.va    avec un accent sur les victimes du trafic de personnes.
     
    Ce site reflète la politique du Pape François sur les migrants et les réfugiés, insistant sur la solidarité avec les plus faibles et sur la nécessité de traiter les causes de ces migrations désespérées et déstabilisantes.
     
    Le Pape François publie par la même occasion une Lettre sur les orientations pastorales sur la traite de personnes (disponible en anglais « Pastoral Orientations on Human Trafficking »), ainsi qu’en italien et en espagnol. La version française devrait suivre.
     
    Cette lettre aborde le trafic de personnes de la manière suivante :
     
    1. Préface insistant sur l’énorme importance qu’attache le Pape au sort des millions de victimes de la traite et encourageant à l’action vigoureuse
    (« The M&R Section invites everyone to engage vigorously in learning, communication and action about preventing and healing Human Trafficking, nourished by reflection, prayer, and the teachings »).
    2. Définition (reprise du Protocole de Palerme du 15 novembre 2000 à la Convention des Nations Unies contre le criminalité transnationale organisée) et y ajoutant les formes locales d’esclavage.
    3. Compréhension de ce fléau, qui réduit la personne humaine à un objet, une marchandise, et de ses causes, dont la demande de consommateurs inconscients de leurs responsabilités et possibilités d’action par rapport aux victimes de l’esclavage moderne dans l’agriculture, le travail domestique, la prostitution et le travail forcé).
    4. Nécessité d’une prise de conscience (« Acknowledging human trafficking: Out of the Shadows »), car trop de personnes ignorent encore l’ampleur de ce fléau, y compris les forces de l’ordre, les juges, le personnel social et de santé. Le rôle des communautés locales dans les pays d’origine, de transit et de destination est important. Les victimes de trafic peuvent être des sources d’information et de soutien pour les victimes. Il faut avoir des programmes d’éducation pour prévenir et réhabiliter.
    5. Dynamiques des trafiquants et des passeurs (« smugglers »)
    6. Réponses à améliorer (« Responding to Human Trafficking: Room for Improvement ») pour réduire la demande, rendre les consommateurs responsables et poursuivre les trafiquants
    - prévenir la traite, qui touche souvent des personnes sans moyens ni espoir d’avenir : la forme la plus radicale de prévention est d’assurer un développement humain, un droit de rester dans son propre pays, et, si des personnes décident ou sont forcées de quitter leur pays, de s’assurer des possibilités légales et sûres de migration 
    - promouvoir la coopération entre Etats, et aussi avec l’économie privée, les médias, la société civile, les organisations d’inspiration religieuse
    - assister et réintégrer les survivants, ce qui comporte aussi un volet éducatif et professionnel, dans lequel la famille et des congrégations religieuses, particulièrement féminines, ont un rôle important.
     
    Ce texte va certainement,  en France et ailleurs, pousser les Evêques et d’autres à agir davantage contre cette forme moderne d’esclavage.
     
    A relever qu’il y a dix jours, le 7 janvier 2019, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) publiait deux rapports sur le trafic de personnes dans le contexte de conflits armés, dénonçant le trafic d’êtres humains comme un instrument des groupes armés pour financer leurs activités et pour augmenter leurs effectifs. En voici les liens :
     
    http://www.unodc.org/unodc/fr/frontpage/2019/January/le-trafic-dtres-humains--un-instrument-des-groupes-arms-pour-financer-leurs-activits-et-pour-augmenter-leurs-effectifs-_-le-rapport-de-lonudc.html?ref=fs4
     
    http://www.unodc.org/unodc/en/data-and-analysis/glotip.html
     
    • Global Report on Human Trafficking 2018
    http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glotip/2018/GLOTiP_2018_BOOK_web_small.pdf
     
    • Human Trafficking in the Context of Armed Conflict 2018
    http://www.unodc.org/documents/data-and-analysis/glotip/2018/GloTIP2018_BOOKLET_2_Conflict.pdf
     
    Ces deux rapports de l’ONU dénoncent que, face à l’augmentation du nombre de victimes, les tribunaux laissent la plupart de ces crimes impunis.
     
    Michel Veuthey

  • 25ème Université d’été des droits de l’homme : spécialisation en droits économiques sociaux et culturels

    Du 9 au 13 juillet 2018, s’est tenue la 25ème université d’été des droits de l’homme organisée par le CUHD. Le thème était les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC), leur mise en œuvre, leur contexte et leur surveillance entre autres choses. Mais d’autres thèmes ont aussi été abordés comme celui des Objectifs de développement durable (ODD), celui des migrations ou encore celui de l’éducation aux droits de l’homme. Le programme proposé était chargé pour cette session présentielle avec une vingtaine de participants, provenant de nombreux pays francophones, et presque autant d’intervenants, qu’ils soient docteurs, professeurs, représentants d’ONG. De plus le contexte est particulier en cette année des 70 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

    image1 (1).jpeg

    En ce lundi 9 juillet au matin, les participants arrivent au compte-gouttes dans le très beau bâtiment qu’est celui du Campus Biotech, qui ouvre ses portes à l’Université d’été pour trois des cinq jours de la session. Le temps que tout le monde arrive dans la salle, que les présentations se fassent et que le (tout) petit-déjeuner soit dégusté, Claire de Lavernette peut maintenant introduire la semaine avec un petit rappel général sur l’origine et les principes des droits humains. Puis Camille Gervaix, coordinatrice des activités du CUHD détaille toutes les informations techniques et pratiques et nous présente Luis Vázquez, le coordinateur de la session. Ensuite, Nuno Cabral, membre de la Mission permanente du Portugal auprès de l’ONU donne son cours sur « Le système international de la protection des droits de l’homme ». L’après-midi, la discussion portait sur les ODD et leur réalisation grâce à une approche basée sur les Droits de l’Homme avec Pablo Nuño, de la Mission permanente espagnole. À l’issue de cette première journée, les participants se sont rendus à la Mairie de Lancy, commune mécène, pour une réception et faire plus amplement connaissance.

    Le lendemain se déroule dans les locaux de Centre international de conférence de Genève, pour une journée abordant le thème des migrations. Cette journée, co-organisée par le CUHD et l’association africaine REFORMAF, s’articule comme une suite de petites conférences. Michel Veuthey, président du CUHD, ouvre le bal avec le droit international des migrations. Il est suivi par Felice Rizzi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, à propos de « Migrations et Coopération Internationale ». Après une pause repas bien méritée, trois régions africaines, et leurs défis migratoires, sont illustrées par trois membres de REFORMAF, avant d’entendre le brillant exposé du Pr. Blaise Tchikaya, et de Biro Diawara intitulé « Migrations africaines et droits de l’homme ». Enfin pour clôturer cette journée intensive, le Dr. Mukundji s’exprime sur les Objectifs de développement durable en République Démocratique du Congo et Arthur Huiban, sur l’insertion sociale et professionnelle des migrants guinéens en Suisse.

    Le mercredi, au Bureau International de l’Education (BIE), est consacré à l’éducation aux droits de l’homme qui est une part très importante de la mission du HCDH, mais ce n’est pas une notion parfaitement évidente. C’est pour cela que Claire de Lavernette, également présidente de la Plateforme d’ONG sur l’éducation aux droits de l’homme à l’ONU, intervient ce matin-là, juste après l’étude de Stefania Gandolfi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, sur le droit à l’éducation au Burkina Faso. À partir de l’après-midi, le groupe est séparé en deux, le premier est allé au Palais des Nations pour suivre le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones, l’autre est resté au BIE pour un après-midi avec l’Observatoire International des DESC (ObiDESC).

    Le jeudi matin, les groupes s’inversent et doivent se retrouver après le déjeuner au Campus Biotech pour débriefer le Mécanisme d’experts sur les peuples autochtones avec Luis Vázquez avant de terminer la journée avec Rubén Navarro qui nous propose une simulation d’une négociation de résolution.

    Veauthey.gif

    La matinée de l’ultime journée de cette intense semaine rime avec évaluation. Des deux côtés puisque les élèves ont évalué la session et la session a ensuite évalué les élèves via le contrôle final des connaissances. Le temps de le corriger pendant l’après-midi, les futurs spécialistes en DESC se sont mis en petits groupes afin d’effectuer un travail de recherche sur leur pays d’origine et de le présenter. La 25ème session s’achève à la Mairie de Cologny, ville mécène et voisine de Genève, pour la cérémonie de remise des diplômes.

    Cette  session a contribué à partager des expériences et à réfléchir avec des personnes de différents horizons, sur la manière de traiter les défis actuels des droits de l'homme, des droits économiques sociaux et culturels, et la responsabilité civique que nous avons dans ces domaines.

     

    Hugo du SUAU

  • Slavery yesterday and today

    Slavery yesterday and today
    Past reflections and future perspectives

    Every year on 10 of May, the national commemoration of the memory of the slave trade, slavery and their abolition takes place in Paris. This year, the event was organised on Thursday 10 May 2018 by the Association of the Friends of General Dumas, with the support of the City of Paris, the Centre des Musées Nationaux, and under the high patronage of the President of the French Republic.

    The desire to remember the slaves of the past should be applauded, without falling into triumphalism and complacency.  There is indeed an urgent need to make a concrete commitment to the liberation of modern slaves and to the abolition of all contemporary forms of trafficking.

    Contemporary resurgence

    Slavery has not disappeared. Although it is prohibited by a series of national and international legal instruments, slavery is on the rise throughout the world, including in Europe, even if it is often invisible.

    Causes

     Poverty, economic and political instability, conflicts, the demographic explosion of certain countries, climate change, the movement of refugees and migrants, ethnic and religious persecution make millions of women and children, but also men, vulnerable to criminal networks which, by coercion or false promises, reduce these people to servitude even in our countries.

    Conditions favouring contemporary slavery have multiplied throughout the world: demographic and economic imbalances, increased vulnerability of millions of people mainly in developing countries.  That vulnerability is linked to armed conflicts, dictatorships, climate change, environmental degradation, natural and technological disasters, lack of education and access to the labour market.

    And often, these factors combine with competition exasperated by globalisation and the use of forced labour in agriculture, deforestation, fishing, construction, hotels and restaurants, mining, the clothing industry, not to mention sexual exploitation, child trafficking and the illegal trade in embryos and human organs. The lack of rule of law and corruption guaranteeing impunity to criminal networks and depriving victims of protection. Mass movements of vulnerable populations expose refugees and migrants but also internally displaced persons to false promises by these criminals.

    Most contemporary slaves become slaves, not because they are kidnapped, but because they respond positively to a false job offer, a trap towards forced labour, towards forced prostitution.

    Medical progress allowing organ transplants creates a considerable demand for donors, voluntary or not, and an international market for organ trafficking. There are also new forms of slavery linked to surrogacy, the purchase and sale of children internationally, not to mention servitudes and traditional cultural slavery practices that have not disappeared.

    Slavery is developing today at levels that go beyond what we have known in previous centuries: in 2010, there were an estimated 27 million slaves in the world. This figure represents double the number of all African slaves who were forced to emigrate from Africa to the Americas.  In 2018, the latest estimates produced by international organizations put the number of people deprived of freedoms at over 45 million worldwide, with strong growth between 2010 and 2018. The profits of modern slavery in the world, according to the same sources, exceed 150 billion dollars.

    According to the Global Slavery Index (www.globalslaveryindex.org/findings), 58% of victims are in 5 countries: India, China, Pakistan, Bangladesh and Uzbekistan. Women and girls account for 71% of slaves, or nearly 29 million people. One in four victims of modern slavery is a child, or about 10 million. In Europe, estimates are estimated at more than one million, most of them from Romania, Bulgaria and Slovakia, and from Nigeria, China and Brazil. Forced labour and sexual exploitation are the most widespread forms of slavery in Europe. In Italy, there are about 130,000 slaves today according to the "Walk Free" Foundation (www.walkfreefoundation.org).

    Remedies

    There is a general need for awareness, information and training. A comprehensive effort at national, regional and international levels is needed to address this massive global denial of fundamental human rights.

     This year, as we commemorate the abolition of slavery in the 19th century, we should draw inspiration from the abolitionists of past centuries, their struggles and their values, which are close to ours: 2018 is also the 70th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights and the 20th anniversary of the adoption of the Statute of the International Criminal Court (which qualifies certain slavery practices respectively as war crimes and crimes against humanity). It is a good time for the international community to mobilise and make a renewed call for the abolition of contemporary slavery, directed at Governments, religious and spiritual authorities, international organizations, civil society, not to mention the business community and opinion-leaders.

    On 2 December 2014, at Casina Pio IV, the headquarters of the Pontifical Academy of Sciences and Social Sciences, Catholic, Anglican, Muslim, Hindu, Buddhist, Jewish and Orthodox religious leaders signed a Joint Declaration against Modern Slavery as a public declaration of their commitment to work together in spiritual and practical action to eradicate this crime against humanity and restore the dignity and freedom of its victims.

    The text of the declaration signed by Pope Francis and other religious leaders states:

    "We, the undersigned, are gathered here today for an historic initiative to inspire the spiritual and practical action of all world religions and people of good will throughout the world to eradicate modern slavery in the world by 2020 and forever.

    In the eyes of God, every human being is a free person, girl, boy, woman or man, and is destined to exist for the good of all in equality and brotherhood. Modern slavery, in terms of human trafficking, forced labour and prostitution, organ trafficking, and any relationship that does not respect the fundamental belief that all human beings are equal and have the same freedom and dignity, is a crime against humanity.

    We pledge here today to do everything in our power, within our faith communities and beyond, to work together for the freedom of all those who are enslaved and trafficked, so that their future may be restored. Today, we have the opportunity, the conscience, the wisdom, the innovation and the technology to realize this human and moral imperative."

     

    In everyday reality, the victims of slavery living alongside us need reception, protection and reintegration structures. The victims are invisible, unlike other periods in the history of slavery. This real invisibility contributes to an inadequate awareness of our authorities and our aid structures, whether public or private.

    The most urgent and necessary action is to promote knowledge of the facts and development processes of modern slavery. Governments and civil society must also take measures to help and rehabilitate the victims of modern slavery. Finally, prevention through education and other economic, social and political measures that restore the rule of law, ensure the protection and rehabilitation of survivors and the prosecution of criminals are needed. 

    On the occasion of the Forum held in Buenos Aires from 5 to 8 May 2018 on modern slavery, "Old Problems of the New World", Pope Francis expressed his support and concern for the victims of modern slavery:

    "No one can wash their hands of this tragic reality, if they do not want to be complicit in this crime against humanity”

    Michel Veuthey
    Ambassador of the Sovereign Order of Malta to monitor and combat trafficking in persons
    Deputy Permanent Observer of the Order of Malta at the U.N. in Geneva 

    http://diplomatie-humanitaire.org/en/slavery-yesterday-and-today-past-reflections-and-future-perspectives/

     

     

  • Solidarité internationale : principe ou droit ?

    Le séminaire « Rapprochement des cultures – Solidarité internationale : principe ou droit ? » s’est tenu entre le 5 et le 7 Juillet 2017 à Genève. Durant ces trois jours de séminaire, le terme « solidarité » fut analysé dans ses dimensions anthropologiques, économiques et politiques afin de comprendre sa portée et son impact dans la mise en œuvre des droits de l’homme. La question des minorités en Espagne et l’enseignement social catholique furent également abordés dans ce séminaire.

    Le terme provient du latin et signifie « ce qui tient ensemble ». La solidarité est à la base de la construction d’une société : comme l’a rappelé M. Fernandez, tout  être humain se développe dans un réseau naturel. Au niveau international, la solidarité met en lumière les obligations de chaque Etat membre vis-à-vis des droits de l’homme afin de développer «  un esprit d’unité entre les individus, les peuples, les Etats et les organisations internationales. » La déclaration proposée sur la solidarité internationale à l’Assemblée générale fut discutée par les participants.

    La solidarité n’est pas une idée nouvelle dans le domaine de l’économie. En effet, les Etats sont interdépendants comme le souligne Monsieur Arot. Des pistes ont été évoquées pour parvenir à un renforcement de la solidarité internationale.

    Ainsi, selon une approche centrée sur la politique, la solidarité trouverait plus de forces si elle prenait en compte l’idée de partenariats afin de mettre en commun les ressources existantes comme l’a expliqué Monsieur Rizzi. Un consensus s’est dessiné sur l’importance de la subsidiarité et de l’éducation dans le renforcement de la solidarité au niveau local et international. Ainsi, selon le principe de subsidiarité, les institutions existantes et l’Etat ne devraient pas agir à la place des groupes ou limiter leur liberté lorsqu’ils peuvent agir seuls (Monsieur Rizzi). L’éducation est quant à elle essentielle en ce qu’elle met en valeur l’interdépendance entre chaque membre de la société selon Madame Gandolfi. Plus encore, l’apprentissage de la portée de nos actes, les raisons qui nous ont poussés à agir et nos décisions d’action sont importants pour le développement de la solidarité (Monsieur Ferreira).

    Mais faut-il pour autant aller dans le sens d’une normalisation de la solidarité ? Le choix d’une solidarité internationale obligatoire a divisé les intervenants.

    Pour Monsieur Fernandez, passer du fait de la solidarité au droit est nécessaire car sans droit, il n’y a pas de société. Au contraire, pour Monsieur Arot, la solidarité se présume plus qu’elle ne se décrète. Enfin, pour Madame Matel Boatca, considérer la solidarité comme une question de droit est possible à condition de définir ce droit.

    Maéva Guyot

     

    solidarité.jpg

  • Agenda 2030: the role of Human Rights Education

     

    5033625310_5e0b68eeab_z.jpg

    The seminar How can Human Rights Education and Training be promoted through the Education 2030 Agenda, especially Target 4.7? is organized by the NGO Working Group on Human Rights Education on Tuesday the 30th of May at the Palais des Nations (Room XXV, 14h30 -16h30).

    This meeting was planned with the co-sponsorship of the States Platform on Human Rights Education and Training (Brazil, Costa Rica, Italy, Morocco, The Philippines, Senegal, Slovenia and Thailand) and the UNESCO Liaison Office in Geneva.

     It will focus on Human Rights Education and Global Citizenship Education as established in target 4.7 of the Sustainable Development Goals.

     The organisers  believed useful to bring together various initiatives to update all stakeholders, including the Member States. It will be an occasion to discuss monitoring mechanisms and practices, together with difficulties and obstacles.


    OPENING REMARKS
    H.E. Mr MAURIZIO ENRICO SERRA, Ambassador, Permanent Representative of Italy

    Mr ABDULAZIZ ALMUZAINI, Director, UNESCO Geneva Liaison Office

     PANELISTS
    LYDIA RUPRECHT, Team Leader, Education for Sustainable Development & Global Citizenship, UNESCO

    GILBERTO DUARTE SANTOS, Crime Prevention & Criminal Justice Officer, Education for Justice, UNODC

    ELENA IPPOLITI, Human Rights Officer, Methodology Education & Training  Section, OHCHR

    VILLANO QIRIAZI, Head of the Education Policy Division,Council of Europe (tbc)

    GIORGIA MAGNI, Junior Researcher, International Bureau of Education, IBE-UNESCO

     MODERATOR
    CLAIRE DE LAVERNETTE, Chair of the NGO Working Group on Human Rights Education and Learning
     
  • Monitoring des droits de l’homme : un nouvel instrument

    PIDESC.jpg

    Le Collège Universitaire Henry Dunant vient de créer un Observatoire international des législations et politiques sur les droits économiques sociaux et culturels (ObIDESC) avec des points focaux dans une vingtaine de pays.

    Le but est d’accroître l’effectivité des DESC en créant un Observatoire des législations et politiques.

    L’Observatoire est un mécanisme international de surveillance qui analysera cinq domaines spécifiques :

    • Législations et politiques publiques. Nouvelles lois adoptées et/ou nouveaux plans de politique publique.
    • Suivi des recommandations faites à l’Etat par le Comité des DESC et l’EPU
    • Suivi de la jurisprudence nationale. Cour constitutionnelle et/ou Cour suprême
    • Suivi des débats publics (media et réseaux sociaux) sur les politiques
    • Activités dans le cadre du programme mondial d’éducation aux droits de l’homme

    Chaque année l’Observatoire publiera un Rapport comprenant une fiche par pays qui résumera les nouvelles concernant les 5 domaines ci-dessus. Le Rapport comportera aussi une vision d’ensemble globale et une bonne pratique.

    Ce rapport qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme en mars s’intéressera à deux droits fondamentaux : droit à l’éducation (comprenant l’éducation aux droits de l’homme) et le droit à la santé.

     

    Camille Gervaix, coordonnatrice des activités

  • Ban ki-moon: Redoubler d'efforts pour atteindre les OMD

     

    index.jpg

    Le Secrétaire général vient de soumettre son rapport à l’Assemblée générale intitulé  Une vie de dignité pour tous : accélérer les progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et dans la définition du programme de développement des Nations Unies pour l’après-2015 dont voici un court extrait.

    Assurer la transition vers un nouveau programme de développement durable situé dans la lignée des objectifs.

    L’adoption des objectifs du Millénaire pour le développement a constitué une évolution majeure, parce qu’elle a permis de mobiliser la volonté politique mondiale aux fins de l’élimination de la pauvreté. Les objectifs ont axé l’attention du monde entier sur la réduction de moitié de la pauvreté extrême et la promotion du développement humain grâce à l’établissement de priorités, d’objectifs et de cibles. Toutefois, les objectifs ne représentent que l’étape intermédiaire vers le but ultime qui est de lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes. Les projections de l’ONU pour 2015 indiquent que près de 1.2 milliard de personnes continueront à vivre dans l’extrême pauvreté, qu’on continuera à enregistrer des décès maternels évitables lors d’accouchements et que les enfants souffriront et mourront en conséquence de la faim, de la malnutrition, de maladies évitables et de manque d’eau potable et d’assainissement.

    Depuis que les objectifs du Millénaire pour le développement ont été élaborés, de nouveaux défis sont apparus en plus des problèmes déjà existants. En effet, les inégalités se sont creusées, la dégradation de l’environnement s’est aggravée, les problèmes liés aux migrations se sont intensifiés etc. Tous ces thèmes devront être ajoutés au programme post 2015.

     Le programme de développement des Nations Unies au-delà de 2015 consistera à éliminer l’extrême pauvreté d’ici à 2030, préserver l’environnement et promouvoir l’inclusion sociale et des possibilités économiques pour tous. L’objectif du programme de développement pour l’après 2015 est d’instaurer un monde juste et prospère où tout un chacun pourra exercer ses droits et vivre dans la dignité et l’espoir. Pour que ce programme marche, il faudra convenir de :

    • Une vision ambitieuse de l’avenir, fermement ancrée sur les droits de l’homme et les valeurs et principes universellement acceptés.
    • Un ensemble d’objectifs et de cibles concis visant à concrétiser les priorités du programme.
    • Un partenariat mondial en faveur du développement en vue de mobiliser les moyens d’exécution
    • Un cadre de contrôle participatif afin de suivre les progrès et des mécanismes de responsabilisation mutuelle pour toutes les parties prenantes.

    Camille Gervaix, collaboratrice scientifique

  • Développement humain: une nouvelle gouvernance des systèmes éducatifs

    sen.jpg

     

    Il faut un changement radical dans les systèmes éducatifs pour relever le défi du développement humain. Dans l’Union européenne « les prévisions du CEDEFOP tablent sur une progression des emplois nécessitant un diplôme de niveau tertiaire de 29 % en 2010 à 34 % en 2020, tandis que la proportion des emplois faiblement qualifiés devrait passer de 23 % à 18 % sur la même période. Les compétences transversales comme l'esprit critique, l'esprit d'initiative ainsi que la capacité de résolution de problème et de collaboration prépareront les individus aux carrières variées et imprévisibles d'aujourd'hui »

     Avec la multiplication des sources d’information et des technologies de la communication (ICTs), les connaissances et les valeurs deviennent de plus en plus diversifiées et accessibles au-delà des systèmes d’éducation formelle. C’est pourquoi le rôle des professeurs devrait évoluer de « dispensateurs » d’information et connaissance à « facilitateurs » de l’apprentissage. L’agenda post 2015 doit accorder une plus grande priorité au rôle des enseignants et leur formation doit être une formation de qualité. En plus, le rôle des familles et des communautés doit être renforcé dans ce même but.

     L’éducation aux droits de l’homme doit être reconsidérée et promue dans l’agenda post 2015. De la même façon, l’éducation pour une citoyenneté active doit être au cœur des nouveaux objectifs, puisque « l’éducation doit mettre tout personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre ». L’éducation aux droits de l’homme tel que définie par le Programme mondial sur l’éducation aux droits de l’homme joue un rôle essentiel, car elle suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier. En effet, l’éducation aux droits de l’homme implique délégation de pouvoir, gouvernance démocratique, autonomie des écoles et partage de responsabilités.

    Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation

     

     

  • Le développement est la qualité d'éducation

    post2015_logo.png

     

    Comprendre le développement en termes d’épanouissement de la personne n’est rien d’autre que réaffirmer  les finalités de l’éducation de l’article 26 de la Déclaration universelle: L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans une formulation plus précise l’article 13 du Pacte des droits économiques sociaux et culturels ajoute: l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité (…) l'éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre.

    Pour cette raison nous pouvons affirmer clairement que le développement humain durable coïncide avec l’éducation tel que définie par les instruments internationaux. En effet, si l’éducation devient ce que les instruments internationaux prévoient, le développement est garanti, car le développement consiste en des personnes qui vivent une vie conforme à leur dignité.

     Le défi majeur de l’après 2015 dans le domaine de l’éducation est, comme le signale opportunément l’initiative L’éducation avant tout du Secrétaire général, la qualité. Dans ce contexte, il faut développer «un cadre conceptuel global pour une éducation de qualité».

     Ce cadre conceptuel doit comprendre, comme le suggère le Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation : «  i) un niveau minimal d’acquisition de connaissances, de valeurs, de qualifications et de compétences par les élèves; ii) une infrastructure, des installations et un environnement scolaires adéquats; iii) un corps enseignant qualifié; et iv) une école ouverte à tous élèves, parents et communauté. ».

  • Post 2015: un développement basé sur les droits de l'homme

     

    On peut aider un bœuf à se relever que s'il s'efforce lui-même de le faire. (Proverbe africain)

    485-leslie-post2015.jpg

    Nous présenterons dans les notes qui viennent quelques reflexions sur l'agenda pour le d'éveloppement post 2015. Ces reflexions sont issues de la Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation active aux Nations Unies.

     Il y a consensus sur le rôle fondamental de l’éducation dans le développement compris comme croissance économique. Mais on doit faire attention à cette identification facile entre croissance et connaissance, car le développement est autre chose que la croissance économique. En effet il a été qualifié, pour le distinguer de la simple croissance, d’humain et de durable. Ces  qualificatifs visent en fait à placer la personne humaine au centre du développement en incluant tout ce dont un être humain a besoin pour vivre conformément à sa dignité.

     Ces considérations doivent nous guider au moment de nous fixer de nouveaux objectifs pour le développement et de réfléchir au rôle que l’éducation -  comprise comme droit -  doit jouer dans l’élaboration d’un nouveau cadre pour le développement.

     Le nouveau cadre doit être plus lisible -  parce que mieux pensé -  que celui des OMD. Il ne doit pas situer sur le même plan des objectifs hétérogènes comme l’actuel numéro 8 ou se fonder sur des principes qui ne se trouvent pas au même niveau logique. A ce propos, nous relevons que les principes retenus par l’Equipe spéciale des Nations Unies: droits de l’homme, développement durable et équité tombent dans ce travers parce que les droits de l’homme incluent l’équité et la durabilité. En effet, l’équité est un principe général du droit et la durabilité est la condition de l’exercice de tout vrai droit.

     Le futur cadre du développement doit prendre comme point de départ l’approche des politiques basées sur les droits de l’homme car les politiques de développement se mesurent à l’aune du respect de la personne humaine et de sa dignité. Un droit de l’homme est un espace de liberté et de sécurité permettant l’épanouissement de la personne, but ultime du développement. La libération de la violence et du besoin sont la finalité même des instruments de droits de l’homme comme le proclame la Déclaration universelle: « l’avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère ».