13/07/2017

Solidarité internationale : principe ou droit ?

Le séminaire « Rapprochement des cultures – Solidarité internationale : principe ou droit ? » s’est tenu entre le 5 et le 7 Juillet 2017 à Genève. Durant ces trois jours de séminaire, le terme « solidarité » fut analysé dans ses dimensions anthropologiques, économiques et politiques afin de comprendre sa portée et son impact dans la mise en œuvre des droits de l’homme. La question des minorités en Espagne et l’enseignement social catholique furent également abordés dans ce séminaire.

Le terme provient du latin et signifie « ce qui tient ensemble ». La solidarité est à la base de la construction d’une société : comme l’a rappelé M. Fernandez, tout  être humain se développe dans un réseau naturel. Au niveau international, la solidarité met en lumière les obligations de chaque Etat membre vis-à-vis des droits de l’homme afin de développer «  un esprit d’unité entre les individus, les peuples, les Etats et les organisations internationales. » La déclaration proposée sur la solidarité internationale à l’Assemblée générale fut discutée par les participants.

La solidarité n’est pas une idée nouvelle dans le domaine de l’économie. En effet, les Etats sont interdépendants comme le souligne Monsieur Arot. Des pistes ont été évoquées pour parvenir à un renforcement de la solidarité internationale.

Ainsi, selon une approche centrée sur la politique, la solidarité trouverait plus de forces si elle prenait en compte l’idée de partenariats afin de mettre en commun les ressources existantes comme l’a expliqué Monsieur Rizzi. Un consensus s’est dessiné sur l’importance de la subsidiarité et de l’éducation dans le renforcement de la solidarité au niveau local et international. Ainsi, selon le principe de subsidiarité, les institutions existantes et l’Etat ne devraient pas agir à la place des groupes ou limiter leur liberté lorsqu’ils peuvent agir seuls (Monsieur Rizzi). L’éducation est quant à elle essentielle en ce qu’elle met en valeur l’interdépendance entre chaque membre de la société selon Madame Gandolfi. Plus encore, l’apprentissage de la portée de nos actes, les raisons qui nous ont poussés à agir et nos décisions d’action sont importants pour le développement de la solidarité (Monsieur Ferreira).

Mais faut-il pour autant aller dans le sens d’une normalisation de la solidarité ? Le choix d’une solidarité internationale obligatoire a divisé les intervenants.

Pour Monsieur Fernandez, passer du fait de la solidarité au droit est nécessaire car sans droit, il n’y a pas de société. Au contraire, pour Monsieur Arot, la solidarité se présume plus qu’elle ne se décrète. Enfin, pour Madame Matel Boatca, considérer la solidarité comme une question de droit est possible à condition de définir ce droit.

Maéva Guyot

 

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24/05/2017

Agenda 2030: the role of Human Rights Education

 

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The seminar How can Human Rights Education and Training be promoted through the Education 2030 Agenda, especially Target 4.7? is organized by the NGO Working Group on Human Rights Education on Tuesday the 30th of May at the Palais des Nations (Room XXV, 14h30 -16h30).

This meeting was planned with the co-sponsorship of the States Platform on Human Rights Education and Training (Brazil, Costa Rica, Italy, Morocco, The Philippines, Senegal, Slovenia and Thailand) and the UNESCO Liaison Office in Geneva.

 It will focus on Human Rights Education and Global Citizenship Education as established in target 4.7 of the Sustainable Development Goals.

 The organisers  believed useful to bring together various initiatives to update all stakeholders, including the Member States. It will be an occasion to discuss monitoring mechanisms and practices, together with difficulties and obstacles.


OPENING REMARKS
H.E. Mr MAURIZIO ENRICO SERRA, Ambassador, Permanent Representative of Italy

Mr ABDULAZIZ ALMUZAINI, Director, UNESCO Geneva Liaison Office

 PANELISTS
LYDIA RUPRECHT, Team Leader, Education for Sustainable Development & Global Citizenship, UNESCO

GILBERTO DUARTE SANTOS, Crime Prevention & Criminal Justice Officer, Education for Justice, UNODC

ELENA IPPOLITI, Human Rights Officer, Methodology Education & Training  Section, OHCHR

VILLANO QIRIAZI, Head of the Education Policy Division,Council of Europe (tbc)

GIORGIA MAGNI, Junior Researcher, International Bureau of Education, IBE-UNESCO

 MODERATOR
CLAIRE DE LAVERNETTE, Chair of the NGO Working Group on Human Rights Education and Learning
 

16/11/2016

Monitoring des droits de l’homme : un nouvel instrument

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Le Collège Universitaire Henry Dunant vient de créer un Observatoire international des législations et politiques sur les droits économiques sociaux et culturels (ObIDESC) avec des points focaux dans une vingtaine de pays.

Le but est d’accroître l’effectivité des DESC en créant un Observatoire des législations et politiques.

L’Observatoire est un mécanisme international de surveillance qui analysera cinq domaines spécifiques :

  • Législations et politiques publiques. Nouvelles lois adoptées et/ou nouveaux plans de politique publique.
  • Suivi des recommandations faites à l’Etat par le Comité des DESC et l’EPU
  • Suivi de la jurisprudence nationale. Cour constitutionnelle et/ou Cour suprême
  • Suivi des débats publics (media et réseaux sociaux) sur les politiques
  • Activités dans le cadre du programme mondial d’éducation aux droits de l’homme

Chaque année l’Observatoire publiera un Rapport comprenant une fiche par pays qui résumera les nouvelles concernant les 5 domaines ci-dessus. Le Rapport comportera aussi une vision d’ensemble globale et une bonne pratique.

Ce rapport qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme en mars s’intéressera à deux droits fondamentaux : droit à l’éducation (comprenant l’éducation aux droits de l’homme) et le droit à la santé.

 

Camille Gervaix, coordonnatrice des activités

02/09/2013

Ban ki-moon: Redoubler d'efforts pour atteindre les OMD

 

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Le Secrétaire général vient de soumettre son rapport à l’Assemblée générale intitulé  Une vie de dignité pour tous : accélérer les progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et dans la définition du programme de développement des Nations Unies pour l’après-2015 dont voici un court extrait.

Assurer la transition vers un nouveau programme de développement durable situé dans la lignée des objectifs.

L’adoption des objectifs du Millénaire pour le développement a constitué une évolution majeure, parce qu’elle a permis de mobiliser la volonté politique mondiale aux fins de l’élimination de la pauvreté. Les objectifs ont axé l’attention du monde entier sur la réduction de moitié de la pauvreté extrême et la promotion du développement humain grâce à l’établissement de priorités, d’objectifs et de cibles. Toutefois, les objectifs ne représentent que l’étape intermédiaire vers le but ultime qui est de lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes. Les projections de l’ONU pour 2015 indiquent que près de 1.2 milliard de personnes continueront à vivre dans l’extrême pauvreté, qu’on continuera à enregistrer des décès maternels évitables lors d’accouchements et que les enfants souffriront et mourront en conséquence de la faim, de la malnutrition, de maladies évitables et de manque d’eau potable et d’assainissement.

Depuis que les objectifs du Millénaire pour le développement ont été élaborés, de nouveaux défis sont apparus en plus des problèmes déjà existants. En effet, les inégalités se sont creusées, la dégradation de l’environnement s’est aggravée, les problèmes liés aux migrations se sont intensifiés etc. Tous ces thèmes devront être ajoutés au programme post 2015.

 Le programme de développement des Nations Unies au-delà de 2015 consistera à éliminer l’extrême pauvreté d’ici à 2030, préserver l’environnement et promouvoir l’inclusion sociale et des possibilités économiques pour tous. L’objectif du programme de développement pour l’après 2015 est d’instaurer un monde juste et prospère où tout un chacun pourra exercer ses droits et vivre dans la dignité et l’espoir. Pour que ce programme marche, il faudra convenir de :

  • Une vision ambitieuse de l’avenir, fermement ancrée sur les droits de l’homme et les valeurs et principes universellement acceptés.
  • Un ensemble d’objectifs et de cibles concis visant à concrétiser les priorités du programme.
  • Un partenariat mondial en faveur du développement en vue de mobiliser les moyens d’exécution
  • Un cadre de contrôle participatif afin de suivre les progrès et des mécanismes de responsabilisation mutuelle pour toutes les parties prenantes.

Camille Gervaix, collaboratrice scientifique

17/06/2013

Développement humain: une nouvelle gouvernance des systèmes éducatifs

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Il faut un changement radical dans les systèmes éducatifs pour relever le défi du développement humain. Dans l’Union européenne « les prévisions du CEDEFOP tablent sur une progression des emplois nécessitant un diplôme de niveau tertiaire de 29 % en 2010 à 34 % en 2020, tandis que la proportion des emplois faiblement qualifiés devrait passer de 23 % à 18 % sur la même période. Les compétences transversales comme l'esprit critique, l'esprit d'initiative ainsi que la capacité de résolution de problème et de collaboration prépareront les individus aux carrières variées et imprévisibles d'aujourd'hui »

 Avec la multiplication des sources d’information et des technologies de la communication (ICTs), les connaissances et les valeurs deviennent de plus en plus diversifiées et accessibles au-delà des systèmes d’éducation formelle. C’est pourquoi le rôle des professeurs devrait évoluer de « dispensateurs » d’information et connaissance à « facilitateurs » de l’apprentissage. L’agenda post 2015 doit accorder une plus grande priorité au rôle des enseignants et leur formation doit être une formation de qualité. En plus, le rôle des familles et des communautés doit être renforcé dans ce même but.

 L’éducation aux droits de l’homme doit être reconsidérée et promue dans l’agenda post 2015. De la même façon, l’éducation pour une citoyenneté active doit être au cœur des nouveaux objectifs, puisque « l’éducation doit mettre tout personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre ». L’éducation aux droits de l’homme tel que définie par le Programme mondial sur l’éducation aux droits de l’homme joue un rôle essentiel, car elle suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier. En effet, l’éducation aux droits de l’homme implique délégation de pouvoir, gouvernance démocratique, autonomie des écoles et partage de responsabilités.

Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation

 

 

09/06/2013

Le développement est la qualité d'éducation

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Comprendre le développement en termes d’épanouissement de la personne n’est rien d’autre que réaffirmer  les finalités de l’éducation de l’article 26 de la Déclaration universelle: L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans une formulation plus précise l’article 13 du Pacte des droits économiques sociaux et culturels ajoute: l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité (…) l'éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre.

Pour cette raison nous pouvons affirmer clairement que le développement humain durable coïncide avec l’éducation tel que définie par les instruments internationaux. En effet, si l’éducation devient ce que les instruments internationaux prévoient, le développement est garanti, car le développement consiste en des personnes qui vivent une vie conforme à leur dignité.

 Le défi majeur de l’après 2015 dans le domaine de l’éducation est, comme le signale opportunément l’initiative L’éducation avant tout du Secrétaire général, la qualité. Dans ce contexte, il faut développer «un cadre conceptuel global pour une éducation de qualité».

 Ce cadre conceptuel doit comprendre, comme le suggère le Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation : «  i) un niveau minimal d’acquisition de connaissances, de valeurs, de qualifications et de compétences par les élèves; ii) une infrastructure, des installations et un environnement scolaires adéquats; iii) un corps enseignant qualifié; et iv) une école ouverte à tous élèves, parents et communauté. ».

18/05/2013

Post 2015: un développement basé sur les droits de l'homme

 

On peut aider un bœuf à se relever que s'il s'efforce lui-même de le faire. (Proverbe africain)

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Nous présenterons dans les notes qui viennent quelques reflexions sur l'agenda pour le d'éveloppement post 2015. Ces reflexions sont issues de la Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation active aux Nations Unies.

 Il y a consensus sur le rôle fondamental de l’éducation dans le développement compris comme croissance économique. Mais on doit faire attention à cette identification facile entre croissance et connaissance, car le développement est autre chose que la croissance économique. En effet il a été qualifié, pour le distinguer de la simple croissance, d’humain et de durable. Ces  qualificatifs visent en fait à placer la personne humaine au centre du développement en incluant tout ce dont un être humain a besoin pour vivre conformément à sa dignité.

 Ces considérations doivent nous guider au moment de nous fixer de nouveaux objectifs pour le développement et de réfléchir au rôle que l’éducation -  comprise comme droit -  doit jouer dans l’élaboration d’un nouveau cadre pour le développement.

 Le nouveau cadre doit être plus lisible -  parce que mieux pensé -  que celui des OMD. Il ne doit pas situer sur le même plan des objectifs hétérogènes comme l’actuel numéro 8 ou se fonder sur des principes qui ne se trouvent pas au même niveau logique. A ce propos, nous relevons que les principes retenus par l’Equipe spéciale des Nations Unies: droits de l’homme, développement durable et équité tombent dans ce travers parce que les droits de l’homme incluent l’équité et la durabilité. En effet, l’équité est un principe général du droit et la durabilité est la condition de l’exercice de tout vrai droit.

 Le futur cadre du développement doit prendre comme point de départ l’approche des politiques basées sur les droits de l’homme car les politiques de développement se mesurent à l’aune du respect de la personne humaine et de sa dignité. Un droit de l’homme est un espace de liberté et de sécurité permettant l’épanouissement de la personne, but ultime du développement. La libération de la violence et du besoin sont la finalité même des instruments de droits de l’homme comme le proclame la Déclaration universelle: « l’avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère ».

02/12/2012

L'après 2015: le développement pour une société inclusive



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Le Recteur de l'Université de Bergamo, Mme Melo et le professeur Rizzi titulaire de la Chaire (Bergamo)

Le monde pensa à l'après OMD, à l'après 2015. Pour Amartya Sen, le développement « peut être considéré comme le processus par lequel les libertés réelles des personnes s’accroissent ». Je peux me considérer développé, si je suis libre, libre de choisir le type de vie qui me semble bon. Le développement inclut ainsi les libertés, la liberté politique et la démocratie. Cette notion de développement permet de dépasser le débat entre droits civils et politiques d’un côté et droits sociaux de l’autre, ainsi que le débat entre libertés et droits. Une société ne peut être inclusive que sur la base de ce concept de développement.

C’était le thème du colloque organisé par la Chaire UNESCO de l’Université de Bergamo en collaboration avec la Chaire UNESCO de l’Université de Fribourg, la Chaire UNESCO de l’UNAM à Mexico, la Chaire UNESCO de l’Université de La Rioja, la Chaire UNESCO de l’Université de La Havane et la Chaire Unesco de l’Université Shahid Behesthi de Téhéran, le Collège Universitaire Henry Dunant et l’UNESCO le mois dernier. Dans ce mini sommet de Chaires UNESCO des droits de l'homme a participé Angela Melo, Directrice à la Section des Sciences Sociales et Humaines  et responsable de l’Approche des droits dans les politiques de l’UNESCO.

Les deux axes principaux d’un colloque de haut niveau qui a réuni une trentaine d’experts d’Afrique, Asie des Amériques et d’Europe étaient :
a. L’interdépendance des droits de l’homme : fin et moyen du développement. Chaque droit de l’homme peut être considéré comme une capacité à respecter et à valoriser en tant que fin et moyen du développement. De plus, toutes ces capacités fondamentales se renforcent mutuellement selon le principe de leur indivisibilité et de leur interdépendance.
b. La valeur transversale de chaque droit de l'homme. Le principe d’interdépendance des droits de l’homme implique que tous les droits peuvent se renforcer mutuellement. L’égalité entre tous les droits de l'homme ne signifie pas, cependant, leur uniformité. Dans une perspective de progrès dans l’interprétation il est utile de chercher à identifier des droits qui ont une fonction transversale accrue en raison de la position stratégique qu’ils occupent dans le système des droits de l’homme; par exemple les droits à l’éducation, à l’information et à la propriété.
Une publication recueillera l’ensemble des interventions au colloque.

Alfred Fernandez

17/09/2012

La solidarité: pas seulement à bien plaire

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Vendredi dernier, l'Experte indépendante sur la Solidarité internationale et les droits de l'homme, Mme Virginia Dandan, a dialogué avec la société civile sur le contenu d'une Déclaration des Nations Unies sur la solidarité internationale. La question essentielle était celle de déterminer si la solidarité peut être considerée comme étant un principe de droit international.

En realité, on ne peut pas concevoir la communauté internationale sans la solidarité, qui est elle-même à l’origine des Nations Unies. Approfondir la notion de solidarité, c’est revenir aux origines du droit international public.  A ce propos, nous pouvons citer la phrase bien connue de Francisco Suarez: “L’humanité, quoique divisée en plusieurs royaumes et peuples, a toujours une unité non seulement spécifique mais également quasi politique et morale, indiquée par le précepte naturel de l’amour mutuel».

Il existe une communauté d’intérêts entre les nations. Et cette communauté a été renforcée par le processus de mondialisation. La question de la solidarité est devenue urgente du fait de ces nouvelles relations d’interdépendance entre les hommes et les peuples. D’après le dernier rapport de l’OECD sur les indicateurs de la mondialisation: Economic Globalisation Indicators, on assiste depuis quelques cinq ans à une mondialisation accélérée de l’activité économique ; le commerce international et les investissements directs à l’étranger se sont non seulement développés mais aussi complexifiés et depuis 2005 la Chine et les BRIICS sont devenus des acteurs importants des investissements internationaux.

La solidarité doit être le principe régulateur d’un nouvel ordre économique mondial qui établisse des relations entre les peuples basées sur la justice sociale. Mais, comme le souligne l’experte indépendante, un droit à la solidarité internationale va au-delà de la sphère économique et s’étend à d’autres domaines, contribuant en cela à la réalisation de tous les autres droits de l’homme.

Le Préambule de la Déclaration et plan d’action de Vienne exprime de façon explicite la valeur fondamentale de solidarité, lorsqu’il est question des valeurs qui doivent fonder le système international de protection des droits de l’homme, puis en précisant qu’il ne sera pas possible d’arriver à des progrès substantiels en termes de droits de l’homme sans coopération internationale ni solidarité.

De même, la Déclaration du Millénaire estime que les défis mondiaux ne pourront pas être relevés sans la solidarité internationale, considérée et réaffirmée comme une valeur fondatrice de la communauté internationale. On ne peut pas concevoir la communauté internationale sans la solidarité, qui est elle-même à l’origine des Nations Unies. Approfondir la notion de solidarité, c’est revenir aux origines du droit international public.  A ce propos, nous pouvons citer la phrase bien connue de Francisco Suarez: “L’humanité, quoique divisée en plusieurs royaumes et peuples, a toujours une unité non seulement spécifique mais également quasi politique et morale, indiquée par le précepte naturel de l’amour mutuel (…) ».

La solidarité est certes une valeur morale mais elle est aussi un principe de droit international. Il existe une communauté d’intérêts entre les nations. Et cette communauté a été renforcée par le processus de mondialisation. La question de la solidarité est devenue urgente du fait de ces nouvelles relations d’interdépendance entre les hommes et les peuples. D’après le dernier rapport de l’OECD sur les indicateurs de la mondialisation: Economic Globalisation Indicators, on assiste depuis quelques cinq ans à une mondialisation accélérée de l’activité économique ; le commerce international et les investissements directs à l’étranger se sont non seulement développés mais aussi complexifiés et depuis 2005 la Chine et les BRIICS sont devenus des acteurs importants des investissements internationaux.

La solidarité doit être le principe régulateur d’un nouvel ordre économique mondial qui établisse des relations entre les peuples basées sur la justice sociale. Mais, comme le souligne l’experte indépendante, un droit à la solidarité internationale va au-delà de la sphère économique et s’étend à d’autres domaines, contribuant en cela à la réalisation de tous les autres droits de l’homme.

Le Préambule de la Déclaration de Vienne exprime de façon explicite la valeur fondamentale de solidarité, lorsqu’il est question des valeurs qui doivent fonder le système international de protection des droits de l’homme, puis en précisant qu’il ne sera pas possible d’arriver à des progrès substantiels en termes de droits de l’homme sans coopération internationale ni solidarité.

De même, la Déclaration du Millénaire estime que les défis mondiaux ne pourront pas être relevés sans la solidarité internationale, considérée et réaffirmée comme une valeur fondatrice de la communauté internationale.

Claire de Lavernette, Coprésidente, Groupe de Travail des ONG sur l'éducation aux droits de l'homme