17/06/2013

Développement humain: une nouvelle gouvernance des systèmes éducatifs

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Il faut un changement radical dans les systèmes éducatifs pour relever le défi du développement humain. Dans l’Union européenne « les prévisions du CEDEFOP tablent sur une progression des emplois nécessitant un diplôme de niveau tertiaire de 29 % en 2010 à 34 % en 2020, tandis que la proportion des emplois faiblement qualifiés devrait passer de 23 % à 18 % sur la même période. Les compétences transversales comme l'esprit critique, l'esprit d'initiative ainsi que la capacité de résolution de problème et de collaboration prépareront les individus aux carrières variées et imprévisibles d'aujourd'hui »

 Avec la multiplication des sources d’information et des technologies de la communication (ICTs), les connaissances et les valeurs deviennent de plus en plus diversifiées et accessibles au-delà des systèmes d’éducation formelle. C’est pourquoi le rôle des professeurs devrait évoluer de « dispensateurs » d’information et connaissance à « facilitateurs » de l’apprentissage. L’agenda post 2015 doit accorder une plus grande priorité au rôle des enseignants et leur formation doit être une formation de qualité. En plus, le rôle des familles et des communautés doit être renforcé dans ce même but.

 L’éducation aux droits de l’homme doit être reconsidérée et promue dans l’agenda post 2015. De la même façon, l’éducation pour une citoyenneté active doit être au cœur des nouveaux objectifs, puisque « l’éducation doit mettre tout personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre ». L’éducation aux droits de l’homme tel que définie par le Programme mondial sur l’éducation aux droits de l’homme joue un rôle essentiel, car elle suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier. En effet, l’éducation aux droits de l’homme implique délégation de pouvoir, gouvernance démocratique, autonomie des écoles et partage de responsabilités.

Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation

 

 

09/06/2013

Le développement est la qualité d'éducation

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Comprendre le développement en termes d’épanouissement de la personne n’est rien d’autre que réaffirmer  les finalités de l’éducation de l’article 26 de la Déclaration universelle: L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans une formulation plus précise l’article 13 du Pacte des droits économiques sociaux et culturels ajoute: l'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité (…) l'éducation doit mettre toute personne en mesure de jouer un rôle utile dans une société libre.

Pour cette raison nous pouvons affirmer clairement que le développement humain durable coïncide avec l’éducation tel que définie par les instruments internationaux. En effet, si l’éducation devient ce que les instruments internationaux prévoient, le développement est garanti, car le développement consiste en des personnes qui vivent une vie conforme à leur dignité.

 Le défi majeur de l’après 2015 dans le domaine de l’éducation est, comme le signale opportunément l’initiative L’éducation avant tout du Secrétaire général, la qualité. Dans ce contexte, il faut développer «un cadre conceptuel global pour une éducation de qualité».

 Ce cadre conceptuel doit comprendre, comme le suggère le Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation : «  i) un niveau minimal d’acquisition de connaissances, de valeurs, de qualifications et de compétences par les élèves; ii) une infrastructure, des installations et un environnement scolaires adéquats; iii) un corps enseignant qualifié; et iv) une école ouverte à tous élèves, parents et communauté. ».

23/11/2012

Education: Pink Floyd ou l'ONU

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Dans nos sociétés multiculturelles que les migrations rendent de plus en plus métissées, il est opportun de se demander quel est le rôle de l’éducation et si ce rôle restera le même par le passé. A la fin des années ‘70, le groupe de musique rock Pink Floyd portait sur cette question un regard critique, voire même féroce et, face à l’éducation, il résumait son attente en ces termes :

 “We don’t need no education
We don’t need thought control…
Teachers them kids alone…
All in all it's just another brick in the wall…”

C’est ainsi en effet que Pink Floyd critiquait le rôle classique de l’instruction publique, rôle qui pour lui ne consisterait ni plus ni moins qu’à consolider l’Etat-nation. Plus d’un siècle auparavant, en 1805 déjà, cette conception ressortait clairement d’une note rédigée par Napoléon qui déclarait: “Il n’y aura pas d’Etat politique fixe s’il n’existe pas un corps de professeurs avec des principes fixes. Tant qu’on n’enseignera pas dès l’enfance qu’il faut être républicain ou monarchiste, catholique ou irréligieux, l’Etat ne formera pas une nation” (Napoléon, 1939: 213).
 
De nos jours, la Déclaration sur la diversité culturelle propose une formulation du droit à l’éducation radicalement opposée à cette conception de l’empereur et même aux idées républicaines du début du XIXe siècle. Ainsi dispose-t-elle dans son article 5: “Toute personne à droit à une éducation et une formation de qualité qui respecte pleinement son identité culturelle” (UNESCO, 2001).

L’approche napoléonienne se fondait sur la notion de citoyenneté républicaine qui, selon Albala-Bertrand (1996), met l’accent sur l’individu en tant que membre d’une société politique par rapport à certains principes fondamentaux: le sentiment d’appartenance à une communauté politique, la loyauté envers la patrie et la prédominance des devoirs civiques sur les intérêts individuels. Pour mieux cerner le contenu, cette notion peut être opposée à celle de citoyenneté libérale. L’idée centrale de celle-ci est que tous les individus sont égaux et dépositaires de droits inaliénables qui ne peuvent être annulés par l’Etat. Cette idée est à l’origine des droits de l’homme tels que nous les connaissons (droits civils et politiques).

Pour K. Tomasevski, ancienne rapporteuse des Nations Unies sur le droit à l'éducation,  la réalisation progressive du droit à l’éducation passe par les trois principales étapes suivantes de la lutte contre l’exclusion:
•    “La première étape consiste à accorder le droit à l’éducation à ceux qui en étaient traditionnellement privés (comme les peuples autochtones ou les non-ressortissants) ou à ceux qui n’y ont toujours pas accès (…)
•    La deuxième étape consiste à lutter contre la ségrégation en matière d’éducation et à favoriser l’intégration (…)
•    La troisième étape nécessite une adaptation de l’enseignement aux divers sujets du droit à l’éducation, c’est-à-dire que ce ne sont plus les nouvelles catégories d’individus ayant accès à l’enseignement qui devront s’adapter aux conditions existantes, mais plutôt le système éducatif qui devra être mis en conformité avec les principes du droit de chacun à l’éducation et de l’égalité de droits dans ce domaine”

Alfred Fernandez

03/09/2012

XVIIIème Université d'été des droits de l'homme: Rousseau et la démocratie

 

Dans une liberté plus grande, titre emprunté au rapport de Koffi Annan (voir post précedant) est le leitmotiv de la XVIIIème Université d’été des droits de l’homme qui s’ouvre le lundi 3 septembre à Genève au siège de la Fondation Jeantet.

 Pendant quinze jours les participants se pencheront sur les relations entre démocratie et droits de l’homme en prenant comme point de départ les textes de la philosophie politique de Rousseau (voir notre blog http://droitshumains.blog.tdg.ch). L’objectif est de dépasser l’opposition fréquente entre démocratie et développement. Les participants auront la possibilité de débattre du premier rapport présenté au Conseil sur le nouvel ordre démocratique international par l’expert indépendant M. de Zayas.

 Un thème central de la session sera la réflexion sur la solidarité internationale et le développement. La solidarité a été définie par les Nations Unies comme une des valeurs fondamentales communes. Peut-elle débloquer les problèmes où est enlisé le droit au développement ? Les participants suivront un colloque organisé par la Plateforme des ONG sur le droit au développement et l’experte indépendante sur la solidarité internationale, Mme Dandan.

30/07/2012

Droits économiques et sociaux: l'urgence de la formation

 

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Le Collège universitaire Henry Dunant avec la Faculté de Médecine de l’Université de Genève a réalisé  une enquête sur les besoins de formation dans le domaine des droits économiques sociaux et culturels (DESC) au niveau international. Le questionnaire de l’enquête a été envoyé à des personnes directement concernées par les thématiques des DESC dans leur activité professionnelle et appartiennent aux régions Afrique, Amériques, Australie et Europe.

A la question centrale: Selon vous, existe-t-il des besoins de ressources humaines formées dans la protection et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels?, la quasi-totalité des personnes ont répondu oui (98,1%).

Selon l’enquête, cette formation devrait en premier lieu s’adresser aux défenseurs des droits de l’homme, aux membres d’ONG, aux cadres des agences de développement et aux chercheurs des droits de l’homme.

D’après l’enquête, il semble que les buts de la formation doivent s’orienter vers la délivrance de connaissances et d’outils qui permettront: de renforcer la participation à l’élaboration de politiques nationales basées sur les DESC et d’appuyer la promotion et la recherche dans ce domaine.  En ce qui concerne les connaissances, il apparaît un besoin de développer des connaissances pratiques et jurisprudentielles en matière de violations et de justiciabilité des DESC. Afin de mieux évaluer les politiques, il est suggéré de développer des connaissances sur les organes de surveillance et les méthodes de collecte et d’analyse de données des DESC.

La méthode de travail la plus appropriée à cette formation doit, sans équivoque d’après les réponses récoltées (68%), se baser sur une combinaison des méthodes évoquées dans le sondage. La validation des acquis au terme de la formation est perçue comme nécessaire. Enfin, pour ce qui fait référence au lieu de la formation, 48% des participants estiment que la formation doit se tenir de manière alternée localement et à l’étranger.

Paul Gaullier, collaborateur scientifique, CUHD

On peut se procurer un résumé de l’enquête auprès du Collège universitaire Henry Dunant : info@cuhd.org

Photo: Conseil des droits de l'homme 2012 / Side event sur la qualité de l'éducation

14/07/2011

Droit à l’éducation : Clé pour les OMDs

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Lors du débat de haut niveau de l’ECOSOC, un événement parallèle organisé par la Plateforme d’ONG sur le droit à l’éducation et la Mission permanente de l’Uruguay a réuni de nombreux représentants des missions permanentes, dont celles du Portugal et du Maroc qui l’ont parrainé.

L’Ambassadrice de l’Uruguay, Madame Dupuy-Lasserre, nouvelle Présidente du Conseil des droits de l’homme, a entamé les présentations. Rappelant que l’éducation publique, gratuite et obligatoire existait depuis 1877 en Uruguay, elle a souligné les nombreux efforts et bons résultats de son pays pour atteindre les populations encore vulnérables, comme les personnes âgées, les populations rurales ou les très jeunes enfants issus de familles en difficulté. « Transformer un privilège en droit », telle est la devise de l’Uruguay en termes d’éducation. Parmi les bonnes pratiques, le plan CEIBAL, dont le principe est de donner un ordinateur portable à chaque enfant, a retenu l’attention de l’auditoire. Une vidéo illustrant le plan, qui bénéficie autant aux familles qu’aux jeunes utilisateurs, a clôturé cette présentation.
http://youtu.be/CtNkXUdr33s

Le Rapporteur Spécial sur le droit à l’éducation, Mr Kishore Singh, a rappelé l’importance pour les états de réaliser le droit à l’éducation. Il a insisté sur le droit de chaque enfant à une éducation primaire réellement gratuite, sans discrimination ni exclusion. Les OMDs 2 et 3 sont étroitement liés à l’OMD 1 de lutte contre la pauvreté et tous s’appuient sur les obligations juridiques, légales et politiques de la communauté internationale. Les bases sont solides, le tout est de « parler d’une seule voix » au sein de la famille onusienne. Mr Singh a également rappelé l’importance de la société civile qui doit être partie prenante dans la réalisation du droit à l’éducation.

Le Ministre de l’Education du Sénégal, Mr Kalidou Diallo, a décrit les progrès de l’éducation dans son pays malgré les défis qui restent nombreux. Insistant sur le respect de la liberté d’éducation qui revient aux parents et qui est un droit garanti au Sénégal, Mr Diallo a souligné que les principaux obstacles étaient dus aux contraintes financières et matérielles : si 85% des sommes allouées à l’éducation proviennent de son pays, on compte 10% pour le secteur financier et seulement 5% pour la communauté internationale qui, selon lui, n’aurait pas respecté ses engagements.


Enfin, Alfred Fernandez  porte-parole de la plateforme d’ONGs sur le droit à l’éducation a rappelé que c’était un droit transversal, non seulement économique, social ou culturel mais également un droit civil et politique. D’autre part, la qualité est aussi un impératif, chacun ayant droit à une éducation de qualité qui respecte pleinement son identité culturelle. A. Fernandez a rappelé l’importance d’adopter une approche basée sur les droits. Puis, insistant sur l’accès universel, il a cité le Comité des DESC : « l’enseignement primaire ne doit être à la charge ni des enfants, ni des parents ». Il a conclu sur l’importance de la société civile, dont on attend qu’elle soit une conscience publique mais qui doit aussi épauler l’action des gouvernements pour susciter l’adhésion du corps social. « L’éducation est l’apprentissage de l’humanité, de la liberté, c’est là que s’enracine son importance. Son déni, c’est un déni d’humanité ».

Claire de Lavernette

03/07/2011

Nations Unies: tenir les promesses sur l'éducation

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Lundi s'ouvre à Genève le débat de haut-niveau du Conseil Economique et Social qui se concentre cette année sur la mise en œuvre des engagements adoptés au niveau international en matière d’éducation. En effet, si personne ne conteste aujourd'hui que le droit à l’éducation est un droit fondamental, les défis restent nombreux et les objectifs auxquels s’est engagée la communauté internationale, notamment de garantir un accès universel à l’éducation, sont loin d’être atteints. Il en est de même pour les défis que représente une « éducation de qualité », qui demeure un problème non résolu dans de nombreux pays.   Pour garantir une éducation de qualité il faut adopter une approche basée sur les droits. C’est en s’inspirant des normes des droits de l’homme que les politiques éducatives pourront d’autant mieux contribuer à leur application. Seule cette approche peut aussi engager les Etats à assumer leurs responsabilités et les détenteurs de droits à les réclamer.

La justiciabilité du droit à l’éducation en représente un aspect essentiel et nous devons nous pencher sur ce qui y fait actuellement obstacle. Les Etats doivent incorporer dans leur législation interne les normes internationales des droits de l’homme pour qu’une protection vraiment efficace de ce droit existe. La prochaine entrée en vigueur du Protocole facultatif au Pacte des droits économiques, sociaux et culturels jouera un rôle clé dans ce domaine.

L’efficacité des systèmes éducatifs va également de pair avec la bonne gouvernance. Celle-ci implique une participation active de toutes les parties prenantes. Cela suppose alors de déterminer avec précision le rôle de ces dernières et notamment celui de la société civile qui doit pouvoir participer à la gestion de l’éducation. Le Cadre d’action de Dakar, notamment en son paragraphe 54, et le Programme mondial en faveur de l’éducation aux droits de l’homme, en particulier le concept de participation des acteurs non-étatiques, constituent des références importantes sur ce sujet.

Plateforme d'ONG sur le droit à l'éducation

18/04/2011

L'éducation aux droits de l'homme, une utopie ? Interview

AFportrait.jpgMonsieur Alfred Fernandez, vous êtes Directeur du collège universitaire Henry Dunant (CUHD) et responsable de la formation «Education aux droits de l’homme, Education pour tous (EPT), droit à l'éducation» qui se déroule à Genève. Rentrons si vous le voulez bien dans le vif du sujet. Est-ce que l’Education Pour Tous (EPT) n’est pas une utopie dans un monde en proie à la guerre, à la misère, aux conflits et à une érosion du tissu social et économique dans tous les pays, y compris les pays dits riches, à l’initiative pour la majorité d’entre eux de la déclaration des droits de l’homme?

Oui, pour beaucoup l’EPT peut apparaître comme une utopie. Mais cela ne doit décourager aucune bonne volonté, car comme a dit le Téméraire: «point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer». L’histoire a prouvé que dans le domaine du progrès humain et social, des batailles qui semblaient perdues ont été gagnées grâce à l’énergie et à la volonté inébranlables de ceux qui les ont menées.

Ensemble, nous avons évoqué la liberté d’enseignement et la liberté académique, une question me vient à l’esprit. Comment offrir une éducation scolaire et universitaire quand il y a un manque ou une absence totale de ressources humaines, matérielles, financières ?...

Cette question touche sur le fond la question des moyens économiques des pays et des personnes intéressées. Plusieurs pays s’efforcent de résoudre ce problème. Nous pourrions citer les écoles des rues en Inde, où un enseignement de base est donné dans ce cadre avec une extrême économie de moyens, là où il n’y a pas ou seulement très peu de moyens financiers. Quant au problème posé par l’absence d’école à proximité des enfants, le cas de l’Australie est intéressant, car dans les zones rurales où les fermes sont souvent éloignées de dizaines de km les unes des autres, ou de centaines de km de l’école la plus proche, les cours sont donnés grâce à la télévision. Evidemment, quand il n’y a pas de moyens et que les distances entre les élèves et les lieux d’enseignements sont très grandes, le problème peut devenir insoluble. Et, il n’est pas rare qu’il le devienne…

Si je vous comprends bien, nous pourrions être amenés à penser que selon les pays, leur développement économique et leur système politique en vigueur, il existe un espace plus ou moins grand entre l’idéal et la réalité effective du droit à l’éducation ?

Malheureusement, tel est bien le cas. Mais cela doit amener chacune des personnes concernées et chaque institution à se responsabiliser et à agir de manière à se rapprocher toujours davantage de l’idéal à atteindre qui doit constituer un principe de base. Il faut continuer de reconnaître que le droit à l’éducation est un droit universel inhérent à la personne humaine.

On constate de plus en plus une éducation à deux vitesses dans les pays en développement, phénomène qui touche également les pays émergents et en développement de manière plus visible. D’un côté ceux qui ont les moyens de s’offrir une scolarité privée, de l’autre, quand elle existe de bénéficier d’une éducation publique gratuite. En quoi le droit à l’éducation peut-il éviter que cette éducation à deux vitesses creuse davantage la fracture sociale ?

La prise de conscience de l’existence du droit à l’éducation pour toute personne humaine doit dans tous les pays amener les responsables, toutes les personnes impliquées dans cette problématique et toutes les institutions concernées à mettre en œuvre le maximum de moyens en vue d’instaurer partout et pour tous une éducation publique gratuite.

Pour finir, vos étudiants venus du monde entier repartiront de Genève avec un bagage d’enseignements pratiques et théoriques, comment pourront-il le mettre en œuvre sur le terrain ?

Nos étudiants repartent aussi de Genève avec plus de courage et d’espoir, car une fois revenus dans leur milieu, ils savent qu’ils ne sont pas seuls à lutter pour faire triompher le respect des droits de l’homme. Qu’ils travaillent au niveau gouvernemental –comme fonctionnaires, enseignants, juristes, économistes ingénieurs, médecins ou simples employés- dans le cadre de la société civile, dans leurs associations nationales – comme la très active association marocaine que dirige notre ancien participant, le professeur Rachid Aboutaieb – Président de l’Alliance Genève-Afrique-Caraïbes-Pacifique pour les droits de l’homme, Maroc : www.acpdh.org - et parmi les minorités de tous genres (peuples autochtones, minorités linguistiques, personnes défavorisées, migrants, réfugiés, handicapés, et autres), le simple fait pour nos anciens participants de mieux connaître leurs droits leur permet de les faire valoir de manière souvent bien plus efficace… sans parler de tous ceux qui, comme les femmes leaders autochtones que nous formons chaque année, se chargent de transmettre autour d’eux l’enseignement suivi au CUHD. www.enlacecontinentalmujeresindigenas.org

A quand la prochaine formation dispensée par le Collège universitaire Henry Dunant ?

Notre formation de caractère général va commencer début mai. Il s’agit de celle de l’Université d’été des droits de l’homme qui propose une formation au système de protection des droits de l’homme des Nations Unies, mention «droits économiques, sociaux et culturels».
Quant au cours de formation spécialisé «Droits à l’éducation, Education pour tous (EPT), éducation aux droits de l’homme», il sera donné du 3 au 7 octobre prochain. www.cuhd.org

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Entretien de Nicolas Rozeau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme publié dans le N°705 d’avril 2011, pp.32-33, de la revue UN Special (www.unspecial.org)