Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage - 2 décembre

Au lendemain de la Course de l'Escalade (bravo à toutes et à tous !) et à la veille des Fêtes de Noël et de Nouvel An, sans oublier nos amis d'autres religions, il nous semble nécessaire de commémorer cette Journée internationale par un appel à la réflexion, à la sensibilisation et à la prière.

C'est aussi le 70e anniversaire de la

Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui

et le 5e anniversaire de la Déclaration commune pour l'abolition de l'esclavage, signée à Rome le 2 décembre 2014 par le Pape François, l'Archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, des dirigeants religieux bouddhistes, hindous, israélites, orthodoxes et musulmans contre « l’esclavage moderne », Au total, seize signataires, dont deux amis compatriotes du pape François, le rabbin Abraham Skorka et le professeur musulman, cheikh Omar Abboud, qui l’avaient accompagné en Terre sainte. Eradiquer les formes contemporaines d’esclavage d'ici 2020

Le chancelier de l'Académie Pontificale des Sciences Sociales (PASS), Mgr Sanchez Sorondo – autre proche compatriote du pape – s’est vu confier dès le début du pontificat le soin de mobiliser ses réseaux pour que le Saint-Siège s'engage dans lutte contre le phénomène dramatique du trafic d’êtres humains.

Présentée par le pape, la déclaration signée hier s’inscrit ainsi à la suite de premiers travaux tenus sur cette question en novembre 2013 à l'Académie Pontificale des Sciences Sociales et à la mise sur pied du « Global Freedom Network » (GFN), association financée par le milliardaire anglican australien, Andrew Forrest.

L’objectif vise à éradiquer les formes contemporaines d’esclavage – prostitution, travail forcé, trafic d’organes en particulier – d’ici à 2020... Selon les données du GFN, près de 36 millions de personnes sont actuellement victimes de ce fléau.

« Surmonter ce mal d’origine humaine qu’est l’esclavage moderne »

L’originalité consiste à en avoir fait une cause commune à toutes les grandes religions. À l’exemple de l’université Al-Azhar du Caire, de nouveau représentée hier. « Les responsables religieux mondiaux, de par leurs discours et leurs actes, peuvent former et inspirer les efforts des hommes et des femmes pour surmonter ce mal d’origine humaine qu’est l’esclavage moderne et ainsi libérer les victimes de la souffrance, de l’oppression et de la dévastation », explique le GFN sur son site.

Son approche rejoint le souhait du pape de rénover le dialogue interreligieux. « Il doit faire un saut qualitatif », avait-il déclaré...

La date choisie coïncide avec l’anniversaire de l’adoption, aux Nations unies, le 2 décembre 1949, de la « Convention pour la répression et l’abolition de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui », et le 2 décembre est depuis Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage.

L'esclavage n'est pas seulement un vestige du passé, mais une réalité tristement actuelle. Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), il y a actuellement plus de 40 millions de victimes du travail forcé dans le monde. L'esclavage moderne est un terme recouvrant plusieurs pratiques telles que le travail forcé, la servitude pour dettes, le mariage forcé et la traite d'êtres humains. Elle implique des situations d'exploitation qu'une personne ne peut refuser ou quitter en raison de menaces, de violence, de contraintes et/ou d'abus de pouvoir.

Par ailleurs, plus de 150 millions d'enfants sont contraints de travailler. Cela représente plus d'un enfant sur 10 dans le monde.

Faits et chiffres

  • A un moment donné en 2016, 40,3 millions de personnes étaient victimes de l’esclavage moderne, dont 24,9 du travail forcé et 15,4 millions du mariage forcé.
  • Cela signifie qu’il y a 5,4 victimes d’esclavage moderne sur mille personnes dans le monde.
  • 1 victime sur 4 d’esclavage moderne est un enfant.
  • Sur les 24,9 millions de personnes réduites au travail forcé, 16 millions sont exploitées dans le secteur privé, comme le travail domestique, la construction ou l’agriculture; 4,8 millions sont victimes d’exploitation sexuelle, et 4 millions sont astreintes à des travaux forcés imposés par les autorités publiques.
  • Les femmes et les filles sont disproportionnellement touchées par le travail forcé; elles représentent 99% des victimes dans l’industrie du sexe, et 58% dans d’autres secteurs.

Source : Organisation internationale du travail, Les estimations mondiales de l’esclavage moderne: travail forcé et mariage forcé, septembre 2017

 

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