18/10/2018

Pour une abolition de l'esclavage moderne

L’esclavage n’est pas aboli 

Le 18 octobre 2018 est la Journée Européenne contre la traite des êtres humains, en cette année du 70eanniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du 20edu Statut de la Cour Pénale Internationale (qui qualifie certaines pratiques esclavagistes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité).

C’est le moment pour la communauté internationale - Gouvernements, Autorités religieuses, organisations internationales, société civile, milieux d’affaires et formateurs d’opinion - de se mobiliser pour une nouvelle abolition de l’esclavage.

L’esclavage se développe à des niveaux inconnus aux siècles précédents :

-       En 2010, on estimait à 27 millions le nombre d’esclaves modernes dans le monde (le double des esclaves africains forcés à émigrer aux Amériques). 

-       En 2018, les dernières estimations sont de plus de 45 millions.

-       Les profits de l’esclavage moderne dépassent les 150 milliards de dollars.

-       En 2018, en Europe et Asie centrale selon ”The Global Slavery Index”, le total des victimes de l’esclavage est de 3,6 millions (1,3 million pour l’Union Européenne).

-       58% des victimes sont dans 5 pays[1]: Inde, Chine, Pakistan, Bangladesh et Ouzbékistan. Femmes et filles représentent 71%. Une victime sur quatre en est un enfant. Le travail forcé et l’exploitation sexuelle en sont les formes les plus répandues en Europe.

-       En Italie, il y aurait environ 145.000 esclaves aujourd’hui.[2] 

L’esclavage est souvent invisible. Ce qui contribue à une inadéquation de la prise de conscience des autorités et des structures d’aides, publiques ou privées.

La pauvreté, l’instabilité économique et politique, les conflits, l’explosion démographique de certains pays, les changements climatiques, les mouvements de réfugiés et de migrants, les persécutions ethniques et religieuses rendent des millions de femmes, d’enfants et d’hommes vulnérables à des réseaux criminels qui, par contrainte ou par de fausses promesses, réduisent ces personnes à la servitude jusque dans nos pays.

Le 2 décembre 2014, à Rome, des responsables religieux catholiques, anglicans, musulmans, hindous, bouddhistes, juifs et orthodoxes ont signé une Déclaration commune contre l'esclavage modernecomme un engagement à travailler ensemble pour éradiquer ce crime contre l'humanité et restaurer la dignité et la liberté de ses victimes.

Un effort d’ensemble, sur le plan national, régional et international, est nécessaire pour faire face à cette négation massive mondiale des droits fondamentaux de la personne humaine.

Michel Veuthey, Ambassadeur de l’Ordre de Malte contre le trafic des personnes

 

[1]51 pays dont la liste est la suivante: Turkmenistan, Belarus, the former Yugoslav Republic of Macedonia, Greece, Albania, Turkey, Ukraine, Croatia, Montenegro, Lithuania, Russian Federation, Republic of Moldova, Armenia, Uzbekistan, Tajikistan, Bulgaria, Azerbaijan, Georgia, Romania, Cyprus, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Kosovo, Latvia, Israel, Hungary, Estonia, Bosnia and Herzegovina, Poland, Serbia, Slovakia, Czech Republic, Portugal, Italy, Spain, Slovenia, Iceland, United Kingdom, Germany, Belgium, France, Norway, Netherlands, Austria, Switzerland, Ireland, Finland, Denmark, Sweden, Luxembourg.

[2]www.globalslaveryindex.org/findings/

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