22/05/2016

Sommet humanitaire : vers une vision plus large dans le temps et les acteurs

Le Sommet humanitaire mondial, Istanbul, 23-24 mai 2016, est une étape dans une nouvelle perspective de l’action humanitaire, de l’urgence limitée dans le temps à des crises et conflits prolongés, y compris des déplacements massifs de populations dont on ne voit pas la fin… Ce Sommet devrait inscrire l’action humanitaire dans la durée, pas seulement des réunions qui suivront à New York en juin, pour le Conseil économique et social (ECOSOC), et en septembre, pour l’Assemblée générale et deux journées de réunions au sommet, les 19 et 20, mais d’une vision plus large dans le temps, dans les acteurs, dans les approches.
 
Il faut en effet voir ce Sommet non comme la réunion qui va résoudre d'un coup de baguette magique tous les problèmes de la planète et rendre aux humanitaires leur aura de sauveteurs de l'humanité.
 
C'est un processus de dialogue dans la durée qui s'amorce avec un nombre croissant d'acteurs ("stakeholders"), dans une approche qui précède et prolonge l'urgence humanitaire, de la réaction aux catastrophes et conflits, on passe à l'évaluation des risques, à la préparation d'une réponse adéquate, à la reconstruction et au développement, sans oublier la prévention et la solution des conflits, qui sont la cause de la plupart des crises humanitaires...
 
Des réunions de suivi sont d'ores et déjà prévues :
- à New York les 26, 27 et 28 juin au segment humanitaire de l'ECOSOC
- encore à New York le 19 septembre avec un Sommet sur les réfugiés suivi par un Sommet convoqué par le Président Obama
- d'autres vont être annoncées ces jours, par des universités et des ONG, ce qui devrait permettre de garder une certaine autonomie de réflexion, au-delà des intérêts politiques des Gouvernements et des luttes de pouvoir au sein des institutions et entre elles.
 
Le Sommet de Rio, en 1992, a été suivi d'autres réunions. L'effet de répétition est utile, comme l'ont montré les Conférences sur le climat de Copenhague et de Paris (COP21): à Copenhague, les faits n'étaient pas clairs, et la volonté des Gouvernements largement incertaine; à Paris, grâce à l'investissement massif de la France dans un effort diplomatique, un Accord a été atteint, de manière innovative : ce n'est pas un texte contraignant comme un traité mais la pression de l'opinion publique, des scientifiques et de plusieurs Gouvernements et non des moindres (dont la Chine et les Etats-Unis), a montré l'évolution de l'approche de la communauté internationale face aux défis et enjeux des changements climatiques.
 
Le Sommet d'Istanbul sera suivi d'autres Sommets dans d'autres villes ( Genève serait certainement un lieu privilégié...)
 
Michel Veuthey
 
 
 
 
 

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