06/05/2016

Sommet humanitaire mondial : des enjeux cruciaux pour la Suisse

“Sommet Mondial humanitaire : des enjeux cruciaux pour la Suisse”

Mercredi 4 mai 2016, M. Manuel Bessler, Délégué du Conseil fédéral à l’aide humanitaire et Chef du Corps suisse d'aide humanitaire, a donné une bien intéressante conférence  au Club Suisse de la Presse.

En voici quelques notes, accompagnées par des copies des diapositives de M. Bessler.

Le premier Sommet humanitaire mondial que la Suisse aurait bien voiulu organiser à Genève, aura lieu les 23 et 24 mai 2016 à Istanbul et réunira les représentants de gouvernements, d’ organisations humanitaires, de personnes affectées par les crises humanitaires et du secteur privé afin de proposer des solutions aux défis les plus urgents. L’objectif général de ce Sommet est de définir un programme pour l'action humanitaire .à l’avenir.

Pour la Suisse, et pour Genève en particulier, qui sont à l'origine de l'action et du droit humanitaire depuis la fondation de la Croix-Rouge en 1864, les enjeux sont cruciaux, face aux défis à relever :

[if !supportLists]a.     [endif]Le nombre de personnes dans le besoin : Pour l’année 2015, 125,3 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire quotidienne (dépendance quotidienne) dont presque la moitié sont des déplacés (60 millions, chiffre le plus haut depuis la Deuxième Guerre Mondiale : dans ce chiffre, on trouve 20 millions de réfugiés et 4 millions de déplacés internes).

[if !supportLists]b.     [endif]Le financement de l’humanitaire : on arrive aujourd’hui à un appel lancé par l’ONU de 19,9 milliards de dollars US. Seuls 49,9 % de ces besoins ont été couverts. Chaque année le fossé entre la demande et l’aide effectivement apportée se creuse, parallèlement à une augmentation croissante de cette même demande.

[if !supportLists]c.     [endif]L’accès à l’aide pour les victimes associée à la problématique de la sécurité des humanitaires assurant l’assistance et la protection : il faut à la fois que les humanitaires aient accès aux victimes et que les victimes puissent avoir accès aux humanitaires.

[if !supportLists]d.     [endif]La durée des conflits : initialement, les humanitaires disposent d’instruments pour répondre à l’urgence sur le court terme. Ces instruments sont-ils adaptés à des conflits actuels marqués par une extension sur la durée (Cas de la Syrie : 5 ans, Afghanistan, Somalie, etc.)

[if !supportLists]e.     [endif]Les nouvelles dimensions de l’humanitaire : les changements climatiques créent de nouveaux besoins humanitaires.

En conséquence, selon Manuel Bessler, aujourd’hui nous faisons face à des conflits dont l’impact est beaucoup plus vaste et global. Il ne s’agit plus de petits conflits isolés, tout est intrinsèquement lié. Face à ces problèmes, la nécessité d’un Sommet Mondial sur l’aide humanitaire s’est fait sentir. Il y a 3 ans, le Secrétaire Général à lancé cette idée sur la base de toutes ces considérations humanitaires

Formats et modalités du Sommet Mondial Humanitaire :

Le Sommet proprement dit sera composé d’une Plénière et de 7 Tables rondes. Simultanément, se déroulera plus d’une centaine d’événements parallèles (« side events »). Ainsi, sont attendues plus de 5000 personnes en Turquie (une quarantaine de Ministres des Affaires Étrangères, plusieurs acteurs de la scène internationale ainsi que des représentants de la société civile).

La Suisse participera à trois tables rondes ( en caractères gras dans le graphique ci-dessous ):

Table Ronde 1 : Political leadership to prevent and end conflicts

Table Ronde 3 : A commitment to address forced displacement

Table Ronde 5 : Uphold the norms that safeguard humanity

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.06.png

Pour la participation de la Suisse dans les plénières, en voici l’état au 2 mai ( « BRDB » signifie Conseiller fédéral Didier Burkhalter ).

 

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.34.png

 

La Suisse participera ou organisera 11 événements parallèles (« side events ») :

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.04.37.png

Questions et réponses :

Pourquoi la Turquie a-t-elle été choisie comme État hôte de ce Sommet  ? L’ONU est à l’origine de ce choix. La Suisse avait initialement présenté sa candidature mais l’ONU voulait désigner un pays entre le « Nord » et le « Sud ». La Turquie comme choix montre une certaine ouverture qui permettrait d’acquérir de nouveaux participants humanitaires, qui permettrait de récolter de nouveaux fonds, de gagner de nouveaux bailleurs. Par ailleurs, la Turquie est affectée par un conflit majeur mais, affirme M. Bessler, nous avons toutes les assurances des autorités turques pour que le Sommet se passera dans les meilleures conditions.

Pour la Suisse, qu’est-ce qui ferait de ce Sommet un succès ou un échec? Les attentes sont immenses, répond Manuel Bessler. Même si les résultats ne sont pas attendus pour tout de suite même avec le projet de résolution. Ce qui est attendu, c’est le lancement d’une nouvelle dynamique, d’un nouvel esprit d’initiative, d’une prise de conscience plus large, d’une sensibilité plus affinée de tous les acteurs concernant l’action humanitaire. Le grand défi est aussi de coordonner l’action des humanitaires. Il faut donc réunir au processus les acteurs du « Sud », du monde islamique dans le respect de l’article Premier commun des Conventions de Genève de 1949, qui demande aux Etats Parties de les respecter.et faire respecter en toutes circonstances.

Est ce que la Suisse, avec ce Sommet, va reprendre l’initiative qu’elle avait lancée lors de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge qui s’est tenue à Genève en décembre 2015 ? Ne serait ce pas le moment de lancer un appel au respect du droit humanitaire englobant tous les acteurs possibles, dont les leaders spirituels? L’Ambassadeur Bessler répond à Michel Veuthey que la Suisse a en effet reçu un mandat de la dernière Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de poursuivre les démarches et négociations en vue d’améliorer le respect du DIH, de créer une plateforme pour discuter de sa mise en oeuvre (« Compliance platform »). Le Chef de la Délégation suisse à Istanbul, le Conseiller fédéral Didier Burkhalter, Ministre des Affaires étrangères, co-présidera la session qui traitera du respect du droit humanitaire (« Up-holding the norms). Après la réunion, en privé, l’Ambassadeur Bessler répondra que la personne responsable de la liste des orateurs est M. Stephen O’Brien, à New York.

Comment le Sommet d’Istanbul pourrait inverser la tendance et faire en sorte que les États commencent par verser les fonds qu’ils doivent verser?

Un Panel à haut niveau, qui s’est tenu à Londres le 4 février 2016 et qui a été présidé par Madame Kristalina Georgieva, ancien Commissaire à l’Aide humanitaire de la Commission Européenne, a évoqué trois objectifs à cet effet :

[if !supportLists]1.     [endif]diminuer la demande ( par exemple en réglant les conflits, à commencer par celui de Syrie, qui coûterait des milliards );

[if !supportLists]2.     [endif]élargir la base du financement, les donateurs, les approches de recherches de fonds;

[if !supportLists]3.     [endif]rendre l’action humanitaire plus efficace, notamment par une meilleure coordination.[if !supportFootnotes][1][endif]

 

 

Michel Veuthey

 

Merci à mes Assistantes Dominika Kianickova et Yasmine Garouachi de leur précieuse aide !

 

 

Les commentaires sont fermés.