01/03/2016

Droits de l'homme, paix et sécurité, développement

La 31e session du Conseil des Droits de l'Homme, qui s'est ouverte le 29 février au Palais des Nations, sort de la routine des sessions précédentes et semble vouloir prendre une approche globale, non seulement juridique et "droit de l'hommiste" mais bien politique et morale.

Est-ce le fait que 2016 marque le 10e anniversaire du Conseil, le 50e de l'adoption des deux Pactes des Droits de l'Homme, du 40e de leur entrée en vigueur ?

Est-ce le fait que la tragédie de la guerre en Syrie et de ses conséquences dramatiques pour des millions de personnes déplacés en Syrie, dans les pays voisins et jusqu'en Europe interpelle le Conseil de sécurité et l'Union Européenne, sans parler des dirigeants spirituels ( le Pape François, le Patriarche Kirill de Russie, le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Abuna Matthias, l'Archevêque de Canterbury, et bien d'autres ) ?

Est-ce aussi le fait que les milieux économiques privés, notamment les assurances, prennent conscience que ces drames humains ne sont pas seulement l'affaire des humanitaires mais pourraient remettre en question leurs modèles économiques ?

Le Président de l'Assemblée générale a participé à l'ouverture du Conseil des Droits de l'Homme et a fait un exposé le 1er mars pour faire part, conjointement avec son compatriote danois l'excellent Directeur général des Nations Unies à Genève, M. Michael Møller, de ses préoccupations et projets. 

Son objectif était en effet de partager à Genève ses préoccupations sur la nécessité de mettre en oeuvre, après la célébration du 70e de l'ONU en 2015, de mesures pour rendre les Nations Unies plus efficaces dans la réalisation de ses trois objectifs :

- paix et sécurité

- développement

- Droits de l'Homme.

Ces trois objectifs sont liés, de même que les deux Pactes des Droits de l'Homme

- sur les droits civils et politiques

- sur les droits sociaux et économiques.

Le "divorce" entre ces deux Pactes doit prendre fin. Les deux catégories de droits doivent recevoir une égale attention, demandait le jour-même le Vice.Ministre des Affaires étrangères russe demandait devant le Conseil des Droits de l'Homme aujourd'hui.

Par la résolution 69/321, le Président de l'Assemblée générale a reçu le mandat de l'Assemblée générale d'entreprendre des démarches en vue de proposer un successeur au Secrétaire général. Il y a aujourd'hui 7 candidats, et une huitième candidature devrait être présentée en mars. Les premières consultations auront lieu à New York du 12 au 14 avril. Chaque candidat devra pouvoir se présenter publiquement. Le site internet du Président de l'Assemblée générale ( http://www.un.org/pga/70/ ) devrait donner un écho à ces présentations.

Plusieurs réunions à haut niveau sont prévues dans les mois qui suivent:

- 21 avril: Climat et Objectifs durables du développement (New York)

- 10-11 mai : Opérations de maintien de la paix (New York): leurs mandats, le rôle des organisations régionales

- 23-24 mai : Sommet humanitaire mondial (Istanbul)

- 27-29 mai : Pays les moins développés (Antalya)

- 8-10 juin :  HIV AiDS / SIDA (New York)

- 12-13 juillet : Débat à haut niveau sur les Droits de l'Homme (New York)

- 19 septembre : Sommet sur la migration (New York).

La question de la gouvernance est aussi au coeur de la mise en oeuvre de ces objectifs, rappelle le Président.

Le Représentant permanent du Maroc à Genève, dont le pays a la Présidence de COP22, veut un équilibre entre le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale, entre les pays développés et les pays en voie de développement pour "construire une géopolitique véritablement équitable".

Le Représentant permanent du Sénégal souligne le rôle de l'ECOSOC (Conseil économique et social), qui se réunira en juin à New York, et voudrait que les opérations de paix soient plus efficaces, plus contraignantes.

Il ne sera pas possible de remettre sur le métier les instruments juridiques traitant des migrants et des réfugiés.

Il faut prendre rapidement des mesures concrètes pour aider ces migrants et réfugiés, ce qui demandera un engagement financier important pour l'humanitaire (probablement de l'ordre de 20 milliards de dollars) et aussi pour réduire les déséquilibres économiques et énergétiques.

Les ressources financières devront venir non seulement des Gouvernements mais aussi de l'économie privée. Il faudrait que les Etats pauvres puissent taxer correctement et efficacement les entreprises privées

L'Assemblée générale en septembre devrait essayer d'améliorer les approches des Nations Unies dans les années à venir, en coopération avec les Gouvernements et avec la société civile.

Il faut commencer dès maintenant à prendre des mesures efficaces pour éliminer la pauvreté extrême : sinon, les changements climatiques vont rendre ingérables les mouvements de population. Aujourd'hui, ils sont 60 millions, comment pourrons-nous gérer 500 millions de migrants ? Tous les pays, tous les partenaires de la société civile, y compris les entreprises privées, doivent s'engager concrètement pour une société respectueuse de l'environnement. Les dépenses d'armement pourraient en effet nous priver des ressources nécessaires à cet effort pour éliminer la pauvreté... La présidence du G20 par la Chine va-t-elle amener un changement de vision du G20 ? 

Le Représentant permanent de Maurice souhaiterait des consultations à Genève pour le choix du prochain Secrétaire général des Nations Unies...  Le Président de l'Assemblée générale en convient et souligne que la personne qui occupera ce poste devrait être la mieux qualifiée : elle devrait devenir l'autorité morale du monde, le gardien de la Charte des Nations Unies... 

 

Michel Veuthey

 

Les commentaires sont fermés.