23/06/2015

OMS : une réforme si nécessaire

 ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTE (OMS) – QUELLE REFORME ?

 

 

L’Assemblée Mondiale de la Santé, principal organe décisionnel de l’OMS,  vient de tenir sa session annuelle au Palais des Nations à Genève du 18 au 26 mai 2015.

Au cœur de ses débats qui ont réuni 3.000 délégués représentant 180 pays, la réforme de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS),[1] dont le besoin a été mis en évidence par la crise de l’Ebola et par l’influence croissante d’acteurs non-étatiques au sein de cette organisation intergouvernementale.

L’appel à la réforme, qui venait à la fois des Gouvernements,[2] d’experts[3] et d’ONG comme MSF,[4] et d’institutions académiques de recherche[5] a pris des formes différentes demandant :

-       des ressources financières et humaines additionnelles,[6] notamment pour créer un fonds de réserve permettant de financer des opérations d’urgence;

-       des changements  structurels au siège à Genève et dans le monde : les six bureaux régionaux autonomes et 150 bureaux nationaux devraient être plus opérationnels et mieux dirigés par le siège de l’OMS ;

-       une approche moins centrée sur les statistiques et la mise en place de normes internationales,  et davantage sur l’action sur le terrain, notamment par la constitution d’une équipe de réaction rapide composée de spécialistes des urgences sanitaires;

-       des partenariats plus efficaces et plus transparents avec, les Gouvernements, les autres organisations du système des Nations Unies, les grandes organisations internationales humanitaires comme le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les organisations non-gouvernementales (ONG), mais aussi avec les fondations privées (dont la Fondation Bill et Melinda Gates qui a donné à l’OMS en 2013 plus de 400 millions de francs suisses) et finalement avec l’industrie pharmaceutique.[7]


La réforme de l’OMS dépasse le simple cadre del’OMS: elle touche en effet directement

-      -  l’approche de la santé publique dans le monde;

-      -  l’organisation des secours d’urgence en cas de catastrophes en matière de santé (l’OMS est en effet responsable des aspects relatifs à la santé dans les opérations des Nations Unies sur le terrain) ;[8]

-       - les dispositifs d’alerte et de prévention des crises ;

-       et, plus généralement, le fonctionnement du système des Nations Unies et de la réponse humanitaire de la communauté internationale ;

-       et enfin l’interaction des acteurs étatiques et non-étatiques dans la communauté internationale.

La réforme de l’OMS a été engagée en 2011, avec des résultats mitigés. Le besoin d’accélérer la réforme est apparu plus nettement à la suite de la crise de l’Ebola en 2014 et des cinq autres crises majeures de niveau 3 (situations d’urgence grave de grande ampleur ne pouvant être gérées qu’au niveau international)[9] auxquelles l’OMS est confrontée sur le terrain.

- la Syrie, avec des répercussions en Jordanie, au Liban et en Turquie ;

- la République Centrafricaine ;

- le Soudan du Sud ;

- l’Iraq ;

- le Népal ;

- l’Ebola (et onze).
Les trois premières de ces crises perdurent depuis 2013.

Il existe en plus de ces cinq crises de niveau 3 onze autres situations d’urgence de niveau 2, pouvant être gérées régionalement

Un groupe de sept experts indépendants, présidé par Madame Barbara Stocking, ancienne Présidente d’Oxfam GB, mandaté par l’ONU le 9 mars 2015 afin d’analyser l’action de l’OMS face à l’épidémie d’Ebola, a rendu un rapport le 11 mai dans lequel ils dénoncent le retard et les défaillances de l'OMS. Selon ce rapport l’OMS "n'a pas une capacité et une culture suffisamment fortes pour mener des opérations d'urgence".

Les objectifs de la réforme devraient ainsi être :

·      des ressources financières et humaines additionnelles,[10] y compris un fonds de réserve de cent millions de dollars permettant de financer des opérations d’urgences pour une durée allant jusqu’à trois mois. 

·      des  modifications structurelles de l’Organisation tant au niveau du siège à Genève que des bureaux régionaux afin d’améliorer la réaction en situation d’urgences (amélioration des chaînes de commandement et des mécanismes de contrôle).

·      la mise en place d’un mécanisme d’évaluation de l’ensemble de l’action de l’organisation et des décisions des dirigeants.

·      la création d’une équipe de réaction rapide composée de spécialistes dédiées aux urgences sanitaires.

·      une meilleure formation du personnel d’urgence.

·      la mise en place d’un programme unique, placé sous la responsabilité directe du Directeur et affecté aux urgences sanitaires et rassemblant l’ensemble des ressources nécessaire pour faire face aux épidémies et aux urgences.

 

Comme le segment humanitaire de l’ECOSOC qui vient de se tenir à Genève du 17 au 19 juin 2015 l’a montré, les Gouvernements, qui attendent la réforme depuis 2011, ne veulent plus se contenter de mots. Le Représentant de l’Union Européenne a ainsi rappelé qu’après le Comité exécutif de janvier puis l’Assemblée de mai, les donateurs veulent financer un système qui fonctionne. Ils voudront de ce fait un plan d’action rapidement, pas seulement pour les actions d’urgence, très bien menées par le Dr. Bruce Aylward, , mais de l’ensemble de l’OMS. Et de conclure : « c’est votre dernière chance » (« WHO will not get a second chance »).

Trois solutions principales pourraient être envisagées :

- soit de créer une organisation séparée qui serait chargée des opérations d’urgence (selon ce qui a été fait en créant le Programme Alimentaire Mondial (PAM) pour pallier aux difficultés opérationnelles de la FAO) ;

 - soit de confier la direction des opérations d’urgence en matière de santé à l’OCHA (Bureau de coordination des affaires humanitaires de Nations Unies), dont le nouveau responsable, Stephen O’Brien, un ancien homme d’affaires et parlementaire britannique, montre un dynamisme intéressant ;

- soit, ce qui semble la solution retenue par les Gouvernements pour l’instant – reste à voir pour combien de temps – de réformer en profondeur les structures et surtout le fonctionnement de l’OMS et de l’épauler par une meilleure collaboration avec le système des Nations Unies et avec la Banque mondiale : comme le disait Madame Merkel, la Chancelière allemande, devant l'Assemblée mondiale de la Santé, dans la grande salle des Assemblées du Palais des Nations lundi 18 mai 2015 :  

« 
À mon avis, l’OMS est la seule organisation internationale à jouir d’une légitimité́ politique universelle pour les questions de santé d’importance mondiale. Le but doit donc être maintenant de rendre ses structures plus efficaces. Je suis certaine que c’est un avantage pour l’Organisation mondiale de la Santé d’avoir 150 bureaux de pays et six bureaux régionaux en plus de son Siège : une structure décentralisée avec des liens locaux solides, c’est important. Mais soyons francs. Les structures décentralisées peuvent aussi être une entrave à la prise de décisions et au bon fonctionnement d’une organisation. Voilà̀ pourquoi il faut exploiter les avantages de cette structure décentralisée en reliant par une hiérarchie claire les trois niveaux auxquels l’OMS agit afin que tout le monde sache qui décide dans telle ou telle situation, qui doit faire rapport et qui doit effectuer le travail. Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais je crois qu’au moment même où̀ nous essayons de tirer les leçons de l’expérience, tout le monde doit faire un effort particulier et relever ce défi pour, ensemble, proposer quelque chose de mieux.

Malgré sa légitimité essentielle en matière de politique de santé, l’OMS ne peut être la seule organisation chargée de dresser un plan mondial de riposte en cas de catastrophe. Nous devons faire en sorte que l’OMS puisse bien travailler avec l’ensemble du système des Nations Unies et avec la Banque mondiale. Le Premier Ministre norvégien, le Président du Ghana et moi-même avons demandé́ au Secrétaire général de l’ONU de nommer un groupe de haut niveau pour examiner de plus près l’interaction entre ces organisations. Il l’a fait et le groupe a déjà̀ commencé ses travaux. Il est présidé́ par le Président de la République-Unie de Tanzanie, M. Kikwete, et devrait présenter d’ici la fin de l’année un rapport indiquant les enseignements à retenir concernant les organisations internationales, la contribution que chacune de ces organisations peut apporter et comment, à l’avenir, mieux nous préparer aux urgences sanitaires, comme nous le sommes aux catastrophes naturelles. »

 D’autres délégations ont demandé :

 

-un alignement de la gouvernance des trois niveaux (bureaux nationaux, directions régionales, siège à Genève) de l’OMS (Union Européenne, Royaume Uni, Ethiopie, Mozambique au nom des 47 membres du Groupe africain),

-une meilleure collaboration de l’OMS avec les acteurs non étatiques (UE, Norvège, Canada, Turquie, Etats Unis, Turquie),

-une amélioration de la programmation (Canada, Japon, Chine, Maldives),

-une limitation de l’OMS dans le cadre strict de son mandat (Royaume Uni, Turquie),

-une meilleure gestion des ressources humaines (Etats Unis, Maldives),

- une plus grande transparence budgétaire (Etats Unis),

- une meilleure répartition géographique du personnel (Mozambique au nom des 47 membres de l’Afrique),

- une responsabilisation accrue (Canada, Ethiopie),

- un renforcement de l’OMS au niveau des pays (Liban) ce qui permettrait d’améliorer la responsabilisation,

- l’instauration d’un système de vérification des résultats (Ethiopie, Maldives).

 

La réforme est urgente. Tous en conviennent. Même Margaret Chan, Directeur général de l’OMS, qui déclarait à l’Assemblée mondiale de la Santé le 18 mai 2015 :

« Plus jamais je ne veux voir l’Organisation confrontée à une situation à laquelle elle ne peut faire face faute d’y être préparée, d’avoir le personnel, le financement ou les structures administratives nécessaires.  Nous allons avancer sans perdre un instant. Je compte mener ces changements à bien d’ici la fin de l’année ».[11]

Michel Veuthey



[1] OMS. Réforme de l’OMS : vue d’ensemble de la mise en œuvre de la réforme

Rapport du Directeur général. A68/4. 8 mai 2015

[2] Dont la Chancelière allemande, Madame Angela Merkel, le 18 mai 2015
http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA68/A68_DIV5-fr....

[3] OMS. Groupe d’experts chargé de l’évaluation intérimaire de la riposte à Ebola

Rapport du Secrétariat. A68/25. 8 mai 2015

[4] « Ebola : Médecins sans frontières fustige la réponse trop lente de l'Organisation mondiale de la santé ». Le Monde, 23 mars 2015 ainsi que l’appel du 29 août 2014 : « Ebola. Les ratés de la réponse mondiale » www.msf.ch/news/articles/detail/ebola-les-rates-de-la-rep...

[5] Voir notamment l’étude du Graduate Institute of International Studies, Genève, 2014 :  http://graduateinstitute.ch/files/live/sites/iheid/files/... et aussi Chatham House en 2014 : http://www.globalhealthcheck.org/?p=1678 et What’s the World Health Organisation For ? http://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/fiel...

[6] OMS. Ressources humaines mondiales pour l’action sanitaire d’urgence. Rapport du Directeur général. A68/27. 15 mai 2015

[7] OMS. Cadre de collaboration avec les acteurs non étatiques. Rapport du Directeur général. A68/5. 1er mai 2015

[8] OMS. Collaboration à l’intérieur du système des Nations Unies et avec d’autres organisations intergouvernementales. Rapport du Secrétariat. A68/50. 24 avril 2015

[9] OMS. L’action de l’OMS dans les situations d’urgence graves de grande ampleur. Rapport du Directeur général. A68/23. 15 mai 2015

[10] OMS. Epidémie de maladie à virus Ebola 2014 et suite donnée à la session extraordinaire du Conseil exécutif sur l’épidémie d’Ebola : options pour un fonds de réserve destiné à soutenir la capacité de riposte de l’OMS dans une situation d’urgence. Rapport du Directeur général. A68/25. 8 mai 2015.

22/06/2015

"La conduite des hostilités, pratique, cadre juridique et perspectives futures"

L’Institut international de droit humanitaire – qui va célébrer son 45ème anniversaire, et dans le contexte de son 15ème Cours d’été - a le plaisir de vous inviter à la présentation publique - en anglais - du Rapport de sa dernière Table Ronde : 

 

"La conduite des hostilités, pratique, cadre juridique et perspectives futures"

 

le vendredi 3 juillet 2015 de 11 à 13 h. à la Bibliothèque des Nations Unies avec la participation 

du Président de l’Institut, Fausto Pocar, 

et de son Vice-Président Michel Veuthey, 

ainsi que des experts suivants :

• Professeur Marco Sassòli, Directeur, Département de Droit International public, Université de Genève (UNIGE)

• Mr. Laurent Gisel, Conseiller juridique, Comité International de la Croix-Rouge  (CICR)

• Dr. Nils Melzer, Senior Adviser, Division Politique de Sécurité, Département Fédéral Suisse des Affaires Etrangères (FDFA)

Cette présentation d’ouvrage sera l’occasion d’annoncer la prochaine Table Ronde : "La relation entre conflit armé international et conflit armé non international : défis pour le droit international humanitaire", qui se tiendra à San Remo du 3 au 5 septembre 2015.

Merci de bien vouloir vous inscrire jusqu'au 1er juillet sur le site :  http://bit.ly/1d3Mzth 

Michel Veuthey

 

Invitation to a Book Launch
“Conduct of Hostilities, the Practice,
the Law and the Future”


Friday 3 July, 11 am – 1 pm
Geneva, Palais des Nations, Bibliothèque
(UN Library)

 

As the International Institute of Humanitarian Law is about to celebrate its 45th anniversary, and in the context of its 15th Summer Course on International Humanitarian Law, we would like to invite you to a Book Launch to introduce the Proceedings of its last Round Table:

                       Conduct of Hostilities, the Practice, the Law and the Future

 
to be held on Friday 3rd July at the United Nations Library in Geneva from 11 am to 1 pm
with the participation of the President, Professor Fausto Pocar,
and the Vice-President, Prof. Michel Veuthey  and the following panelists:

Professor Marco Sassòli, Director,Department of International Law and International Organizations, University of Geneva (UNIGE)

Mr. Laurent Gisel, Legal Adviser, International Committee of the Red Cross (ICRC)

Dr. Nils Melzer, Senior Adviser,Security Policy Division of the Political Directorate, Swiss Federal Department of Foreign Affairs (FDFA).

 

The Institute will take the opportunity to introduce its next Round Table:
The Distinction between International and Non-International Armed Conflicts:
Challenges for IHL?
, to be held in San Remo between 3rd and 5th September 2015.

Please register by Thursday 1 July at  http://bit.ly/1d3Mzth

We look forward to seeing you.              

Michel Veuthey

15/06/2015

III Diploma de derechos humanos para América Latina

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Hoy ha comenzado en Ginebra la sesión presencial del III Diplomado de protección de derechos humanos organizado por el CUHD en collaboración con Intermedia Consulting y la Universidad de La Rioja en España. Participan en la formación, profesionales de Argentina, Colombia, Ecuador, México y Perú principalmente.

El tema de la parte presencial es la utilización de los mecanismos interncionales de protección de derechos humanos para la introducción en la región de un enfoque de derechos en las políticas públicas. En la presentación de la formación, Alfred Fernández subrayó la importancia del momento: la próxima adopción de los nuevos objetivos de desarrollo. Mañana el Sr. V. Cacho de la Misión de España abordará precisamente la temática.

Tambien se refirió el Sr. Fernández a la importancia del seguimiento de las recommendaciones hechas por los mecanismos internacionales a los Estados mediante herramientas como indicadores y observatorios de políticas, temas que figuran en el intenso programa de la semana.

Las sesiones teóricas del curso se desarrollan en el Centre d'accueil de la Genève internationale (CAGI). La clausura tendrá lugar el viernes en la Oficina internacional de Educación.

Isabel Marquez de Prado, coordinadora de actividades

14/06/2015

Migrants en situations de crise

Le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies tient sa 29e session au Palais des Nations du lundi 15 juin au vendredi 3 juillet 2015.
 

Les droits des migrants sont ceux de toute personne humaine, les droits de l’homme. Et aussi d’autres instruments du droit international et du droit national, régissant la protection des travailleurs, la protection des femmes, la protection des enfants, la protection des réfugiés, la protection des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, et, le cas échéant, la protection contre le trafic de personnes et le droit international humanitaire applicable dans les conflits armés. Les phénomènes migratoires du XXIe siècle sollicitent, mettent au défi tous les acquis politiques et juridiques de la coopération internationale établis après la Seconde Guerre mondiale. C’est ainsi une large gamme de mécanismes et d’acteurs qui sont maintenant appelés à protéger les droits migrants :


- Gouvernements des pays d’origine, des pays de transit, des pays de destination, et organisations intergouvernementales universelles et régionales ;

- Organisations intergouvernementales à commencer par les Nations Unies, et aussi l’OIM, le HCR, l’UNICEF, l’OMS, sans oublier l’OIT, qui siège actuellement ;

- la société civile, les organisations non-gouvernementales internationales, et aussi les organisations humanitaires locales, sans oublier celles d’inspiration religieuse ;[i]

- les dirigeants spirituels, car, comme le soulignait récemment, le 29 mai, le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, la réponse aux crises migratoires dans le monde devraient se fonder sur des valeurs et des engagements plutôt que sur la peur (« a response to be grounded in values and commitments, rather than fear »).

L’Ordre de Malte, institution humanitaire catholique agissant sans discrimination à travers le monde, soutient les migrants notamment :

·      en Italie à Lampedusa en prodiguant une aide médicale à bord des navires des garde-côtes italiens ;

·       portant secours aux migrants en mer en France dans plusieurs centres d’accueil de migrants ;

·      aux États-Unis, à Miami en accordant une assistance médicale et juridique aux migrants d’origine latino-américaine.


Parmi les garanties fondamentales que les migrants devraient recevoir tant dans leur pays d’origine, de transit que de destination figure essentiellement le droit à la vie et à la dignité humaine, ce qui doit comprendre le droit à la liberté religieuse. Comme le soulignait le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme à la 5e session du Processus d’Istanbul, l’intolérance religieuse et la violence commise au nom de la religion figurent parmi les défis les plus importants aux droits de l’homme de notre temps (« Religious intolerance and violence commited in the name of religion rank among the most significant human rights challenges of our time »).

 

L’Europe a montré la voie de la réconciliation, de la coopération régionale, d’un système régional des Droits de l’Homme. Ces progrès juridiques et politiques ont souvent été imités par d’autres régions et sont souvent cités comme des modèles. Il est important aujourd’hui que l’Europe trouve, dans un dialogue qui dépasse les approches strictement sécuritaires ou idéalement humanitaires, la voie qui lui permette de concilier exigences légitimes de sécurité nationales et garanties des droits fondamentaux des migrants et requérants d’asile et puisse, aussi dans le domaine de la migration, être demain citée comme modèle.

 

Le dialogue interactif de cet après-midi est important, car le Rapporteur spécial nous donne des éléments importants de réflexion et d’action.

 

D’autres enceintes examineront ces prochains jours ou mois des questions très proches et il faudrait tenter d’établir des liens entre ces différentes plateformes de dialogue :

-       la Conférence internationale du Travail, qui vient d’achever ses travaux;[ii]

-       l’ECOSOC et son volet humanitaire, qui se tiendra ces prochains jours;

-       la Table Ronde sur le droit international humanitaire, à San Remo, du 3 au 5 septembre ;

-       l’adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD / SDG) à New York du 25 au 27 septembre ;

-       la réunion du Global Forum on Migration and Development (GFMD) à Istanbul du 14 au 16 octobre ;

-       les Consultations globales sur le Sommet humanitaire mondial du 14 au 16 octobre ;

-       le Comité exécutif du HCR en octobre, le Conseil de l’OIM en novembre ;

-       la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du 8 au 10 décembre ;

-       le Dialogue à haut niveau sur la protection du Haut-Commissaire aux Réfugiés les 16 et 17 décembre.


Comme le rappelle régulièrement le Directeur général de l’OIM, l’Ambassadeur William Swing, l’essentiel serait de mettre en évidence non seulement la solidarité mais aussi l’intérêt bien compris que représente pour tous, Etats et migrants, une migration harmonieuse.

 

La migration est une constante de l’histoire. Elle ne peut être stoppée complètement. Elle continuera d’exister tant que subsisteront des déséquilibres démographiques, économiques, et de respect des droits de l’homme entre divers pays. La migration se doit constamment d’être harmonisée, sécurisée et humanisée.

 

Comme le soulignait le rapport d’une Commission mondiale sur la migration (« Global Commission on International Migration ») il y a dix ans, il faudrait, dans un monde interconnecté, maximiser les effets positifs de la migration tant dans les pays d’origine que de destination.

 

L’humanitaire d’urgence ferait ainsi largement place à la négociation et à la coopération internationale - tant sur le plan politique qu’économique - pour tenter d’intégrer la migration dans un cadre juridique et humain.

 

La question n’est pas seulement politique, juridique ou économique. Elle est avant tout humaine.
Elle implique une responsabilité non seulement de solidarité mais aussi de paix et de justice à travers le monde. Et permettez-moi de conclure par cette citation d’un poète somalien, Warsan Shire : “You have to understand, that no one puts their children in a boat unless the water is safer than the land.”

 
 
Michel Veuthey
 
 
 


 
 
 
Réunion d’information en avril 2015 au Palais des Nations sur les migrants en situations de crises.
 
 
The Secretariat of the Migrants in Countries in Crisis Initiative invited Permanent Representatives of Missions, and senior representatives of International and non-governmental organizations in Geneva and for a briefing on the Migrants in Countries in Crisis Initiative (MICIC) co-chaired by the Governments of the Philippines and the United States of America, Friday, 17 April 2015, from 2 p.m. to 4 p.m. at the Palais des Nations, Room VIII, in Geneva.
 
 
 
1. Michele KLEIN SOLOMON, Director, MICIC Secretariat
 
The Migrants in Countries in Crisis (MICIC) initiative is a State-led undertaking which seeks to improve the ability primarily of States and, where relevant, other stakeholders to prepare for, respond to, alleviate suffering, and protect the dignity and rights of migrants caught in countries in situations of acute crisis. The parameters will be quite narrow – it will apply to migrants in countries that are in crisis, not to migrants in situations of personal crisis. 

In 2014, following calls made at the 2013 UN High-level Dialogue on International Migration and Development, the governments of the Philippines and the United States launched a State-led initiative to address the impact of acute crisis situations on migrants. Australia, Bangladesh, Costa Rica, Ethiopia, and the European Commission have joined the initiative, which is chaired by the governments of the Philippines and the United States. The initiative aims to improve the ability of States and other stakeholders to prepare for, respond to, alleviate suffering, and protect the dignity and rights of migrants caught in countries in situations of acute crisis.

The initiative is supported by IOM, together with the UN High Commissioner for Refugees, the Special Representative of the Secretary-General on International Migration and Development (Peter Sutherland), and the Georgetown University Institute for the Study of International Migration

The purpose of the briefing is to present the State-led MICIC Initiative to Ambassadors of Permanent Missions, and senior representatives of International and non-governmental organizations.  The briefing will introduce the Initiative’s objectives and ongoing consultative processes aiming to improve the ability of States and other relevant stakeholders to prepare for, respond to, alleviate suffering, and protect the dignity and rights of migrants caught in countries in situations of acute crisis – either civil unrest or natural disasters. 
 
2. Amb. HAMAMOTO (US Permanent Representative in Geneva). The US is ready to play a leading role in the MICIC Initiative to improve efforts to save lives of migrants in non-binding guidelines for States, IOs, private sector and civil society.
Examine situation, stakeholders, identify practical measures in order to improve the plight of migrants in situations of crises, as well as before and after crises.
All migrants in all emergencies ( natural disasters and armed conflicts ) and not in other situations.
 
Tourists, students, marriage partners, regular or irregular migrants.
 
MICIC has no intention to replace existing protection frameworks, including UNHCR.
 
At the end of the MICIC process, 
- non-binding guidelines
- best practices
It will be up to the stakeholders to decide whether and when they want to use the Guidelines. No implementation mechanism will be created.
 
3. Amb. REBONG (PR of the Philippines in Geneva). The Philippines has put in place a system to protect migrants (Protection of the rights and welfare of overseas Philippines)
« Migrants Workers Act ». The Ministry of Foreign Affairs has an Under-Secretary of State in charge of migrant workers. Every Philipino Embassy has an ATN unit for rendering assistance to Philipinos in distress. Crisis Preparedness and Response Team (Office of the President created the OPRT, with Representatives of Foreign Affairs, Justice, Labor, Interior, ready to send Rapid Response Teams). OPRT prepares contingency plans: alert, action, coordination with the leaders of the Filipino community - the Ambassador is the Team Leader. The Crisis Management Team (CMT) has alert levels
- 1 Precautionary Phase
- 2 Restriction Phase
- 3 Voluntary Repatriation ( at Government’s expense )
- 4 Evacuation and Mandatory Repatriation
IOM has assisted in repatriation operations.
 
The MICIC initiative provides for regional consultations. The MICIC Secretariat.
IGC Plus Consultations took place in Geneva ( 2-3 February 2015)
Regional Consultations for South-East South and East Asia, Manila, 23-24 March 2015.
 
4. Amb. William LACY SWING, DG, IOM: Migrants are « invisible »… Above all else our motto has to be to save lives. Three points:
- the reality is that there are more people on the move today than ever before in history. And increasingly these moves are being forced. Natural disasters and armed conflicts erupt very quickly and soon become regional. I cannot remember a moment where we had so many complex conflits simultaneously: Syria, Yemen , Libya, Boko Haram becoming a regional crisis with one million displaced people, Ukraine… Humanitarian action alone cannot resolve any of these crises. Migrants are invisible… Countries should do as the Philippines: registering nationals, including them in contingency planning. 900 lives lost this year in the Mediterranean, much more than previous years. The rights and dignity and lives of migrants are to be respected as those of our own nationals. The Central African Republic and Chad are examples. Sendai achieved the inclusion of migrants in the Sendai Framework of Action. The same should be done in September in New York with the Post-2015 Development Goals (SDG). IOM and its many partners try to learn lessons from recent crises. Is this increase a passing phase or a « new normal », a lasting trend. He is convinced that this new Initiative will help to save lives and protect migrants.
 
5. Amb. of  Ethiopia: Migrants need support in many ways, Ethiopia will host the regional consultations for Eastern and Southern Africa in April 2016.
 
6. Amb. of Costa Rica: Costa Rica receives migrants… We believe in networking resources, Internet-based resources, and include the private sector and involve the migrants themselves. Costa Rica is also involved in the Nansen Initiative ( cross-border moves linked to natural disasters and especially climate change ) http://www2.nanseninitiative.org
 
7. European Union: the EU welcomes the MICIC Initiative. A regional consultation will take place in Brussels in June 2015.
States must increase their preparedness to protect migrants. 
The cooperation with other actors (NGOs, civil society, private business)
The long-term impact of migration in countries of origin and destination cannot be neglected.
 
8. Turkey: an eye-opening briefing. TR welcome the MICIC Initiative, as the Chair of the GFMD (Global Forum on Migration and Development). http://www.gfmd.org 
There will be a meeting of the GFMD in Istanbul in October (14-16). Promotes the Convention on the protection of migrant workers.
 
9. Bengla Desh, also Member of the MICIC Group, had difficulties to bring back nationals from Libya. 
BenglaDesh support the concept of networking and the Nansen Initiative.
 
10. Thailand advocates soft-law instruments. Avoid  duplications.
 
11. Japan learned a few lessons from earthquakes: preparedness, and include migrants (resilience)
 
12. Algeria about the Libya crisis (Algeria maintained an open door policy) and the situation in the Central African Republic (CAR/RCA) and in Yemen. Include the prevention dimension.
 
13. Pakistan: it all started in Libya. Special flights and ships… We have learned how to do it.
 
14. Philippines: We will make sure there is no overlapping and that our work is complementary.
 
 
References:
 
Georgetown University Institute for the Study of International Migration http://isim.georgetown.edu
Nansen Initiative: Towards a Protection Agenda for People Displaced Across Borders in the context of natural disasters and the effects of climate change
 
PS. The 25th Anniversary of the International Convention on the Protection of the Rights of All Migrant Workers and Members of Their Families falls on the 18th of December 2015
 
Michel Veuthey