16/09/2013

La paix, dialogue de vérité et de justice, de mémoire et de pardon

 

La Paix et les Droits de l'Homme, tel était le titre d'un événement parallèle organisé ce lundi 16 septembre 2013 au Palais des Nations par les Missions permanentes du Costa Rica, du Saint-Siège et de l'Ordre de Malte.

 

Modérateur

 

S.E. l’Ambassadeur Marie-Thérèse Pictet-Althann, Observateur Permanent de l’Ordre de Malte auprès des Nations Unies à Genève

 

Orateurs

 

S.E. Mgr. Silvano M. Tomasi, Nonce Apostolique, Observateur Permanent du Saint Siège, a mis l’accent sur le message de « Pacem in Terris » et sur sa pertinence pour relever les défis qui continuent de menacer la paix aujourd’hui.

 

S.E. l’Ambassadeur Christian Guillermet-Fernández, Représentant permanent adjoint du Costa Rica, Président-Rapporteur du Groupe de travail sur le Projet de Déclaration des Nations Unies sur le droit à la paix, a exposé les objectifs et les travaux en cours de ce groupe, qui fera rapport au Conseil des Droits de l'Homme en mars 2014.

 

Le Professeur Nicolas Michel, ancien Secrétaire Général adjoint aux affaires juridiques et Conseiller juridique des Nations-Unies, nous a fait partager sa réflexion sur les relations entre l ‘« universalité du bien commun » et les Nations Unies.

 

 

C'est le soussigné, Observateur Permanent adjoint de l’Ordre de Malte, qui a tiré les conclusions suivantes de cette réflexion, à laquelle assistaient une centaine de personnes :

 

 

« Paix et Droits de l’Homme », voilà un thème d’actualité vitale pour nos communautés, et disons-le franchement, pour l’humanité entière. Comme l’a réaffirmé le Nonce Apostolique, la paix, désir ardent des hommes, est possible dans les instruments juridiques et, aussi et surtout, sur le terrain.

 

Paix entre les hommes et les femmes, paix entre nations, paix aussi et d’abord avec notre Dieu Créateur, qui fait de nous des frères et des sœurs, personnes humaines égales dans notre dignité humaine.

 

Paix, bien commun, à la fois reçu et partagé, paix qu’il faut entretenir par un travail constant de dialogue dans le respect et la justice, ce qui comprend la responsabilité, la lutte contre impunité, une solidarité réelle et efficace, la mémoire et, comme le rappelait le Président Sommaruga, aussi le pardon.

 

Comme nous l’a rappelé le Professeur Nicolas Michel, la paix est basée sur le droit et le respect du bien commun, des individus, des communauté, de l’ensemble de l’humanité. Et comme le disait St. Thomas More « Travailler au bien commun est un devoir sacré, un devoir d’humanité et de bonté ».

 Tous, représentants d’Etats, d’organisations internationales universelles et régionales, d’ONG et de la société civile en général, y compris de responsables économiques, médiatiques et religieux ont chacun leur rôle pour retrouver et maintenir l’intérêt commun de la coopération et du service mutuel, je dirais même de la communion, à un moment où les limites voire les impasses de la compétition et de la concurrence dans tous les domaines apparaissent  à tous.

 

Bientôt cent ans après le début de la Première Guerre mondiale, qu’avons-nous appris en un siècle ? La Charte des Nations Unies, dont nous célébrerons le 70e anniversaire en 2015, s’est bien fixée pour objectif de libérer l’humanité du fléau de la guerre… Des mécanismes, à commencer par le Conseil de sécurité, et des réunions, notamment à Genève, ont été établis pour permettre aux Etats de régler leurs différends par la négociation. Mais le droit positif et les mécanismes qu’il a constitués pour l’appliquer ne valent que pour autant que la volonté politique des Gouvernements et la conscience publique en soutiennent le respect et le fonctionnement. 

 

Cinquante ans après le discours de Martin Luther King « I Have A Dream » et aussi après l’Encyclique « Pacem in Terris » de Jean XXIII, la conscience publique doit interpeler les Gouvernements, de respecter et de faire respecter le droit international, y compris humanitaire. Permettez-moi une proposition personnelle. Genève pourrait-elle être le lieu d’une Conférence sur la sécurité et la coopération au Proche-Orient (à l’instar de la CSCE d’Helsinki, qui s’était ouverte en 1973, il y a quarante ans, et qui a probablement largement contribué à éviter une guerre en Europe) ? Comme le disait l’Ambassadeur Chikh, de l’Organisation de la Coopération Islamique, nous devons reprendre le dialogue des civilisations. Et en effet, comme le disait Martin Luther King, ou bien nous apprenons à vivre ensemble comme des frères et des soeurs, ou bien nous périssons comme des insensés… (« We must learn to live together as brothers or die apart as fools »).  Apprenons à mieux cultiver ces valeurs de dignité humaine, de communion fraternelle, de liberté et de vérité. 

 

La paix, c’est bien une affaire à la fois de raison, de conscience et de cœur.  

 

 

Michel Veuthey

Commentaires

La paix(l'avoir et la cultiver, avec les moyens qu'il faut pour...) n'est-ce pas aussi les quelques mots-clés suivants:
justice
verité
authenticité
volonté, détermination
respect
compassion "active" (Dalaï-Lama)
partage
Pardon... Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 28/09/2013

Oublié un mot clé: PLAISIR!
Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 29/09/2013

Les commentaires sont fermés.