07/09/2013

Le Pavé de l'Ours...

L'usage d'armes chimiques est interdit. Une réaction forte est nécessaire... Mais pas n'importe laquelle. Une violation du droit n'en justifie pas une autre. Le Protocole de Genève de 1925 interdisant l'usage d'armes chimiques mérite certes toute notre attention ( et d'ailleurs la France en est l'Etat dépositaire ) et ne justifie pas une violation grave de la Charte des Nations Unies de 1945 interdisant le recours à la force, sauf en cas de légitime défense.

Il y a d'autres moyens de protéger les populations civiles en Syrie (et d'ailleurs) que de risquer une confrontation régionale voire mondiale.

Rappelons nous "Le Pavé de l'Ours" de La Fontaine :

Un jour que le vieillard dormait d'un profond somme, 
Sur le bout de son nez une allant se placer 
Mit l'Ours au désespoir, il eut beau la chasser. 
Je t'attraperai bien, dit-il. Et voici comme. 
Aussitôt fait que dit ; le fidèle émoucheur 
Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur, 
Casse la tête à l'homme en écrasant la mouche... 

Les populations syriennes méritent que la communauté internationale les protège d'une manière forte certes mais pas "Le Pavé de l'Ours"... 

Le conflit syrien dure maintenant depuis plus de deux ans. Plus de cent mille victimes et maintenant deux millions de réfugiés en sont les conséquences humaines, sans parler de la destabilisation du Liban et de la Jordanie, et de la destruction de trésors culturels de l'humanité.

Le Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies se réunit au Palais des Nations ce lundi 9 septembre. La question de la Syrie y sera discutée, avec  la présentation de documents et de propositions.

Propositions qui devraient à la fois concerner les droits de l'homme et le droit international humanitaire, puisque les deux sont applicables ( et malheureusemen t trop fréquemment violés ). Ce qui manque, ce ne sont pas les règles applicables, ni même la constatation des faits, même si les questions de refus d'accès et les problèmes de sécurité n'aident pas.

Ce qui manque, c'est la volonté politique des Etats de faire pression sur les parties au conflit syrien et sur ceux qui les soutiennent dans leur lutte de respecter des notions aussi fondamentales que

- les blessés et les malades ont le droit d'être soignés et les médecins qui viennent à leur aide doivent être respectés;

- les prisonniers doivent être traités avec humanité;

- les civils ne doivent pas être attaqués (par n'importe quel type d'arme) et doivent pouvoir recevoir l'aide d'organisations humanitaires impartiales comme le CICR.

Une Table Ronde, organisée par l'Institut international de droit humanitaire en coopération avec le CICR, vient de se terminer aujourd'hui. Nous en parlerons demain.


Michel Veuthey

Commentaires

"Il y a d'autres moyens de protéger les populations civiles en Syrie"

Lesquels ? Organiser un colloque sur les droits de l'homme à Genève par exemple ?

Écrit par : Plouf | 07/09/2013

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