29/08/2013

De la force du droit au droit du plus fort ?

Bientôt cent ans après le début de la Première Guerre mondiale, allons-nous entrer dans la Troisième ? La Charte des Nations Unies, dont nous célébrerons peut-être le 70e anniversaire en 2015, s’est bien fixé pour objectif de libérer l’humanité du fléau de la guerre… Des mécanismes, à commencer par le Conseil de sécurité, et des réunions, notamment à Genève, ont été établis pour permettre aux Etats de régler leurs différends par la négociation. Mais le droit positif et les mécanismes qu’il a constitués pour l’appliquer ne valent que pour autant que la volonté politique des Gouvernements et la conscience publique en soutiennent le respect et le fonctionnement.

 

Cinquante ans après le discours de Martin Luther King et aussi après l’Encyclique  « Pacem in Terris » du Pape Jean XXIII, la conscience publique doit interpeler les Gouvernements, y compris la Suisse, de respecter et de faire respecter le droit international, y compris humanitaire. Ce n’est pas en mettant de l’huile sur le feu qu’on va l’éteindre. Il y a d’autres moyens de calmer le jeu, à commencer par le dialogue. Genève pourrait-elle être le lieu d’une Conférence sur la sécurité et la coopération au Proche-Orient (à l’instar de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) d’Helsinki qui a probablement largement contribué à éviter une guerre en Europe) ? Comme le disait Martin Luther King, ou bien nous apprenons à vivre ensemble comme des frères et des soeurs, ou bien nous périssons comme des insensés
«Either we live  together as brothers,or we perish as fools»…

Michel Veuthey 

 

26/08/2013

Préparer 2015 : une stratégie centrée sur les droits de l’homme

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 2015 est une date charnière dans l’agenda du développement mondial.  C’est la fin des Objectifs du Millénaire et le début d’un nouvel agenda international. A partir de 2013 le programme de l'Université d'été des droits de l'homme se focalisera sur l'approche des droits pour le développement. Le but des formations est de donner des outils qui contribuent à la mise en place de nouveaux objectifs de développement conçus et évalués par rapport aux instruments internationaux des droits de l'homme.

Dans le sillage du Document de l’Equipe spéciale des Nations Unies : les droits de l'homme" devront constituer l'assise du nouveau programme de développement » Les droits de l’homme « offrent des orientations pratiques pour concevoir et évaluer les stratégies de développement et en préciser la teneur - par exemple, en donnant la priorité à l'accès universel à de l'eau de qualité, à l'alimentation, à l'énergie, à la sécurité monétaire, aux services de santé et autres biens et services publics essentiels ».

Les participants de la partie présentielle francophone qui débutera le 9 septembre en même temps que la session du Conseil des droits de l’homme viennent de 16 pays. d’Afrique subsaharienne, des Amériques, d’Europe et du Maghreb. La plupart sont membres d’ONG mais  on compte aussi des représentants des administrations publiques et des organisations internationales. Le but essentiel de la formation est d’établir une stratégie internationale pour que les futurs objectifs du développement ne restent pas seulement au niveau économique mais qu’ils incorporent la dimension humaine : droits de l’homme et démocratie.

La formation aura lieu au Palais des Nations, au Bureau International d’Education et à Ferney-Voltaire. Dans cette ville qui est partenaire du projet une soirée cinéma sera organisée avec l’association Cultures et Cinémas avec la projection et un débat sur le film « 8 » sur les Objectifs du millénaire pour le développement.

Valeria Arregui, coordinatrice des activités

 

19/08/2013

Lundi 19 août - Journée de l'aide humanitaire

A l'occasion de la Journée de l'aide humanitaire ( commémorant l'attentat dont a été victime à Bagdad Sergio Vieira de Mello et plusieurs de ses collaborateurs et interlocuteurs ), "Le Temps" a fait paraître samedi un article intéressant sur l'évolution du CICR et le rôle du Yémen : il y a cinquante ans, en 1963, quand le CICR célébrait son centenaire, l'action courageuse et impartiale du CICR dans la guerre civile au Yémen a été l'occasion d'une nouvelle dynamique pour l'ensemble de l'institution par son Chef de Délégation André Rochat, d'une ouverture au monde ( que le Dr. Junod avait aussi réalisée en Abyssinie où il avait aussi dénoncé une attaque aux gaz toxiques par l'aviation italienne...) ouverture qui reste évidemment plus que jamais d'actualité aujourd'hui...

Michel Veuthey


http://www.letemps.ch/Page/Uuid/46d11842-06a2-11e3-9097-c992e910f623/Yémen_1963_les_prémices_dune_métamorphose#.UhHnMhaey2x 

Voir aussi le livre d'André Rochat : L’homme à la croix: [une anticroisade] / André Rochat – [Vevey]: Éd. de l’Aire, 2005, 504 pp.


06/08/2013

Ma réponse aux obstacles: suite du billet précédant

 

 Comment répondre, comment agir, face à ces obstacles ? Il nous semble que deux actions peuvent être décisives: d'une part, la mise en place d’indicateurs et d'autre part la jurisprudence des mécanismes internationaux. Parlon d'abord des indicateurs.

 En premier lieu il faut établir plus clairement les obligations de l’Etat par rapport au droit à l’éducation. Cela implique tout d'abord de définir clairement le noyau dur, le « core content » du droit. Il s'agit d'obligations immédiates comme la gratuité de l’enseignement primaire qui doivent être mises en œuvre indépendamment de l’état des ressources financières.

 Il est ensuite important, à notre avis, de travailler à la mise en place d’indicateurs qui permettent non seulement de mesurer la situation mais également d’examiner la progressivité du droit. C’est ici que les indicateurs de processus sont importants. Nous savons que l’une des objections que l’on fait souvent concerne ce caractère progressif : comment le juger de manière pertinente?

 Disons d’emblée que l’Observation générale du Comité des droits économiques, sociaux et culturels signale avec précision le sens de l’affirmation «au maximum des ressources disponibles».

 Les indicateurs dont nous parlons devront être modestes dans leurs prétentions. On ne passe pas facilement de l'absence d'indicateurs à un système parfait d'évaluation. Ceux-ci doivent être simples, concernant des informations facilement accessibles au niveau international, aisément compréhensibles, acceptables par les gouvernements et en nombre limité. Les indicateurs doivent ensuite pouvoir être complétés et/ou modifiés dans le cadre d'un processus évolutif. Le travail effectué par le Haut Commissariat peut être un excellent point de départ et cela malgré certaines critiques qui peuvent lui être faites.

 Le travail autour des indicateurs est un travail de longue haleine, demandant la collaboration de toutes les parties prenantes, des organisations internationales et des experts. Il serait important de mettre en place un cadre de collaboration au niveau international qui permette d’arriver à un consensus.

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