06/08/2013

Ma réponse aux obstacles: suite du billet précédant

 

 Comment répondre, comment agir, face à ces obstacles ? Il nous semble que deux actions peuvent être décisives: d'une part, la mise en place d’indicateurs et d'autre part la jurisprudence des mécanismes internationaux. Parlon d'abord des indicateurs.

 En premier lieu il faut établir plus clairement les obligations de l’Etat par rapport au droit à l’éducation. Cela implique tout d'abord de définir clairement le noyau dur, le « core content » du droit. Il s'agit d'obligations immédiates comme la gratuité de l’enseignement primaire qui doivent être mises en œuvre indépendamment de l’état des ressources financières.

 Il est ensuite important, à notre avis, de travailler à la mise en place d’indicateurs qui permettent non seulement de mesurer la situation mais également d’examiner la progressivité du droit. C’est ici que les indicateurs de processus sont importants. Nous savons que l’une des objections que l’on fait souvent concerne ce caractère progressif : comment le juger de manière pertinente?

 Disons d’emblée que l’Observation générale du Comité des droits économiques, sociaux et culturels signale avec précision le sens de l’affirmation «au maximum des ressources disponibles».

 Les indicateurs dont nous parlons devront être modestes dans leurs prétentions. On ne passe pas facilement de l'absence d'indicateurs à un système parfait d'évaluation. Ceux-ci doivent être simples, concernant des informations facilement accessibles au niveau international, aisément compréhensibles, acceptables par les gouvernements et en nombre limité. Les indicateurs doivent ensuite pouvoir être complétés et/ou modifiés dans le cadre d'un processus évolutif. Le travail effectué par le Haut Commissariat peut être un excellent point de départ et cela malgré certaines critiques qui peuvent lui être faites.

 Le travail autour des indicateurs est un travail de longue haleine, demandant la collaboration de toutes les parties prenantes, des organisations internationales et des experts. Il serait important de mettre en place un cadre de collaboration au niveau international qui permette d’arriver à un consensus.

11:15 Publié dans Femmes | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je peine à comprendre sur quelles bases communes seraient concoctés les indicateurs. Lorsqu'on voit la difficulté et la réticence de certains cantons suisses à valider le programme d'harmonisation du scolaire, on n'ose pas penser ce qui se passe à l'échelon supranational, international, universel.
Le système de protection de l'accès à la culture que vous saluez ici me semble déjà presque dépassé. Non seulement il faudra beaucoup de temps pour qu'il soit largement ratifié et suivi, notamment en raison de la période que nous traversons, mais surtout parce que la technologie donnera très bientôt accès à tous les contenus gratuitement et n'importe où sur le globe.
Ainsi nous pourrons choisir nos cours en ligne, nous pourrons même faire du shopping parmi les professeurs disponibles en fonction des affinités.
A Genève, il est déjà possible de faire une licence en théologie en suivant 3 ans de cours sans quitter son PC qu'à deux ou trois reprises pour valider les acquis et obtenir les crédits.

Écrit par : Pierre Jenni | 06/08/2013

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