10/12/2012

L'invention des droits de l'homme

 

Droits de l'homme, universalité, loi naturelle

Aujourd'hui c'est la journée des droits de l'homme. Bon moment pour revoir nos classiques. Voici deux textes du stoïcien romain Cicéron. Il s'agit de l'invention théorique du concept.

’’Il existe une loi vraie, c’est la droite raison, conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous appelle impérieusement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous détourne. L’honnête homme n’est jamais sourd à ses commandements et à ses défenses ; ils sont sans action sur le pervers. A cette loi, nul amendement n’est permis, il n’est licite de l’abroger ni en totalité ni en partie. Ni le Sénat ni le peuple ne peuvent nous dispenser de lui obéir et point n’est besoin de chercher  un Sectus Aelius pour l’expliquer ou l’interpréter. Cette loi n’est pas autre à Athènes, autre à Rome, autre aujourd’hui, autre demain, c’est une seule et même loi éternelle et immuable, qui régit toutes les nations et, en tout temps, il y a pour l’enseigner et la prescrire à tous un dieu unique : conception, délibération, mise en vigueur de la loi lui appartiennent également. Qui n’obéit pas à cette loi s’ignore lui-même et, parce qu’il aura méconnu la nature humaine, il subira pour cela même le plus grand châtiment, même s’il échappe aux autres supplices’’. (De la République, liv. III-XXII)

 ’’Nous sommes nés pour la justice et …le droit a son fondement, non dans une convention, mais dans la nature’’…’’Il suit de là que la nature a mis en nous le sentiment de la justice pour que nous nous venions en aide l’un à l’autre et nous rattachions l’un à l’autre ; et c’est dans toute cette discussion ce que j’entends par nature. Mais telle est la corruption causée par les mauvaises habitudes, qu’elle éteint en quelque sorte la flamme allumée en nous par la nature, engendre et fortifie les noirceurs qui lui sont opposés. Si, se conformant à la nature, les hommes jugeaient, comme le dit le poète, que ‘’rien d’humain ne leur est étranger’’,  tous respecteraient également le droit. Car avec la raison, la nature leur a donné encore la droite raison ; donc aussi la loi, qui n’est autre chose que la droite raison considérée dans ses injonctions et ses interdictions. Et si elle a donné la loi, elle a aussi donné le droit. Or, la raison est commune à tous ; le droit leur a donc été donné aussi’’ (Des Lois, liv I-X)

02/12/2012

L'après 2015: le développement pour une société inclusive



Bergamo.jpg

Le Recteur de l'Université de Bergamo, Mme Melo et le professeur Rizzi titulaire de la Chaire (Bergamo)

Le monde pensa à l'après OMD, à l'après 2015. Pour Amartya Sen, le développement « peut être considéré comme le processus par lequel les libertés réelles des personnes s’accroissent ». Je peux me considérer développé, si je suis libre, libre de choisir le type de vie qui me semble bon. Le développement inclut ainsi les libertés, la liberté politique et la démocratie. Cette notion de développement permet de dépasser le débat entre droits civils et politiques d’un côté et droits sociaux de l’autre, ainsi que le débat entre libertés et droits. Une société ne peut être inclusive que sur la base de ce concept de développement.

C’était le thème du colloque organisé par la Chaire UNESCO de l’Université de Bergamo en collaboration avec la Chaire UNESCO de l’Université de Fribourg, la Chaire UNESCO de l’UNAM à Mexico, la Chaire UNESCO de l’Université de La Rioja, la Chaire UNESCO de l’Université de La Havane et la Chaire Unesco de l’Université Shahid Behesthi de Téhéran, le Collège Universitaire Henry Dunant et l’UNESCO le mois dernier. Dans ce mini sommet de Chaires UNESCO des droits de l'homme a participé Angela Melo, Directrice à la Section des Sciences Sociales et Humaines  et responsable de l’Approche des droits dans les politiques de l’UNESCO.

Les deux axes principaux d’un colloque de haut niveau qui a réuni une trentaine d’experts d’Afrique, Asie des Amériques et d’Europe étaient :
a. L’interdépendance des droits de l’homme : fin et moyen du développement. Chaque droit de l’homme peut être considéré comme une capacité à respecter et à valoriser en tant que fin et moyen du développement. De plus, toutes ces capacités fondamentales se renforcent mutuellement selon le principe de leur indivisibilité et de leur interdépendance.
b. La valeur transversale de chaque droit de l'homme. Le principe d’interdépendance des droits de l’homme implique que tous les droits peuvent se renforcer mutuellement. L’égalité entre tous les droits de l'homme ne signifie pas, cependant, leur uniformité. Dans une perspective de progrès dans l’interprétation il est utile de chercher à identifier des droits qui ont une fonction transversale accrue en raison de la position stratégique qu’ils occupent dans le système des droits de l’homme; par exemple les droits à l’éducation, à l’information et à la propriété.
Une publication recueillera l’ensemble des interventions au colloque.

Alfred Fernandez