14/08/2012

Le droit d’être gouvernés selon notre volonté et dans le respect de la loi

Dans quelques semaines débute la XVIIIème Université d'été des droits de l'homme qui aura lieu lors de la prochaine session du Conseil des droits de l'homme. En cette année du tricentenaire de Rousseau, elle traitera des liens entre développement, démocratie et libertés. Ces extraits du Rapport du Secrétaire Général « Dans une liberté plus grande » serviront de canevas à la formation :

Ce sont les besoins et les espoirs des peuples du monde qui doivent nous servir de phare. Dans le rapport que j’ai publié à l’occasion du millénaire, intitulé « Nous, les peuples » (A/54/2000), j’ai repris les premiers mots de la Charte pour bien montrer que si l’ONU rassemble des États souverains, c’est pour répondre auxbesoins des peuples qu’elle existe et c’est vers cela que doit tendre son action. Comme je l’ai dit quand j’ai été élu pour la première fois il y a huit ans, nous devons à cette fin « parfaire le triangle que forment le développement, la liberté et la paix ».

Les auteurs de la Charte l’ont clairement vu. S’ils ont parlé de préserver les générations futures du fléau de la guerre, c’était en sachant que cet objectif ne pourrait être atteint s’il était conçu de façon trop restrictive. Ils ont donc décidé de créer une organisation chargée de veiller au respect des droits de l’homme, de créerles conditions nécessaires au maintien de la justice et de l’état de droit, de favoriser le progrès social et d’instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

J’ai intitulé mon rapport « Dans une liberté plus grande » pour souligner que la Charte reste d’actualité et que les buts qui y sont énoncés doivent se concrétiser dans la vie des hommes et des femmes du monde. En parlant de liberté plus grande, j’ai voulu dire aussi que le développement, la sécurité et les droits de l’homme sont indissociables.

Même s’il a le droit de vote, un jeune homme atteint du sida, analphabète et affamé, est loin d’être libre. Même si elle gagne assez pour vivre, la femme dont le quotidien est marqué par la violence et qui n’a pas son mot à dire sur la façon dont son pays est gouverné n’est pas libre non plus. Parler d’une liberté plus grande, c’est dire que les hommes et les femmes du monde entier ont le droit d’être gouvernés selon leur volonté et dans le respect de la loi, et de vivre dans une société où chacun peut librement, sans discrimination ou sanction, s’exprimer, pratiquer une religion et s’associer à d’autres. C’est dire qu’ils doivent aussi être à l’abri du besoin, ne pas vivre sous le couperet de la misère ou des maladies infectieuses, et à l’abri de la peur, ne pas avoir à craindre que la violence et la guerre viennent bouleverser leur vie ou les priver de tout moyen de subsistance. Chacun a droit à la sécurité et au développement.