31/08/2011

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement : peut-on vraiment tenir les promesses ?

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Tenir les promesses était le titre de la résolution de l'ONU sur le Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de septembre 2010. La XVIIème Université d'été des droits de l'homme démarre lundi à Genève pour vérifier la possibilité de « tenir les promesses ». 40 participants de 23 pays de Afrique, d'Amérique Latine et d'Europe, sélectionnés parmi près de 300 candidats, participeront à cette session qui se déroulera du 5 au 16 septembre. Elle coïncide avec le Conseil des droits de l'homme. La nouvelle présidente du Conseil, Mme Dupuy Lassere, première femme qui occupe cette charge s'adressera aux participants lors de la séance d'ouverture.

Pendant quinze jours ils se pencheront sur les possibilités de tenir les promesses dans un monde bouleversé par la crise économique, la famine en Afrique et les crises politiques dans le Maghreb et les pays arabes. Peut-on tenir les promesses  et notamment penser la communauté internationale sur les valeurs fondamentales communes : « la liberté, l'égalité, la solidarité, la tolérance, le respect de tous les droits de l'homme, la préservation de la nature et le partage des responsabilités » ? (Résolution de l'A. Générale).

Le bilan des OMD ne peut se passer de l'approche des droits de l'homme, car le développement est un droit. Il faut le rappeler avec force en cette année où les  Nations Unies commémorent le 25 anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement.  En effet, le développement ne peut pas faire seulement objet d'une approche charitable, il doit respecter des normes si l'on veut éviter le fiasco notamment en temps de crise.  C'est pourquoi la session se penchera sur l'approche basée sur le droits au développement et le renforcement des mécanismes de protection des droits sociaux.

Les droits culturels seront également au menu, notamment les relations entre cultures et universalité des droits. La session consacrera une partie importante de son temps à la construction de mécanismes pour mesurer l'avancement des droits ainsi que pour l'identification de violations ou bonnes pratiques. La session  tirera également le bilan de la révision du Conseil des droits de l'homme achevée cette année.

Paul Gaullier, collaborateur scientifique

 

www.cuhd.org

 

08/08/2011

Avant les élections: la citoyenneté démocratique

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En période pré-electorale, je viens de relire la Charte européenne pour l'éducation à la citoyenneté démocratique adoptée dans le cadre du Conseil de l'Europe en mai 2010. Dans la Charte on peut relever deux affirmations importantes. La Charte parle de:

(...)donner les moyens d'exercer et de défendre leurs droits et leurs responsabilités démocratiques dans la société, d'apprécier la diversité et de jouer un rôle actif dans la vie démocratique

    1. (...) donner les moyens de participer à la construction et à la défense d'une culture universelle des droits de l'homme dans la société

    Remarquons en premier lieu la mention de droits et responsabilités qui rappellent la conception traditionnelle de la citoyenneté. Un citoyen exerce et défend ses droits. Il doit jouer un rôle actif. Mais un citoyen doit apprécier la diversité.

    La tolérance doit être intégrée dans le système éducatif à sa juste valeur, envisagée comme le respect de l'autre, et plus encore comme une attitude de compréhension de l'autre, de ses points de vue, de ses convictions, de ses coutumes, de son mode de vie. Tolérance qui signifie respect des options des personnes, de leur conscience, de leur vision du monde. Tolérance qui ne signifie ni indifférence, ni relativisme, ni manque de convictions propres.

    Que signifie jouer un rôle actif ? S'agit-il simplement de voter ? S'agit-il de s'impliquer, de devenir acteur politique ? Ou bien faut-il concevoir une action citoyenne qui aille au-delà de l'acteur public, de l'État ?  Les ONG appartiennent-elles à la citoyenneté ?

    Le deuxième point fait référence à une « culture des droits de l'homme». Une culture qui s'oppose à une culture de la violence, à une culture de la discrimination, à une culture de l'efficacité ou encore à une culture de la perfection technique.

    Défendre, garantir une culture des droits de l'homme est une manière de structurer la société fondée sur une approche des politiques basée sur les droits de la personne humaine. Une société dans laquelle l'être humain est le centre. Une culture qui s'inspire des instruments internationaux des droits de l'homme. Une culture qui permet à chacun de faire valoir ses droits et aux décideurs, aux autorités politiques de les protéger. Une culture enfin dans laquelle la personne non seulement elle possède plus mais elle est plus. Une culture qui ne regarde pas l'autre comme un bien utile, mais qui comme membre de la même famille : la famille humaine.

    Alfred Fernandez