20/04/2010

Education aux droits de l'homme: le point après la réunion du Conseil (1)

Un débat de haut niveau sur le projet de déclaration s’est tenu le 2 mars dans le but de lancer le processus intergouvernemental et ce en présence des hauts dignitaires. Il a donné lieu à des échanges riches et ouverts. Mme la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, la ministre des affaires étrangères de la Suisse, le Ministre de la Justice du Maroc et de nombreux autres pays sont intervenus. Tous se sont félicités du travail du Comité Consultatif et ont appelé à l’adoption de cette déclaration assez rapidement (2011), celle-ci devant permettre la mise en place d’un cadre juridique et éducationnel destiné à renforcer les droits de l’homme. C’est le mandat premier du Conseil de pourvoir à la réalisation de cet objectif.

Une déclaration orale conjointe sur ce thème, co-signée par 23 ONGs, a été délivrée le 16 mars par le président du groupe de travail lors de l’examen du point 5 de l’agenda du Conseil (Organismes et mécanismes de protection des droits de l’homme). Ce texte souligne le rôle de la déclaration qui, par ses principes directeurs, va permettre de combler le vide entre les standards internationaux des droits de l’homme et les pratiques actuelles. Ainsi, le droit à l’éducation aux droits de l’homme s’applique tant aux dispensateurs de ce droit qu’à ses bénéficiaires et sa définition doit figurer dans la déclaration. Il y a également été rappelé que le Conseil de l’Europe était sur le point d’adopter la Charte pour l’Education à la citoyenneté démocratique et qu’il fallait s’assurer que la définition, comme les principes directeurs, soient en cohérence tant au niveau régional qu’international. Enfin, l’établissement de cette déclaration doit se poursuivre avec la participation de toutes les parties prenantes, notamment la société civile, et ce assez rapidement sans toutefois se hâter trop vite.

Ces échanges ont culminé avec un panel le 17 mars, organisé par le Groupe de travail sur l’éducation et la formation aux droits de l’homme et co-sponsorisé par le pôle « Education et formation aux droits humains » (Costa Rica, Italie, Maroc, Philippines, Slovénie, Sénégal et la Suisse) sur ce projet de déclaration. Cet événement a rassemblé près d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des délégués du Haut –Commissariat, 9 Etats membres – dont cinq faisant partie du pôle - autour des panélistes. Alfred Fernandez est intervenu au nom de OIDEL et du Collège universitaire Henry Dunant pour faire part des résultats d’une enquête réalisée en ligne au mois de novembre 2009 auprès d’une population francophone, sur les besoins en formation aux droits de l’homme et l’intérêt que cette éducation suscite. L’autre représentant de la société civile était Amnesty International. Le professeur P. Kirchschlaeger, de l’université de Lucerne, a apporté un éclairage intéressant sur le contenu et les méthodes d’enseignement qu’il faudrait retenir dans le cadre de cette déclaration. Les autres intervenants, l’ambassadeur des Philippines E . Garcia, Mme Lemrini du Comité consultatif des droits de l’homme du Maroc et coordonnatrice des institutions nationales des droits de l’homme ont tous salué le Comité exécutif pour son travail de rédaction et se sont félicités de la bonne collaboration entre toutes les parties prenantes, le dialogue étant ouvert et transparent, comme dans une « grande famille ». Tous ont souhaité que Mr Decaux, rapporteur du groupe de rédaction de la déclaration, continue à faire partie des débats.

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