17/02/2010

Violence: l'âme désarmée

La France lance les états généraux contre la violence scolaire. La violence est devenue un problème majeur de l’humanité. « Chaque année la violence dans le monde fait plus de 1,6 millions de morts ». affirme l’OMS dans un Rapport sur la violence dans le monde. « Pour une personne qui meurt des suites d’un acte de violence, beaucoup d’autres sont blessées ou confrontées à tout un éventail de problèmes physiques, sexuels, génésiques ou mentaux. La violence figure parmi les principales causes de décès de 15 à 44 ans dans le monde ; elle est responsable d’environ 14% des décès chez les hommes et de 7% des décès chez les femmes »

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La violence est devenue ainsi un problème de santé publique, parce qu’elle détruit le tissu social et menace la vie de tous. En ce début de siècle nous avons la sensation que la violence est omniprésente, qu’elle est comme libérée des interdits sociaux et culturels qui arrivaient à la circonscrire un tant soit peu. Selon J. Brun « il règne aujourd’hui une atmosphère telle que les problèmes les plus ordinaires ne sont envisagés que sous l’angle de la violence. C’est ainsi que l’on parle de bataille contre la vie chère, de l’offensive des prix, du front contre la hausse, de l’arme secrète que prépare tel ou tel ministre…les matchs de football deviennent de micro-guerres entre les équipes et les spectateurs eux-mêmes. La lutte de classes, la lutte pour la vie, la concurrence, ce que l’on baptise « compétitivité » utilisent pour se manifester et s’entendre un langage dans lequel la violence joue un rôle capital ». 

La lutte contre la violence se situe dans un nouveau contexte caractérisé d’une part par l’affaiblissement des « arguments » classiques contre la violence et, d’autre part, par une sensibilité accrue envers les dangers que charrie la violence. Nous voyons qu’elle est susceptible de mettre en péril la survie de l’humanité. Nous sommes ainsi de plus en plus conscients des dangers et nous avons établi des normes et institutions pour préserver la paix. Mais d’autre part, nous sentons notre « âme désarmée » (A. Bloom), désemparée pour lutter contre une violence omniprésente.

La Déclaration universelle des droits de l'homme établit une relation directe entre les droits et la violence: « Considérant qu'il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression ». Toute l’action des organisations internationales s’inspire de cette idée : le meilleur moyen de combattre la violence et de chercher la paix est l’instauration d’un régime de droit. Le droit apparaît ainsi aux yeux de la communauté internationale comme l’opposé de la violence.

Cela dit, comment alors travailler avec les droits de l’homme pour combattre la violence et bâtir un monde pacifique? A notre avis les droits de l’homme représentent une alternative à la violence qui peut être déclinée en trois temps: le droit, l’Etat de droit et l’universalité des droits de la personne humaine. Dans un autre billet nous reviendrons sur le thème.

 

Image: Présentation de la Université d'été des droits de l'homme, Palais des Nations, mars 2009

16:58 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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