24/11/2009

Le droit à l'éducation: le droit à la vie (culturelle)

 

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L'intérêt porté au droit à l’éducation ne vient pas du fait qu’il est plus important qu'un autre droit, économique, social ou culturel mais du fait qu’il es un droit fondateur de l’indivisibilité des droits de la personne.

La notion d' empowerment right traduit parfaitement le caractère fondateur du droit à l'éducation et ce n’est pas sans raison que certains auteurs le définissent fort judicieusement comme étant ’instrument des droits de l'homme L'éducation est la base sur laquelle peut être édifié un développement humain durable, concept qui ne saurait valoir pour les seuls pays du Sud mais qui a également tout son sens dans les zones, dites développées, du Nord. A chaque nouvelle génération toute société humaine doit en effet refaire le chemin de son humanité, et l’éducation par sa nature même est une tâche qui demeure toujours à accomplir.

L'éducation c’est l’initiation à l'humanité et de toutes les métaphores qui désignent le processus éducatif, l'initiation, ou chemin qu’il faut parcourir soi-même, est sans doute celle qui convient le mieux. L'éducation c’est le passage obligé par lequel le “ petit de l'homme ” pénètre dans le monde humain (O. Reboul), ou, on peut aussi l'exprimer ainsi, dans le monde culturel où droits et devoirs puisent leur signification.

Malheureusement, nombreux sont ceux qui n’ont pas une conscience suffisamment claire de l'importance de l'éducation qui, du point de vue culturel, équivaut au droit à la vie, entendons par là droit à la vie culturelle, et donc droit à une vie proprement humaine. L'éducation n'est pas donc seulement affaire de communication ou d'intégration, ce n'est pas seulement une affaire d’alphabétisation, une histoire de lecture ou de calcul, voire de promotion de la démocratie ; c’ est, pour les peuples comme pour l’individu, une affaire de vie ou de mort.

13/11/2009

L’éducation aux droits de l’homme: une révolution dans le système éducatif

Alfred Fernandez
Président, Collège Universitaire Henry Dunant (Genève)




Le Programme mondial d’éducation aux droits de l’homme doit choisir une nouvelle cible pour 2010. Après une phase consacrée à l’éducation aux droits humains dans le primaire et le secondaire, passée quasiment inaperçu, le Conseil vien de décider de travailler sur l'enseignement supérieur.

Ce que l’on ne dit pas souvent est que le Programme mondial est une bombe. Il renferme un potentiel de changement radical des systèmes éducatifs. Il est important de le faire remarquer car, sous un langage diplomatique, le Programme mondial apporte des idées révolutionnaires. Le moment de la rentrée scolaire est opportun pour lire ou relire ce document adopté par consensus par l’Assemblée générale de l’ONU en 2004. Il est vraiment dommage que les acteurs de la société civile ne se le soient pas approprié. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Voici en vrac quelques idées exprimées par ce texte qui n’ayant pas de date de péremption est de durée illimitée.

Le Programme instaure tout d’abord une nouvelle gouvernance, une nouvelle gestion du système éducatif. Ainsi selon ce Programme, l’éducation aux droits humains, bien comprise, suppose une modification à l’échelle du système éducatif tout entier et son introduction doit être l’expression claire et cohérente des engagements pris par l’Etat en faveur du droit à l’éducation de ses citoyens.

Le texte mentionne la nécessité d’une modification du système éducatif à quatre niveaux : plus de délégation de pouvoir des autorités publiques, introduction d’une gouvernance démocratique du système éducatif, autonomie des écoles et des centres et, la cerise sur le gâteau : partage de responsabilités entre les pouvoirs publics et la société civile dans la gestion du système éducatif.

Le Programme propose donc une feuille de route pour la transformation du système éducatif mise en œuvre en trois temps en trois temps.

En premier lieu, l’Etat, ou les pouvoirs publics, doivent être conscient qu’ils ne sont pas les seuls responsables de l’éducation, l’éducation est l’affaire de tous et elle doit être mise en place avec l’aide de tous. Il faut que l’Etat gère avec le secteur privé et la société civile. Pour mettre en place cette nouvelle gouvernance, l’Etat doit fixer les cadres de politique générale et veiller à la cohérence des ces politiques. Il doit en outre instituer des mécanismes d’exécution et de contrôle ainsi que des mécanismes de participation à l’élaboration et à l’exécution de politiques éducatives des autres parties prenantes. Enfin, il doit établir un système d’indicateurs pour mesurer le degré d’accomplissement des politiques. Il faut rendre compte des actions.

En deuxième lieu, il faut que, dans l’élaboration des politiques, l’Etat adopte une approche fondée sur les droits –l’objectif des politiques est le respect du droit à l’éducation -. En clair, il faut plus que des bons résultats PISA, il est nécessaire de garantir le droit à l’éducation pour tous : il faut une « formation de qualité qui respecte pleinement l’identité culturelle » (Déclaration sur la diversité culturelle, UNESCO, 2001).
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Enfin, il est demandé aux pouvoirs publics d’octroyer une véritable autonomie aux établissements d’enseignement. Cette autonomie permettre aux écoles de prendre en compte la diversité des populations scolarisées d’une part et les besoins spécifiques des élèves, d’autre part.