18/08/2008

Mauritanie: la fin de l'histoire?

Interview du professeur Abdoulaye SOW


Le 3 août 2005, les militaires mauritaniens avaient destitué le président Taya et initié une transition démocratique qui a permis le retour à l'ordre constitutionnel. Les différentes élections municipales, législatives et présidentielles réussies avaient fait émerger un pouvoir démocratique porteur d'espoir pour la réconciliation nationale en Mauritanie.

La Mauritanie fut citée comme l'un des rares pays du monde arabo-islamique à avoir entamé un processus démocratique normal qui a débouché sur la mise en place d’institutions démocratiques fonctionnelles.  Avec le coup de force  des militaires intervenu le 6 août dernier, la parenthèse démocratique vient de se refermer.

Selon le professeur SOW, professeur de philosophie morale et politique et d’anthropologie à la Faculté des Lettres de l’université de Nouakchott (Mauritanie), militant des droits de l’homme et collaborateur de l'université d'été des droits de l'homme de Genève, cette actualité soulève les questions suivantes :

·    Comment comprendre le retour  des militaires au pouvoir après une parenthèse démocratique de trois ans?

Les  raisons officielles invoquées par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, en particulier le limogeage  des chefs des différents corps  de l'armée, sont des arguments assez faibles pour justifier le coup d'état. Le vrai problème de la démocratie mauritanienne tient à sa jeunesse et à l'absence de société civile organisée et suffisamment formée. La régression de la démocratie est due à l'absence de culture démocratique, contrairement au Sénégal par exemple.

Ainsi dans un pays où la population est encore largement analphabète, l'absence de radios privées capable d'informer les gens dans leur langue ne favorise pas la démocratisation du pays. Les résistances du monde arabe et musulman à la démocratie ne sont pas négligeables et posent beaucoup questions encore.

Enfin la complaisance occidentale joue un rôle important,  que les militaires savent exploiter comme le montre la nomination de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf comme Premier Ministre, lui qui a été ambassadeur à Bruxelles. A cela s'ajoute le manque de volonté politique de l'Union Africaine.

Le putsch est aussi révélateur d'une tendance inquiétante en Afrique: celle de la place que prend l'armée comme seule force organisée de la société, pouvant à ce titre se dire garante et dépositaire de l'ordre moral et démocratique. C'est là une des grandes inquiétudes pour la stabilité de ce pays, car ce coup d'état a montré que la force prime sur le droit. Qui pourra alors empêcher d'autres militaires de tenter un autre coup pour s'emparer du pouvoir si la situation ne leur convient pas?

·    Que faire pour favoriser le retour à une véritable démocratie?

Il ne peut y avoir de retour de la démocratie, qui se manifeste notamment par l'élection libre des représentants au pouvoir et l'égalité de tous les citoyens, sans l'existence d'une culture démocratique enracinée dans le peuple. Pour qu'elle puisse se développer et représenter un vrai contrepouvoir aux militaires, il faut encourager l'éducation de tous, et en particulier l'éducation aux droits de l'homme. Sans elle, les individus n'ont pas la capacité de réagir efficacement, ils ne peuvent que dénoncer.

L'éducation est ce qui construit, structure l'être humain, et lui permet de prendre conscience de sa dignité. Elle lui donne les moyens de se défendre et de construire une société plus juste. Il faut aussi élaborer un code de conduite des différents acteurs politiques face ä l’accaparement du pouvoir politique par la force. Ce code doit interdire toute participation ä un gouvernement dont la légitimité n’est pas celle des urnes.

La formation comme celle que dispense l'université d'été de Genève est d’une importance capitale  car elle renforce les capacités des militants des droits  de l’homme.

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11/08/2008

Gérer les diversités culturelles et les conflits par le droit

 La XIVème session de l’Université d’été  est centrée sur les outils pratiques pour gérer la diversité et les conflits culturels en s’appuyant sur les droits de la personne.  Il oeuvre en faveur d’un pluralisme ordonné dans les pays en mettant l’accent sur les droits culturels.

Un colloque public organisé pour célébrer le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle traitera des questions de la citoyenneté inclusive et du rôle des religions dans les conflits internationaux.

  

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06/08/2008

Tester les nouveaux mécanismes des droits de l'homme

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14 SESSION DE L’UNIVERSITE D'ETE DES DROITS DE L'HOMME DE GENEVE

Cette année l’Université d’été des droits de l’homme formera son millième participant. En effet avec les participants de cette session - 77 au total-  l’Université d’été aura atteint ce nombre de personnes formées en provenance de 90 pays répartis sur les cinq continents. Ce millième participant est un chercheur malien, Kassoum Coulibaly, collaborateur du Centre international sur les droits culturels récemment créé à l’Université de Nouakchott. Les participants viennent de 32 pays : 12 d’Europe, 16 d’Afrique,  2 d'Amérique et 2 d’Asie. Il s’agit de fonctionnaires internationaux, de spécialistes d’opérations de maintien de la paix, de magistrats, de diplomates ainsi que des responsables d’ONG. La moitié des participants sont des femmes.

Gérer les diversités culturelles et les conflits par le droit


Le programme de la XIVème session de l’Université d’été  est centré sur les outils pratiques pour gérer la diversité et les conflits culturels en s’appuyant sur les droits de la personne.  Il oeuvre en faveur d’un pluralisme ordonné dans les pays en mettant l’accent sur les droits culturels. Une place importante  sera réservée cette année à l'étude de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, qui a été présentée en mai 2007 aux Nations Unies.


Tester les nouveaux mécanismes

Le programme 2008 se propose également de tester les nouveaux mécanismes de protection des droits  de la personne mis en place par le Conseil des droits de l'homme, notamment l’Examen périodique universel et le protocole facultatif autorisant des plaintes pour violation des droits économiques et sociaux. Une simulation de deux jours mettra en scène le protocole facultatif et un atelier de trois heures développera les compétences pour participer efficacement à l’Examen périodique universel. Les participants auront l’occasion de suivre le nouveau Comité Consultatif du Conseil car la formation se déroulera pendant la session de cet organe qui siègera pour la première fois cet été.

Le programme inclut des sessions sur l’éducation aux droits de l’homme, sur le droit international humanitaire, le droit à l’éducation, le droit à la santé et les droits de peuples autochtones et le développement durable. Une partie sera dédiée à cette question en lien avec les changements climatiques, présentée par A. Dramé, membre vert du Conseil municipal. L’impact de la finance internationale sur les droits de l’homme sera examiné par le professeur P. Dembinski, Directeur de l’Observatoire de la Finance, et l’éthique de la coopération internationale par le professeur F. Rizzi de la Chaire Unesco de l’Université de Bergame.