18/04/2008

Droits culturels: accueiller les différences

Les droits culturels sont à l’ordre du jour. En mai prochain le Comité des droits économiques sociaux et culturels débattra de l’article 15 du Pacte relatif au droit de participer a la vie culturelle.

Il est nécessaire de repenser les sociétés en tenant compte de la différence et du droit à la différence parce que le système démocratique actuel (libéral) a voulu se détacher des valeurs pour rester dans le domaine purement formel, opérationnel, dans le but d’accueillir toutes les différences. Mais, de facto, il se montre incapable de les accueillir, car l’application des mêmes règles pour tous ne respecte pas le différent dans ce qu’il a de différent. Il faut bien reconnaître que contrairement à ses prétentions le système n’est pas neutre : « il n’est pas un terrain possible de rencontre pour toutes les cultures, mais il est l’expression politique d’une variété de cultures – tout à fait incompatible avec d'autres.  Le libéralisme est aussi un credo de combat" (C. Taylor).

Il y a erreur à interpréter le droit comme un cadre purement opérationnel. La notion même de libertés publiques, par exemple, n’est pas seulement formelle. La liberté d’expression ne consiste pas dans le droit de dire n’importe quoi, elle est capacité de dialogue, de débat dans l’espace public.

La différence est constitutive de la culture que R. Girard définit « comme un système d’échanges ». Poser la question de la différence dans les termes actuels est donc fausser le point de départ. « Il n’est pas de culture à l’intérieur de laquelle chacun ne se sente « différent » des autres et ne pense les « différences » comme légitimes et nécessaires. Loin d’être radicale et progressiste, l’exaltation contemporaine de la différence n’est que l’expression abstraite d’une façon de voir commune à toutes les cultures. » (R. Girard.)

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