24/09/2007

Peuples autochtones : une victoire pour l'humanité

L’adoption par l’Assemblée Générale des Nations Unies de la Déclaration des droits des peuples autochtones le 13 septembre est une victoire pour l’humanité. En reconnaissant ces droits, la communauté internationale fait, avant tout, une œuvre de justice. Elle reconnaît l’existence juridique de communautés que l’on avait niées dans son identité. C’est tout l’ethnocentrisme de la modernité qui s’efface devant la reconnaissance d’une diversité qui seule permet de mieux comprendre l’humain. Voilà pourquoi il s’agit d’une victoire pour/de l’humanité.

La reconnaissance des identités autochtones est donc d’une haute portée symbolique et certainement signifiera un réaménagement dans les structures de la gouvernance de plusieurs pays. « L’identité - a dit avec pertinence Charles Taylor en parlant précisément des peuples autochtones de l’Amérique du Nord - est partiellement formée par la reconnaissance, par son absence, ou par la mauvaise perception qu’en ont les autres : une personne ou un groupe de personnes peuvent subir un dommage ou une déformation réelle si les gens ou la société qui les entourent leur renvoient une image limitée, avilissante ou méprisable d’eux-mêmes ».

A. Eide en parlant des minorités souligne pour sa part que « L’identité exige de l’Etat et de la société dans son ensemble au-delà de la simple tolérance, une attitude favorable au pluralisme culturel (…) [ils] doivent instaurer un climat propice au développement de cette identité.».


Ce respect de la diversité a comme objectif fondamental de permettre à chacun de se forger sa propre identité, comprise comme la liberté fondamentale que toute structure juridique doit respecter : la liberté de conscience ou mieux la liberté de pensée, terme celui-là plus large et qui convient mieux. En effet la liberté d’enseigner et de créer des institutions qui transmettent la culture ne sont, en fait, que des conséquences du nécessaire respect de la liberté de pensée, qui ne peut être soumise à aucune restriction.


Déjà la Convention 169 de l’OIT concernant les peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants affirmait que : « les gouvernements doivent reconnaître le droit de ces peuples de créer leurs propres institutions et moyens d’éducation, à condition que ces institutions répondent aux normes minimales établies par l’autorité compétente en consultation avec ces peuples. Des ressources appropriées doivent leur être fournies à cette fin » (art 26. al. 3).

16:03 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

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