22/08/2007

Pourquoi le nom de Henry Dunant ?

Le choix de Henry Dunant est hautement symbolique : ce « père » de la Conférence de Genève de 1863, s’il représente le droit humanitaire en tant que fondateur de la Croix Rouge, est également l’une des figures de proue des droits de l’homme. Car Dunant a effectivement consacré sa vie à la défense des droits de la personne humaine. Il a ainsi dénoncé la traite des noirs et proposé l’abolition de l’esclavage, imaginé la création de l’Etat d’Israël, défendu les droits des minorités et milité en faveur des droits des femmes et des travailleurs.

Dunant a aussi été un homme de paix : à ce titre, il a reçu le premier prix Nobel de la Paix en 1901. Il a fondé également une ONG : l’Union chrétienne des jeunes gens, mouvement de jeunes engagés dans la foi chrétienne et la tolérance.

Cette synthèse des principes de droit, de tolérance et de paix reflète de manière précise l’ « esprit de Genève », esprit d’ouverture, d’universalité et de fraternité.

Le mot « collège », pour sa part, évoque une communauté. L’Université d’été est en effet une communauté de pensée, tout d’abord, mais également d’action qui rassemble près de 600 personnes de 85 nationalités. Communauté de pensée par l’enseignement, le partage des savoirs et l’interdisciplinarité. Le terme « collège » signifie aussi une égalité entre ses membres qu’ils soient du Nord ou du Sud, la diversité étant conçue comme source de richesses et de possibilités. Or, cette égalité de principe, indispensable au dialogue des cultures et au partage des connaissances est bien l’une des caractéristiques de l’Université d’été.

Le mot « universitaire », quant à lui, fait référence à la prise de distance par rapport à l’action politique qui lui permet de s’interroger sur les pourquoi et les fondements. Universitaire, dans ce contexte, signifie encore universalité et réflexion prospective sur l’évolution de la communauté internationale.

Le Collège universitaire Henry Dunant est, enfin, une communauté d’action par son impact sur la protection des droits dans le monde et, surtout, par les actions en faveur d’une culture des droits de la personne humaine enracinée dans les différentes philosophies et religions. Cette culture est le fondement de la gouvernance démocratique indispensable à la mise en place d’un développement humain durable.

 

 

 

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14/08/2007

Pas de démocratie sans diversité culturelle

Session hispanophone 2007

Trop souvent perçue comme source de conflit, la diversité culturelle est une chance pour les sociétés démocratiques. La communauté internationale l’a très bien vu qui, au cours de ces dernières années, a adopté plusieurs instruments sur la diversité culturelle.

Cependant, les mentalités ne sont pas encore à l’unisson avec ces avancées normatives. Et cependant, sans diversité culturelle il ne peut y avoir de créativité ni d’innovation source de la croissance économique et du développement. La raison profonde en est que la réalité humaine est trop complexe pour être cernée par une seule culture ou une seule manière de voir. Le pluralisme et la diversité enrichissent le contenu des notions et des concepts abstraits. Ainsi, la reconnaissance de la diversité n’est pas une démission de la raison devant la complexité du réel, elle est simplement le constat de cette complexité et du besoin de mettre ensemble les différentes cultures afin de trouver les meilleures solutions aux problèmes fondamentaux posées aux sociétés. Elle reflète également le besoin de transmettre de « bonnes pratiques » et de transférer des modèles, l’une des fonctions premières des organisations internationales.

L’exemple type de la nécessité de la diversité est celui du politique. Le pluralisme et la diversité de partis/idéologies permet l’existence de solutions alternatives aux problèmes sociétaux et, c’est cette possibilité d’alternance, cette pluralité de ressources dans la manière d’affronter les questions, qui permet de trouver les meilleures solutions.

Sans le pluralisme représenté très souvent par des minorités les sociétés tendent à se scléroser ou à la reproduire le modèle social jusqu’à l’épuisement. Un bon exemple est celui du mouvement écologique et du mouvement féministe. Ces deux mouvements, très minoritaires au départ, ont durablement modifié le modèle social malgré l’opposition des majorités. Cela a été possible par l’existence d’un espace de liberté qui leur a permis de faire entendre une voix alternative.

Si le risque de sclérose du système social impose l’existence de la diversité sur le plan politique et social, dans le domaine économique, la diversité est indissociable de l’économie de marché. Sans diversité, sans alternatives en concurrence il n’y a pas de marché possible. C’est également la diversité des fonctions et des capacités qui permet, moyennant la division du travail, la croissance économique.

Dans le contexte économique, il est essentiel « de garantir la sauvegarde de la diversité dans les processus mondialisés : la prise en compte du respect des cultures est la condition d’une gestion démocratique de la formation, de l'information et du commerce mondialisés, c’est aussi la condition pour développer – par interactions mutuelles – la richesse culturelle »[1].

Plusieurs exemples de la richesse qu’apporte la diversité peuvent être relevés. Denis de Rougemont en cite deux : l’amour courtois et le jazz. Le premier est né de la rencontre entre le soufisme, le catharisme et la proximité géographique entre le Languedoc et l’Andalousie. Le jazz, style musical et même style de vie, est née quant à lui de l‘interférence entre l’art des esclaves, le piétisme, et la musique européenne.[2] Dans le domaine de la musique, on pourrait citer également la World music et le rai nord-africain.

Un dernier exemple est celui de l’art culinaire dont la diversité représente, pour la majorité d’entre nous une richesse incontestable.



[1] Observatoire de la diversité et des droits culturels. Programme de travail. http://www.unifr.ch/iiedh/droits-culturels/dc-recherche/odc-normes.htm

[2] D. de Rougemont, Ecrits sur l’Europe, vol III. Editions de la Différence, 1994, Paris, p. 13 –15.

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09/08/2007

InForHumanum: une plataforme en faveur des droits de l'homme et de la paix

La plate-forme d’ONG InForHumanum a été crée dans le but de  renforcer les collaborations, les synergies  avec les  milieux académiques, les organisations internationales, les autorités genevoises et suisses, ainsi qu'avec les Missions  permanentes auprès des Nations Unies à Genève.

InForHumanum part du constat qu’il existe à Genève une offre riche et diversifiée de formation, d’information et de recherche dans ces domaines proposée par les ONG membres de la plate-forme. Cette offre, qui demande à être mieux mise en valeur, joue un rôle important dans le cadre de la Genève internationale.

Les organisations suivantes sont actuellement membres d' InForHumanum. 

Association Internet pour les Droits de l’Homme (AIDH)
Anti - Racisme Information Service (ARIS)
Centre Europe - Tiers Monde (CETIM)
Collège universitaire Henry Dunant / Université d’été des droits de l’homme (cuHD/ueDH)
Institut International de Recherche pour la Paix (GIPRI)
Système d’information et de documentation (HURIDOCS)
Institut International de Droit Humanitaire (IIHL)
International Geneva Yearbook
Service International pour les Droits de l’Homme (SIDH)

InForHumanum est une plate-forme qui se veut inclusive, c’est-à-dire ouverte à toutes les ONG qui ont leur siège à Genève et travaillent en collaboration étroite avec les Organisations Internationales dans les domaines des droits fondamentaux et de la paix. Cette plate-forme est dotée d’une structure souple: chaque organisation assurera à tour de rôle la coordination semestrielle des activités.

 les objectifs de la plate-forme InForHumanum

1.    Partager l’information et la coopération entre ses membres, ainsi qu’avec les autres acteurs spécialisés dans le domaine des droits de l’homme, du droit humanitaire, et de la paix.
2.    Favoriser le développement de projets communs et promouvoir la complémentarité entre les organisations et leurs différentes activités.
3.    Promouvoir les liens avec le secteur académique, notamment avec le Pôle en études internationales de Genève.

  Coordination semestrielle IIHL : M. Veuthey mveuthey@mac.com

 

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03/08/2007

Droits de l'homme: évaluer le degré d'humanité d'une société

Le but du droit humanitaire est d’alléger la souffrance liée à la guerre; le but des droits de l’homme est de prévenir la guerre en instaurant des relations sociales fondées sur le droit et non sur la violence. Les droits de l’homme se situent donc en amont du droit humanitaire, mais la démarche est une, expression d'une seule et même dignité.


Promouvoir cette dignité et faire valoir son universalité, voilà la tâche qui tient à cœur, me semble - t - il, à tous ceux qui collaborent à notre projet. Il semble en effet important de mettre en évidence la continuité entre l'éducation aux droits de l'homme et les différentes traditions, cultures, philosophies et religions. L'enjeu est d'autant plus actuel que les critiques à l'encontre de l'universalité des droits de l'homme sont nombreuses, certaines cultures ne reconnaissant pas ces droits comme les leurs. Et pourtant, nous savons que toutes les cultures sont porteuses de l'exigence qui fait que ces droits existent. C'est pourquoi il nous faut travailler à la promotion de l'universalité et affirmer, haut et fort, que ou bien l'enseignement aux droits de l'homme s'intègre dans les cultures, les religions et les philosophies, ou bien les droits de l'homme ne deviendront jamais "le langage commun de l'humanité".

Nous pensons que nous devons accepter loyalement le débat sur les droits de l'homme, même si ceux qui les récusent sont de mauvaise foi. Efforçons-nous de fonder en raison nos propos. Les droits de l'homme doivent être une norme qui permette d'évaluer le degré d'humanité d'une société, indépendamment des différences culturelles. Mais ils ne pourront jouer ce rôle tant qu'ils ne seront pas fondés sur des raisons convaincantes.

Prenons par exemple l'idée de laïcité, chère à certaines sociétés occidentales. Le sujet est d'actualité à Genève. La laïcité de l'éducation ne peut être une laïcité contre les convictions ou les religions. Cette laïcité là ne résistera pas aux intégrismes. Un auteur français, P. Viveret l'exprime avec clarté: "Si la laïcité continue à être définie comme le rejet sur la sphère de l'opinion et du privé de toutes les questions essentielles de la vie, de la mort et du sens, inévitablement nous ne tiendrons pas le choc face au phénomène identitaire de tous les intégrismes. Ceux-ci balaieront la fragile barrière que représente une culture organisée autour de la production et de l'économie".

Si, comme nous le pensons, les droits de l'homme sont universels, nous ne pouvons éluder les questions de la nature humaine, du fondement même du droit, ou encore de la redéfinition du rôle de l'Etat dans la société.

 

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