03/08/2007

Droits de l'homme: évaluer le degré d'humanité d'une société

Le but du droit humanitaire est d’alléger la souffrance liée à la guerre; le but des droits de l’homme est de prévenir la guerre en instaurant des relations sociales fondées sur le droit et non sur la violence. Les droits de l’homme se situent donc en amont du droit humanitaire, mais la démarche est une, expression d'une seule et même dignité.


Promouvoir cette dignité et faire valoir son universalité, voilà la tâche qui tient à cœur, me semble - t - il, à tous ceux qui collaborent à notre projet. Il semble en effet important de mettre en évidence la continuité entre l'éducation aux droits de l'homme et les différentes traditions, cultures, philosophies et religions. L'enjeu est d'autant plus actuel que les critiques à l'encontre de l'universalité des droits de l'homme sont nombreuses, certaines cultures ne reconnaissant pas ces droits comme les leurs. Et pourtant, nous savons que toutes les cultures sont porteuses de l'exigence qui fait que ces droits existent. C'est pourquoi il nous faut travailler à la promotion de l'universalité et affirmer, haut et fort, que ou bien l'enseignement aux droits de l'homme s'intègre dans les cultures, les religions et les philosophies, ou bien les droits de l'homme ne deviendront jamais "le langage commun de l'humanité".

Nous pensons que nous devons accepter loyalement le débat sur les droits de l'homme, même si ceux qui les récusent sont de mauvaise foi. Efforçons-nous de fonder en raison nos propos. Les droits de l'homme doivent être une norme qui permette d'évaluer le degré d'humanité d'une société, indépendamment des différences culturelles. Mais ils ne pourront jouer ce rôle tant qu'ils ne seront pas fondés sur des raisons convaincantes.

Prenons par exemple l'idée de laïcité, chère à certaines sociétés occidentales. Le sujet est d'actualité à Genève. La laïcité de l'éducation ne peut être une laïcité contre les convictions ou les religions. Cette laïcité là ne résistera pas aux intégrismes. Un auteur français, P. Viveret l'exprime avec clarté: "Si la laïcité continue à être définie comme le rejet sur la sphère de l'opinion et du privé de toutes les questions essentielles de la vie, de la mort et du sens, inévitablement nous ne tiendrons pas le choc face au phénomène identitaire de tous les intégrismes. Ceux-ci balaieront la fragile barrière que représente une culture organisée autour de la production et de l'économie".

Si, comme nous le pensons, les droits de l'homme sont universels, nous ne pouvons éluder les questions de la nature humaine, du fondement même du droit, ou encore de la redéfinition du rôle de l'Etat dans la société.

 

09:35 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Excellente initiative! Je vous encourage à continuer.

Écrit par : Phil | 07/08/2007

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