22/08/2018

Réflexions sur l’intelligence artificielle

Réflexions sur l’intelligence artificielle

Nature et artifice

 

Par le Professeur Philibert Secretan

 

 

1. Introduction

II. Répliques au transhumanisme

Dépasser l’homme

Le  vivant

III. Vie et singularité

IV. L’esprit

V. Nature et fonctions

VI. Intelligence et raison

VII. Intelligence artificielle et humaine

VIII. Vérité et réalité

Qu’est-ce qu’un artifice ?

IX. Regards sur un auteur controversé : Yuval Noah Harari

 

 

 

 

1. Introduction

 

Je commencerai par faire miennes quelques remarques d’un ami espagnol :

« Aujourd’hui on ne dira plus qu’il n’y a pas de Dieu, mais que c’est une construction de notre cerveau, de notre réseau neuronal ; qu’en plus, nous savons quelle est la région du cerveau où s’élabore cette invention, car nous pouvons le détecter dans les stades de l’exaltation mystique. Et cela seules les neurosciences le savent, si ce n’est pas aujourd’hui ce sera demain.

» La raison a l’épaisseur de la chair. Car rien de ce que nous sommes n’est extérieur à notre être de chair, de notre chair humble et humide, y compris évidemment, le réseau neuronal et les synapses chimiques et électriques. Rien en nous, ni ce que nous pensons et disons, ni ce que nous faisons, n’est déconnecté des humeurs de notre corps. Seule la science de la logique serait une science sèche, car elle se construit en abstrayant tout ce qui n’est que lien de propositions ; liaisons évidemment essentielles dans la construction de la sphère des ordinateurs.

 

En résumé, nous pouvons dire que la raison n’est pas linéaire, purement analytique et logicienne, mais qu’elle a l’épaisseur d’un réseau de compossibilités en recherche d’une cohérence pour atteindre la vérité, et donc le bien, ce pourquoi ce qui est définitivement nôtre est la réalité qui se donne à nous. Réseau de compossibilités, c’est-à-dire : la conjonction rationnelle de lignes de pensée, d’action et de vie de notre chair, qui convergent dans des réalités et confluent vers une réalité fondatrice. Le pas à faire entre l’étant — siendo— et l’être — ser— relève de l’effort métaphysique du philosophe... La raison ne se résume pas à un savoir [de l’étant] ; elle a une ouverture essentielle sur la volonté, c’est-à-dire sur le désir [d’être][1].

 

II. Répliques au transhumanisme

 

Plusieurs thèmes porteurs vont se trouver associés dans un ensemble de réflexions suscitées par ce qu’il convient d’appeler le transhumanisme, c’est-à-dire la perspective d’un couplage entre l’homme et des artifices qui permettraient le passage de l’homme à une manière de surhomme. Une reconnaissance clairvoyante, même sommaire, des neurosciences, de la robotique et de l’intelligence artificielle devrait suffire à l’encrage critique d’une réflexion métaphysique.

 

Dépasser l’homme

 

Dépasser l’homme peut signifier deux choses : Faire évoluer l’homme dans sa condition actuelle vers une condition meilleure : faire vivre l’homme plus longtemps avec moins de maux, ou changer le statut de l’homme dans l’ensemble des vivants ; de l’humain traditionnellement placé entre l’ange et la bête (Pascal), dont il partage d’une part le corps et d’autre part l’esprit, mais en assumant le corps dans la sphère de l’esprit et en inscrivant l’esprit dans la réalité physique du corps.

Pascal a la sagesse d’écrire que l’homme n’est ni l’un ni l’autre, mais ne dit pas expressément qu’il est un vivant, ni que la vie se manifeste tant dans le corps que dans l’esprit. Mais lorsqu’il affirme : « Descartes faux et inutile », je vois cette fausseté non pas dans le cogito, effectivement porteur d’une vérité première, mais dans la séparation de l’homme en deux « natures » : le corps physique et l’esprit pensant, en deux régions hétérogènes de l’être ; plus tard en deux types de sciences. Un dualisme généralisé se répand alors, non sans continuellement rechercher les points de jonction, des interfaces, entre les deux hémisphères ; ou non sans tenter de les réduire l’une à l’autre dans un idéalisme ou un matérialisme à chaque fois totaux et unifiants.

 

Le  vivant

 

La vie se cache-t-elle sous le terme de l’âme, sous les figures de l’animation du corps, de la sensibilité vive, de l’intelligence qui donne après avoir reçu, de l’esprit qui crée, se révolte ou se soumet. Je le pense et le crois. Or, cette vie profonde, lorsqu’elle est niée, laisse un corps à l’état de machine, une sensibilité à l’état de réponses à des stimuli, l’intelligence à l’état d’un formalisme algorithmique, l’esprit à l’état d’un en-soi virtuel.

Mais la vie ainsi manifestée est irréductible à l’une au l’autre de ses manifestations. Elle n’est ni purement biologique, ni essentiellement psychique. Elle est concrètement et par définition en chaque vivant. En ce sens, elle est à la fois universelle et concrétisée en tout vivant. Aristote appelle l’homme un zoon, un vivant animé, logon echon, doué de parole et d’entendement.

 

Il faudra longtemps pour que se dégage la première idée moderne : celle de l’individu, mais alors encore chargée du préjugé que cette logicité et cette raison qui font l’homme est individué par le corps.

La troisième étape fut de reconnaître tout le sens de l’individua persona, d’un être indivis et indivisible ; d’un être qu’il ne faut pas diviser et qui doit précisément vivre par lui-même une dualité de personnalité et de rationalité qu’aucun artifice ne saurait ni nier ni imiter.

 

III. Vie et singularité

 

La vie ne se laisse pas enfermer dans le couple matière/forme qui vaut autant pour le vivant que pour la machine, et dont l’usage peut conduire à de graves erreurs. La vie n’est ni un substrat matériel ni une forme abstractible ; elle n’est pas simplement un ensemble de faits biologiques qui sollicite primairement un travail d’abstraction, ni le côté dynamique des algorithmes à quoi tout est censé se réduire.

Dès lors donc qu’un artifice se présente exclusivement comme un substrat matériel mis en forme, voire qu’il s’immatérialise en énergie pour accéder à une formalité purement opératoire, on en a exclu la vie profonde qui justifie de l’assimiler à du vivant, et encore moins à de l’humain. Car c’est sur fond de vie qu’il faut parler d’un « indivis » unique, réel sous la double espèce du corps et de l’esprit, mais et dont on connaît toujours mieux l’organe où se compénètrent le corps et l’esprit, à savoir le cerveau humain.

On doit pourtant souscrire à ce qu’affirment deux spécialistes de la robotique et de l’intelligence artificielle : « La biologie n’a actuellement rien à dire sur l’individuation ou la singularité du cerveau qui soutient nos différences individuelles. Les neurosciences n’ont pas d’outil théorique et surtout expérimentaux pour capturer, identifier ces différences biologiques et fonctionnelles dans des cerveaux qui semblent (...) obéir à un patron d’organisation univoque. Le paradoxe est là : au sein d’une espèce comme la nôtre, le déterminisme biologique doit permettre la reproduction précise, entre les générations, d’une organisation très homogène, telle que le cerveau. Car nous accomplissons tous de manière homologue des gestes répétitifs et nous éprouvons et quasi identiques et éprouvons des sentiments ou avons des pensées qui peuvent se ressembler. Mais à l’intérieur de cette enveloppe commune, nous sommes tous singuliers et uniques, surtout sur le parcours d’une vie entière. »[2]

 

Or, cette singularité et cette unicité appellent à se demander : Ont-elles un principe qui le rende inimitable ?

 

IV. L’esprit

 

Contre toute une tradition qui fait de la matière le principe d’individuation, j’admets que c’est l’esprit qui est le plus fondamental principe d’individuation. L’ange, esprit pur, est aussi à chaque fois unique en son essence, dit la scolastique. Cette unicité de l’esprit se communique au vivant, d’autant plus singulier qu’il est spirituel. Le spirituel n’est pas universel, comme le pensait Hegel. On ne parlera de l’universel qu’en termes de concret ou d’abstrait. L’univers est d’abord l’universel concret de la nature matérielle, forme de la vie ; l’universel abstrait et ce que l’intelligence dégage du concret comme correspondant à des lois de configuration que Kant a eu raison d’attribuer à la raison appelée pure.

Entre intelligence et raison, il y a la différence d’une ordination au cosmos et la capacité de schématiser le réel au point de le rendre calculable. Or seule cette faculté rationnelle est imitable, et cela uniquement dans les limites du traitement combinatoire de données, mais pas comme l’intelligence logicienne ou intuitive qui la sous-tend.

Est enfin universel ce qui est commun à tous, mais sans que cette communauté englobante ne démente la concrétude matérielle des choses, ni la formalité de l’intelligible, ni la singularité de chacun.

Or ce statut de singularité est inimitable par un artifice. Celui-ci n’est pas un héritier de l’intelligence humaine, au sens où il serait « de même nature » que son auteur. Il n’y a pas d’homogénéité possible entre l’intelligence individuelle et l’intelligence artificielle, entre l’homme et le robot. Une relation à un robot serait moins riche de sens que l’affection personnelle d’une fillette pour sa poupée. La poupée prépare à l’enfant. Être adulte, c’est remplacer la poupée par l’enfant. Ne sont imitables que certaines fonctions remplies par l’intelligence ou qu’accom¬pagne l’intelligence. En retour, on peut dire : Il faut avoir projeté sur le vivant la fonctionnalité du mécanisme pour réduire ce vivant à ce qui est un « ensemble » de mieux en mieux à même de reproduire l’ensemble de ses fonctions, donc d’imiter une manière d’autonomie. Cette réduction est aujourd’hui soutenue par l’idée que la procréation assistée par la science fait de la science la grande génératrice — et non plus la vie.

 

V. Nature et fonctions

 

Peut-être faut-il réapprendre à distinguer entre la nature d’une chose et l’ensemble de ses fonctions. Les fonctions s’observent dans leurs régularités et s’expliquent par des enchaînements de causalité. Or, la nature relève de quelque chose qu’on pourrait appeler une métaphysique négative. La nature d’une chose se déclare lorsqu’on sait ce qu’elle n’est pas. La connaître, c’est l’expliquer. C’est à cette limite que se séparent la nature et la fonction. La science a dû se défaire de l’idée de nature, qui n’est pas de son ressort. Mais son impérialisme l’a conduite à se considérer comme seul agent légitime de la vérité, ce qui l’a dangereusement distancée de la sagesse.

La sagesse est l’intelligence de l’esprit, la science est l’intelligence de la raison, dont la qualité première est effectivement la critique. Si j’évoque ici la sagesse, c’est uniquement pour signaler qu’il n’a pas qu’une seule forme de l’intelligence, mais que cette diversité est celle de l’intelligence humaine qui ne saurait inclure l’intelligence artificielle. Cette nouvelle modalité de la prétendue « intelligence n’a pas droit au titre d’intelligence ». Les « capacités » de NA ne sont pas de l’ordre de l’intelligence. Et comparerait-on les capacités d’un robot et celles d’un enfant, cela ne justifierait pas d’en déduire l’intelligence du robot. Peut-être faudra-t-il attendre qu’un robot devienne « fou » pour le comparer à une folie humaine.

« L’intelligence artificielle n’est pas de l’intelligence. Aujourd’hui personne ne sait encore comment reproduire une intelligence humaine ; ce n’est pas en agrégeant des programmes spécialisés dans les jeux ou le classement d’images que nous y parviendrons. L’intelligence artificielle n’est ni plus ni moins qu’une capacité d’analyse et de traitement extrêmement rapide de grandes masses de données dans des délais très courts Une capacité dépendante d’un contenu dispensé de près ou de loin par l’homme. »[3]

 

VI. Intelligence et raison

 

C’est ici qu’il convient de réfléchir sur ce qui distingue l’intelligence de la raison. Il ne suffit pas de distinguer entendement et raison, Verstand et Vernunft, mais de voir si l’entendement comprend un moment qui dépasse la perception et la réception qui situent le sujet dans une position de passivité ; s’il y a un moment d’activité, de pénétration, que l’allemand traduit par ein — (Einsicht, Eingebung) et que le latin conserve dans l’in notamment de l’intelligence et de l’intuition. La phénoménologie est en ce sens une revanche de l’intelligence sur la raison.

La raison est essentiellement un traitement du perçu, une organisation du donné, qui valorise considérablement la règle d’organisation, la législation du discours, la police de l’esprit, comme disait Alain. En latin ratio dit effectivement la ration, ce qui revient à chacun, ce qui est proportionné à son besoin, mais c’est la proportion qui a pris le dessus, car cela relève de la mesure et est facilement la proie des nombres.

L’intelligence est vivante, la raison est abstraite, indifférente à la vie et à la mort, Ce pourquoi elle peut être artificialisée. « Intelligence artificielle » est une contradiction dans les termes. Parlons, s’il le faut, de raison artificielle, à commencer par l’invention toute pratique de Pascal, qui fut effectivement un artifice en vue d’opérations purement rationnelles. Mais ne confondons pas l’intelligence de l’inventeur, aujourd’hui le génie des ingénieurs et ce que reproduisent les robots.

Or, c’est bien là que se cache la difficulté : les robots ne sont pas capables que d’opérations rationnelles, mais ils peuvent effectivement recevoir quelque chose que l’homme, lui aussi, peut recevoir lorsqu’il entend. Le robot semble donc rejoindre l’entendement dans sa passivité réceptrice et dans les traces neuronales que laissent ces réceptions, ce qui est loin de l’intelligence donatrice. Je ne pense pas qu’un artifice puisse un jour avoir une Eingebung, une intuition donatrice de sens.

Travailler sur l’idée de raison c’est aussi s’intéresser à ce qui en fait la nécessaire valeur. En effet l’intuition est menacée d’un compagnonnage à la fois noble et dangereux : celui de l’imagination, dont Pascal dit avec une admirable précision que lui manque le sens du vrai et du faux. Est-ce à dire que l’intuition a besoin d’un autre compagnonnage : celui de la raison critique, donc de la raison qui ne fait pas que tisser des abstractions, mais qui discerne, sépare, juge et qui en ce sens soutient l’intelligence au-delà du pur acte d’intuition qui la caractérise superbement. La raison, juge du vrai et du faux ?

C’est en ce sens que nous disons de quelqu’un qu’il avait ou a raison. Cela ne signifie pas qu’il est doué d’entendement, mais qu’il voit, qu’il juge juste. La raison est alors bien ce rempart nécessaire contre les envahissements possibles d’une imagination sans règles.

Il faut raison garder signifie alors : il faut garder une distance critique jusque dans les avancées les plus audacieuses de l’intuition, ce qui est un précepte « pratique » relatif à la vie de l’esprit. Sapere aude. Ais le courage de penser. Mais qu’est-ce que le courage sans la prudence ?

 

VII. Intelligence artificielle et humaine

 

Ces multiples distinctions sont essentielles dès que des illusions sont entretenues par des contre-vérités. La prétendue intelligence artificielle ne pourra jamais rejoindre et encore moins dépasser l’intelligence humaine ; au plus va-t-on rabaisser l’homme à ce que peut la machine.

Ce qui néanmoins est vrai, c’est que les robots et les engins capables de prodiges techniques inconnus jusqu’ici vont considérablement changer non pas l’homme, mais les conditions dans lesquelles l’homme va évoluer. Mais ce n’est pas l’homme selon sa nature, mais l’homme selon sa condition qui va évoluer. Mais comment évoquer la nature en dehors de la condition ?

 

Le concept grec de phsisque les latins ont traduit par natura, retient l’idée de l’émergence, de la naissance et par là d’une origine, mais d’une origine qui différencie. Avoir une nature, c’est être différent de.... On s’y identifie par une nature commune. Le glissement vers l’essence est alors inévitable, et vers une nécessité d’être ceci et pas cela. Je ne crains de dire que tous ces glissements métaphysiques ont contribué à séparer la nature de sa force d’émergence, des dynamiques et de sa plasticité, qui par ailleurs ne saurait être coupée de sa durée et de sa consistance constante. Mais si l’on déplace la constance et l’invariance du côté de la nature essentielle on fixe nécessairement les variations du côté des conditions, et des conditions d’existence'', en oubliant que non seulement la nature ne se réduit pas à l’invariance essentielle et que la condition ne se réduit au circonstancie, mais conduit à sa façon vers l’idée d’établissement et de construction. L’homme est selon sa nature ni un végétal ni une machine, mais établi dans le monde, il vit dans des conditionsvariables et peut largement modifier ses conditions d’existence[4]. Un reste de réalisme fera dire aux plus honnêtes que ce sera en bien et en mal, que des règles de prudence seront à respecter, que des législations seront nécessaires qui, elles, ne seront pas du ressort de la Science.

 

VIII. Vérité et réalité

 

Ces considérations ne vont évidemment pas convaincre le scientifique qui a fait de la Science une doctrine, c’est-à-dire qui admet, en tant scientifique, qu’il n’y a de vérité et finalement de réalité qu’établies par la Science. Là est un saut ontologique majeur : non plus seulement la vérité, mais la réalité. Un saut et un renversement complet de la relation au monde, car il ne s’agit plus de tirer de la réalité du monde ce qui est proprement intelligible, mais de créer scientifiquement une autre réalité pour transformer le monde. La réalité ne s’appelle plus réalité, mais factualité, La resest remplacée par les data, les données à traiter selon des exigences scientifiques qui valent par elles-mêmes, c’est-à-dire sont déconnectées de l’intelligence qui les produites.

On comprend alors que cette science déconnectée de l’intelligence, totalement autosuffisante dans son aséité, l’est aussi de toute sagesse. De cette sagesse, qui, au moins, dans l’intelligence humaine, est une manière de « bonne police de l’esprit », d’agent qui dénonce ce que Jaspers appelle la Unvernunftder Vernunft, la déraison de la raison. Mais ici il ne suffit plus d’une vigilance critique sur l’usage de la raison, mais de la sauvegarde de l’intelligence dont la raison n’est que la part la plus apte à entrer en jugement avec elle-même. La critique est alors le moment où la sagesse spirituelle se manifeste comme sagesse intellectuelle.[5]

 

Qu’est-ce qu’un artifice ?

 

Il ne suffit pas de répondre que c’est quelque chose de fabriqué, qui donc ne pousse pas dans la nature. Mais on peut d’emblée dire que l’artifice se distingue de l’œuvre d’art qui, elle, est inséparable de la vie et de la personne d’un homme ou d’une femme doués d’un savoir-faire spécifique, et dire qu’elle le ou la « présente » avant de représenter quelque chose. Cette « femme » est un Renoir avant d’être un personnage féminin ; ce « cheval » un Marc avant d’être un animal à monter.

L’art dit abstrait veut que tel ensemble de figures géométriques soit un Mondrian, mais que ce géométrisme participe de l’abstraction qui, elle, est une opération extrêmement significative de la raison. D’une raison qui n’est plus le logos grec, ni la ratio scolastique, ni l’entendement de Leibniz.

C’est l’abstraction que fait du nombre un chiffre, qui réduit un mot à un signe, qui finalement fait surgir un univers séparé dont la mathématique est le premier gestionnaire. La déréalisation de l’abstrait débuta sa carrière avec l’admission du zéro, du 0, comme indicateur d’une opération intellectuelle, à savoir une multiplication par un nombre sélectionné arbitrairement : 1/0, lui-même multipliable indéfiniment par lui-même.

Or, arrive le moment où cette multiplication, qui est encore tributaire du multiple, du peu ou beaucoup, est à son tour abstraite dans l’équivalent non métaphysique, purement factuel, du : quelque chose et rien — en chiffres : 1/0. Mais c’est au moment où l’énergie de détente physique, pensez à un muscle ou un ressort, est remplacée par celle de la pulsion électrique que le « passe/ne passe pas » prend une valeur universelle précisément exprimée par le 1/0.

Ce que nous appelons « artificiel » est la combinaison de deux abstrac-tions : celle des opérations avec des nombres combinables et contrinables à l’infini parce qu’ils ne signifient plus qu’eux-mêmes, et celle de de la pulsion réductible à « oui ou non ».

Mais l’artifice ne prend visage de réalité qu’au moment où, malgré tout, l’énergie électronique est appliquée à des matériaux susceptibles d’être assemblés dans des reproductions qui ne sont elles-mêmes qu’à l’image des œuvres d’art. Il existe de magnifiques robots.

 

Lorsque l’artifice prétend imiter ou reproduire la nature ou l’œuvre d’art, il oublie complètement que l’œuvre d’art n’est justement pas une imitation, mais l’expression d’une âme, imaginative et sensible en contact de la réalité ; d’une âme que n’a pas la machine et qu’aucun robot n’aura jamais.

L’exosquelette n’est pas une autre jambe. C’est un artifice qui mobilise un membre réel qui a perdu sa mobilité naturelle. On est dans l’ordre du comme si. Tout artifice est de l’ordre du « comme si ». Comme pour l’imitation ; si pour le possible porté toujours plus loin...

 

S’il y a lieu d’admirer le savoir-faire des techniciens, il faut raison garder devant le monde qu’imaginent des savants que saoulent une science triomphante, fermée sur elle-même et qu’a quitté toute sagesse critique ; qui se soustrait à ce regard de l’intelligence sur la raison qu’est et reste la philosophie.

 

IX. Regards sur un auteur controversé : Yuval Noah Harari

 

Spectateur sceptique de la société et de la science américaines, Y. N. Harari s’est fait connaître par deux gros ouvrages : Sapiens et Homo deus. L’un et l’autre parlent de l’homme et de l’humanisme, pour finalement déplorer que l’homme ait trahi la nature et quitté l’ordre naturel pour imposer sa loi à la Nature. Et s’il accompagne de réflexions savantes l’évolution des sciences de la vie, c’est à la foi pour saluer une victoire sur l’humanisme et pour redouter que, encore, cet anti-humanisme ne développe de nouvelles formes de destructions de la nature. Il faut donc lire avec beaucoup d’attention, et parfois de bienveillance un peu forcée, des arguments qui risquent de perdre leur pertinence sous -l’abondance de quelque 900 pages d’une écriture généreuse.

Après avoir distingué trois formes d’humanisme, curieusement conformées à des idéologies englobantes appelées « religions », l’auteur avance un propos à retenir : « Entre les dogmes (individualistes) de l’humanisme libéral et les toutes dernières découvertes des sciences de la vie, s’ouvre un gouffre que nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer. Nos systèmes politiques et judiciaires libéraux reposent sur l’idée que chaque individu possède une nature intérieure sacrée, indivisible et immuable, qui donne du sens au monde et qui est la source de toute autorité éthique et politique. C’est là réincarnation [la reformulation ! (Ph.S.)] de la croyance chrétienne traditionnelle en une âme libre et éternelle qui réside en chaque individu. Depuis plus deux cents ans pourtant, les sciences de la vie ont profondément miné cette croyance. Les hommes de science étudiant les rouages intérieurs de l’organisme humain n’ont pas trouvé l’âme. Ils sont de plus en plus enclins à soutenir que le comportement humain est déterminé par les hormones, les gênes et les synapses, plutôt que par le libre arbitre — par les mêmes forces qui déterminent le comportement des chimpanzés, des loups et des fourmis. »

A la fin du volume suivant, Homo deus, les choses se précisent. Il est en train de se créer une nouvelle religion, tout aussi trompeuse et aliénante que toutes les autres : le dataïsme. Elle est issue de ce qui s’impose au scientifique comme un fait fondamental. Tout est un datum, une donnée. Non pas un donné, le fait d’un don comme le veut Jean-Luc Marion, mais une donnéede fait dénuée de toute réalité propre, sans en-soi, pur objet de traitement scientifique où l’ordinateur remplace l’homme trop imparfait pour traiter une information finalement illimitée.

Dans cette « religion » l’Esprit est remplacé par l’algorithme. « L’algorithme de départ peut être initialement élaboré par des êtres humains, mais en se développant il suit sa propre voie et va où aucun homme n’est encore allé.., et où aucun homme ne peut le suivre. » (HD 423). L’esprit souffle où il veut.

Et puis, comme toute religion, le dataïsme est naturellement dominateur et mystificateur, et par là même fondamentalement contestable :

« Il est douteux que la vie soit réellement réductible aux flux de données » (ibid). « ... peut-être découvrirons-nous que, tout compte fait, les organismes ne sont pas des algorithmes. »

Ce qui, telle une arche de Noé, émerge du déluge dataïste sont des doutes relatifs à la vie et aux organismes vivants ; puis, curieusement, aux décisions, notamment économiques et politiques. Celles-ci sont-elles irréductibles, en tant que faits volontaires, à des calculs décisionnaires en oui/non ? Ou s’agit-il de sauvegarder dans les organismes sociaux quelque chose qui échappe à la nécessité algorithmique ?

Le dataïsme comprend de mieux en mieux les processus de décision, mais il se pourrait bien qu’il adopte une vision de la vie de plus en plus biaisée (ibid). « Peut-être y at-il dans l’univers quelque chose qui ne saurait être réduit aux datas. »

Ce sont des hypothèses (sceptiques ?) de ce type qui signalent que Y. N Harari, à la fois dénonce toute religion — et surtout le christianisme et le communisme — pour avoir gagné un pouvoir considérable « malgré leur inexac¬titude factuelle », et cherche à sauvegarder quelque chose. Mais ce quelque chose n’est pas l’homme sous sa modalité de homo sapiens. Ce qu’il s’agit de sauver est une relation humble de l’homme, dégradé de sa sapience, à une grande inconnue qui nous impose de nous préoccuper de l’immédiat, de nous concentrer sur la conscience de notre fragile petitesse et de regretter le mal fait aux créatures « inférieures ».

Mais faut-il simplement admettre que l’intelligence humaine est si totalement remplaçable par l’intelligence artificielle que nous nous reste que ce peu de fierté défensive ?

N’y a t-il pas lieu de s’interroger : Si toutes les « religions » monothéistes ou monolithiques sont écrasantes par leur puissance à imposer de trompeuses convictions, n’est-ce pas le christianisme qui, en prêchant un Dieu unique, mais trinitaire et incarné donne à l’homme l’humble fierté d’avoir été rejoint et anoblie par un Dieu Père — et pas seulement Maître et Tyran remplaçable d’âge en âge ? A un homme, on l’a dit, de nature donnée et de condition variable, y compris la rencontre et l’accès à des capacités surprenantes, mais porteuses d’espoirs, et de dangers évidents, induits par des développements d’une ampleur encore insoup¬çonnée. Un homme à qui le bien et mal ne seront jamais étrangers.

 

Concluons avec le professeur Harari qui demande : « Qu’adviendra-t-il de la société, de la politique et de la vie quotidienne quand des algorithmes non conscients, mais hautement intelligents nous connaîtront mieux que nous — ? » (11D, 427) Quand se sera éteint le dernier astre, la dernière trace de l’esprit...

 

 

Philibert Secretan

 

Genève, le 22 août 2018

 

 

[1]« A. Pérez de Laborda, Una mirada al ser. Ed. Encuentros, Madrid 2013. p, 491-503

 

[2]Daniel Tritsch et Jean Mariani, Ça va la tête ? Belin, Paris 2018, p.138-139.

 

[3]Tomasso Poggio et Frédéric de Combert, in « L’homme continue d’avoir le dernier mot », Le Monde (Hors série) mars-mai 2018, Dans la tête des robots, p.33.

 

[4]Dans l’unité singulière de la personne, c’est l’esprit qui lie l’essence et l’existence selon des modalités qu’il n’y a pas lieu de fixer ici.

 

[5]L’erreur d’Auguste Comte fut de ne voir dans la critique que le côté négateur, qu’il dût remplacer par la positivité de la science, mais alors totalement tournée vers l’Être sous tous ses aspects : religieux, social, scientifique.

02/07/2018

Curso de verano en el marco del 70° aniversario de la Declaración Universal de los Derechos Humanos: desafíos, oportunidades y obstáculos

Curso_ur_verano_0_2018.jpgDel 25 al 29 de junio, se llevó a cabo en Ginebra el curso de verano “Universalidad de los Derechos Humanos: obstáculos y desafíos en el 70° aniversario de la Declaración Universal de Derechos Humanos de 1948”, co-organizado por la Universidad de la Rioja  y CUHD. En dicho curso, contamos con la presencia de ponentes pertenecientes a diversas disciplinas: expertos en educación, energías renovables, derecho, economía, entre otras. Así como profesionales dedicados a distintas áreas laborales: representantes de organizaciones no gubernamentales (ONG), de organismos internacionales y misiones estatales; catedráticos, jueces y fiscales[1].

         Curso_ur_verano_17_2018.jpg Durante estos cinco días de intenso estudio y reflexión, se discutieron diferentes temas de relevancia en el área de los Derechos Humanos, con su especial relación con el cumplimiento de los Objetivos del Desarrollo Sostenible[2] (ODS). Comenzamos inaugurando el evento con la introducción de Ana María Vega (coordinadora del curso y profesora de la Universidad de la Rioja). A continuación, Ignasi Grau (representante de OIDEL) nos comentó los debates contemporáneos en torno a la tarea inacabada de la universalidad de los Derechos Humanos y sobre el trabajo del Consejo de Derechos Humanos en Ginebra. Por la tarde, tuvimos una mesa redonda sobre dignidades invisibilizadas, donde diversos especialistas abordaron el tema de derechos de las mujeres, menores de edad, minorías y afrodescendientes.   

          El segundo día, Amparo Alonso (directora de Caritas Internationalis ante la Organización de las Naciones Unidas) explicó la labor de su organización, el sistema universal de Derechos Humanos y nos invitó a un evento paralelo, coauspiciado por la Misión Permanente de las Filipinas y de la Santa Sede, sobre cómo promover una cultura y una perspectiva de acogida con los migrantes y refugiados. Por la tarde, la Fiscal argentina, María Soledad Garibaldi, nos informó sobre un caso de graves violaciones a derechos humanos a menores de edad que se encuentra bajo investigación en Argentina, y sobre cómo los tratados internacionales, en materia de combate al abuso sexual infantil, han sido una pieza clave en dicha investigación y en la interpretación jurídica.

         Curso_ur_verano_16_2018.jpg El día miércoles, tuvimos un taller sobre energías renovables, cambio climático y su relación con los ODS, llevado a cabo por el Profesor en Ingeniería Eléctrica, Melchor Gómez Pérez; seguido por una presentación sobre el derecho a la educación y su necesidad para el desarrollo de las sociedades, dirigida por la Profesora de la Universidad de Vic, Isabel Carrillo Flores. Por la tarde, disfrutamos de la mesa redonda sobre políticas públicas con perspectiva de familias, en el contexto del invierno demográfico europeo, presentada por Consuelo León (directora de Childcare and Family Policies de la Universidad de Cataluña) y Esther Raya (profesora de trabajo social de la Universidad de la Rioja).

          Curso_ur_verano_7_2018.jpgAl día siguiente, continuamos con la Profesora de Métodos Cuantitativos, Marta Guijarro, quien abordó el tema de rendición de cuentas, en el marco de los indicadores sobre desarrollo humano, adoptados por el Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD). Después, contamos con la presentación de Cecilia Ercole (exfuncionaria de la Oficina del Alto Comisionado de los Derechos Humanos), cuya intervención describió su trabajo en la promoción y cumplimiento de los estándares internacional de Derechos Humanos alrededor del mundo. Para concluir la sesión, tuvimos una mesa redonda sobre corrupción y transparencia, donde el Magistrado Federal de Argentina, José Antonio Michilini; y el Profesor de Derecho Tributario, Miguel Ángel Sánchez; discutieron la influencia que la corrupción y los llamados paraísos fiscales, tienen en el campo de los Derechos Humanos.

          Por último, antes de la clausura del curso, tuvimos una mesa de debate con Arancha González (directora del Centro Internacional de Comercio), el asesor jurídico de la Misión de Israel (experto en Derechos Humanos y Derecho Internacional Humanitario), y Miguel Ángel Sánchez. En sus intervenciones, comentaron el tema de empresas y ODS, y la labor del Consejo de Derechos Humanos. La clausura de estos días de estudio y debate, se llevó a cabo por parte de Claire de Lavernette (representante de OIDEL).

        Curso_ur_verano_4_2018.jpg  Este programa contribuyó a compartir experiencias y a reflexionar con personas provenientes de diferentes contextos culturales, temáticos y laborales para abordar de manera multidisciplinaria los desafíos actuales de los Derechos Humanos, y la responsabilidad ciudadana que tenemos en estos asuntos.  

 

[1] El programa del curso y el currículum de los ponentes, se pueden consultar en la siguiente página web: https://fundacion.unirioja.es/formacion_cursos/view/402/sub:3075/lang:en.

[2] Se pueden consultar en la siguiente página web: http://www.undp.org/content/undp/es/home/sustainable-development-goals.html.

24/01/2018

La croix de l'Ordre de Saint Raymond de Peñafort

Nous avons l'honneur de vous informer que Madame Ana María Vega Gutiérrez, membre du Conseil scientifique du Collège Universitaire Henry Dunant (CUHD) a été décorée de la croix de l'Ordre de Saint Raymond de Peñafort, plus grande décoration espagnole décernée à des juristes.

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L'article de presse

 

30/11/2017

Premier code international sur le droit à l'éducation

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Ce recueil de normes internationales regroupe les dispositions figurant dans les normes sur le droit à l’éducation sous des concepts pris des instruments internationaux des Nations Unies, de l’UNESCO et de l’OIT. Cette étude concerne donc exclusivement le système universel. Il a pour finalité de donner une vision exhaustive du droit international sur l’éducation et de faciliter également une meilleure compréhension de ce droit.

  • La première partie, intitulée « Droit à l’éducation en général » recense les dispositions en
    fonction des alinéas de l’article 13.
  • Une deuxième partie traite des « droits catégoriels » qui se sont développés de façon
    importante depuis les dernières décennies, à savoir l’éducation des femmes et des filles, des
    enfants ou des minorités.
  • Enfin, dans les normes internationales, le droit à l’éducation est mis en relation directe avec
    certains autres droits.

Cette présentation en trois grands axes a pour but de faciliter la recherche sur le droit à l’éducation, offrant un outil adressé à trois publics bien différents : les gouvernements et pouvoirs publics en général, les autres parties prenantes de ce droit au niveau national et international et les universitaires et membres de l’académie. La finalité dernière est celle de renforcer la protection du droit à l’éducation au niveau national et de faciliter l’approche basée
sur les droits de l’homme dans l’éducation.
Enfin, les textes internationaux figurent dans le recueil, soit dans leur intégralité, soit sous la forme des articles faisant référence à l’éducation. Ils sont classés par organisation, i.e. ONU, UNESCO, OIT puis, à l’intérieur de chaque institution, par type d’instruments. Le lecteur a ainsi sous la main les textes originaux de l’ensemble des instruments pour une référence immédiate

Le recueil sera présenté lundi 4 décembre au Palais des Nations  (salle XI à 10h) dans un événement organisé par le Collège universitaire Henry Dunant, OIDEL et les Missions permanentes de Portugal et de Finlande.

Flyer Code 2.pdf

Alfred Fernandez

29/09/2017

XXIVe Université d’été

La partie présentielle de la XXIVe Université d’été du Collège Universitaire Henry Dunant s’est déroulée entre le 7 et le 11 août à Genève. 31 participants de 12 pays d’Afrique, d’Europe et du Maghreb selectionnés parmi plus de 250 candidats ont suivi une semaine de formation sur les droits de l’Homme.

Les participants ont assisté à des cours qui présentent le système international de la protection des droits de l’Homme, les objectifs du développement durable et les organes des traités. Un focus a été fait sur le droit au développement et l’économie contemporaine. Une réflexion sur la définition de l’universalité et sa réalité concrète a permis aux participants de mener une présentation de groupe.DSC_0141.jpg

La formation coincidait avec la session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale à laquelle les participants ont assisté. Un briefing leur avait été donné avant la session du pays de l’Equateur par Marc Bossuyt, membre du Comité.

Les participants ont également contribué au premier rapport de l’Observatoire des droits économiques, sociaux et culturels du Collège Universitaire Henry Dunant présenté le 25 septembre au Palais des Nations.

Enfin, une visite de la ville de Genève a dévoilé des lieux clés dans l’histoire des droits de l’Homme. Cette visite était ouverte au public.

 Maéva Guyot

 

 

21/09/2017

Premier rapport mondial sur les droits économiques, sociaux et culturels

 

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Lundi prochain sera présenté dans le cadre du Conseil des droits de l'homme le premier rapport sur la situation des droits économiques, sociaux et culturels. Il s'agit d'une initiative de l’Observatoire international créée par le Collège Universitaire Henry Dunant avec un objectif précis : contribuer à l’effectivité des droits économiques sociaux et culturels.

 Ce rapport se situe dans le sillage de  la dernière résolution du Conseil des droits de l'homme sur les droits économiques, sociaux et culturels adoptée par consensus et qui, dans son paragraphe 17: apprécie et encourage les importantes contributions que  (…) la  société civile, y compris les  organisations  non gouvernementales, les établissements universitaires et instituts de recherche (…) apportent à la question de la réalisation et de la jouissance des droits économiques, sociaux et  culturels, notamment les activités de formation et d’information.

 Issu effectivement de l’action coordonnée de la société civile et des universités il présente la situation du droit à l'éducation et du droit à la santé dans 42 pays d'Afrique, Asie, Amérique et Europe.

Palais des Nations

salle XXVII

13h30 - 15h

Flyer CDH_17 fr.pdf

07/09/2017

Education aux droits de l'homme: la transparence des politiques

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Ces dernières années, la transparence est devenue un élément clé pour l’évaluation des politiques et pour la mise en place des bonnes pratiques. 

                La Commission des droits de l’homme des Nations Unies avait déjà placé la transparence parmi les caractéristiques de la bonne gouvernance. D’après la Résolution 2000/63 la bonne gouvernance comprend cinq caractéristiques : transparence, responsabilité, obligation de rendre compte, participation et prise en compte des besoins de la population.

                On pourrait estimer que sans transparence, la participation et la reddition de comptes pourraient difficilement exister. Pour cette raison, dans Education 2030 la transparence se présente comme une nécessaire clé pour la participation de la société civile dans la mise en place des politiques éducatives. Le Programme mondial sur l’éducation aux droits de l’homme avait déjà signalé également l’importance de la transparence. Mais les idées doivent se transformer en actions.

                Un groupe d’ONG et d’Universités dirigé par OIDEL a étudié la transparence des rapports présentés par les Etats concernant les politiques relatives à la deuxième phase du Programme mondial sur l’éducation aux droits de l’homme (enseignement universitaire et formations des agents publics).

                Un bilan mitigé ressort de cette étude qui sera présenté le 13 septembre dans le Cadre du Conseil des droits de l’homme. Alors que certains Etats comme l’Italie, la Suisse ou le Chili ont présenté des rapports conséquents, d’autres pays du Nord se sont contentés d’une information succincte qui ne permet pas de se faire une idée des politiques entreprises. Malheureusement, ces absences d’informations ne permettent pas de connaitre la situation de l’éducation aux droits de l’homme et donc de progresser dans ces pays.

Evènement parallèle mercredi 13 septembre / Salle XV (attention 2ème étage) 14h – 15h

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05/09/2017

Programme Mondial en droits de l'homme: rapport a mi-parcours

 

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Le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme vient de publier le rapport à mi-parcours de la troisième phase (2015-2019) du Programme mondial d’éducation dans le domaine des droits de l’homme. (Doc A/HRC/36/24). Le rapport  se fonde sur les renseignements reçus de 20 États et de 18 institutions nationales des droits de l’homme.

Selon le rapport des informations réunies dans le présent rapport que des efforts importants ont été faits dans certains pays depuis 2015 dans le domaine de l’éducation et de la formation aux droits de l’homme mais ils ne s’inscrivent pas nécessairement dans une stratégie élaborée dans le contexte spécifique du Programme mondial d’éducation dans le domaine des droits de l’homme.

Par exemple, des stratégies sectorielles globales ont été adoptées quant à l’éducation aux droits de l’homme dans le système scolaire alors que les actions menées, souvent dans le contexte de réformes, ont été au-delà de l’élaboration des programmes et ont touché à la politique éducative, à la formation des enseignants et des autres personnels éducatifs aux droits de l’homme et au développement de la recherche et des activités extrascolaires. De surcroît, certains efforts de formation

aux droits de l’homme ont été faits dans le cadre de stratégies plus larges visant à aborder les questions de droits de l’homme dans des contextes spécifiques, avec des axes thématiques communs (tels que la migration, le genre et la diversité), et l’utilisation de méthodes participatives et centrées sur l’apprenant. La coopération entre les acteurs nationaux − entités gouvernementales, institutions nationales des droits de l’homme, organisations de la société civile et monde universitaire − et entre ceux-ci et les organisations régionales et internationales semble être un élément récurrent et prometteur.

De nouveaux défis sont apparus d’après le rapport, notamment en ce qui concerne la formation des professionnels, par exemple la confrontation entre mise en œuvre d’initiatives de formation ponctuelles et stratégies globales, ou l’évaluation et le suivi inadéquats des processus de formation. En outre, la formation aux droits de l’homme des journalistes et des professionnels des médias semble moins développée que celle de publics plus « traditionnels » tels que les forces de l’ordre.

(Extrait des conclusions du Rapport)

31/08/2017

Assessement of Human Rights Education: completeness and transparency

 

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In the Education 2030 Framework for Action, Civil Society Organizations play essential roles. They need to be engaged and involved at all stages, from planning through to monitoring and evaluation, with their participation institutionalized and guaranteed.

CSOs can:·(…) document and share evidence from practice, from citizens’ assessments and from research to inform structured policy dialogue, holding governments accountable for delivery, tracking progress, undertaking evidence-based advocacy, scrutinizing spending and ensuring transparency in education governance and budgeting ( par. 80)

The purpose of the analysis of the national reports of the Second Phase of the World Programme was, in fact, to focus on the quality of the Reports and not on the content. More points are attributed for the submission of the Report and the accessibility to the information, the methodical answering and completeness of the answers.

Furthermore, the accent was put on verifiability and transparency of the examples of innovation. The reason behind this division is because, once more, theaim of this analysis is to evaluate States’ Reports based on completeness and transparency. Importance was given to verifiable examples and cases of good practice that could be found online, more than the actual application or results of the same.

Side event in the Human Rights Council

13 September 2017_14h-15h

Room XV

 

30/06/2017

V cours sur la protection des DDHH: l’Amérique du Sud et le CUHD au Palais des Nations

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Dans le contexte de la 35ème session du Conseil des Droits de l’Homme, le Collège Universitaire Henry Dunant (CUHD) a offert un cinquième cours sur “La promotion et la protection des droits de l’homme” aux participants d’Amérique du Sud.

Lors de la semaine du 12 au 16 juin, les élèves ont eu la possibilité d’assister aux réunions du Conseil au Palais des Nations et de voir en pratique ce qu’ils avaient appris durant les cours. À la fin, en guise d’examen, ils ont rédigé un rapport sur les changements législatifs, jurisprudentiels et d’opinion publique qui ont servis en matière d’éducation et de santé en 2016 dans chacun de leurs pays. De cette façon, ils ont contribué au projet ObiDESC, que le CUHD développe afin de pouvoir surveiller le progrès que font les États.

À titre personnel, en tant qu’élève, ce qui m’a paru le plus attirant a été le fait de pouvoir voir comment fonctionne le Système des Nations Unies depuis l’intérieur. Des conférences comme celle de Mme. María Vivar Aguirre sur le Haut-Commissaire des Droits de l’Homme ou encore celle de M. Alfred de Zayas sur le nouvel ordre international ont été d’un intérêt immense. Finalement l’ambiance détendue et la diversité de cultures n’ont fait qu’améliorer un déjà très bon séjour.

Eugenia de Lacalle

PS : voici une petite vidéo sur la remise des diplômes