17/07/2018

25ème Université d’été des droits de l’homme : spécialisation en droits économiques sociaux et culturels

Du 9 au 13 juillet 2018, s’est tenue la 25ème université d’été des droits de l’homme organisée par le CUHD. Le thème était les Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC), leur mise en œuvre, leur contexte et leur surveillance entre autres choses. Mais d’autres thèmes ont aussi été abordés comme celui des Objectifs de développement durable (ODD), celui des migrations ou encore celui de l’éducation aux droits de l’homme. Le programme proposé était chargé pour cette session présentielle avec une vingtaine de participants, provenant de nombreux pays francophones, et presque autant d’intervenants, qu’ils soient docteurs, professeurs, représentants d’ONG. De plus le contexte est particulier en cette année des 70 ans de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

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En ce lundi 9 juillet au matin, les participants arrivent au compte-gouttes dans le très beau bâtiment qu’est celui du Campus Biotech, qui ouvre ses portes à l’Université d’été pour trois des cinq jours de la session. Le temps que tout le monde arrive dans la salle, que les présentations se fassent et que le (tout) petit-déjeuner soit dégusté, Claire de Lavernette peut maintenant introduire la semaine avec un petit rappel général sur l’origine et les principes des droits humains. Puis Camille Gervaix, coordinatrice des activités du CUHD détaille toutes les informations techniques et pratiques et nous présente Luis Vázquez, le coordinateur de la session. Ensuite, Nuno Cabral, membre de la Mission permanente du Portugal auprès de l’ONU donne son cours sur « Le système international de la protection des droits de l’homme ». L’après-midi, la discussion portait sur les ODD et leur réalisation grâce à une approche basée sur les Droits de l’Homme avec Pablo Nuño, de la Mission permanente espagnole. À l’issue de cette première journée, les participants se sont rendus à la Mairie de Lancy, commune mécène, pour une réception et faire plus amplement connaissance.

Le lendemain se déroule dans les locaux de Centre international de conférence de Genève, pour une journée abordant le thème des migrations. Cette journée, co-organisée par le CUHD et l’association africaine REFORMAF, s’articule comme une suite de petites conférences. Michel Veuthey, président du CUHD, ouvre le bal avec le droit international des migrations. Il est suivi par Felice Rizzi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, à propos de « Migrations et Coopération Internationale ». Après une pause repas bien méritée, trois régions africaines, et leurs défis migratoires, sont illustrées par trois membres de REFORMAF, avant d’entendre le brillant exposé du Pr. Blaise Tchikaya, et de Biro Diawara intitulé « Migrations africaines et droits de l’homme ». Enfin pour clôturer cette journée intensive, le Dr. Mukundji s’exprime sur les Objectifs de développement durable en République Démocratique du Congo et Arthur Huiban, sur l’insertion sociale et professionnelle des migrants guinéens en Suisse.

Le mercredi, au Bureau International de l’Education (BIE), est consacré à l’éducation aux droits de l’homme qui est une part très importante de la mission du HCDH, mais ce n’est pas une notion parfaitement évidente. C’est pour cela que Claire de Lavernette, également présidente de la Plateforme d’ONG sur l’éducation aux droits de l’homme à l’ONU, intervient ce matin-là, juste après l’étude de Stefania Gandolfi de la Chaire UNESCO de l’Université de Bergame, sur le droit à l’éducation au Burkina Faso. À partir de l’après-midi, le groupe est séparé en deux, le premier est allé au Palais des Nations pour suivre le Mécanisme d’experts sur les droits des peuples autochtones, l’autre est resté au BIE pour un après-midi avec l’Observatoire International des DESC (ObiDESC).

Le jeudi matin, les groupes s’inversent et doivent se retrouver après le déjeuner au Campus Biotech pour débriefer le Mécanisme d’experts sur les peuples autochtones avec Luis Vázquez avant de terminer la journée avec Rubén Navarro qui nous propose une simulation d’une négociation de résolution.

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La matinée de l’ultime journée de cette intense semaine rime avec évaluation. Des deux côtés puisque les élèves ont évalué la session et la session a ensuite évalué les élèves via le contrôle final des connaissances. Le temps de le corriger pendant l’après-midi, les futurs spécialistes en DESC se sont mis en petits groupes afin d’effectuer un travail de recherche sur leur pays d’origine et de le présenter. La 25ème session s’achève à la Mairie de Cologny, ville mécène et voisine de Genève, pour la cérémonie de remise des diplômes.

Cette  session a contribué à partager des expériences et à réfléchir avec des personnes de différents horizons, sur la manière de traiter les défis actuels des droits de l'homme, des droits économiques sociaux et culturels, et la responsabilité civique que nous avons dans ces domaines.

 

Hugo du SUAU

12/07/2018

Invitation vendredi 13 juillet à 12 h. 30 à la Bibliothèque du Palais des Nations

L'Institut international de droit humanitaire (San Remo) est heureux de renouveler son invitation à la présentation du rapport sur la Table Ronde sur le 40e anniversaire des Protocoles additionnels aux Conventions de Genève du 12 août 1949 sur la protection des conflits armés.

Le Rapport de la Table Ronde de San Remo de 2017 à télécharger librement sur le lien suivant:

http://bit.ly/RT-SANREMO-2017

The International Institute of Humanitarian Law would like to remind you about its Book Launch that will be taking place tomorrow Friday July 13th between 12:30 - 14:00 at the UN Library in the Palais des Nations. 

This book compiles the proceedings of last year’s Round Table that focused on The Additional Protocols 40 Years Later: New Conflicts, New Actors, New Perspectives.

A discussion with:

  • Prof. Fausto POCAR, President of the International Institute of Humanitarian Law (IIHL)
  • Ms. Cynthia PETRIGH, Director, Beyond Peace
  • Ms. Anne QUINTIN, Head of the Sector for Legal Training, International Committee of the Red Cross, (ICRC)

Moderated by:

  • Prof. Michel VEUTHEY, Vice-President, International Institute of Humanitarian Law (IIHL)

Important : If you do not have a UN Pass you must register to this event (https://reg.unog.ch/event/25852/)

 

 

02/07/2018

Curso de verano en el marco del 70° aniversario de la Declaración Universal de los Derechos Humanos: desafíos, oportunidades y obstáculos

Curso_ur_verano_0_2018.jpgDel 25 al 29 de junio, se llevó a cabo en Ginebra el curso de verano “Universalidad de los Derechos Humanos: obstáculos y desafíos en el 70° aniversario de la Declaración Universal de Derechos Humanos de 1948”, co-organizado por la Universidad de la Rioja  y CUHD. En dicho curso, contamos con la presencia de ponentes pertenecientes a diversas disciplinas: expertos en educación, energías renovables, derecho, economía, entre otras. Así como profesionales dedicados a distintas áreas laborales: representantes de organizaciones no gubernamentales (ONG), de organismos internacionales y misiones estatales; catedráticos, jueces y fiscales[1].

         Curso_ur_verano_17_2018.jpg Durante estos cinco días de intenso estudio y reflexión, se discutieron diferentes temas de relevancia en el área de los Derechos Humanos, con su especial relación con el cumplimiento de los Objetivos del Desarrollo Sostenible[2] (ODS). Comenzamos inaugurando el evento con la introducción de Ana María Vega (coordinadora del curso y profesora de la Universidad de la Rioja). A continuación, Ignasi Grau (representante de OIDEL) nos comentó los debates contemporáneos en torno a la tarea inacabada de la universalidad de los Derechos Humanos y sobre el trabajo del Consejo de Derechos Humanos en Ginebra. Por la tarde, tuvimos una mesa redonda sobre dignidades invisibilizadas, donde diversos especialistas abordaron el tema de derechos de las mujeres, menores de edad, minorías y afrodescendientes.   

          El segundo día, Amparo Alonso (directora de Caritas Internationalis ante la Organización de las Naciones Unidas) explicó la labor de su organización, el sistema universal de Derechos Humanos y nos invitó a un evento paralelo, coauspiciado por la Misión Permanente de las Filipinas y de la Santa Sede, sobre cómo promover una cultura y una perspectiva de acogida con los migrantes y refugiados. Por la tarde, la Fiscal argentina, María Soledad Garibaldi, nos informó sobre un caso de graves violaciones a derechos humanos a menores de edad que se encuentra bajo investigación en Argentina, y sobre cómo los tratados internacionales, en materia de combate al abuso sexual infantil, han sido una pieza clave en dicha investigación y en la interpretación jurídica.

         Curso_ur_verano_16_2018.jpg El día miércoles, tuvimos un taller sobre energías renovables, cambio climático y su relación con los ODS, llevado a cabo por el Profesor en Ingeniería Eléctrica, Melchor Gómez Pérez; seguido por una presentación sobre el derecho a la educación y su necesidad para el desarrollo de las sociedades, dirigida por la Profesora de la Universidad de Vic, Isabel Carrillo Flores. Por la tarde, disfrutamos de la mesa redonda sobre políticas públicas con perspectiva de familias, en el contexto del invierno demográfico europeo, presentada por Consuelo León (directora de Childcare and Family Policies de la Universidad de Cataluña) y Esther Raya (profesora de trabajo social de la Universidad de la Rioja).

          Curso_ur_verano_7_2018.jpgAl día siguiente, continuamos con la Profesora de Métodos Cuantitativos, Marta Guijarro, quien abordó el tema de rendición de cuentas, en el marco de los indicadores sobre desarrollo humano, adoptados por el Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo (PNUD). Después, contamos con la presentación de Cecilia Ercole (exfuncionaria de la Oficina del Alto Comisionado de los Derechos Humanos), cuya intervención describió su trabajo en la promoción y cumplimiento de los estándares internacional de Derechos Humanos alrededor del mundo. Para concluir la sesión, tuvimos una mesa redonda sobre corrupción y transparencia, donde el Magistrado Federal de Argentina, José Antonio Michilini; y el Profesor de Derecho Tributario, Miguel Ángel Sánchez; discutieron la influencia que la corrupción y los llamados paraísos fiscales, tienen en el campo de los Derechos Humanos.

          Por último, antes de la clausura del curso, tuvimos una mesa de debate con Arancha González (directora del Centro Internacional de Comercio), el asesor jurídico de la Misión de Israel (experto en Derechos Humanos y Derecho Internacional Humanitario), y Miguel Ángel Sánchez. En sus intervenciones, comentaron el tema de empresas y ODS, y la labor del Consejo de Derechos Humanos. La clausura de estos días de estudio y debate, se llevó a cabo por parte de Claire de Lavernette (representante de OIDEL).

        Curso_ur_verano_4_2018.jpg  Este programa contribuyó a compartir experiencias y a reflexionar con personas provenientes de diferentes contextos culturales, temáticos y laborales para abordar de manera multidisciplinaria los desafíos actuales de los Derechos Humanos, y la responsabilidad ciudadana que tenemos en estos asuntos.  

 

[1] El programa del curso y el currículum de los ponentes, se pueden consultar en la siguiente página web: https://fundacion.unirioja.es/formacion_cursos/view/402/sub:3075/lang:en.

[2] Se pueden consultar en la siguiente página web: http://www.undp.org/content/undp/es/home/sustainable-development-goals.html.

08/06/2018

Colloque au sujet des Migrations africaines en lien avec les droits de l'homme

Dans le cadre de la XXV Université d’été, le Collège universitaire Henri Dunant a choisi de consacrer une journée pour affrontrer une des thématiques les plus importantes de l’actualité mondiale : la migration.

L’étroite collaboration avec le Réseau de Formation, de Recherche et d’Action sur les Migrations Africaines (REFORMAF) nous a permis de mettre en place un événement qui prendra la forme d’un colloque où des intervenants de marque présenteront et discuteront les différents enjeux et défis que soulève la question des migrations africaines.

Cet événement est en premier lieu adressé aux étudiants de l’Université d’été mais toute personne intéressée sera la bienvenue ! Nous vous donnons donc rendez-vous mardi 10 juillet dès 9h00 à la rue de Varembé 1 (cliquez pour voir les détails du programme).

 

Pour d’ultérieures informations, n’hésitez pas à nous contacter !

Maria Chiara Giovannozzi

 

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18/05/2018

Slavery yesterday and today

Slavery yesterday and today
Past reflections and future perspectives

Every year on 10 of May, the national commemoration of the memory of the slave trade, slavery and their abolition takes place in Paris. This year, the event was organised on Thursday 10 May 2018 by the Association of the Friends of General Dumas, with the support of the City of Paris, the Centre des Musées Nationaux, and under the high patronage of the President of the French Republic.

The desire to remember the slaves of the past should be applauded, without falling into triumphalism and complacency.  There is indeed an urgent need to make a concrete commitment to the liberation of modern slaves and to the abolition of all contemporary forms of trafficking.

Contemporary resurgence

Slavery has not disappeared. Although it is prohibited by a series of national and international legal instruments, slavery is on the rise throughout the world, including in Europe, even if it is often invisible.

Causes

 Poverty, economic and political instability, conflicts, the demographic explosion of certain countries, climate change, the movement of refugees and migrants, ethnic and religious persecution make millions of women and children, but also men, vulnerable to criminal networks which, by coercion or false promises, reduce these people to servitude even in our countries.

Conditions favouring contemporary slavery have multiplied throughout the world: demographic and economic imbalances, increased vulnerability of millions of people mainly in developing countries.  That vulnerability is linked to armed conflicts, dictatorships, climate change, environmental degradation, natural and technological disasters, lack of education and access to the labour market.

And often, these factors combine with competition exasperated by globalisation and the use of forced labour in agriculture, deforestation, fishing, construction, hotels and restaurants, mining, the clothing industry, not to mention sexual exploitation, child trafficking and the illegal trade in embryos and human organs. The lack of rule of law and corruption guaranteeing impunity to criminal networks and depriving victims of protection. Mass movements of vulnerable populations expose refugees and migrants but also internally displaced persons to false promises by these criminals.

Most contemporary slaves become slaves, not because they are kidnapped, but because they respond positively to a false job offer, a trap towards forced labour, towards forced prostitution.

Medical progress allowing organ transplants creates a considerable demand for donors, voluntary or not, and an international market for organ trafficking. There are also new forms of slavery linked to surrogacy, the purchase and sale of children internationally, not to mention servitudes and traditional cultural slavery practices that have not disappeared.

Slavery is developing today at levels that go beyond what we have known in previous centuries: in 2010, there were an estimated 27 million slaves in the world. This figure represents double the number of all African slaves who were forced to emigrate from Africa to the Americas.  In 2018, the latest estimates produced by international organizations put the number of people deprived of freedoms at over 45 million worldwide, with strong growth between 2010 and 2018. The profits of modern slavery in the world, according to the same sources, exceed 150 billion dollars.

According to the Global Slavery Index (www.globalslaveryindex.org/findings), 58% of victims are in 5 countries: India, China, Pakistan, Bangladesh and Uzbekistan. Women and girls account for 71% of slaves, or nearly 29 million people. One in four victims of modern slavery is a child, or about 10 million. In Europe, estimates are estimated at more than one million, most of them from Romania, Bulgaria and Slovakia, and from Nigeria, China and Brazil. Forced labour and sexual exploitation are the most widespread forms of slavery in Europe. In Italy, there are about 130,000 slaves today according to the "Walk Free" Foundation (www.walkfreefoundation.org).

Remedies

There is a general need for awareness, information and training. A comprehensive effort at national, regional and international levels is needed to address this massive global denial of fundamental human rights.

 This year, as we commemorate the abolition of slavery in the 19th century, we should draw inspiration from the abolitionists of past centuries, their struggles and their values, which are close to ours: 2018 is also the 70th anniversary of the Universal Declaration of Human Rights and the 20th anniversary of the adoption of the Statute of the International Criminal Court (which qualifies certain slavery practices respectively as war crimes and crimes against humanity). It is a good time for the international community to mobilise and make a renewed call for the abolition of contemporary slavery, directed at Governments, religious and spiritual authorities, international organizations, civil society, not to mention the business community and opinion-leaders.

On 2 December 2014, at Casina Pio IV, the headquarters of the Pontifical Academy of Sciences and Social Sciences, Catholic, Anglican, Muslim, Hindu, Buddhist, Jewish and Orthodox religious leaders signed a Joint Declaration against Modern Slavery as a public declaration of their commitment to work together in spiritual and practical action to eradicate this crime against humanity and restore the dignity and freedom of its victims.

The text of the declaration signed by Pope Francis and other religious leaders states:

"We, the undersigned, are gathered here today for an historic initiative to inspire the spiritual and practical action of all world religions and people of good will throughout the world to eradicate modern slavery in the world by 2020 and forever.

In the eyes of God, every human being is a free person, girl, boy, woman or man, and is destined to exist for the good of all in equality and brotherhood. Modern slavery, in terms of human trafficking, forced labour and prostitution, organ trafficking, and any relationship that does not respect the fundamental belief that all human beings are equal and have the same freedom and dignity, is a crime against humanity.

We pledge here today to do everything in our power, within our faith communities and beyond, to work together for the freedom of all those who are enslaved and trafficked, so that their future may be restored. Today, we have the opportunity, the conscience, the wisdom, the innovation and the technology to realize this human and moral imperative."

 

In everyday reality, the victims of slavery living alongside us need reception, protection and reintegration structures. The victims are invisible, unlike other periods in the history of slavery. This real invisibility contributes to an inadequate awareness of our authorities and our aid structures, whether public or private.

The most urgent and necessary action is to promote knowledge of the facts and development processes of modern slavery. Governments and civil society must also take measures to help and rehabilitate the victims of modern slavery. Finally, prevention through education and other economic, social and political measures that restore the rule of law, ensure the protection and rehabilitation of survivors and the prosecution of criminals are needed. 

On the occasion of the Forum held in Buenos Aires from 5 to 8 May 2018 on modern slavery, "Old Problems of the New World", Pope Francis expressed his support and concern for the victims of modern slavery:

"No one can wash their hands of this tragic reality, if they do not want to be complicit in this crime against humanity”

Michel Veuthey
Ambassador of the Sovereign Order of Malta to monitor and combat trafficking in persons
Deputy Permanent Observer of the Order of Malta at the U.N. in Geneva 

http://diplomatie-humanitaire.org/en/slavery-yesterday-and-today-past-reflections-and-future-perspectives/

 

 

Esclavages d’hier et d’aujourd’hui - Mémoires et perspectives

Le 10 mai chaque année a lieu à Paris la Commémoration nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette journée était organisée ce jeudi 10 mai 2018 par l’association des amis du général Dumas, avec le soutien de la Ville de Paris, du Centre des Musées nationaux, et sous le haut patronage du Président de la République.

Il faut saluer cette volonté de faire mémoire des esclaves du passé, sans tomber dans le triomphalisme et l’autosatisfaction. L’urgence est en effet de s’engager concrètement pour la libération des esclaves modernes et pour l’abolition de toutes les formes contemporaines de traite.

Résurgence contemporaine

Même si l’esclavage est interdit par une série d’instruments juridiques au niveau national et international, l’esclavage se développe partout dans le monde, y compris en Europe. L’esclavage n’a en effet pas disparu. Il est même en pleine croissance, même s’il est souvent invisible.

Causes

La pauvreté, l’instabilité économique et politique, les conflits, l’explosion démographique de certains pays, les changements climatiques, les mouvements de réfugiés et de migrants, les persécutions ethniques et religieuses rendent des millions de femmes et d’enfants, mais aussi des hommes, vulnérables à des réseaux criminels qui, par la contrainte ou par de fausses promesses, réduisent ces personnes à la servitude jusque dans nos pays.

Les conditions favorisant l’esclavage contemporain se sont multipliées dans le monde entier

  • déséquilibres démographiques et économiques, vulnérabilité accrue de millions de personnes principalement dans les pays en développement (vulnérabilité liée aux conflits armés, aux dictatures, aux changements climatiques, aux dégradations infligées à l’environnement, aux catastrophes naturelles et technologiques, à l’absence d’éducation et d’accès au marché du travail). Et souvent, ces facteurs se conjuguent.
  • concurrence exacerbée par la mondialisation et par le recours au travail forcé dans l’agriculture, la déforestation, la pêche, le bâtiment, l’hôtellerie et la restauration, les mines, l’industrie du vêtement, sans oublier l’exploitation sexuelle, le trafic d’enfants, le commerce illicite d’embryons et d’organes humains.
    absence d’état de droit (« rule of law ») et corruption garantissant l’impunité aux réseaux criminels et privant les victimes de protection
  • mouvements de masse de populations dans un état de vulnérabilité exposant réfugiés et migrants mais aussi personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays aux contraintes ou aux promesses fallacieuses de criminels : la plupart des esclaves contemporains deviennent esclaves, non pas parce qu’ils sont kidnappés, mais parce qu’ils répondent positivement à une offre d’emploi mensongère, un piège vers le travail forcé, vers la prostitution imposée
  • progrès de la médecine permettant des transplantations d’organes et créant une demande considérable de donneurs, volontaires ou non, et créant un marché sur le plan international de trafic d’organes
  • nouvelles formes d’esclavage liée à la gestation pour autrui, à l’achat et à la vente d’enfants sur le plan international
  • sans oublier servitudes et pratiques esclavagistes culturelles traditionnelles qui n’ont pas disparu (ainsi les castes).

L’esclavage se développe aujourd’hui à des niveaux qui dépassent ce que nous avons connu aux siècles précédents :

  • En 2010, on estimait à environ 27 millions le nombre d’esclaves dans le monde. Ce chiffre représente le double de tous les esclaves africains qui ont été forcés à émigrer d’Afrique aux Amériques.
  • En 2018, les dernières estimations produites par les organisations internationales estiment à plus de 45 millions de personnes privées de libertés dans le monde, avec une forte croissance entre 2010 et 2018.

Les profits de l’esclavage moderne dans le monde, selon les mêmes sources, dépassent les 150 milliards de dollars.

Selon le Global Slavery Index , 58% des victimes sont répartis dans 5 pays: Inde, Chine, Pakistan, Bangladesh et Ouzbékistan. Femmes et filles représentent 71% des esclaves, soit près de 29 millions de personnes. Une victime de l’esclavage moderne sur quatre est un enfant, soit environ 10 millions. En Europe, les estimations seraient de plus d’un million, dont la plupart de Roumanie, Bulgarie et Slovaquie, et du Nigéria, de la Chine et du Brésil. Le travail forcé et l’exploitation sexuelle sont les formes les plus répandues de l’esclavage en Europe. En Italie, il y aurait environ 130.000 esclaves aujourd’hui selon la Fondation « Walk Free » .

Remèdes

Il y a un besoin général de prise de conscience, d’information et de formation.

C’est un effort d’ensemble, sur le plan national, régional et international qui est nécessaire pour faire face à cette négation massive mondiale des droits fondamentaux de la personne humaine.

En cette année où nous commémorons l’abolition de l’esclavage au XIXe siècle, nous devrions nous inspirer des abolitionistes des siècles passés, de leurs luttes et de leurs valeurs, qui sont proches des nôtres : 2018 est aussi le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et le 20e de l’adoption du Statut de la Cour Pénale Internationale (qui qualifie certaines pratiques esclavagistes respectivement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité). C’est le moment favorable pour la communauté internationale de lancer une mobilisation pour une nouvelle abolition de l’esclavage, en faisant appel aux Gouvernements, aux Autorités religieuses et spirituelles, aux organisations internationales, à la société civile, sans oublier milieux d’affaires et formateurs d’opinion.

Le 2 décembre 2014, à la Casina Pio IV, le siège de l’Académie pontificales des sciences et des sciences sociales, des responsables religieux catholiques, anglicans, musulmans, hindous, bouddhistes, juifs et orthodoxes ont signé une Déclaration commune contre l’esclavage moderne comme une déclaration publique de leur engagement à travailler ensemble dans l’action spirituelle et pratique pour éradiquer ce crime contre l’humanité et restaurer la dignité et la liberté de ses victimes.

Le texte de la déclaration signée par Pape Francis et d’autres chefs religieux stipule ce qui suit :

« Nous, les soussignés, sommes réunis ici aujourd’hui pour une initiative historique visant à inspirer l’action spirituelle et pratique de toutes les religions mondiales et des personnes de bonne volonté partout dans le monde afin d’éradiquer l’esclavage moderne dans le monde d’ici 2020 et pour toujours. Aux yeux de Dieu, chaque être humain est une personne libre, fille, garçon, femme ou homme, et est destiné à exister pour le bien de tous dans l’égalité et la fraternité. L’esclavage moderne, en termes de trafic d’êtres humains, de travail forcé et de prostitution, de trafic d’organes, et toute relation qui ne respecte pas la conviction fondamentale que tous les êtres humains sont égaux et ont la même liberté et la même dignité, est un crime contre l’humanité. Nous nous engageons ici aujourd’hui à faire tout ce qui est en notre pouvoir, au sein de nos communautés de foi et au-delà, à travailler ensemble pour la liberté de tous ceux qui sont réduits en esclavage et victimes de la traite, afin que leur avenir soit restauré. Aujourd’hui, nous avons l’occasion, la conscience, la sagesse, l’innovation et la technologie pour réaliser cet impératif humain et moral. »

Dans la réalité de tous les jours, les victimes de l’esclavage vivant à nos côtés ont besoin de structures d’accueil, de protection et de réinsertion. Les victimes sont invisibles, contrairement aux autres époques de l’histoire de l’esclavage. Cette réelle invisibilité contribue à une inadéquation de la prise de conscience de nos autorités et de nos structures d’aides, qu’elles soient publiques ou privées.

L’activité la plus urgente et nécessaire est de promouvoir la connaissance des faits et des processus de développement de l’esclavage moderne. Il faut aussi que Gouvernements et société civile prennent des mesures pour aider et réhabiliter les victimes de l’esclavage moderne. Il faut enfin prévenir par l’éducation et d’autres mesures économiques, sociales et politiques qui permettent de rétablir l’état de droit, d’assurer la protection et la réhabilitation des survivants et la poursuite des criminels.

A l’occasion du Forum qui s’est tenu à Buenos Aires du 5 au 8 mai 2018 sur l’esclavage moderne, «Vieux problèmes du nouveau monde», le Pape François a tenu à faire part de son soutien et de sa préoccupation pour les victimes de l’esclavage moderne.

Michel Veuthey,
Ambassadeur chargé de la lutte contre le trafic d’êtres humains
Observateur Permanent Adjoint
Mission Permanente d’Observation de l’Ordre Souverain de Malte auprès de l’Office des Nations Unies à Genève

16/02/2018

Migrants : que puis-je faire ?

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Plus de 200 entretiens avec des passants dont plusieurs réfugiés qui avaient traversé la Méditerranée sur des bateaux de fortune… Comme ces « héros de l’ordinaire » symbolisés par les origamis placés sur le sol de la gare : c’est le résultat de notre après-midi de sensibilisation à la gare Cornavin.

« Que puis-je faire ? » : c’était l’interrogation la plus fréquente de la part des passants. Comme réponse, nous avons évoqué le Global Compact sur les migrants actuellement en négociation ou bien la responsabilité que le droit de vote donne à chacun.

L’intérêt était tel que les 500 flyers explicatifs ont disparus en l’espace d’à peine deux heures. Ces flyers informaient de l’ampleur de la catastrophe : rien qu’en 2017, près de 200 000 personnes ont mis leur vie en péril pour atteindre l'Europe en traversant la Mer Méditerranée. Plus de 3000 d'entre eux sont morts en chemin.

En retour, les passants nous ont communiqué le chiffre du jour que nous ne connaissions pas : 90 disparus pour la seule journée du 2 février.

Lors de cet événement, nous avons réalisé un petit film qui sera disponible sur le blog dans quelques jours.

Isabel Marquez de Prado

31/01/2018

Partager les richesses

Le vendredi 2 février de 17h00 à 19h00 aura lieu au cœur de la gare Cornavin à Genève un happening organisé par le CUHD afin de sensibiliser les genevois et passants sur la cause des réfugiés.

En 2017,  184'169 personnes ont mis leur vie en péril pour atteindre l'Europe en traversant la Mer Méditerranée. 3'116 d'entre eux sont morts en chemin. 

Plus de 900 petits bateaux en papier seront disposés au sol afin de leur rendre hommage; chaque bateau représentant 200 migrants. Le but est d’ouvrir le dialogue et de faire en sorte que les passants prennent conscience de la difficile situation des migrants qui en ce moment-même traversent la Mer Méditerranée. 

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24/01/2018

La croix de l'Ordre de Saint Raymond de Peñafort

Nous avons l'honneur de vous informer que Madame Ana María Vega Gutiérrez, membre du Conseil scientifique du Collège Universitaire Henry Dunant (CUHD) a été décorée de la croix de l'Ordre de Saint Raymond de Peñafort, plus grande décoration espagnole décernée à des juristes.

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L'article de presse

 

23/01/2018

Traite des êtres humains : Journée de prière et de réflexion jeudi 8 février

Journée internationale, prière, traite êtres humains, trafic personnes, esclavage, abolition