27/06/2016

IV Diploma de Promoción y Protección de los Derechos Humanos

La semana del  12 al 17 de junio tuvo lugar el IV Diploma de promoción y protección de los Derecho Humanos organizado por la El College Universitaire Henry Dunant y Intermedia.

Tras una preparación a distancia los meses previos, 11 alumnos de nacionalidades distintas -Perú, Colombia, España, México, Brasil- se dieron cita en Ginebra para formarse en el ámbito de los Derechos Humanos y para aprender la aplicación práctica y teórica en sus diferentes campos profesionales.

Durante el curso, han recibido diversas sesiones sobre diferentes aspectos de Naciones Unidas y los Derechos Humanos.  Alfred Fernández, director general del CUHD, ofreció varias sesiones donde ofreció a los alumnos su visión personal y profesional sobre Naciones Unidas a partir de su recorrida experiencia. Igualmente el Sr. Fernandez mostró y explicó los distintos instrumentos necesarios para poder seguir el Consejo de Naciones Unidas durante la semana. Rubén Navarro, representante permanente ante las Naciones Unidas de ADF Internacional, realizó una interesante sesión sobre el sistema internacional de protección de derechos humanos. El contenido de estas sesiones creó muchas inquietudes entre los presentes, que no dudaron en plantear todo tipo de dudas sobre Naciones Unidas, la aplicación de los Derechos Humanos en pleno siglo XXI o sobre la importancia del enfoque de derechos en los grandes conflictos internacionales.

Además de las diferentes sesiones, los alumnos han realizado una investigación sobre el Derecho a la educación de los tristemente discutidos Derechos Económicos Sociales y Culturales. Concretamente, analizaron desde una perspectiva histórica la formulación de los artículos 13 y 14 del Pacto de Derechos Económicos, Sociales y Culturales y del artículo 18 del Pacto de Derechos Civiles y Políticos. Tuvieron el privilegio de poder realizar dicha investigación en la Biblioteca de las Naciones Unidas usando documentos originales y con un soporte técnico directo de los bibliotecarios.

Finalmente, la otra gran actividad que realizaron durante la semana fue la asistencia a diferentes sesiones del Consejo de Derechos Humanos que se desarrolló paralelo al curso.  Allí  siguieron sesiones tan interesantes como la Jornada anual de Discusión sobre los Derechos de la Mujer o el Debate de Protección y Promoción del Derecho al Desarrollo, entre otras.

Finalmente, y tras los nervios  de la prueba de conocimientos del último día, los alumnos recibieron sus diplomas en un emotivo acto donde pudieron contrastar opiniones con los diferentes profesionales del Collège Universitaire Henry Durant. Tras las despedidas todos regresaron a sus países de origen con la convicción reforzada de que vale la pena seguir luchando por los Derechos Humanos.

 

Pere Grau

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10/06/2016

Retour à Solférino

Le 3 mai, le Conseil de sécurité des Nations Unies adoptait une résolution à l'unanimité sur la protection des blessés et des malades, du personnel médical et humanitaire, dont le projet avait été co-parrainé par 80 Etats Membres. L'initiative avait été prise par cinq Membres non-permanents du Conseil de sécurité, l'Egypte (qui présidait le Conseil en mai), le Japon, la Nouvelle-Zélande, l'Espagne et l'Uruguay. Les consultations sur le projet avaient débuté en janvier, et le projet de résolution déposé le 27 avril... 

Cette résolution 2286 (2016) reprend, en termes vigoureux, le fondement du droit international humanitaire depuis la Première Convention de Genève de 1864. Elle "condamne fermement" les actes de violence, attaques et menaces visant blessés et malades, personnel médical et humanitaire , "déplore" les répercussions durables que ces attaques ont sur la population civile et les systèmes de santé, "exige" de toutes les parties à un conflit armé de respecter pleinement le droit international, notamment humanitaire, "exige également" pour les humanitaires l'accès aux populations dans le besoin, "demande instamment aux Etats et aux parties à un conflit armé" de mettre en place des mesures efficaces pour prévenir et réprimer ces attaques et menaces, "souligne que l'éducation et la formation" en droit humanitaire peuvent contribuer à prévoir ces attaques, "condamne vigoureusement l'impunité" dont jouissent ceux qui commettent ces violations et exactions, "engage vivement" les Etats à mener sans tarder des enquêtes sur ces violations, "exprime son intention" de faire en sorte que les mandats des opérations de maintien de la paix des Nations Unies contribuent à instaurer des conditions de sécurité favorables à la fourniture d'une assistance médicale, conformément aux principes humanitaires, "prie" le Secrétaire général d'inclure cette question dans ses rapports sur la situation d'un pays donné ou sur la protection des civils, "prie également" le Secrétaire général de lui communiquer sans tarder des recommandations quant aux mesures à prendre, "prie en outre" le Secrétaire général de lui faire rapport tous les douze mois...

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le Président du CICR, Peter Maurer, et la Présidente de MSF International, Joanne Liu, ont souligné d'emblée la gravité de la question, le nombre des attaques dans les conflits en cours ou récents en Afghanistan, en Irak, en République Centrafricaine, au Sud-Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen.

Sont intervenus dans le débat :

- le Japon, soulignant le caractère général de la résolution, qui ne mentionne aucun pays en particulier, mais rappelant la gravité de la situation en Syrie;

- la Nouvelle-Zélande, évoquant l'urgence de faire cesser ces violations, en particulier à Alep;

- l'Espagne, déplorant ces attaques pratiquement quotidiennes, dont certaine volontaires, et mentionnant également Alep;

- l'Uruguay, regrettant que certaines de ces attaques aient été commises par des Etats Membres des Nations Unies, et demandant que les responsables soient poursuivis pénalement;

- le Royaume-Uni : le non-respect du fondement du droit humanitaire, notamment à Alep, entraîne sous nos yeux un délitement, une désagrégation du droit humanitaire et demande un briefing urgent sur la situation à Alep;

- l'Angola demande aussi justice pour les victimes d'attaques à Alep;

- l'Ukraine évoque aussi Alep et cite un rapport de l'OMS sur des attaques au Yémen;

- la Russie, tout en soulignant le caractère inacceptable d'attaques contre le personnel médical, réclame des informations fiables et le respect de la souveraineté des Etats;

- les Etats-Unis expriment leurs regrets sur l'attaque de l'hôpital de Kunduz, en Afghanistan, et évoque les nombreuses attaques volontaires contre des installations médicales en Syrie;

- la France cite le récent Rapport de l'OMS et souligne que le Conseil de sécurité devrait agir d'urgence à propos de la situation à Alep, relevant aussi que ces attaques pourraient constituer des crimes de guerre selon le Statut de Rome de la Cour pénale internationale;

- le Sénégal relève le paragraphe de la résolution qui demande que la protection des convois humanitaires fasse partie du mandat des opérations de maintien de la paix;

- le Vénézuela souhaite que cette résolution ne soit pas un exercice de rhétorique mais un appel à l'action concrète, y compris la poursuite pénale des responsables de ces violations;

- la Chine exprime sa profonde préoccupation devant ces violations, demande la poursuite pénale des responsables, rappelle que les humanitaires doivent respecter la Charte des Nations Unies et l'intégrité territoriale des Etats, et fait appel à la diplomatie préventive du Conseil de sécurité pour encourager la résolution des conflits par des négociations; 

- la Malaisie déclare que cette résolution marque une étape importante ("an important milestone"), exprime son regret devant les attaques d'hôpitaux par Israël à Gaza, et, par les Etats-Unis de l'hôpital de MSF à Kunduz, en Afghanistan, ajoutant que la protection des populations civiles et du personnel humanitaire devait être au coeur de l'action du Conseil de sécurité;

- l'Egypte, qui présidait le Conseil de sécurité, estime que ces attaques contre du personnel et des installations médicales suscitent la haine et minent la possibilité de règlement pacifique des conflits. Le Conseil de sécurité doit envoyer un message fort que ces violations ne doivent pas avoir lieu.

Le même jour, 3 mai, le CICR, avec 44 autres Membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que l'Association médicale mondiale, publiait une lettre ouverte à tous les Etats Membres des Nations Unies ("Il faut mettre fin à la violence contre les soins de santé") demandant à tous les Etats Membres d'appuyer sans réserve les mesures décrites dans la résolution 2286.

La résolution 2286 a été relevée dans plusieurs interventions au Sommet humanitaire mondial qui s'est tenu à Istanbul les 23 et 24 mai.

La 32e session du Conseil des Droits de l'Homme, qui se tiendra au Palais des Nations à Genève du 13 juin au 1er juillet, sera aussi l'occasion, pour le Secrétaire général et ses représentants, comme pour les Etats Membres, les observateurs et les ONG, de rappeler les recommandations de la résolution 2286, en particulier pour la situation en Syrie, qui sera débattue le 21 juin.

Ensuite, le segment humanitaire du Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies devrait aussi être une opportunité de revenir sur la question à New York les 27, 28 et 29 juin, comme aussi et surtout les deux Sommets sur la migration des 19 et 20 septembre à New York, et l'Assemblée générale des Nations Unies de cet automne.

Au delà de ces rendez-vous diplomatiques, reste la question fondamentale de savoir comment faire respecter ce qui est le fondement du droit international humanitaire, le respect des blessés et du personnel médical et humanitaire.

Comme le relevaient pratiquement toutes les interventions à New York le 3 mai, comme aussi l'ont rappelé Gouvernements, représentants de l'ONU, du CICR, de l'Ordre de Malte, d'ONG en plénière et dans les sessions spéciales du Sommet humanitaire mondial réuni à Istanbul les 23 et 24 mai, le droit international humanitaire doit être mieux respecté. 

La question n'est pas seulement juridique. elle est bien plus politique et morale. 

Sur le plan juridique, l'impunité semble être devenue la règle, et les poursuites et condamnations de criminels de guerre l'exception. La Suisse et le CICR avaient proposé, à la dernière Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (Genève, décembre 2015), un mécanisme d'examen périodique du respect du droit international humanitaire. Cette proposition n'a pas été retenue, même si les consultations continuent.

Nous sommes donc de retour à Solférino : le besoin de protéger blessés et infirmiers est là, le droit - ou son respect - n'y est pas. Comme Henry Dunant à Solférino, c'est aux médecins, aux bonnes volontés locales - comme le 24 juin 1859 le curé de Castiglione et les femmes de Lombardie - et aux formateurs d'opinion de s'engager à la fois dans l'action locale et dans la mobilisation de la conscience publique pour faire pression sur les Gouvernements et les parties en conflit. Il ne s'agit plus aujourd'hui de codifier, d'avoir un nouveau traité de droit international, mais bien de faire respecter ce que Dunant avait obtenu après Solférino.

Michel Veuthey

 

Voir aussi à ce sujet :

- le blog du Professeur Philippe Weckel sentinelle-du-droit-international.fr  du 5 mai

- la Déclaration conjointe du Directeur général de l'OMS et du DG de l'UNICEF du 19 avril sur la Syrie
http://www.who.int/mediacentre/news/statements/2016/syria-attacks/en/

- le Rapport de l'OMS ("Attacks on health care")
http://www.who.int/hac/techguidance/attacksreport.pdf?ua=1 

- la Lettre ouverte du CICR et d'autres organisations du 3 mai 2016
https://www.icrc.org/fr/document/il-faut-mettre-fin-la-violence-contre-les-soins-de-sante 

- le texte complet, en original anglais, de la résolution 2286 (2016) :

The Security Council,

Reiterating its primary responsibility for the maintenance of international peace and security and, in this context, the need to promote and ensure respect for the principles and rules of international humanitarian law,

Recalling all relevant Security Council resolutions, including resolutions 2175 (2014) and 1502 (2003) on the protection of humanitarian personnel, resolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1674 (2006), 1738 (2006), 1894 (2009) and 2222 (2015) on the protection of civilians in armed conflict, resolutions 1539 (2004) and 1612 (2005) relating to the establishment of a monitoring and reporting mechanism on children and armed conflict, and resolution 1998 (2011) on attacks against schools and/or hospitals, as well as relevant statements of its President related to the protection of civilians in armed conflict and to the protection of medical personnel and humanitarian personnel in conflict zones,

Recalling all relevant General Assembly resolutions, including resolution 70/104 entitled Safety and security of humanitarian personnel and protection of United Nations personnel, 70/106 entitled Strengthening of the coordination of emergency humanitarian assistance of the United Nations, and 69/132 entitled Global health and foreign policy,

Recalling the Geneva Conventions of 1949 and their Additional Protocols of 1977 and 2005, as applicable, as well as relevant customary international law concerned with the protection of the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities, and the obligation of parties to armed conflict to respect and ensure respect for international humanitarian law in all circumstances,

Recalling the Convention on the Safety of United Nations and Associated Personnel, and its Optional Protocol,

Recognizing the particular challenges faced by humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties and medical personnel and reaffirming that all humanitarian personnel are entitled to respect and protection under international humanitarian law,

Stressing that identification of medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities may enhance their protection, and in this regard, recalling also the obligations, in situations of armed conflict, pertaining to the use and the protection of the distinctive emblems under the Geneva Conventions of 1949 and where applicable, their Additional Protocols,

Recalling further the specific obligations under international humanitarian law to respect and protect, in situations of armed conflict, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, and hospitals and other medical facilities, which must not be attacked, and to ensure that the wounded and sick receive, to the fullest extent practicable and with the least possible delay, the medical care and attention required,

Recalling also the obligation under international humanitarian law to distinguish between civilian populations and combatants, and the prohibition against indiscriminate attacks, and the obligations to do everything feasible to verify that the objectives to be attacked are neither civilians nor civilian objects and are not subject to special protection, including medical personnel their means of transport and equipment, and hospitals and other medical facilities, and recalling further the obligation to take all feasible precautions with a view to avoiding and in any event minimizing harm to civilians and civilian objects,

Deeply concerned that despite these obligations, acts of violence, attacks and threats against medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities, are being perpetrated in situations of armed conflicts and that the number of such acts is increasing,

Recalling that locally recruited medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties account for the majority of casualties among such personnel in situations of armed conflict,

Further concerned that the delivery of humanitarian assistance, including medical assistance, to populations in need is being obstructed by parties to armed conflicts in many conflict situations,

Recalling that under international humanitarian law, persons engaged in medical activities shall not be compelled to perform acts or to carry out work contrary to the rules of medical ethics or to other medical rules designed for the benefit of the wounded and the sick,

Convinced that acts of violence, attacks and threats against medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities, and obstructing the delivery of humanitarian assistance, including medical assistance, may exacerbate ongoing armed conflicts and undermine the efforts of the Security Council to maintain international peace and security under the Charter of the United Nations,

Reaffirming the need for all parties to armed conflict to respect the humanitarian principles of humanity, neutrality, impartiality and independence in the provision of humanitarian assistance, including medical assistance, and reaffirming also the need for all actors engaged in the provision of such assistance in situations of armed conflict to promote and fully respect these principles,

Urging States to ensure that violations of international humanitarian law related to the protection of the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities in armed conflicts do not remain unpunished, affirming the need for States to ensure that those responsible do not operate with impunity, and that they are brought to justice, as provided for by national laws and obligations under international law,

Recalling that, under international law, attacks intentionally directed against hospitals and places where the sick and wounded are collected, provided that they are not military objectives, as well as attacks intentionally directed against buildings, material, medical units and transport and personnel using the distinctive emblems of the Geneva Conventions in conformity with international law are war crimes,

Stressing that the fight against impunity and to ensure accountability for war crimes and other serious violations of international humanitarian law has been strengthened through the work on and prosecution of these crimes in the international criminal justice system, and in this regard reiterating the importance of State cooperation with international courts and tribunals in accordance with States’ respective obligations,

Noting that medical personnel, and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, in an armed conflict situation, continue to be under a duty to provide competent medical service in full professional and moral independence, with compassion and respect for human dignity, and always to bear in mind human life and to act in the patient’s best interest and stressing the need to uphold their respective professional codes of ethics, and further noting the applicable rules of international humanitarian law relating to the non-punishment of any person for carrying out medical activities compatible with medical ethics,

Reaffirming the primary responsibility of States to protect the population throughout their whole territory and recalling in this regard that all parties to armed conflict must comply fully with the obligations applicable to them under international humanitarian law related to the protection of civilians in armed conflict and medical personnel,

“1.   Strongly condemns acts of violence, attacks and threats against the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities, and deplores the long-term consequences of such attacks for the civilian population and the healthcare systems of the countries concerned;

“2.   Demands that all parties to armed conflicts fully comply with their obligations under international law, including international human rights law, as applicable, and international humanitarian law, in particular their obligations under the Geneva Conventions of 1949 and the obligations applicable to them under the Additional Protocols thereto of 1977 and 2005, to ensure the respect and protection of all medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities;

“3.   Demands that all parties to armed conflicts facilitate safe and unimpeded passage for medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their equipment, transport and supplies, including surgical items, to all people in need, consistent with international humanitarian law;

“4.   Strongly urges States and all parties to armed conflict to develop effective measures to prevent and address acts of violence, attacks and threats against medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities in armed conflict, including, as appropriate, through the development of domestic legal frameworks to ensure respect for their relevant international legal obligations, the collection of data on obstruction, threats and physical attacks on medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and medical facilities, and to share challenges and good practice in this regard;

“5.   Underlines the important role that education and training in international humanitarian law can play in supporting efforts to halt and prevent acts of violence, attacks and threats against the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities;

“6.   Calls upon States to ensure that their armed forces and security forces, within their respective competencies under domestic law, make or, where relevant, continue their efforts to integrate practical measures for the protection of the wounded and sick and medical services into the planning and conduct of their operations;

“7.   Emphasizes the responsibility of States to comply with the relevant obligations under international law to end impunity and to ensure those responsible for serious violations of international humanitarian law are held to account;

“8.   Strongly condemns the prevailing impunity for violations and abuses committed against medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities in armed conflict, which in turn may contribute to the recurrence of these acts;

“9.   Strongly urges States to conduct, in an independent manner, full, prompt, impartial and effective investigations within their jurisdiction of violations of international humanitarian law related to the protection of the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities in armed conflict, and, where appropriate, take action against those responsible in accordance with domestic and international law, with a view to reinforcing preventive measures, ensuring accountability and addressing the grievances of victims;

“10.  Expresses its intention to ensure that the mandates of relevant United Nations peacekeeping operations can, where appropriate and on a case-by-case basis, help to contribute to a secure environment to enable the delivery of medical assistance, in accordance with humanitarian principles;

“11.  Encourages the Secretary-General, in accordance with his prerogatives under the Charter of the United Nations, to bring to the attention of the Security Council situations in which the delivery of medical assistance to populations in need is being obstructed by parties to the armed conflict;

“12.  Requests the Secretary-General to include in his country-specific situation reports, and other relevant reports which address the protection of civilians, the issue of the protection of the wounded and sick, medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities, including recording specific acts of violence against them, remedial actions taken by parties to the armed conflict and other relevant actors, including humanitarian agencies, to prevent similar incidents, and actions taken to identify and hold accountable those who commit such acts;

“13.  Further requests the Secretary-General to promptly provide the Security Council with recommendations on measures to prevent incidents of the kind described in the above paragraph and to better ensure accountability and enhance the protection of the wounded and sick and medical personnel and humanitarian personnel exclusively engaged in medical duties, their means of transport and equipment, as well as hospitals and other medical facilities;

“14.  Further requests the Secretary-General to brief the Security Council every twelve months on the implementation of this resolution.”

Il faut mettre fin à la violence contre les soins de santé

03 MAI 2016

À tous les États membres de l'Organisation des Nations Unies :

Nous tirons une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Des centaines d'agents de santé sont tués ou blessés alors qu'ils s'emploient à soigner des malades et des blessés – hommes, femmes et enfants – lors de conflits armés. Et de nombreux autres sont empêchés de faire leur travail.

Nous devons faire plus pour eux et pour les civils qui souffrent de cette situation inacceptable. C'est une question de vie ou de mort.

Il faut agir avec fermeté pour mettre un terme à la violence contre les personnels de santé, au bombardement d'hôpitaux et à la destruction d'ambulances, qui privent des communautés entières de services vitaux. Ces actes de violence aggravent l'impact de la guerre sur les populations et entraînent plus de morts, de maladies, d'infirmités et de souffrances physiques et mentales. Les conséquences de ces actes se feront sentir pendant des décennies. Il est temps de réaffirmer que la guerre a des limites.

C'est pourquoi nous, les membres et partenaires de l'initiative « Les soins de santé en danger », saluons les mesures prises par le Conseil de sécurité de l'ONU en vue d'adopter une résolution sur la question. Cette résolution représente une occasion unique que nous nous devons de saisir.

En ce 3 mai 2016, nous appelons tous les États membres de l'ONU à appuyer sans réserve les mesures décrites dans la résolution SS/RES/2286 (2016) du Conseil de sécurité et celles préconisées dans le cadre de l'initiative « Les soins de santé en danger ».

Conformément à cette résolution, nous appelons tous les États membres de l'ONU à réaffirmer la pertinence du droit international humanitaire, un ensemble solide de règles de droit qui vise à apporter un peu d'humanité dans des situations inhumaines. En particulier, nous invitons instamment tous les membres de l'ONU à prendre des mesures spécifiques pour protéger la fourniture des soins de santé et assurer ainsi un plus grand respect du droit international humanitaire.

Les pouvoirs publics devraient réviser les législations nationales et, le cas échéant, adopter de nouveaux textes pour prévenir les violences contre les patients, les personnels de santé, les structures médicales et les véhicules sanitaires. Les personnels de santé sont présents dans les zones de conflit pour soigner les malades et les blessés, quelles que soient leurs affiliations et sur la base des seuls besoins. Ils font leur travail et ne doivent pas être punis pour cela. Ces professionnels dévoués jouent un rôle crucial dans la défense du principe d'humanité en temps de guerre.

Les personnes qui attaquent des services de santé ou empêchent la fourniture de soins doivent impérativement répondre de leurs actes et être traduites en justice. Nous demandons instamment l'adoption de mesures spécifiques à cette fin. Par exemple, des sanctions pénales, disciplinaires ou administratives pourraient être intégrées dans les législations nationales.

Nous encourageons vivement les États à faire en sorte que les textes législatifs nationaux applicables aux personnels de santé, notamment les lois pénales, soient compatibles avec les devoirs éthiques de ces personnels, et qu'ils protègent comme il se doit l'indépendance et l'impartialité de la fourniture des soins de santé.

Il est également essentiel de revoir les règles d'engagement des forces armées ainsi que les pratiques et procédures opérationnelles pour y intégrer les recommandations et mesures visant à protéger la fourniture des soins de santé et faire en sorte que le personnel militaire reçoive une formation adaptée. Nous invitons instamment les États à s'engager à le faire.

« Les soins de santé en danger » est une initiative du Mouvement international de la Croix Rouge et du Croissant-Rouge soutenue par des experts et des professionnels de divers horizons – personnel intervenant sur les lignes de front, pouvoirs publics, forces armées, organisations humanitaires, associations professionnelles internationales et services de santé. Ensemble, nous avons formulé des recommandations et recensé des mesures pratiques qui, si elles sont mises en œuvre par toutes les parties concernées, permettront d'améliorer la protection des services de santé dans les conflits armés et autres situations d'urgence.

Nous avons transmis aux membres du Conseil de sécurité un document présentant les principes éthiques relatifs à la fourniture de soins de santé en période de conflit armé et dans d'autres situations d'urgence. Ce document, qui vise à protéger les patients et les personnels de santé, a été approuvé l'an dernier par six organisations de premier plan du secteur de la santé représentant plus de 30 millions de professionnels.

Un des objectifs fondamentaux des principes éthiques est d'empêcher que des personnels de santé ne soient contraints d'accomplir des actes contraires aux principes déontologiques de leur profession. La mission première de ces personnels est de préserver la santé physique et mentale des personnes et d'alléger leurs souffrances, sans discrimination aucune. Les patients sont des patients, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur camp.

Nous appelons tous les États membres de l'ONU à tenir compte, dans les initiatives multilatérales à venir, de ces principes éthiques et des recommandations formulées dans le cadre de l'initiative « Les soins de santé en danger ».

La résolution du Conseil de sécurité envoie un signal fort. Elle reconnaît l'importance du droit international humanitaire et, en particulier, l'inviolabilité des services de santé en période de conflit armé. Par cette résolution, les membres du Conseil de sécurité démontrent au monde que la violence contre les soins de santé est un problème humanitaire grave qui doit être affronté au plus haut niveau, et qu'il est urgent de faire le nécessaire pour réaffirmer les Conventions de Genève, auxquelles tous les États sont parties.

Nous demandons instamment à tous les États membres de l'ONU de répondre à notre appel et de se joindre aux membres du Conseil de sécurité pour exprimer leur ferme détermination à mettre fin à la violence contre les soins de santé. Il y a des espaces d'humanité au cœur même de la guerre – des espaces qui doivent être préservés.

********

Organisations signataires :

  • Croissant-Rouge afghan
  • Croix-Rouge argentine
  • Croix-Rouge australienne
  • Croix-Rouge de Belgique
  • Croix-Rouge britannique
  • Croix-Rouge canadienne
  • Croix-Rouge chilienne
  • Croix-Rouge colombienne
  • Croix-Rouge tchèque
  • Société du Croissant-Rouge égyptien
  • Croix-Rouge d'Estonie
  • Croix-Rouge allemande
  • Croix-Rouge indonésienne
  • Comité international de médecine militaire
  • Comité international de la Croix-Rouge
  • Conseil international des infirmières
  • Fédération internationale des associations d'étudiants en médecine
  • Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
  • Fédération internationale des hôpitaux
  • Société du Croissant-Rouge d'Iran
  • Société du Croissant-Rouge du Kazakhstan
  • Croix-Rouge du Kenya
  • Croix-Rouge libanaise
  • Croissant-Rouge libyen
  • Magen David Adom
  • Croix-Rouge malienne
  • Croix-Rouge néerlandaise
  • Croix-Rouge du Nigéria
  • Croix-Rouge de Norvège
  • Croissant-Rouge du Pakistan
  • Société du Croissant-Rouge palestinien
  • Croix-Rouge paraguayenne
  • Croissant-Rouge du Qatar
  • Croix-Rouge de Serbie
  • Croix-Rouge d'El Salvador
  • Croix-Rouge sénégalaise
  • Croissant-Rouge de Somalie
  • Croix-Rouge du Soudan du Sud
  • Croix-Rouge espagnole
  • Croissant-Rouge soudanais
  • Croix-Rouge suédoise
  • Croix-Rouge suisse
  • Croix-Rouge du Timor-Leste
  • Confédération mondiale de physiothérapie
  • Fédération mondiale pour l'enseignement médical
  • Croissant-Rouge du Yémen
  • Association Médicale Mondiale

    https://www.icrc.org/fr/document/il-faut-mettre-fin-la-violence-contre-les-soins-de-sante 

26/05/2016

Sommet humanitaire mondial à Istanbul : quel bilan ?

Sommet humanitaire mondial à Istanbul : quel bilan ?

Le premier Sommet humanitaire mondial vient de se tenir à Istanbul les 23 et 24 mai.

Difficile d'en tirer un bilan définitif, malgré le nombre des participants (9.000), des pays représentés (173), des Chefs d'Etat et de Gouvernement (55), des engagements ("commitments") pris tant par les Gouvernements, agences des Nations Unies, CICR, Fédération internationale des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ONG, représentants des milieux académiques, de l'économie privée, sans oublier les dirigeants religieux.

Certains absents, comme MSF, avaient réussi à attirer l'attention sur l'urgence de régler des problèmes fondamentaux, comme le respect de la mission médicale en temps de guerre. C'était en effet l'idée originale d'Henry Dunant à Solférino, en 1859, qui apparaît aujourd'hui menacée en Afghanistan - après le bombardement de hôpital de Kunduz - et en Syrie après les attaques à Alep par les deux parties...

Ce Sommet, convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, avec l'appui d'OCHA, le bras humanitaire des Nations Unies, a eu le mérite de poser clairement les problèmes et de les mettre en perspective :

1. D'abord viser à régler et prévenir les conflits, qui sont la source de la plupart des crises humanitaires

2. Ensuite veiller à respecter et à faire respecter le droit international humanitaire, qui devrait permettre de sauver des vies et de préserver la dignité d'êtres humains même au milieu des conflits

3. Inclure toutes les personnes dans le besoin ("Leave no one behind"), à commencer par les réfugiés, les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, les communautés qui les accueillent et aussi les femmes, les enfants, les personnes handicapées 

4. Passer de l'aide d'urgence à la solution des besoins ("From Delivering Aid to Ending Need"): les personnes affectées par les crises devraient être au coeur des décisions, pas seulement des bénéficiaires mais véritablement des acteurs de l'aide. L'action des différents partenaires ("stakeholders") de l'action humanitaire doit aller dans ce sens, dépasser la dichotomie entre aide humanitaire et assistance au développement, viser à renforcer la résilience des populations affectées. L'accent doit ainsi être mis sur les acteurs régionaux et locaux, et sur l'alerte avancée, la préparation ainsi que sur des partenariats innovateurs

5. Investir dans l'humanité:  un financement accru des actions humanitaires, y compris acteurs locaux, devrait être mis en place, y compris par une assistance directe en argent comptant ("cash transfers") aux personnes affectées.
La question du "Grand Bargain" a fait l'objet de discussions animées : s'agit-il d'une augmentation des fonds affectés à l'humanitaire (un milliard de dollars), d'une optimisation des dépenses ou d'une prise de pouvoir de certains puissants donateurs et de quelques grands acteurs humanitaires ?

6. L'avenir : ce Sommet a été un appel à l'action pour davantage d'humanité. Il a lancé un mouvement, une dynamique, et, espérons-le, une volonté politique renouvelée des Etats d'avancer vers cet "Agenda pour l'humanité" ("Agenda for Humanity") et ses cinq priorités : conflits, droit humanitaire, action inclusive, trouver des solutions aux causes des crises humanitaires, donner davantage de moyens aux acteurs locaux, améliorer le financement et assurer une gestions plus efficace de l'usage des ressources disponibles.¨

Le Sommet d'Istanbul, selon les mots mêmes du Secrétaire général, est un point de départ pour un processus qui devrait déboucher sur un nouveau Sommet en 2020. Ce n'est pas une ligne d'arrivée mais un tournant décisif ("It is not an end point, but a turning point").

Cet été, le Secrétaire général des Nations Unies va publier un Rapport, qui sera examiné par l'Assemblée générale des Nations Unies cet automne et qui devrait proposer de soumettre les engagements ("commitments") exprimés à Istanbul à des instances intergouvernementales, des réunions inter-agences et à d'autres mécanismes ("I will propose ways to take our commitments forward through intergovernmental processes, inter-agency forums and other mechanisms").

Comme disait l'Ambassadeur Manuel Bessler (Suisse) "Let's walk the talk", il s'agira de passer des mots à l'action.

A relever aussi que les 19 et 20 septembre auront lieu deux Sommets à New York, le premier convoqué par les Nations Unies, le second par le Président Obama.

En attendant, le Sommet du G7 se réunit au Japon les 26 et 27 mai… Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon et Italie font le point sur leurs engagements (« commitments ») en matière d’aide au développement, dans la ligne des Objectifs durables de développement (ODD) adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015. Le G7 traitera de l’aide au développement et aussi de la paix et de la sécurité, mentionnant la sécurité maritime en Asie et dans le Golfe de Guinée et les opérations de maintien de la paix en Afrique:

     "Peace and Security:

     The G7’s focus in the field of peace and security has been on the enhancement of maritime security and capacity      building for peace operations in Africa. G7 members have continued to engage in multi-layered efforts focusing on maritime security in the Western Indian Ocean and the Gulf of Aden as well as the Gulf of Guinea through various channels. G7 members have also provided training and equipment for 49 Formed Police Units (FPUs) of 12 countries, and around 4,000 to 5,000 police officers from Sub-Saharan African countries have been deployed to peace operations as UN police peacekeepers each year"

Les Sommets se suivent et ne se ressemblent pas : Istanbul a traité de l'humanitaire en faisant une référence à la paix et à la sécurité internationales, au droit international et au développement.

Le G7 insère dans son agenda économique les questions de sécurité, des réfugiés et des migrants.

Le Sommet du 19 septembre ("Sommet sur la réponse aux vastes mouvements de réfugiés et de migrants" / "Summit on Addressing Large Movements of Refugees and Migrants") devrait rassembler davantage de Chefs d'Etat et de Gouvernements et, surtout, forts de la mobilisation de la "conscience publique" d'Istanbul et de la crise sans perspective de solution apparente des réfugiés et des migrants, amener une vision d'ensemble des problèmes et une volonté politique plus affirmée des solutions.

Le Sommet du 20 septembre sera une autre occasion de mobilisation de la communauté internationale par le Président des Etats-Unis. Et comme la France l'a montré à Paris avec la COP21, quand un grand pays mobilise son crédit et sa diplomatie, la Providence peut lui permette de faire des miracles...

Espérons ainsi qu'Istanbul aura été le début d'un renouveau de l'action humanitaire, qui s'insérerait dans une solidarité internationale à tous les niveaux, à la recherche de la solution et de la prévention des conflits, du respect de la vie et de la dignité humaine de tous, sans exception.

Michel Veuthey

 

 

22/05/2016

Sommet humanitaire : vers une vision plus large dans le temps et les acteurs

Le Sommet humanitaire mondial, Istanbul, 23-24 mai 2016, est une étape dans une nouvelle perspective de l’action humanitaire, de l’urgence limitée dans le temps à des crises et conflits prolongés, y compris des déplacements massifs de populations dont on ne voit pas la fin… Ce Sommet devrait inscrire l’action humanitaire dans la durée, pas seulement des réunions qui suivront à New York en juin, pour le Conseil économique et social (ECOSOC), et en septembre, pour l’Assemblée générale et deux journées de réunions au sommet, les 19 et 20, mais d’une vision plus large dans le temps, dans les acteurs, dans les approches.
 
Il faut en effet voir ce Sommet non comme la réunion qui va résoudre d'un coup de baguette magique tous les problèmes de la planète et rendre aux humanitaires leur aura de sauveteurs de l'humanité.
 
C'est un processus de dialogue dans la durée qui s'amorce avec un nombre croissant d'acteurs ("stakeholders"), dans une approche qui précède et prolonge l'urgence humanitaire, de la réaction aux catastrophes et conflits, on passe à l'évaluation des risques, à la préparation d'une réponse adéquate, à la reconstruction et au développement, sans oublier la prévention et la solution des conflits, qui sont la cause de la plupart des crises humanitaires...
 
Des réunions de suivi sont d'ores et déjà prévues :
- à New York les 26, 27 et 28 juin au segment humanitaire de l'ECOSOC
- encore à New York le 19 septembre avec un Sommet sur les réfugiés suivi par un Sommet convoqué par le Président Obama
- d'autres vont être annoncées ces jours, par des universités et des ONG, ce qui devrait permettre de garder une certaine autonomie de réflexion, au-delà des intérêts politiques des Gouvernements et des luttes de pouvoir au sein des institutions et entre elles.
 
Le Sommet de Rio, en 1992, a été suivi d'autres réunions. L'effet de répétition est utile, comme l'ont montré les Conférences sur le climat de Copenhague et de Paris (COP21): à Copenhague, les faits n'étaient pas clairs, et la volonté des Gouvernements largement incertaine; à Paris, grâce à l'investissement massif de la France dans un effort diplomatique, un Accord a été atteint, de manière innovative : ce n'est pas un texte contraignant comme un traité mais la pression de l'opinion publique, des scientifiques et de plusieurs Gouvernements et non des moindres (dont la Chine et les Etats-Unis), a montré l'évolution de l'approche de la communauté internationale face aux défis et enjeux des changements climatiques.
 
Le Sommet d'Istanbul sera suivi d'autres Sommets dans d'autres villes ( Genève serait certainement un lieu privilégié...)
 
Michel Veuthey
 
 
 
 
 

16/05/2016

RECONSTRUIRE : DES CHOIX DIFFICILES. L'EXEMPLE D'HAITI

Un reportage fiction multi-média sur la reconstruction en Haiti,  disponible en français et en anglais, qui fait ressortir les choix difficiles auxquels les acteurs de la reconstruction ont dû faire face et le très maigres bénéfices pour le Gouvernement ( 9% de l’aide ) et pour les ONG locales (0,1%…).
 
Michel Veuthey
 
 
http://apps.rue89.com/haiti/   


 
 
Référencé dans "The Scout Report -- Volume 22, Number 19 « , dont voici l’extrait :
May 13, 2016
Volume 22, Number 19
REBUILDING HAITI
SOCIAL STUDIES

SUMMARY: In this multimedia interactive story, readers will explore the rebuilding efforts undertaken by the Haitian government and scores of NGOs in the years since the January 2010 earthquake. Each page features a representative narrative of Hatian life post-earthquake, from the still-empty, multi-million dollar, brand new housing development Morne-a-Cabri, to the problems of illegal hill towns and washed out roads during the rainy season. Along the way, readers are asked to make choices, as if they are officials involved in the reconstruction of the nation. Will you send in bulldozers to raze an illegally built neighborhood? Will you pay a bribe to expedite construction work? Available in both English and French, this detailed and informative project, which was funded by the European Journalism Centre and the Innovation in Development Reporting Grant Programme, presents colorful images and complex narratives to bring readers into the reality of what it will take to rebuild this island nation. [CNH]

14/05/2016

REFUGIES : LES PASSEURS A TRAVERS L'HISTOIRE

REFUGIES : LES PASSEURS A TRAVERS L'HISTOIRE - DES HEROS AUX CRIMINELS
 
Les passeurs des Juifs fuyant le nazisme sont considérés comme des héros, 
Les passeurs des réfugiés et migrants contemporains n’ont pas la même image…
 
Miriam Cosic, Australienne, dont le père Serbe avait trouvé refuge en Australie, témoigne de l’évolution des mentalités, dans un article du "Guardian" du 14 mai 2016, en évoquant aussi au passage les « boat people » vietnamiens… sous le titre "When people smugglers were seen as heroes, and we welcomed the dispossessed" Quand les passeurs étaient considérés comme des héros et quand nous accueillons les démunis...
 
Et de citer Ben Shephard, dans son livre « The Long Road Home: the aftermath of the Second World War »  (2011) qui interpelle notre culture moderne, où le mal est sexy, la bonté ennuyeuse, la charité organisée manque totalement d’intérêt, comment rendre intéressant l’altruisme institutionnalisé ?
 
“How, in our modern culture – where evil is sexy, goodness is dull, and organised goodness is dullest of all – can we find a way to make organised altruism interesting?” 
 
Shepard rappelle que les Alliés, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’attendaient à une catastrophe sanitaire analogue à celle de la grippe espagnole qui avait marqué la fin de la Première Guerre mondiale. En réalité, la crise à gérer n’a pas été médicale mais migratoire : ce sont des millions de réfugiés qui ont dû être accueillis et intégrés. 
 
Pourrions-nous en tirer quelques enseignements pour gérer les crises migratoires actuelles et à venir ?
 
Michel Veuthey
 
Voici un résumé de l’ouvrage de Ben  Shephard (Knopf, 2011, 490 p., disponible en format numérique sur Kindle):
 
At the end of World War II, long before an Allied victory was assured and before the scope of the atrocities orchestrated by Hitler would come into focus or even assume the name of the Holocaust, Allied forces had begun to prepare for its aftermath. Taking cues from the end of the First World War, planners had begun the futile task of preparing themselves for a civilian health crisis that, due in large part to advances in medical science, would never come. The problem that emerged was not widespread disease among Europe’s population, as anticipated, but massive displacement among those who had been uprooted from home and country during the war. 

Displaced Persons, as the refugees would come to be known, were not comprised entirely of Jews. Millions of Latvians, Poles, Ukrainians, and Yugoslavs, in addition to several hundred thousand Germans, were situated in a limbo long overlooked by historians. While many were speedily repatriated, millions of refugees refused to return to countries that were forever changed by the war—a crisis that would take years to resolve and would become the defining legacy of World War II. Indeed many of the postwar questions that haunted the Allied planners still confront us today: How can humanitarian aid be made to work? What levels of immigration can our societies absorb? How can an occupying power restore prosperity to a defeated enemy?

Including new documentation in the form of journals, oral histories, and essays by actual DPs unearthed during his research for this illuminating and radical reassessment of history, Ben Shephard brings to light the extraordinary stories and myriad versions of the war experienced by the refugees and the new United Nations Relief and Rehabilitation Administration that would undertake the responsibility of binding the wounds of an entire continent. Groundbreaking and remarkably relevant to conflicts that continue to plague peacekeeping efforts, The Long Road Home tells the epic story of how millions redefined the notion of home amid painstaking recovery.
 
 

11/05/2016

Luisa Ribolzi: Agenda 2030 should adopt a human rights-based approach

Luisa Ribolzi, candidate to the position of Special Rapporteur on the Right to Education, and supported by the College universitaire Henry Dunant was panelist at a UN Library event on Education in the XXI century: a common good? She accepted to answer a couple of questions about her vision of education.

Rapporteur special, Conseil des droits de l'homme, Luisa Ribolzidroit à l'éducation

 Education 2030 is the new program for Education in the world. What does it inspire you?

 In the new context of the SDG, especially Goal 4 on education I am inclined to meet the new challenges of quality education for all, namely inclusive education, a new governance and the monitoring of education systems. The definition of consensual indicators is essential for this monitoring as underlined by the common Agenda on education. It is particularly important to improve the quality of education around the world.

What are your priority areas?

I would like first of all to deepen the analysis of third level education, area that has been under-studied so far. When I was Vice president of the National Agency for the Assessment of Universities and Research, I could see how there were still strong formal and informal barriers to the realization of the right to education. In many countries, higher education is mainly a men’s privilege. Where girls are more than boys in numbers and as graduates, there are still “horizontal” barriers in the choosing of faculties and,

after graduation, in possibilities to find a good work or to continue in universities as professors and researchers.

 Other sectors?…

…The transition from education to work, with the recovery experiences of traditional jobs, apprenticeship, second chance education, adults training and qualification. Education is a lifelong process and partnerships at all levels should be encouraged.

 You insist on a new governance of education systems…

This question is of prime importance and brings me to the participation of stakeholders. More than a theoretical wish, participation is key if we want to realize all human rights, as it is underlined in the new common Agenda 2030. Participation in education means, among other issues, to move beyond the opposition between public and private. Developing new approaches and new models of governance to meet new challenges is very important. The phenomena of the schools run by families, communities or civil society for example, should be further analyzed to find out effective and sustainable models. 

Ignasi Grau

 

07/05/2016

BIEN COMMUN : APPEL A L'EUROPE

En recevant le Prix Charlemagne 2016 ce vendredi 4 mai, le Pape François a rendu hommage à l'Europe et l'a appelée à promouvoir ses valeurs. Il a mis l'accent sur le bien commun, choix libre de l'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et exhorté l'Europe de s'inspirer de son passé pour affronter le monde multipolaire et complexe d'aujourd'hui. Il demande même à l'Europe de fonder un nouvel humanisme fondé sur trois capacités :

1. la capacité d'intégrer : "l'identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle"; l'intégration, bien plus que géographique, doit être culturelle; 

2. la capacité de dialogue : "promouvoir une culture du dialogue en cherchant par tous les moyens à ouvrir des instances afin qu’il soit possible et que cela nous permette de reconstruire le tissu social. La culture du dialogue implique un apprentissage authentique, une ascèse qui nous aide à reconnaître l’autre comme un interlocuteur valable ; qui nous permette de regarder l’étranger, le migrant, celui qui appartient à une autre culture comme un sujet à écouter, considéré et apprécié"; nous devons réaliser, propose le Pape, des "coalitions", non pas seulement économiques et militaires, mais bien plus "culturelles, éducatives, philosophiques, religieuses"...

3. la capacité de générer  :  nous devons tous, du plus petit au plus grand, devenir "des acteurs de la construction d’une société intégrée et réconciliée" (...), participer à son élaboration et à sa construction, ne pas rester de "simples observateurs des luttes d’autrui". Le Pape lance "un appel fort à la responsabilité personnelle et sociale". Et de rappeler son discours aux mouvements populaires en Bolivie, le 9 juillet 2015 : « La juste distribution des fruits de la terre et du travail humain n'est pas de la pure philanthropie. C’est un devoir moral. »

 

Citons enfin le dernier paragraphe de l'intervention du Pape François, un rêve qui évoque celui que Martin Luther King avait eu pour l'Amérique...

"Avec l’esprit et avec le cœur, avec espérance et sans vaine nostalgie, comme un fils qui retrouve dans la mère Europe ses racines de vie et de foi, je rêve d’un nouvel humanisme européen, d’« un chemin constant d’humanisation », requérant « la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine ». Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère : une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie. Je rêve d’une Europe qui prend soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en recherche d’accueil parce qu’il n’a plus rien et demande un refuge. Je rêve d’une Europe qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu’elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs. Je rêve d’une Europe où être migrant ne soit pas un délit mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l’être humain tout entier. Je rêve d’une Europe où les jeunes respirent l’air pur de l’honnêteté, aiment la beauté de la culture et d’une vie simple, non polluée par les besoins infinis du consumérisme ; où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et une grande joie, non un problème du fait du manque d’un travail suffisamment stable. Je rêve d’une Europe des familles, avec des politiques vraiment effectives, centrées sur les visages plus que sur les chiffres, sur les naissances d’enfants plus que sur l’augmentation des biens. Je rêve d’une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans oublier les devoirs envers tous. Je rêve d’une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie."

 

Michel Veuthey

 

Texte intégral disponible en ligne :

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html   (Français)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/de/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (English)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/de/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (Deutsch)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (Italiano)

 

 

 

06/05/2016

Sommet humanitaire mondial : des enjeux cruciaux pour la Suisse

“Sommet Mondial humanitaire : des enjeux cruciaux pour la Suisse”

Mercredi 4 mai 2016, M. Manuel Bessler, Délégué du Conseil fédéral à l’aide humanitaire et Chef du Corps suisse d'aide humanitaire, a donné une bien intéressante conférence  au Club Suisse de la Presse.

En voici quelques notes, accompagnées par des copies des diapositives de M. Bessler.

Le premier Sommet humanitaire mondial que la Suisse aurait bien voiulu organiser à Genève, aura lieu les 23 et 24 mai 2016 à Istanbul et réunira les représentants de gouvernements, d’ organisations humanitaires, de personnes affectées par les crises humanitaires et du secteur privé afin de proposer des solutions aux défis les plus urgents. L’objectif général de ce Sommet est de définir un programme pour l'action humanitaire .à l’avenir.

Pour la Suisse, et pour Genève en particulier, qui sont à l'origine de l'action et du droit humanitaire depuis la fondation de la Croix-Rouge en 1864, les enjeux sont cruciaux, face aux défis à relever :

[if !supportLists]a.     [endif]Le nombre de personnes dans le besoin : Pour l’année 2015, 125,3 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire quotidienne (dépendance quotidienne) dont presque la moitié sont des déplacés (60 millions, chiffre le plus haut depuis la Deuxième Guerre Mondiale : dans ce chiffre, on trouve 20 millions de réfugiés et 4 millions de déplacés internes).

[if !supportLists]b.     [endif]Le financement de l’humanitaire : on arrive aujourd’hui à un appel lancé par l’ONU de 19,9 milliards de dollars US. Seuls 49,9 % de ces besoins ont été couverts. Chaque année le fossé entre la demande et l’aide effectivement apportée se creuse, parallèlement à une augmentation croissante de cette même demande.

[if !supportLists]c.     [endif]L’accès à l’aide pour les victimes associée à la problématique de la sécurité des humanitaires assurant l’assistance et la protection : il faut à la fois que les humanitaires aient accès aux victimes et que les victimes puissent avoir accès aux humanitaires.

[if !supportLists]d.     [endif]La durée des conflits : initialement, les humanitaires disposent d’instruments pour répondre à l’urgence sur le court terme. Ces instruments sont-ils adaptés à des conflits actuels marqués par une extension sur la durée (Cas de la Syrie : 5 ans, Afghanistan, Somalie, etc.)

[if !supportLists]e.     [endif]Les nouvelles dimensions de l’humanitaire : les changements climatiques créent de nouveaux besoins humanitaires.

En conséquence, selon Manuel Bessler, aujourd’hui nous faisons face à des conflits dont l’impact est beaucoup plus vaste et global. Il ne s’agit plus de petits conflits isolés, tout est intrinsèquement lié. Face à ces problèmes, la nécessité d’un Sommet Mondial sur l’aide humanitaire s’est fait sentir. Il y a 3 ans, le Secrétaire Général à lancé cette idée sur la base de toutes ces considérations humanitaires

Formats et modalités du Sommet Mondial Humanitaire :

Le Sommet proprement dit sera composé d’une Plénière et de 7 Tables rondes. Simultanément, se déroulera plus d’une centaine d’événements parallèles (« side events »). Ainsi, sont attendues plus de 5000 personnes en Turquie (une quarantaine de Ministres des Affaires Étrangères, plusieurs acteurs de la scène internationale ainsi que des représentants de la société civile).

La Suisse participera à trois tables rondes ( en caractères gras dans le graphique ci-dessous ):

Table Ronde 1 : Political leadership to prevent and end conflicts

Table Ronde 3 : A commitment to address forced displacement

Table Ronde 5 : Uphold the norms that safeguard humanity

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.06.png

Pour la participation de la Suisse dans les plénières, en voici l’état au 2 mai ( « BRDB » signifie Conseiller fédéral Didier Burkhalter ).

 

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.34.png

 

La Suisse participera ou organisera 11 événements parallèles (« side events ») :

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.04.37.png

Questions et réponses :

Pourquoi la Turquie a-t-elle été choisie comme État hôte de ce Sommet  ? L’ONU est à l’origine de ce choix. La Suisse avait initialement présenté sa candidature mais l’ONU voulait désigner un pays entre le « Nord » et le « Sud ». La Turquie comme choix montre une certaine ouverture qui permettrait d’acquérir de nouveaux participants humanitaires, qui permettrait de récolter de nouveaux fonds, de gagner de nouveaux bailleurs. Par ailleurs, la Turquie est affectée par un conflit majeur mais, affirme M. Bessler, nous avons toutes les assurances des autorités turques pour que le Sommet se passera dans les meilleures conditions.

Pour la Suisse, qu’est-ce qui ferait de ce Sommet un succès ou un échec? Les attentes sont immenses, répond Manuel Bessler. Même si les résultats ne sont pas attendus pour tout de suite même avec le projet de résolution. Ce qui est attendu, c’est le lancement d’une nouvelle dynamique, d’un nouvel esprit d’initiative, d’une prise de conscience plus large, d’une sensibilité plus affinée de tous les acteurs concernant l’action humanitaire. Le grand défi est aussi de coordonner l’action des humanitaires. Il faut donc réunir au processus les acteurs du « Sud », du monde islamique dans le respect de l’article Premier commun des Conventions de Genève de 1949, qui demande aux Etats Parties de les respecter.et faire respecter en toutes circonstances.

Est ce que la Suisse, avec ce Sommet, va reprendre l’initiative qu’elle avait lancée lors de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge qui s’est tenue à Genève en décembre 2015 ? Ne serait ce pas le moment de lancer un appel au respect du droit humanitaire englobant tous les acteurs possibles, dont les leaders spirituels? L’Ambassadeur Bessler répond à Michel Veuthey que la Suisse a en effet reçu un mandat de la dernière Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de poursuivre les démarches et négociations en vue d’améliorer le respect du DIH, de créer une plateforme pour discuter de sa mise en oeuvre (« Compliance platform »). Le Chef de la Délégation suisse à Istanbul, le Conseiller fédéral Didier Burkhalter, Ministre des Affaires étrangères, co-présidera la session qui traitera du respect du droit humanitaire (« Up-holding the norms). Après la réunion, en privé, l’Ambassadeur Bessler répondra que la personne responsable de la liste des orateurs est M. Stephen O’Brien, à New York.

Comment le Sommet d’Istanbul pourrait inverser la tendance et faire en sorte que les États commencent par verser les fonds qu’ils doivent verser?

Un Panel à haut niveau, qui s’est tenu à Londres le 4 février 2016 et qui a été présidé par Madame Kristalina Georgieva, ancien Commissaire à l’Aide humanitaire de la Commission Européenne, a évoqué trois objectifs à cet effet :

[if !supportLists]1.     [endif]diminuer la demande ( par exemple en réglant les conflits, à commencer par celui de Syrie, qui coûterait des milliards );

[if !supportLists]2.     [endif]élargir la base du financement, les donateurs, les approches de recherches de fonds;

[if !supportLists]3.     [endif]rendre l’action humanitaire plus efficace, notamment par une meilleure coordination.[if !supportFootnotes][1][endif]

 

 

Michel Veuthey

 

Merci à mes Assistantes Dominika Kianickova et Yasmine Garouachi de leur précieuse aide !

 

 

05/05/2016

SOMMET HUMANITAIRE MONDIAL : MSF N'IRA PAS A ISTANBUL ...

Regret de voir MSF se retirer du Sommet d'Istanbul. Certes, il ne faut pas nécessairement en attendre des miracles. Mais les problèmes sont à l'ordre du jour, les solutions ne seront pas immédiates mais dans la durée : les deux résolutions adoptées par le Conseil de sécurité cette semaine, une sur la protection des civils, l'autre sur la protection de la mission humanitaire et médicale sont un pas dans la bonne direction. Le Sommet se tiendra les 23 et 24 mai à Istanbul, du 13 juin au 1er juillet se tiendra à Genève le Conseil des Droits de l'Homme; du 26 au 28 juin, le segment humanitaire du Conseil économique et social (ECOSOC) à New York, le 19 septembre, un Sommet sur réfugiés et migrants, et ensuite la session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies.
 
Celles et ceux qui seront à Istanbul (Ordre de Malte, Institut international de droit humanitaire, Webster University Geneva, et, bien sûr, la Suisse et le CICR) ne manqueront pas de défendre les fondements du droit humanitaire sur tous les fronts....
 
Et merci à MSF de ses efforts opérationnels, diplomatiques et juridiques, pour promouvoir le droit et les principes humanitaires par sa présence au Conseil de sécurité cette semaine (sa Présidente y a fait une déclaration remarquable, comme Peter Maurer, Président du CICR, et Stephen O'Brien, responsable de l'action humanitaire des Nations Unies - OCHA). 
 
Michel Veuthey
 
Texte original anglais de MSF :
 
http://www.msf.org/en/article/msf-pull-out-world-humanitarian-summit
 

MSF to pull out of World Humanitarian Summit

Last year, 75 hospitals managed or supported by Médecins Sans Frontières (MSF) were bombed. This was in violation of the most fundamental rules of war which gives protected status to medical facilities and its patients, regardless if the patients are civilians or wounded combatants. Beyond the hospitals, civilians are being wounded and killed by indiscriminate warfare in Syria, Yemen, South Sudan, Afghanistan and elsewhere. At the same time, the treatment of refugees and migrants in Europe and beyond has shown a shocking lack of humanity. A humanitarian summit, at which states, UN agencies and non-governmental organisations come together to discuss these urgent issues, has never been more needed. So the World Humanitarian Summit (WHS) this month could have been a perfect opportunity.

MSF has been significantly engaged in the WHS process over the past 18 months, including preparing briefing notes on various themes – a sign of our willingness to be involved. The WHS has done an admirable job in opening up the humanitarian sector to a much wider group of actors, and leading an inclusive process.

However, with regret, we have come to the decision to pull out of the summit. We no longer have any hope that the WHS will address the weaknesses in humanitarian action and emergency response, particularly in conflict areas or epidemic situations. Instead, the WHS’s focus would seem to be an incorporation of humanitarian assistance into a broader development and resilience agenda. Further, the summit neglects to reinforce the obligations of states to uphold and implement the humanitarian and refugee laws which they have signed up to.

As shocking violations of international humanitarian law and refugee rights continue on a daily basis, WHS participants will be pressed to a consensus on non-specific, good intentions to ‘uphold norms’ and ‘end needs’. The summit has become a fig-leaf of good intentions, allowing these systematic violations, by states above all, to be ignored.

Summit participants, whether states or UN agencies or non-governmental organisations, will be asked to declare new and ambitious “commitments”. But putting states on the same level as non-governmental organisations and UN agencies, which have no such powers or obligations, the Summit will minimise the responsibility of states. In addition, the non-binding nature of the commitments means that very few actors will sign up to any commitments they haven’t previously committed to.

We hoped that the WHS would advance these vital access and protection issues, reinforcing the role for independent and impartial humanitarian aid, and putting particular attention on the need to improve emergency response. Unfortunately it has

failed to do so, instead focusing on its ambitions to “do aid differently” and “end need”, fine-sounding words which threaten to dissolve humanitarian assistance into wider development, peace-building and political agendas.

We can no longer see how the WHS will help the humanitarian sector to address the massive needs caused by continuing violence against patients and medical staff in Syria, Yemen and South Sudan; by civilians intent on fleeing being blocked at borders in Jordan, Turkey and Macedonia; by the inhumane treatment of refugees and migrants desperately trying to find safe haven in Greece and Australia; by the serious gaps we faced during the response to the Ebola epidemic, repeated again, albeit on a smaller scale, in the yellow fever epidemic in Angola today; by the serious restrictions placed by some states on humanitarian access, denying people basic services; and by the continuing lack of effective mobilisation to address recurring disease outbreaks in Democratic Republic of Congo. In all of these situations, the responsibilities of states in their making, and the diminished capacity of the humanitarian system to respond causing yet more suffering and death, will go unaddressed.

For these reasons, and with considerable disappointment, MSF has decided to pull out of the World Humanitarian Summit.