26/05/2016

Sommet humanitaire mondial à Istanbul : quel bilan ?

Sommet humanitaire mondial à Istanbul : quel bilan ?

Le premier Sommet humanitaire mondial vient de se tenir à Istanbul les 23 et 24 mai.

Difficile d'en tirer un bilan définitif, malgré le nombre des participants (9.000), des pays représentés (173), des Chefs d'Etat et de Gouvernement (55), des engagements ("commitments") pris tant par les Gouvernements, agences des Nations Unies, CICR, Fédération internationale des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ONG, représentants des milieux académiques, de l'économie privée, sans oublier les dirigeants religieux.

Certains absents, comme MSF, avaient réussi à attirer l'attention sur l'urgence de régler des problèmes fondamentaux, comme le respect de la mission médicale en temps de guerre. C'était en effet l'idée originale d'Henry Dunant à Solférino, en 1859, qui apparaît aujourd'hui menacée en Afghanistan - après le bombardement de hôpital de Kunduz - et en Syrie après les attaques à Alep par les deux parties...

Ce Sommet, convoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, avec l'appui d'OCHA, le bras humanitaire des Nations Unies, a eu le mérite de poser clairement les problèmes et de les mettre en perspective :

1. D'abord viser à régler et prévenir les conflits, qui sont la source de la plupart des crises humanitaires

2. Ensuite veiller à respecter et à faire respecter le droit international humanitaire, qui devrait permettre de sauver des vies et de préserver la dignité d'êtres humains même au milieu des conflits

3. Inclure toutes les personnes dans le besoin ("Leave no one behind"), à commencer par les réfugiés, les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, les communautés qui les accueillent et aussi les femmes, les enfants, les personnes handicapées 

4. Passer de l'aide d'urgence à la solution des besoins ("From Delivering Aid to Ending Need"): les personnes affectées par les crises devraient être au coeur des décisions, pas seulement des bénéficiaires mais véritablement des acteurs de l'aide. L'action des différents partenaires ("stakeholders") de l'action humanitaire doit aller dans ce sens, dépasser la dichotomie entre aide humanitaire et assistance au développement, viser à renforcer la résilience des populations affectées. L'accent doit ainsi être mis sur les acteurs régionaux et locaux, et sur l'alerte avancée, la préparation ainsi que sur des partenariats innovateurs

5. Investir dans l'humanité:  un financement accru des actions humanitaires, y compris acteurs locaux, devrait être mis en place, y compris par une assistance directe en argent comptant ("cash transfers") aux personnes affectées.
La question du "Grand Bargain" a fait l'objet de discussions animées : s'agit-il d'une augmentation des fonds affectés à l'humanitaire (un milliard de dollars), d'une optimisation des dépenses ou d'une prise de pouvoir de certains puissants donateurs et de quelques grands acteurs humanitaires ?

6. L'avenir : ce Sommet a été un appel à l'action pour davantage d'humanité. Il a lancé un mouvement, une dynamique, et, espérons-le, une volonté politique renouvelée des Etats d'avancer vers cet "Agenda pour l'humanité" ("Agenda for Humanity") et ses cinq priorités : conflits, droit humanitaire, action inclusive, trouver des solutions aux causes des crises humanitaires, donner davantage de moyens aux acteurs locaux, améliorer le financement et assurer une gestions plus efficace de l'usage des ressources disponibles.¨

Le Sommet d'Istanbul, selon les mots mêmes du Secrétaire général, est un point de départ pour un processus qui devrait déboucher sur un nouveau Sommet en 2020. Ce n'est pas une ligne d'arrivée mais un tournant décisif ("It is not an end point, but a turning point").

Cet été, le Secrétaire général des Nations Unies va publier un Rapport, qui sera examiné par l'Assemblée générale des Nations Unies cet automne et qui devrait proposer de soumettre les engagements ("commitments") exprimés à Istanbul à des instances intergouvernementales, des réunions inter-agences et à d'autres mécanismes ("I will propose ways to take our commitments forward through intergovernmental processes, inter-agency forums and other mechanisms").

Comme disait l'Ambassadeur Manuel Bessler (Suisse) "Let's walk the talk", il s'agira de passer des mots à l'action.

A relever aussi que les 19 et 20 septembre auront lieu deux Sommets à New York, le premier convoqué par les Nations Unies, le second par le Président Obama.

En attendant, le Sommet du G7 se réunit au Japon les 26 et 27 mai… Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon et Italie font le point sur leurs engagements (« commitments ») en matière d’aide au développement, dans la ligne des Objectifs durables de développement (ODD) adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015. Le G7 traitera de l’aide au développement et aussi de la paix et de la sécurité, mentionnant la sécurité maritime en Asie et dans le Golfe de Guinée et les opérations de maintien de la paix en Afrique:

     "Peace and Security:

     The G7’s focus in the field of peace and security has been on the enhancement of maritime security and capacity      building for peace operations in Africa. G7 members have continued to engage in multi-layered efforts focusing on maritime security in the Western Indian Ocean and the Gulf of Aden as well as the Gulf of Guinea through various channels. G7 members have also provided training and equipment for 49 Formed Police Units (FPUs) of 12 countries, and around 4,000 to 5,000 police officers from Sub-Saharan African countries have been deployed to peace operations as UN police peacekeepers each year"

Les Sommets se suivent et ne se ressemblent pas : Istanbul a traité de l'humanitaire en faisant une référence à la paix et à la sécurité internationales, au droit international et au développement.

Le G7 insère dans son agenda économique les questions de sécurité, des réfugiés et des migrants.

Le Sommet du 19 septembre ("Sommet sur la réponse aux vastes mouvements de réfugiés et de migrants" / "Summit on Addressing Large Movements of Refugees and Migrants") devrait rassembler davantage de Chefs d'Etat et de Gouvernements et, surtout, forts de la mobilisation de la "conscience publique" d'Istanbul et de la crise sans perspective de solution apparente des réfugiés et des migrants, amener une vision d'ensemble des problèmes et une volonté politique plus affirmée des solutions.

Le Sommet du 20 septembre sera une autre occasion de mobilisation de la communauté internationale par le Président des Etats-Unis. Et comme la France l'a montré à Paris avec la COP21, quand un grand pays mobilise son crédit et sa diplomatie, la Providence peut lui permette de faire des miracles...

Espérons ainsi qu'Istanbul aura été le début d'un renouveau de l'action humanitaire, qui s'insérerait dans une solidarité internationale à tous les niveaux, à la recherche de la solution et de la prévention des conflits, du respect de la vie et de la dignité humaine de tous, sans exception.

Michel Veuthey

 

 

22/05/2016

Sommet humanitaire : vers une vision plus large dans le temps et les acteurs

Le Sommet humanitaire mondial, Istanbul, 23-24 mai 2016, est une étape dans une nouvelle perspective de l’action humanitaire, de l’urgence limitée dans le temps à des crises et conflits prolongés, y compris des déplacements massifs de populations dont on ne voit pas la fin… Ce Sommet devrait inscrire l’action humanitaire dans la durée, pas seulement des réunions qui suivront à New York en juin, pour le Conseil économique et social (ECOSOC), et en septembre, pour l’Assemblée générale et deux journées de réunions au sommet, les 19 et 20, mais d’une vision plus large dans le temps, dans les acteurs, dans les approches.
 
Il faut en effet voir ce Sommet non comme la réunion qui va résoudre d'un coup de baguette magique tous les problèmes de la planète et rendre aux humanitaires leur aura de sauveteurs de l'humanité.
 
C'est un processus de dialogue dans la durée qui s'amorce avec un nombre croissant d'acteurs ("stakeholders"), dans une approche qui précède et prolonge l'urgence humanitaire, de la réaction aux catastrophes et conflits, on passe à l'évaluation des risques, à la préparation d'une réponse adéquate, à la reconstruction et au développement, sans oublier la prévention et la solution des conflits, qui sont la cause de la plupart des crises humanitaires...
 
Des réunions de suivi sont d'ores et déjà prévues :
- à New York les 26, 27 et 28 juin au segment humanitaire de l'ECOSOC
- encore à New York le 19 septembre avec un Sommet sur les réfugiés suivi par un Sommet convoqué par le Président Obama
- d'autres vont être annoncées ces jours, par des universités et des ONG, ce qui devrait permettre de garder une certaine autonomie de réflexion, au-delà des intérêts politiques des Gouvernements et des luttes de pouvoir au sein des institutions et entre elles.
 
Le Sommet de Rio, en 1992, a été suivi d'autres réunions. L'effet de répétition est utile, comme l'ont montré les Conférences sur le climat de Copenhague et de Paris (COP21): à Copenhague, les faits n'étaient pas clairs, et la volonté des Gouvernements largement incertaine; à Paris, grâce à l'investissement massif de la France dans un effort diplomatique, un Accord a été atteint, de manière innovative : ce n'est pas un texte contraignant comme un traité mais la pression de l'opinion publique, des scientifiques et de plusieurs Gouvernements et non des moindres (dont la Chine et les Etats-Unis), a montré l'évolution de l'approche de la communauté internationale face aux défis et enjeux des changements climatiques.
 
Le Sommet d'Istanbul sera suivi d'autres Sommets dans d'autres villes ( Genève serait certainement un lieu privilégié...)
 
Michel Veuthey
 
 
 
 
 

16/05/2016

RECONSTRUIRE : DES CHOIX DIFFICILES. L'EXEMPLE D'HAITI

Un reportage fiction multi-média sur la reconstruction en Haiti,  disponible en français et en anglais, qui fait ressortir les choix difficiles auxquels les acteurs de la reconstruction ont dû faire face et le très maigres bénéfices pour le Gouvernement ( 9% de l’aide ) et pour les ONG locales (0,1%…).
 
Michel Veuthey
 
 
http://apps.rue89.com/haiti/   


 
 
Référencé dans "The Scout Report -- Volume 22, Number 19 « , dont voici l’extrait :
May 13, 2016
Volume 22, Number 19
REBUILDING HAITI
SOCIAL STUDIES

SUMMARY: In this multimedia interactive story, readers will explore the rebuilding efforts undertaken by the Haitian government and scores of NGOs in the years since the January 2010 earthquake. Each page features a representative narrative of Hatian life post-earthquake, from the still-empty, multi-million dollar, brand new housing development Morne-a-Cabri, to the problems of illegal hill towns and washed out roads during the rainy season. Along the way, readers are asked to make choices, as if they are officials involved in the reconstruction of the nation. Will you send in bulldozers to raze an illegally built neighborhood? Will you pay a bribe to expedite construction work? Available in both English and French, this detailed and informative project, which was funded by the European Journalism Centre and the Innovation in Development Reporting Grant Programme, presents colorful images and complex narratives to bring readers into the reality of what it will take to rebuild this island nation. [CNH]

14/05/2016

REFUGIES : LES PASSEURS A TRAVERS L'HISTOIRE

REFUGIES : LES PASSEURS A TRAVERS L'HISTOIRE - DES HEROS AUX CRIMINELS
 
Les passeurs des Juifs fuyant le nazisme sont considérés comme des héros, 
Les passeurs des réfugiés et migrants contemporains n’ont pas la même image…
 
Miriam Cosic, Australienne, dont le père Serbe avait trouvé refuge en Australie, témoigne de l’évolution des mentalités, dans un article du "Guardian" du 14 mai 2016, en évoquant aussi au passage les « boat people » vietnamiens… sous le titre "When people smugglers were seen as heroes, and we welcomed the dispossessed" Quand les passeurs étaient considérés comme des héros et quand nous accueillons les démunis...
 
Et de citer Ben Shephard, dans son livre « The Long Road Home: the aftermath of the Second World War »  (2011) qui interpelle notre culture moderne, où le mal est sexy, la bonté ennuyeuse, la charité organisée manque totalement d’intérêt, comment rendre intéressant l’altruisme institutionnalisé ?
 
“How, in our modern culture – where evil is sexy, goodness is dull, and organised goodness is dullest of all – can we find a way to make organised altruism interesting?” 
 
Shepard rappelle que les Alliés, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, s’attendaient à une catastrophe sanitaire analogue à celle de la grippe espagnole qui avait marqué la fin de la Première Guerre mondiale. En réalité, la crise à gérer n’a pas été médicale mais migratoire : ce sont des millions de réfugiés qui ont dû être accueillis et intégrés. 
 
Pourrions-nous en tirer quelques enseignements pour gérer les crises migratoires actuelles et à venir ?
 
Michel Veuthey
 
Voici un résumé de l’ouvrage de Ben  Shephard (Knopf, 2011, 490 p., disponible en format numérique sur Kindle):
 
At the end of World War II, long before an Allied victory was assured and before the scope of the atrocities orchestrated by Hitler would come into focus or even assume the name of the Holocaust, Allied forces had begun to prepare for its aftermath. Taking cues from the end of the First World War, planners had begun the futile task of preparing themselves for a civilian health crisis that, due in large part to advances in medical science, would never come. The problem that emerged was not widespread disease among Europe’s population, as anticipated, but massive displacement among those who had been uprooted from home and country during the war. 

Displaced Persons, as the refugees would come to be known, were not comprised entirely of Jews. Millions of Latvians, Poles, Ukrainians, and Yugoslavs, in addition to several hundred thousand Germans, were situated in a limbo long overlooked by historians. While many were speedily repatriated, millions of refugees refused to return to countries that were forever changed by the war—a crisis that would take years to resolve and would become the defining legacy of World War II. Indeed many of the postwar questions that haunted the Allied planners still confront us today: How can humanitarian aid be made to work? What levels of immigration can our societies absorb? How can an occupying power restore prosperity to a defeated enemy?

Including new documentation in the form of journals, oral histories, and essays by actual DPs unearthed during his research for this illuminating and radical reassessment of history, Ben Shephard brings to light the extraordinary stories and myriad versions of the war experienced by the refugees and the new United Nations Relief and Rehabilitation Administration that would undertake the responsibility of binding the wounds of an entire continent. Groundbreaking and remarkably relevant to conflicts that continue to plague peacekeeping efforts, The Long Road Home tells the epic story of how millions redefined the notion of home amid painstaking recovery.
 
 

11/05/2016

Luisa Ribolzi: Agenda 2030 should adopt a human rights-based approach

Luisa Ribolzi, candidate to the position of Special Rapporteur on the Right to Education, and supported by the College universitaire Henry Dunant was panelist at a UN Library event on Education in the XXI century: a common good? She accepted to answer a couple of questions about her vision of education.

Rapporteur special, Conseil des droits de l'homme, Luisa Ribolzidroit à l'éducation

 Education 2030 is the new program for Education in the world. What does it inspire you?

 In the new context of the SDG, especially Goal 4 on education I am inclined to meet the new challenges of quality education for all, namely inclusive education, a new governance and the monitoring of education systems. The definition of consensual indicators is essential for this monitoring as underlined by the common Agenda on education. It is particularly important to improve the quality of education around the world.

What are your priority areas?

I would like first of all to deepen the analysis of third level education, area that has been under-studied so far. When I was Vice president of the National Agency for the Assessment of Universities and Research, I could see how there were still strong formal and informal barriers to the realization of the right to education. In many countries, higher education is mainly a men’s privilege. Where girls are more than boys in numbers and as graduates, there are still “horizontal” barriers in the choosing of faculties and,

after graduation, in possibilities to find a good work or to continue in universities as professors and researchers.

 Other sectors?…

…The transition from education to work, with the recovery experiences of traditional jobs, apprenticeship, second chance education, adults training and qualification. Education is a lifelong process and partnerships at all levels should be encouraged.

 You insist on a new governance of education systems…

This question is of prime importance and brings me to the participation of stakeholders. More than a theoretical wish, participation is key if we want to realize all human rights, as it is underlined in the new common Agenda 2030. Participation in education means, among other issues, to move beyond the opposition between public and private. Developing new approaches and new models of governance to meet new challenges is very important. The phenomena of the schools run by families, communities or civil society for example, should be further analyzed to find out effective and sustainable models. 

Ignasi Grau

 

07/05/2016

BIEN COMMUN : APPEL A L'EUROPE

En recevant le Prix Charlemagne 2016 ce vendredi 4 mai, le Pape François a rendu hommage à l'Europe et l'a appelée à promouvoir ses valeurs. Il a mis l'accent sur le bien commun, choix libre de l'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et exhorté l'Europe de s'inspirer de son passé pour affronter le monde multipolaire et complexe d'aujourd'hui. Il demande même à l'Europe de fonder un nouvel humanisme fondé sur trois capacités :

1. la capacité d'intégrer : "l'identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle"; l'intégration, bien plus que géographique, doit être culturelle; 

2. la capacité de dialogue : "promouvoir une culture du dialogue en cherchant par tous les moyens à ouvrir des instances afin qu’il soit possible et que cela nous permette de reconstruire le tissu social. La culture du dialogue implique un apprentissage authentique, une ascèse qui nous aide à reconnaître l’autre comme un interlocuteur valable ; qui nous permette de regarder l’étranger, le migrant, celui qui appartient à une autre culture comme un sujet à écouter, considéré et apprécié"; nous devons réaliser, propose le Pape, des "coalitions", non pas seulement économiques et militaires, mais bien plus "culturelles, éducatives, philosophiques, religieuses"...

3. la capacité de générer  :  nous devons tous, du plus petit au plus grand, devenir "des acteurs de la construction d’une société intégrée et réconciliée" (...), participer à son élaboration et à sa construction, ne pas rester de "simples observateurs des luttes d’autrui". Le Pape lance "un appel fort à la responsabilité personnelle et sociale". Et de rappeler son discours aux mouvements populaires en Bolivie, le 9 juillet 2015 : « La juste distribution des fruits de la terre et du travail humain n'est pas de la pure philanthropie. C’est un devoir moral. »

 

Citons enfin le dernier paragraphe de l'intervention du Pape François, un rêve qui évoque celui que Martin Luther King avait eu pour l'Amérique...

"Avec l’esprit et avec le cœur, avec espérance et sans vaine nostalgie, comme un fils qui retrouve dans la mère Europe ses racines de vie et de foi, je rêve d’un nouvel humanisme européen, d’« un chemin constant d’humanisation », requérant « la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine ». Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère : une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie. Je rêve d’une Europe qui prend soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en recherche d’accueil parce qu’il n’a plus rien et demande un refuge. Je rêve d’une Europe qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu’elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs. Je rêve d’une Europe où être migrant ne soit pas un délit mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l’être humain tout entier. Je rêve d’une Europe où les jeunes respirent l’air pur de l’honnêteté, aiment la beauté de la culture et d’une vie simple, non polluée par les besoins infinis du consumérisme ; où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et une grande joie, non un problème du fait du manque d’un travail suffisamment stable. Je rêve d’une Europe des familles, avec des politiques vraiment effectives, centrées sur les visages plus que sur les chiffres, sur les naissances d’enfants plus que sur l’augmentation des biens. Je rêve d’une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans oublier les devoirs envers tous. Je rêve d’une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie."

 

Michel Veuthey

 

Texte intégral disponible en ligne :

http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html   (Français)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/de/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (English)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/de/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (Deutsch)

 

http://w2.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2016/may/documents/papa-francesco_20160506_premio-carlo-magno.html (Italiano)

 

 

 

06/05/2016

Sommet humanitaire mondial : des enjeux cruciaux pour la Suisse

“Sommet Mondial humanitaire : des enjeux cruciaux pour la Suisse”

Mercredi 4 mai 2016, M. Manuel Bessler, Délégué du Conseil fédéral à l’aide humanitaire et Chef du Corps suisse d'aide humanitaire, a donné une bien intéressante conférence  au Club Suisse de la Presse.

En voici quelques notes, accompagnées par des copies des diapositives de M. Bessler.

Le premier Sommet humanitaire mondial que la Suisse aurait bien voiulu organiser à Genève, aura lieu les 23 et 24 mai 2016 à Istanbul et réunira les représentants de gouvernements, d’ organisations humanitaires, de personnes affectées par les crises humanitaires et du secteur privé afin de proposer des solutions aux défis les plus urgents. L’objectif général de ce Sommet est de définir un programme pour l'action humanitaire .à l’avenir.

Pour la Suisse, et pour Genève en particulier, qui sont à l'origine de l'action et du droit humanitaire depuis la fondation de la Croix-Rouge en 1864, les enjeux sont cruciaux, face aux défis à relever :

[if !supportLists]a.     [endif]Le nombre de personnes dans le besoin : Pour l’année 2015, 125,3 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire quotidienne (dépendance quotidienne) dont presque la moitié sont des déplacés (60 millions, chiffre le plus haut depuis la Deuxième Guerre Mondiale : dans ce chiffre, on trouve 20 millions de réfugiés et 4 millions de déplacés internes).

[if !supportLists]b.     [endif]Le financement de l’humanitaire : on arrive aujourd’hui à un appel lancé par l’ONU de 19,9 milliards de dollars US. Seuls 49,9 % de ces besoins ont été couverts. Chaque année le fossé entre la demande et l’aide effectivement apportée se creuse, parallèlement à une augmentation croissante de cette même demande.

[if !supportLists]c.     [endif]L’accès à l’aide pour les victimes associée à la problématique de la sécurité des humanitaires assurant l’assistance et la protection : il faut à la fois que les humanitaires aient accès aux victimes et que les victimes puissent avoir accès aux humanitaires.

[if !supportLists]d.     [endif]La durée des conflits : initialement, les humanitaires disposent d’instruments pour répondre à l’urgence sur le court terme. Ces instruments sont-ils adaptés à des conflits actuels marqués par une extension sur la durée (Cas de la Syrie : 5 ans, Afghanistan, Somalie, etc.)

[if !supportLists]e.     [endif]Les nouvelles dimensions de l’humanitaire : les changements climatiques créent de nouveaux besoins humanitaires.

En conséquence, selon Manuel Bessler, aujourd’hui nous faisons face à des conflits dont l’impact est beaucoup plus vaste et global. Il ne s’agit plus de petits conflits isolés, tout est intrinsèquement lié. Face à ces problèmes, la nécessité d’un Sommet Mondial sur l’aide humanitaire s’est fait sentir. Il y a 3 ans, le Secrétaire Général à lancé cette idée sur la base de toutes ces considérations humanitaires

Formats et modalités du Sommet Mondial Humanitaire :

Le Sommet proprement dit sera composé d’une Plénière et de 7 Tables rondes. Simultanément, se déroulera plus d’une centaine d’événements parallèles (« side events »). Ainsi, sont attendues plus de 5000 personnes en Turquie (une quarantaine de Ministres des Affaires Étrangères, plusieurs acteurs de la scène internationale ainsi que des représentants de la société civile).

La Suisse participera à trois tables rondes ( en caractères gras dans le graphique ci-dessous ):

Table Ronde 1 : Political leadership to prevent and end conflicts

Table Ronde 3 : A commitment to address forced displacement

Table Ronde 5 : Uphold the norms that safeguard humanity

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.06.png

Pour la participation de la Suisse dans les plénières, en voici l’état au 2 mai ( « BRDB » signifie Conseiller fédéral Didier Burkhalter ).

 

 

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.03.34.png

 

La Suisse participera ou organisera 11 événements parallèles (« side events ») :

Capture d’écran 2016-05-05 à 18.04.37.png

Questions et réponses :

Pourquoi la Turquie a-t-elle été choisie comme État hôte de ce Sommet  ? L’ONU est à l’origine de ce choix. La Suisse avait initialement présenté sa candidature mais l’ONU voulait désigner un pays entre le « Nord » et le « Sud ». La Turquie comme choix montre une certaine ouverture qui permettrait d’acquérir de nouveaux participants humanitaires, qui permettrait de récolter de nouveaux fonds, de gagner de nouveaux bailleurs. Par ailleurs, la Turquie est affectée par un conflit majeur mais, affirme M. Bessler, nous avons toutes les assurances des autorités turques pour que le Sommet se passera dans les meilleures conditions.

Pour la Suisse, qu’est-ce qui ferait de ce Sommet un succès ou un échec? Les attentes sont immenses, répond Manuel Bessler. Même si les résultats ne sont pas attendus pour tout de suite même avec le projet de résolution. Ce qui est attendu, c’est le lancement d’une nouvelle dynamique, d’un nouvel esprit d’initiative, d’une prise de conscience plus large, d’une sensibilité plus affinée de tous les acteurs concernant l’action humanitaire. Le grand défi est aussi de coordonner l’action des humanitaires. Il faut donc réunir au processus les acteurs du « Sud », du monde islamique dans le respect de l’article Premier commun des Conventions de Genève de 1949, qui demande aux Etats Parties de les respecter.et faire respecter en toutes circonstances.

Est ce que la Suisse, avec ce Sommet, va reprendre l’initiative qu’elle avait lancée lors de la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge qui s’est tenue à Genève en décembre 2015 ? Ne serait ce pas le moment de lancer un appel au respect du droit humanitaire englobant tous les acteurs possibles, dont les leaders spirituels? L’Ambassadeur Bessler répond à Michel Veuthey que la Suisse a en effet reçu un mandat de la dernière Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de poursuivre les démarches et négociations en vue d’améliorer le respect du DIH, de créer une plateforme pour discuter de sa mise en oeuvre (« Compliance platform »). Le Chef de la Délégation suisse à Istanbul, le Conseiller fédéral Didier Burkhalter, Ministre des Affaires étrangères, co-présidera la session qui traitera du respect du droit humanitaire (« Up-holding the norms). Après la réunion, en privé, l’Ambassadeur Bessler répondra que la personne responsable de la liste des orateurs est M. Stephen O’Brien, à New York.

Comment le Sommet d’Istanbul pourrait inverser la tendance et faire en sorte que les États commencent par verser les fonds qu’ils doivent verser?

Un Panel à haut niveau, qui s’est tenu à Londres le 4 février 2016 et qui a été présidé par Madame Kristalina Georgieva, ancien Commissaire à l’Aide humanitaire de la Commission Européenne, a évoqué trois objectifs à cet effet :

[if !supportLists]1.     [endif]diminuer la demande ( par exemple en réglant les conflits, à commencer par celui de Syrie, qui coûterait des milliards );

[if !supportLists]2.     [endif]élargir la base du financement, les donateurs, les approches de recherches de fonds;

[if !supportLists]3.     [endif]rendre l’action humanitaire plus efficace, notamment par une meilleure coordination.[if !supportFootnotes][1][endif]

 

 

Michel Veuthey

 

Merci à mes Assistantes Dominika Kianickova et Yasmine Garouachi de leur précieuse aide !

 

 

05/05/2016

SOMMET HUMANITAIRE MONDIAL : MSF N'IRA PAS A ISTANBUL ...

Regret de voir MSF se retirer du Sommet d'Istanbul. Certes, il ne faut pas nécessairement en attendre des miracles. Mais les problèmes sont à l'ordre du jour, les solutions ne seront pas immédiates mais dans la durée : les deux résolutions adoptées par le Conseil de sécurité cette semaine, une sur la protection des civils, l'autre sur la protection de la mission humanitaire et médicale sont un pas dans la bonne direction. Le Sommet se tiendra les 23 et 24 mai à Istanbul, du 13 juin au 1er juillet se tiendra à Genève le Conseil des Droits de l'Homme; du 26 au 28 juin, le segment humanitaire du Conseil économique et social (ECOSOC) à New York, le 19 septembre, un Sommet sur réfugiés et migrants, et ensuite la session ordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies.
 
Celles et ceux qui seront à Istanbul (Ordre de Malte, Institut international de droit humanitaire, Webster University Geneva, et, bien sûr, la Suisse et le CICR) ne manqueront pas de défendre les fondements du droit humanitaire sur tous les fronts....
 
Et merci à MSF de ses efforts opérationnels, diplomatiques et juridiques, pour promouvoir le droit et les principes humanitaires par sa présence au Conseil de sécurité cette semaine (sa Présidente y a fait une déclaration remarquable, comme Peter Maurer, Président du CICR, et Stephen O'Brien, responsable de l'action humanitaire des Nations Unies - OCHA). 
 
Michel Veuthey
 
Texte original anglais de MSF :
 
http://www.msf.org/en/article/msf-pull-out-world-humanitarian-summit
 

MSF to pull out of World Humanitarian Summit

Last year, 75 hospitals managed or supported by Médecins Sans Frontières (MSF) were bombed. This was in violation of the most fundamental rules of war which gives protected status to medical facilities and its patients, regardless if the patients are civilians or wounded combatants. Beyond the hospitals, civilians are being wounded and killed by indiscriminate warfare in Syria, Yemen, South Sudan, Afghanistan and elsewhere. At the same time, the treatment of refugees and migrants in Europe and beyond has shown a shocking lack of humanity. A humanitarian summit, at which states, UN agencies and non-governmental organisations come together to discuss these urgent issues, has never been more needed. So the World Humanitarian Summit (WHS) this month could have been a perfect opportunity.

MSF has been significantly engaged in the WHS process over the past 18 months, including preparing briefing notes on various themes – a sign of our willingness to be involved. The WHS has done an admirable job in opening up the humanitarian sector to a much wider group of actors, and leading an inclusive process.

However, with regret, we have come to the decision to pull out of the summit. We no longer have any hope that the WHS will address the weaknesses in humanitarian action and emergency response, particularly in conflict areas or epidemic situations. Instead, the WHS’s focus would seem to be an incorporation of humanitarian assistance into a broader development and resilience agenda. Further, the summit neglects to reinforce the obligations of states to uphold and implement the humanitarian and refugee laws which they have signed up to.

As shocking violations of international humanitarian law and refugee rights continue on a daily basis, WHS participants will be pressed to a consensus on non-specific, good intentions to ‘uphold norms’ and ‘end needs’. The summit has become a fig-leaf of good intentions, allowing these systematic violations, by states above all, to be ignored.

Summit participants, whether states or UN agencies or non-governmental organisations, will be asked to declare new and ambitious “commitments”. But putting states on the same level as non-governmental organisations and UN agencies, which have no such powers or obligations, the Summit will minimise the responsibility of states. In addition, the non-binding nature of the commitments means that very few actors will sign up to any commitments they haven’t previously committed to.

We hoped that the WHS would advance these vital access and protection issues, reinforcing the role for independent and impartial humanitarian aid, and putting particular attention on the need to improve emergency response. Unfortunately it has

failed to do so, instead focusing on its ambitions to “do aid differently” and “end need”, fine-sounding words which threaten to dissolve humanitarian assistance into wider development, peace-building and political agendas.

We can no longer see how the WHS will help the humanitarian sector to address the massive needs caused by continuing violence against patients and medical staff in Syria, Yemen and South Sudan; by civilians intent on fleeing being blocked at borders in Jordan, Turkey and Macedonia; by the inhumane treatment of refugees and migrants desperately trying to find safe haven in Greece and Australia; by the serious gaps we faced during the response to the Ebola epidemic, repeated again, albeit on a smaller scale, in the yellow fever epidemic in Angola today; by the serious restrictions placed by some states on humanitarian access, denying people basic services; and by the continuing lack of effective mobilisation to address recurring disease outbreaks in Democratic Republic of Congo. In all of these situations, the responsibilities of states in their making, and the diminished capacity of the humanitarian system to respond causing yet more suffering and death, will go unaddressed.

For these reasons, and with considerable disappointment, MSF has decided to pull out of the World Humanitarian Summit.

03/05/2016

Protection des civils : le Conseil de sécurité adopte une résolution - Le CICR lance un appel

Après l’adoption de la Résolution S/RES/2286 (2016)  intitulée "Protection des civils en période de conflit armé" ("Protection of civilians in armed conflict ») par le Conseil de sécurité sur la protection des populations civiles, le CICR publie ce mardi 3 mai une lettre ouverte à tous les Membres des Nations Unies pour que cesse la violence contre les hôpitaux. Cette lettre en anglais ("A strong resolve to end violence against health care ») est co-signée par plusieurs Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et d’autres organisations comme l’Association médicale mondiale.
 
https://www.icrc.org/en/document/open-letter-un-strong-resolve-end-violence-against-health-care
 
Michel Veuthey
 
 Texte original anglais 
 

A strong resolve to end violence against health care

03 MAY 2016

An open letter to all United Nations Member States:

We continue to sound the alarm. Scores of health-care workers are being killed or injured while caring for sick and wounded men, women and children during armed conflicts. Countless are prevented from carrying out their duties.

We must do more for them and for the civilian populations affected by this unacceptable situation. It's a matter of life and death.

Firm action is needed to stop the violence against health-care providers, the bombing of hospitals and the destruction of ambulances that prevent entire communities from receiving life-saving services. These acts of violence exacerbate the impact of war on people, bringing more deaths, more disabilities, higher disease rates and greater physical and mental suffering. The consequences of these acts will be felt for decades. It is time to reaffirm that wars have limits.

That is why we, as members of and partners in the Health Care in Danger initiative, welcome the action taken by the UN Security Council to adopt a resolution on this issue. This resolution represents a vital opportunity – one that must not be missed.

Today, 3 May 2016, we call on all UN Member States to wholeheartedly support the measures detailed in UN Security Council Resolution S/RES/2286 and those produced under the Health Care in Danger initiative.

We appeal to all UN Member States, in line with the resolution adopted by the Security Council today, to reaffirm the relevance of international humanitarian law – a sound body of law which seeks to bring humanity to an inhumane situation. In particular, we urge all UN Members to adopt specific measures for the protection of health-care delivery that would ensure greater compliance with international humanitarian law.

Governments should review and, where necessary, introduce domestic legislation to prevent violence against patients, health-care personnel and facilities, and medical vehicles. Health-care staff are present in areas of conflict in order to care for the sick and wounded, regardless of their affiliations and based solely on need. They must not be punished for doing their jobs. These dedicated professionals have a key role in upholding the principle of humanity in war.

It is essential that those attacking or preventing health-care delivery be held accountable and brought to justice. We urge the adoption of specific measures to achieve this. For example, criminal, disciplinary or administrative sanctions could be incorporated into countries' domestic legislation.

We urge States to ensure that other domestic legislation applying to health-care personnel, including criminal laws, is consistent with their ethical duties and that it adequately protects the independence and impartiality of health-care provision.

Another key measure is to revise military rules of engagement and operational practice and procedures to ensure that recommendations and measures for the protection of health-care delivery are included and that military personnel are trained accordingly. We urge States to make this commitment.

The Health Care in Danger initiative is led by the International Red Cross and Red Crescent Movement and supported by experts and professionals from different backgrounds, including those working on the front line, governments, the armed forces, humanitarian agencies, international professional associations and health-care services. Together we have formulated substantive recommendations and identified practical measures that, if implemented by all those concerned, would increase the protection of health-care services in armed conflicts and other emergencies.

We shared with the Security Council members a document outlining the ethical principles of health-care provision in times of armed conflict and other emergencies. It was endorsed last year by six major health-care organizations representing over 30 million professionals and is aimed at protecting patients and those providing health care.

A key objective of the ethical principles is to ensure that health-care workers are not coerced into carrying out work that is contrary to the ethical standards of their profession. Their primary task is to preserve physical and mental health and to alleviate suffering, without discrimination of any kind. Patients are patients, no matter where they come from or what side they are fighting on.

We urge all UN Member States to take the recommendations developed under the Health Care in Danger initiative, and the ethical principles, into consideration for future multilateral initiatives.

The Security Council resolution sends an important signal. It recognizes the importance of international humanitarian law and, in particular, the sanctity of health-care delivery in times of conflict. Through this resolution, the Council members are demonstrating to the world that violence against health care is a serious humanitarian problem that needs to be addressed at the highest level, and that urgent action is needed to reaffirm the Geneva Conventions, to which all States are party.

We urge all UN Member States to respond to our appeal and to join the Council members in affirming their strong resolve to end violence against health care. There is and there must be a place for humanity in time of war.

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This letter is endorsed by the following organizations:

  • Afghan Red Crescent Society
  • Argentine Red Cross
  • Australian Red Cross
  • Belgian Red Cross
  • Canadian Red Cross
  • Chilean Red Cross
  • Colombian Red Cross
  • Czech Red Cross
  • Egyptian Red Crescent
  • Estonian Red Cross Society
  • International Committee of Military Medicine
  • International Committee of the Red Cross
  • International Council of Nurses
  • International Federation of Medical Students' Associations
  • International Hospital Federation
  • Iranian Red Crescent Society
  • Kazakh Red Crescent
  • Lebanese Red Cross
  • Magen David Adom
  • Mali Red Cross
  • Nigerian Red Cross Society
  • Norwegian Red Cross
  • Palestine Red Crescent Society
  • Qatar Red Crescent
  • Red Cross of Serbia
  • Senegalese Red Cross Society
  • South Sudan Red Cross
  • Spanish Red Cross
  • Swedish Red Cross
  • Swiss Red Cross
  • Timor-Leste Red Cross
  • World Federation for Medical Education
  • World Medical Association
  • Yemeni Red Crescent Society

Sommet humanitaire mondial : une plateforme pour mieux faire respecter le droit humanitaire

APPEL AU RESPECT DES FONDEMENTS DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE

Le Président du CICR lance un appel au respect des Conventions de Genève, face à plusieurs déclarations de candidats à la Présidence des Etats-Unis de les violer en torturant des prisonniers ou écrasant les civils ennemis sous les bombes…

Cet appel s’inscrit dans une campagne du CICR en vue du Sommet humanitaire mondial pour faire respecter le droit international humanitaire par les Etats et par les acteurs armés non-étatiques.

Peter Maurer, Président du CICR, a ainsi évoqué ses contacts avec des Gouvernements, des hommes politiques, des militaires, des responsables religieux musulmans pour leur demander de faire jouer leur influence sur les parties aux conflits d’aujourd’hui - dont on ne voit pas vraiment encore la fin - de protéger blessés, personnel médical, civils et prisonniers…

http://www.thedailybeast.com/…/international-red-cross-ch...

Voir aussi l’Appel du CICR en date du 29 avril à toutes les parties de mettre fin au déferlement de violence aveugle sur Alep

https://www.icrc.org/fr/document/syrie-le-cicr-demande-toutes-les-parties-de-mettre-fin-au-deferlement-de-violence-aveugle 

A vrai dire, l'accent mis sur la Syrie, et sur Alep en particulier, sont bienvenus mais pas exclusifs. De nombreuses violations du droit humanitaire, contre des blessés, des médecins, des hôpitaux, contre des civils, contre des personnes détenues ont lieu à travers le monde.

La Syrie et Alep montrent que le droit humanitaire ne peut être considéré de manière abstraite, hors contexte : les parties en conflit sont les premières responsables, et l'ensemble des Etats Parties aux quatre Conventions de Genève en assument aussi la responsabilité collective. Les Grandes Puissances ont une responsabilité particulière lorsqu'elles appuient ces parties en conflit, et donc qu'elles peuvent exercer une influence directe sur elles. 

Le Conseil de sécurité à New York peut se réunir en tout temps, le Conseil des Droits de l'Homme à Genève tient trois sessions annuelles : la première en mars, les deux prochaines sessions auront lieu en juin et en septembre.i Le Conseil des Droits de l'Homme peut aussi tenir des sessions extraordinaires, comme il l'a fait à plusieurs reprises, si un tiers des Etats Membres le demande : ce fut le cas notamment sur Boko Haram, le Burundi, l'Irak, la Syrie, les territoires palestiniens occupés par Israël.

Le droit international humanitaire, depuis 1949, donne à chaque Etat Partie, même non engagé dans un conflit armé, la juridiction universelle pour poursuivre des criminels de guerre. L'Allemagne vient d'entamer des poursuites contre des requérants d'asile inculpés pour des crimes de guerre en Syrie. C'est une initiative qu'il faut saluer et rendre publique : rappelons que les réfugiés qui auraient commis des crimes de guerre n'ont pas le droit au statut de réfugié. C'est même, en vertu de la Convention de 1951 sur les réfugiés, une raison d'exclusion...

Outre ces approches juridiques, des programmes éducatifs et d'information sont nécessaires pour rappeler les obligations des uns et des autres, et aussi montrer que le droit international humanitaire doit être appliqué, et que toutes les parties ont intérêt à l'appliquer : pour conserver une certaine image, garder l'honneur de leur cause et de leurs troupes, pour aussi garder ouverte la possibilité de négociations mettant fin aux hostilités et au conflit.

Le rôle des formateurs d'opinion est important : trop souvent, les médias se contentent de donner une (trop) grand publicité aux violations du droit, qui peut conduire à une résignation de son manque de respect. Il serait utile de mettre en évidence les cas où des blessés ont été recueillis et soignés, le personnel médical et les hôpitaux respectés, les civils protégés, les prisonniers traités avec humanité.

Et les responsables religieux ont un rôle à jouer pour montrer qu'il ne s'agit pas seulement de normes s'adressant à des spécialistes du droit international, mais des règles qui ont un caractère impératif aussi sur le plan moral et spirituel. 

Le Sommet humanitaire mondial, qui se tiendra à Istanbul les 23 et 24 mai, ne suffira pas à créer la coalition, le réseau d'humanité, le sursaut de la conscience publique mondiale pour rappeler les fondements du droit humanitaire. Ce Sommet sera suivi par le Conseil des Droits de l'Homme à Genève du 13 juin au 1er juillet, par le segment humanitaire de l'ECOSOC à New York les 27, 28 et 29 juin, et par le Sommet sur les réfugiés à New York le 19 septembre, ainsi que par la session ordinaire de l'Assemblée générale.

Ce Sommet ne sera ainsi qu'une étape importante d'une mobilisation d'ensemble et de longue haleine pour rappeler les fondements d'humanité qui nous unissent.

Michel Veuthey