07/12/2016

Le rôle des ONG en faveur de la liberté religieuse

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Les ONG qui travaillent au sein du système de protection des droits de l’homme ont un rôle essentiel dans la protection de la liberté religieuse. Nous pouvons citer cinq actions majeures:

 1. Favoriser une approche des libertés basée en évidences. Les ONG avec les Universités doivent effectuer des recherches pour établir des faits sur lesquels sont établis des politiques. Pour ce faire, la mise en place d’observatoires internationaux comme celui de AED sont fondamentaux tout comme le travail au niveau national en créant des indicateurs et autres outils de mesure.

 2. Favoriser une approche du religieux avec des catégories propres à la religion. L’analyse doit se faire avec rigueur scientifique.

 3. Une troisième approche que les ONG peuvent promouvoir c’est l’approche basée sur les droits de l’homme. Aux Nations Unies nous avons un corpus important de normes qui encadrent la liberté religieuse et l’action des ONG doit se fonder sur ces nomes, notamment l’article 18 du Pacte de droits civils et politiques.

 4. Les ONG doivent faire du plaidoyer auprès des instances internationales en développant quelques idées centrales. La radicalisation naît des identités menacées, de la violation des droits culturels. La religion est un élément central dans la construction de l’identité. Mais ce n’est pas l’unique : la science, les convictions, les idéologies politiques ou la mentalité dominante peuvent faire l’objet de radicalisations et déboucher sur la violence.

 5. Enfin les ONG doivent devenir des artisans du dialogue. Il nous semble convenable d’utiliser un instrument de l’UNESCO qui décrit un ensemble de compétences nécessaires pour le dialogue interculturel. Les voici :

  • le respect (« valorisation d’autrui ») ;
  • la conscience  de  soi/l’identité  («  comprendre  le  prisme  à  travers lequel chacun de nous perçoit le monde ») ;
  • l’aptitude à regarder les choses sous un angle/point de vue différent (« en reconnaissant les similitudes et les différences entre ces points de vue ») ;
  • l’écoute (« participer à  un  dialogue  interculturel  authentique ») ;
  • l’adaptation (« être capable d’adopter temporairement une autre manière de voir ») ;
  • l’aptitude à établir des relations (« nouer des liens personnels transculturels durables ») ;
  • l’humilité culturelle  («  combiner  respect  et  conscience  de  soi »)

Les ONG peuvent promouvoir des déclarations, des études et des actions conjointes entre les diverses religions montrant ainsi la convergence des cultures.

 

Alfred Fernandez, Directeur

22/11/2016

SYRIE : LE CONSEIL DE SECURITE DEBAT DE LA SYRIE UN MOIS APRES LA SESSION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME SUR LA SITUATION A ALEP

 

Le Conseil de Sécurité a débattu lundi 21 novembre de la situation en Syrie – sans pouvoir adopter une résolution ni même une déclaration de son Président -  un mois exactement après la session extraordinaire du Conseil des Droits de l’Homme le vendredi 21 octobre au Palais des Nations à Genève sur la situation des Droits de l’Homme à Alep. Cette session extraordinaire avait été convoquée à la demande du Royaume-Uni, au nom d’une trentaine d’États, occidentaux et arabes.[1]

 Dans l’intervalle, après une brève « trève humanitaire », les hostilités se sont intensifiées, civils et hôpitaux n’ont pas été épargnés, et les dénonciations de la gravité de la situation humanitaire, particulièrement à Alep, se sont multipliées : Staffan de Mistura, Envoyé spécial du Secrétaire général, déclarait craindre la destruction totale de la partie orientale d’Alep d’ici la fin de l’année.[2]

 Au Conseil de sécurité, lundi 21 novembre, Stephen O’Brien, Responsable des opérations humanitaires (OCHA) de l’ONU,[3] avouait être à court de mots (« I am more or less at my wits’ end as a human being »). Et d’ajouter qu’aucun convoi humanitaire n’avait pu franchir les lignes de front. Il devait aussi regretter qu’en octobre le Conseil de sécurité n’ait pas pu adopter deux projets de résolutions, l’un présenté par la France et l’Espagne, l’autre par la Russie, demandant, entre autres, l’accès des humanitaires aux victimes du conflit. Depuis l’adoption à l’unanimité, le 3 mai 2016, de la Résolution 2286 (« Protection des civils »),[4] plus de 130 attaques contre des hôpitaux ont été répertoriées. Le Rapport du Secrétaire général (S/2016/962) sur l’application des résolutions du Conseil de sécurité,[5] La représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré que les services de santé de la Syrie, qui étaient parmi les meilleurs du monde, étaient aujourd’hui dévastés. A relever que les Etats-Unis ont mis en garde 12 officiers supérieurs syriens qu’ils devraient rendre des comptes pour avoir donné l’ordre d’attaquer des civils. Le même jour, à La Haye, le Ministre français des Affaires étrangères a déclaré que la France est prête à coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans le cadre d'éventuelles poursuites contre des combattants du groupe Etat islamique (EI) qui sont des ressortissants nationaux.[6]

 Le 21 octobre, à Genève, le Conseil des droits de l'homme avait entendu les déclarations liminaires du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, du Président de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la Syrie et d’une représentante du Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil, avant que ne s’expriment, dans le cadre d’un débat général, une soixantaine de délégations d’États membres et observateurs – dont celle de la République arabe syrienne. 

 Dans un message vidéo enregistré, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, M. Zeid Ra'ad Al Hussein, a pressé les membres du Conseil des droits de l’homme de mettre de côté leurs désaccords politiques et à « se concentrer uniquement sur les femmes, les hommes et les enfants qui nous appellent à l’aide ». Les livraisons d’armes et d’équipements aux parties au conflit doivent cesser et la situation doit être référée de toute urgence à la Cour pénale internationale (CPI), a-t-il ajouté – suivi sur ce point par de nombreuses délégations qui devaient s’exprimer dans le même sens au cours du débat qui a suivi.  À Alep, un cessez-le-feu durable doit être immédiatement mis en œuvre par toutes les parties, a poursuivi le Haut-Commissaire.  Il a demandé que le travail de la Commission internationale indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne, qui est «l’honneur du Conseil», bénéficie du soutien de tous.

  Le Président de cette dernière Commission, le Professeur Paulo Sergio Pinheiro (Brésil), a quant à lui déclaré que les normes juridiques internationales relatives au droit de la guerre censées constituer des principes protégeant les civils étaient ignorés délibérément par toutes les parties au conflit dans l’espoir d’obtenir un avantage militaire.  Pour, lui, les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité cesseront de violer les lois du droit de la guerre uniquement lorsqu’il sera clair qu’ils auront à rendre des comptes.  C’est pourquoi le renvoi du conflit en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI) ou devant un mécanisme de justice ad hoc est essentiel à la résolution de ce conflit, a déclaré M. Pinheiro.  Il faut engager au plus tôt des négociations politiques en abandonnant l’idée sans fondement selon laquelle une victoire militaire serait possible, a-t-il ajouté.

 Quant à la représentante du Comité de coordination des Procédures spéciales du Conseil, Mme Catalina Devandas Aguilar, elle a appuyé l’appel du Haut-Commissaire des Droits de l’Homme au Conseil de sécurité pour que cette instance adopte des critères permettant de limiter l’usage du droit de veto lorsqu’existent des allégations de commission de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide.  Pour le Comité de coordination, seule la limitation du droit de veto peut permettre au Conseil de sécurité de renvoyer la situation syrienne à la Cour pénale internationale (CPI).  

  La République arabe syrienne a dénoncé, quant à elle, ceux ayant fait le choix d’armer des groupes terroristes, montrant ainsi le peu de cas qu’ils font des civils, contrairement à ce qu’ils prétendent. Elle a assuré avoir tout fait pour parvenir à un cessez-le-feu, qui permettrait à tous ceux qui le souhaitent, y compris les malades et les blessés, de quitter la ville d’Alep ou d’en être évacués. Selon elle, certains groupes terroristes empêchent les départs de la ville.

  Lors du débat qui a suivi ces déclarations liminaires, la majorité des intervenants ont insisté sur la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable, condition préalable au démarrage véritable d’un processus politique permettant de mettre fin au conflit, ce processus devant être mené par les Syriens eux-mêmes avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il maintes fois été souligné. L’accent a été mis sur l’impérieuse nécessité de veiller à ce que les responsables des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie aient à répondre de leurs actes

 Quelques délégations ont mis en cause l’impartialité des auteurs du projet de résolution : au lieu de soutenir la Syrie dans son combat  contre le terrorisme, les coauteurs du projet de résolution essaient de sauver les terroristes de la destruction, a, par exemple, estimé la Fédération de Russie.  Plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de respecter la souveraineté, l’intégrité et l’unité territoriales de la Syrie et a été rappelé le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat.

  Les ambassadeurs de Russie et de Syrie ont souligné que leurs forces observaient une trêve diurne de onze heures par jour à Alep pour permettre l’évacuation des blessés et aux civils qui le souhaitent de partir. Mais les Nations unies ont annoncé vendredi que les évacuations médicales de l’est d’Alep n’avaient toujours pas commencé, l’absence de garanties de sécurité empêchant les secouristes de profiter de la pause dans les bombardements annoncée par la Russie.

 La résolution adoptée par 24 voix[7] contre 7,[8] avec 16 abstentions,[9] rappelle les obligations qu’imposent à toutes les parties au conflit le droit international humanitaire et les Droits de l’Homme, et toutes les résolutions du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie. La résolution demande que la Commission d’enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne procède à une enquête spéciale approfondie et indépendante sur les événements survenus à Alep et qu’elle soumette au Conseil des Droits de l’Homme un rapport complet sur ses conclusions au plus tard à sa session de mars 2017.

 A un mois de distance, ces deux débats n’ont été que des constats d’échec.

Peut-être serait-il opportun d’écouter le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, qui, lors de sa dernière visite à Genève vendredi 18 novembre, se demandait si les Nations Unies ne devraient pas s’inspirer de l’Eglise catholique, du monde d’élection du Pape, en conclave : comme les cardinaux, les diplomates seraient enfermés jusqu’à l’obtention d’un accord…

 Michel Veuthey

 

[1] Incluant l’Allemagne, la France, l’Italie, la Jordanie, le Koweït, le Maroc, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie, le Royaume-Uni et les États-Unis, et soutenue par 33 États, dont les 16 États membres du Conseil suivants : Belgique, France, Géorgie, Allemagne, Lettonie, Mexique, Pays-Bas, Paraguay, Portugal, Qatar, République de Corée, Arabie saoudite, Slovénie, Suisse, Emirats arabes unis et Royaume-Uni.  La demande de convocation de cette session extraordinaire était également soutenue par les 17 États observateurs suivants : Autriche, Bulgarie, Croatie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Norvège, Roumanie, Espagne, Suède et Turquie.

[2] « Syrie : Alep-Est pourrait être « totalement détruite » d’ici à la fin 2016, selon l’ONU »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/10/06/syrie-l-onu-estime-que-l-est-d-alep-pourrait-etre-totalement-detruit-d-ici-a-la-fin-de-l-annee_5009291_1618247.html#1AIE5BhjJjMqRdXt.99

[3] Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence (Under-Secretary-General for Humanitarian Affairs and Emergency Relief Coordinator). Voir
https://www.un.org/press/en/2016/sc12597.doc.htm

[4] https://www.un.org/press/fr/2016/cs12347.doc.htm

[5] Application des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014) et 2258 (2015) du Conseil de sécurité

[6] Même si la Syrie n'a pas ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, des plaintes peuvent être instruites si elles concernent des ressortissants nationaux qui sont engagés dans la guerre en Syrie auprès de Daech, l'acronyme arabe de l'EI, a indiqué à l'AFP Jean-Marc Ayrault, après une rencontre avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, à La Haye.
www.romandie.com/news/Syriecombattants-de-lEI-la-France-prete-a-cooperer-avec-la-CPI/754946.rom

[7] Ont voté pour : Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Belgique, Botswana, Côte d’Ivoire, El Salvador, Emirats arabes unis, FYROM (ex-République yougoslave de Macédoine), France, Géorgie, Lettonie,  Maldives, Maroc, Mexique, Mongolie, Pays-Bas, Portugal, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Slovénie, Suisse, Togo.

[8] Ont voté contre : Algérie, Bolivie, Burundi, Chine, Cuba, Russie, Venezuela.

[9] Se sont abstenus : Afrique du Sud, Bangladesh, Congo, Equateur, Ethiopie, Ghana, Inde, Indonésie, Kenya, Kirghizstan, Namibie, Nigéria, Panama, Paraguay, Philippines, Viet Nam.

16/11/2016

Monitoring des droits de l’homme : un nouvel instrument

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Le Collège Universitaire Henry Dunant vient de créer un Observatoire international des législations et politiques sur les droits économiques sociaux et culturels (ObIDESC) avec des points focaux dans une vingtaine de pays.

Le but est d’accroître l’effectivité des DESC en créant un Observatoire des législations et politiques.

L’Observatoire est un mécanisme international de surveillance qui analysera cinq domaines spécifiques :

  • Législations et politiques publiques. Nouvelles lois adoptées et/ou nouveaux plans de politique publique.
  • Suivi des recommandations faites à l’Etat par le Comité des DESC et l’EPU
  • Suivi de la jurisprudence nationale. Cour constitutionnelle et/ou Cour suprême
  • Suivi des débats publics (media et réseaux sociaux) sur les politiques
  • Activités dans le cadre du programme mondial d’éducation aux droits de l’homme

Chaque année l’Observatoire publiera un Rapport comprenant une fiche par pays qui résumera les nouvelles concernant les 5 domaines ci-dessus. Le Rapport comportera aussi une vision d’ensemble globale et une bonne pratique.

Ce rapport qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme en mars s’intéressera à deux droits fondamentaux : droit à l’éducation (comprenant l’éducation aux droits de l’homme) et le droit à la santé.

 

Camille Gervaix, coordonnatrice des activités

04/11/2016

Semaine de la paix à Genève ( 7 au 11 novembre 2016 ) - A quand la paix ?

Lundi 7 novembre s'ouvre une semaine de la paix à Genève, avec de nombreuses manifestations tant au Palais des Nations, à la Maison de la Paix, à l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), à l'Université de Genève, à l'IHEID. Un  programme très riche, qu'on trouvera en ligne ("Geneva Peace Week").

Manquent dans ce beau programme trop de praticiens de la paix et de victimes de la guerre, qui pourraient montrer l'urgence de retrouver le sens de la normalité de relations entre individus et nations qui seraient marquées au sceau de la coopération plutôt que de la confrontation armée quasi permanente.

Ce vendredi, une bonne nouvelle, fragile, précaire, temporaire : Guerre en Syrie: Début d'une nouvelle trêve «humanitaire» à Alep
 
Ces « pauses » de feu sont certes utiles, mais l’essentiel n'y est pas, tant le respect des règles fondamentales du droit international humanitaire ( protection des hôpitaux et des organisations humanitaires, protection des civils, respect de la vie et de la dignité des prisonniers ) que la perspective d’une fin de ce conflit restent lointains…
 
Les conflits en Afghanistan, en Afrique ( particulièrement au Sud-Soudan et en RDC ), au Proche-Orient (Irak, Israël-Palestine, Syrie), la criminalité post-conflictuelle en Amérique centrale (Salvador, Honduras, Nicaragua) qui créent des mouvements massifs de réfugiés et de migrants ne peuvent plus être ignorés.
 
C'est une coalition d'Etats, d'organisations internationales, de dirigeants spirituels, de journalistes, d'artistes, de citoyens et de citoyennes qui doit se former pour faire pression sur nos Gouvernements pour agir rapidement  et mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour que ces conflits trouvent des solutions négociées.
 
L'alternative est en effet un retour à la guerre de tous contre tous, d'une anarchie mondiale, d'une destruction de nos civilisations et de nos traditions d'humanité.
 
Genève, berceau de la Croix-Rouge, premier siège de la Société des Nations, lieu de tant de pourparlers de paix, au moment de célébrer le 500e de la Réforme, ne t'endors pas sur tes lauriers !
 
Michel Veuthey
 

 

28/10/2016

Solidarité internationale: principe ou droit?

 

 

 

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Dans le cadre de la Décennie du rapprochement des cultures, le CUHD organise un séminaire de formation et recherche. Le but est d’approfondir la notion de solidarité humaine sur la base d’un dialogue interculturel respectueux de la diversité culturelle et des droits de l’homme, dans un climat de confiance et de compréhensions mutuelles. Le thème s’inscrit dans le débat en cours sur la solidarité internationale au sein du Conseil des droits de l’homme. Ce séminaire est organisé en étroite collaboration avec les Chaires UNESCO de Bergamo, La Rioja, et les Universités de Sétif 2, Dimitrie Cantemir (Roumanie), Estrémadure et Saragosse et fait suite aux trois sessions que nous avons organisées avec ces partenaires sur les thèmes: Raison et conscience communes, Liberté et égalité et Famille humaine : solidarité et fraternité.

 Le séminaire se tiendra à Genève du 3 au 5 juillet 2017 lors des réunions des mécanismes de protection des droits de l’homme. Il comportera des visites aux organisations internationales et le suivi des mécanismes.

 Les langues de travail seront le français et l’anglais. Cette réunion scientifique est destinée à des doctorants ou professeurs en début de carrière des Universités participantes au projet. La priorité sera donnée aux femmes.

Les interventions et les conclusions du séminaire seront publiées dans un e-book qui contribuera au débat sur la Déclaration sur la solidarité internationale du Conseil des droits de l’homme.

 Contact: Camille Gervaix, coordonnatrice des activités

 

19/10/2016

Se former aux droits de l’homme dans la Genève internationale 2017

 

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  • Formation en droits de l’homme (système international)
    Collaboration avec l'Université UDIMA (Espagne)

Formation en droits économiques, sociaux et culturels aux Nations Unies pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

Mars espagnol

  • XXIVème Université d’été des droits de l’homme
    Diplôme de spécialisation en droits économiques, sociaux et culturels

Formation qui a pour but de donner des outils qui contribuent à la mise en place des Objectifs du développement durable conçus et évalués par les instruments internationaux de droits de l’homme. La session présentielle se tient lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme.

1 juin – 28 juillet : formation en ligne
7 – 11  août : formation présentielle à Genève

français

  • V Diplôme de protection et promotion des droits de l’homme
    Collaboration avec Intermedia Consulting (Italie)

Formation de niveau universitaire aux Nations Unies pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

12-16 juin, espagnol

  • XVème Cours d’été en droits de l’homme
    Collaboration avec Université de La Rioja (Espagne) et l’Université d’Extremadura (Espagne)

Formation pour universitaires de langue espagnole  pendant les réunions du Conseil des droits de l’homme.

26 – 30 juin, espagnol

  • Séminaire Rapprochement des Cultures
    Solidarité internationale: principe ou droit?

Colloque de recherche en collaboration avec les Chaires UNESCO de l’Université de Bergame,  La Rioja et les Universités de Sétif 2, Dimitri Cantemir (Roumanie) et Zaragoza.

3 – 5 juillet, français

  • Formation pour l’accueil des réfugiés, Partager les richesses

Formation en collaboration avec différentes communes du Canton de Genève, destinée aux réfugiés et les parties prenantes de la politique d’asile.

février- décembre, plurilingue

 Plus d'informations et lien pour les inscriptions sur notre site: www.cuhd.org

Camille Gervaix, Coordonnatrice des activités

18/10/2016

"Minorités au Proche-Orient : quels défis, quelles solutions ?

Ce soir mardi 18 octobre à 20 h. à Sion invitation à la conférence avec Dr. Pierre-Yves Fux

"Minorités au Proche-Orient : quels défis, quelles solutions ?"       Entrée libre

 

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17/10/2016

FAIRE MIEUX RESPECTER LES DROITS DE L'HOMME : DES MOTS A LA REALITE

FAIRE MIEUX RESPECTER LES DROITS DE L'HOMME
 
TURNING INTERNATIONAL RIGHTS INTO LOCAL REALITY
 
Voici quelques notes sur la réunion de ce matin à l’Hôtel Intercontinental à Genève sur la présentation du Rapport de Glion III "Turning international norms into local reality: Are we seeing a new human rights ‘implementation agenda’? », organisée par les Missions permanentes de la Norvège et de la Suisse.
 

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Le "Concept Paper" comme les Rapports sont disponibles en ligne
 
http://www.universal-rights.org/wp-content/uploads/2016/10/Glion-III-report-launch-concept-note-and-programme.pdf
 
H.E. Hans BRATTSKAR, Permanent Representative of Norway, H.E. Valentin ZELLWEGER, Permanent Representative of Switzerland : Glion is a joint effort by Norway and Switzerland, with the support of the « Human Rights Group » ( www.universal-rights.org ).
 
H.E. Kyong-Lim CHOI, President of the Human Rights Council: Turning our words into concrete action.
 
Mr. Eric TISTOUNET, Chief, Human Rights Council Branch, OHCHR : what about the follow up, about prevention? There is a lot of frustration in Geneva and in New York aout Human Rights compliance… Strengthen the HR system… and the link between Geneva and the field… and not only with UPR… and thematic reports…and Special Rapporteurs… Aren’t we somewhat lost in translation? In ten years of Human Rights Council, what did we achieve? The message is somewhat confused. 155 meetings during the year are not able to deal with violations… Everything is blurred… No clear coherence between various agendas. We have to face those challenges, to seize an opportunity to focus our discussion on compliance, implementation in an efficient manner. Find ways to organize panels and go beyond general debate…Find ways to work between sessions, in particular in interactive dialogues, in Geneva or elsewhere, to focus on issues and situations.
 
Ambassadeur ZELLWEGER : il faut trouver des moyens de faire d’un opéra wagnérien un processus efficace pour la protection des Droits de l’Homme, par des discussions informelles qui permettent de mieux développer des compréhensions mutuelles. Le Rapport de Glion III lancé aujourd’hui, rédigé par « Universal Rights Group » tient compte des perspectives du Haut Commissariat, des Etats, de la société civile et du Conseil des Droits de l’Homme.
 
Ms. Shahrzad TADJBAKHSH, Chief, UPR Branch, OHCR : we need a continuous engagement over the longer term, we need a standing capacity, we need the emergence and evolution of single national implementation, coordination and reporting structures in order to stimulate national dialogues between the Government, the Parliament, the Judiciary and civil society. The international community could benefit from this national dialogue.
 
H.E. Elayne WHYTE GÓMEZ, Permanent Representative of Costa Rica : Costa Rica streamlined national coordination, implementation and reporting, encouraged by Norway.
 
Mr. Iniyan ILANGO, FORUM ASIA ( www.forum-asia.org ) : "FORUM-ASIA" is a membership-based organization, with 47 member organizations in 16 countries across South Asia, Southeast Asia and Northeast Asia. Our mission is to promote and protect all human rights, including the right to development, through collaboration and cooperation among human rights organizations and defenders in Asia. The contribution of civil society is critical in consultations, which should be inclusive, including for the drafting of recommandations and resolutions.
 
H.E. Beatriz LONDOÑO SOTO, Permanent Representative of Colombia : we need to build a space at the Human Rights Council to exchange national experience and good practice, recognise achievement, discuss obstacles, and learn lessons. There is no universal recipe. We have to spread the world of what is happening in Geneva. The OHCHR has been a key contributor to the Peace Agreement in Colombia.
 
H.E. Kok Jwee FOO, Permanent Representative of Singapore : small States, like Singapore and Switzerland, can have ideas, too… We need to keep relevance… We need to understand the evolution of the world: more side-events are needed! Focus on teams, partnerships, "communities of practice" at the local, regional and international level : groups of people who share common concerns. The « Istanbul Process » is one example on religious tolerance : www.universal-rights.org/wp-content/uploads/2015/02/URG-DIHR-Report-on-the-5th-Meeting-of-the-Istanbul-Process-Jeddah-2015.pdf:
 
Resolution 16/18 and the Istanbul Process
 
In September 2010, the then Secretary-General of the OIC, Professor Ekmeleddin İhsanoğlu addressed the 15th session of the Human Rights Council (The Council/HRC) and presented an eight-point vision for a new, consensual approach to combatting religious intolerance:
 
‘I take this opportunity to call upon all states to consider taking specific measures aimed at fostering a domestic environment of religious tolerance, respect and peace, including but not limited to:
 
• encouraging the creation of collaborative networks to build mutual understanding, promoting dialogue and inspiring constructive action...;
 
• creating an appropriate mechanism within the government to, inter alia, identify and address potential areas of tension between members of different religious communities...;
 
• encouraging training of government officials on effective outreach strategies;
 
• encouraging efforts of community leaders to discuss within their communities causes of discrimination and evolving strategies to counter them;
 
•speakingoutagainstintolerance,includingadvocacyofreligioushatredthatconstitutes incitement to discrimination, hostility or violence;
 
• adopting measures to criminalise incitement to imminent violence based on religion;
 
• underscoring the need to combat denigration or negative religious stereotyping and incitement to religious hatred...;
 
• recognising that the open, constructive and respectful debate of ideas, as well as interfaith and intercultural dialogue can play a positive role in combating religious hatred, incitement and violence.’
 
Building on this speech, during the Council’s 16th session (March 2011), Pakistan, Turkey, the UK and the US took steps secure support for a new resolution on ‘combatting
intolerance, negative stereotyping, stigmatization, discrimination, incitement to violence and violence against persons, based on religion or belief"
 
We could use IT to build platforms to share « communities of practice » including practitioners on the ground.
 
QUESTION
 
Durant la discussion, ai posé la question de savoir comment mieux protéger les minorités ethniques et religieuses au Proche-Orient, en particulier en Irak et en Syrie, et quels pourraient être les rôles respectifs du Conseil des Droits de l’Homme à Genève et du Conseil de sécurité à New York…
 
According to the Permanent Representative of Singapore the answer could be in sharing communities of practice, with various shareholders.
 
Après la réunion, suis allé le voir. Il a ajouté qu’il ne pouvait pas en dire plus publiquement. D’autres personnes, dont un représentant du Conseil oecuménique des Eglises, sont venus souligner en privé la pertinence et difficulté de la question.
 
Michel Veuthey
 
Annexes à voir sur le site www.universal-rights.org :
 
Rapports de GLION I (2014), de GLION II (2015) et de GLION III (2016)

13/10/2016

De la tolérance à la laïcité: Colloque à Ferney

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Ce week-end à Ferney Voltaire se tiendra un colloque sur le thème de la Tolérance à la laïcité que nous co-organisons avec l'Institut supérieur des religions et la laïcité de Lyon 2 et la Mairie de Ferney Voltaire. Ce colloque s'inscrit dans une vaste initiative de l'Institut appelé Assises des religions et de la laïcité. On trouvera le programme complet sur le site de la Mairie de Ferney

http://www.ferney-voltaire.fr/agendas/les-assises-de-la-l...

Tolérance et laicité. Relation entre les pouvoirs publics et les religions. Pardonnez-moi si j’aborde la question à la façon du "persan" de Montesquieu, en partant de ce qu'un spectateur, disons objectif, perçoit des sociétés occidentales. Et le "persan" perçoit , avant tout, une ambiguïté dans les relations entre les Etats ou les pouvoirs publics et les églises / religions.

 Ambiguïté, parce que d'une part l'Etat est censé protéger les libertés publiques parmi lesquelles la liberté religieuse occupe une place privilégié et que d'autre part, on observe que les relations entre les Etats et les églises / religions dans beaucoup de pays sont tendues voire conflictuelles. Bien sûr il conviendrait de faire la différence entre les religions / églises implantées de longue date et les nouveaux venus, car les tensions que l'on pourrait appeler traditionnelles se sont aggravés en Europe avec la venue de l'Islam. Ambiguïté en conséquence qui mérite une analyse plus serrée.

 Dans la tradition politique occidentale ,la protection des libertés publiques est une mission fondamentale de l'Etat, sinon sa mission essentielle. La liberté de pensée, de croyance et de conscience constituent le noyau de ces libertés et on peut affirmer que les libertés politiques: liberté d'association, liberté d'expression et de réunion, par exemple, ne sont que des instruments au service de cette liberté essentielle que j'appellerai pour être bref: liberté de pensée. Ces libertés sont inscrites dans toutes les Constitutions occidentales et figurent ainsi parmi les principes de nos Etats. Inscrites maintenant dans la Charte des droits de l'homme, elles constituent un des principes fondateurs de la communauté internationale (cf. Déclaration universelle des droits de l'homme, art. 18, 19 et 20 et Pacte relatif aux droits civils et politiques, art. 18, 19, 21 et 22 ).

 Or malgré ces engagements solennels, on remarque un état de tension / conflit entre les églises / religions et les Etats, une tension qui s'est aggravée dans les années 90 à la suite de ce que les sociologues ont appelé "le réveil du religieux". Dans les Etats occidentaux ce réveil a fait renaître des tendances dites "laïques" d'une virulence incongrue dans une société démocratique. Ce phénomène demande une étude approfondie qui n'a pas encore été faite.

Alfred Fernandez

 

11/10/2016

Human Rights Education: to move forward

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These recommendations were proposed by the NGO Working Group on Human Rights Education and Learning prior to the High-Level Panel Discussion on the 5th anniversary of the UN Declaration on Human Rights Education and Training at Human Rights Council last session.

 Focus on implementation of human rights education within ot her global education initiatives such as Education First or GCED. All these programs and initiatives are excellent tools but they also bring challenges, including clarification of each vis-à-vis the other and the necessary coordination between them. It is essential to clarify the linkages between human rights education and these initiatives so as to both avoid misunderstandings and allow better implementation without loss of energy, time and resources. Human rights education is part of international law, the UN Declaration of HRET has already defined it clearly. It is different though from civic education, from moral education or from citizenship education, among others.

 Create an international entity or reinforce an existing structure, dedicated to stronger synergy among initiatives of UN agencies, intergovernmental entities and governments. Article 12.1 and article 12.2 of the UN Declaration on HRET stress the importance of international cooperation and complementary and coordinated efforts at all levels in order to contribute to more effective implementation of human rights education. The proliferation of initiatives and programs require coordination, especially at international level.

 Include human rights education in all States reports to United Nations human rights treaty bodies and the United Nations agencies. As stated in article 13.1 of the UN Declaration on HRET, international and regional human rights mechanisms should, within their respective mandates, take into account human rights education and training in their work. Review and monitoring at the national level will in many cases be the most important way to ensure that a State is meeting its obligations. We hope that the high-level panel discussion will be an opportunity to remind heads of State and governments of their commitments to engage in systematic implementation and review of human rights education.

 Budget and allocate resources. The UN Declaration in its article 14 stresses the importance for States to make the necessary resources available as part of the appropriate measures to ensure the effective implementation of and follow-up to the Declaration. It is time to budget specific resources for implementing human rights education and we would like to see a transparent process in which a percentage of the GDP is specifically devoted to Human Rights Education and Training, including financing civil society research work on good practices, initiatives and programs.

 Recognize and support the role of civil society. The UN Declaration on HRET in its Article 8.2 states that the conception, implementation and evaluation of and follow-up to such strategies, action plans, policies and programs should involve all relevant stakeholders, including the private sector, civil society and national human rights institutions, by promoting, where appropriate, multi-stakeholder initiatives.

 Indeed, NGOs, in close collaboration with other actors, can support governments not only in promoting and providing human rights education as stated in resolution HRC/31/l.12 but also at all other stages, including the elaboration and monitoring of the national strategy. Our NGO Working Group remains committed to working in this direction and also to facilitate information sharing at all levels by identifying, collecting and disseminating information on good practices.

Claire de Lavernette, Chair Working Group